RELATIONS INTERNATIONALES
La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'État et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie.Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties :o vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ;o acteurs : État, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ;o secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
Faire le pari du dialogue sur la violence physique est ce que propose toute médiation et ce qui réunit initialement les acteurs fort divers qui peuvent, sur la scène internationale, entreprendre cette activité de pacification. Au-delà de cet objectif général commun, il est possible, et utile, de distinguer différentes manières de faire la paix via la médiation internationale dans l'après-guerre froide. S'appuyant sur sept cas d'étude postérieur à 1990 et dans des contextes variés, cet ouvrage propose une typologie inédite de la méditation contemporaine. Il montre comment elle se décline selon des termes et des règles de jeu bien différents selon qu'elle est essentiellement politique, d'expertise ou sociétale. Milena Dieckhoff est maîtresse de conférences en science politique à l'Université Clermont Auvergne (UCA).
Acteurs transnationaux par excellence, les trafiquants et les criminels préfèrent l'opacité. Aucun d'eux n'envoie sa comptabilité à l'administration publique. Leurs activités sont diverses, entremêlées, sans-cesse en recomposition. Comment alors, identifier puis les quantifier ? C'est, à l'échelle internationale, le travail de UNODC. Benoît Martin a enquêté pendant plusiseurs années auprès des experts de cette organisation de l'ONU pour comprendre comment sont produits les chiffres du crime. Loin d'être neutres, ses statistiques sont devenues des instruments indispensables aux politiques publiques nationales comme à la coopération internationale. Elles font donc l'objet, pour une part significative, d'arrangements et de négociations, quitte à obérer la pertinence du diagnostic. Docteur en science politique, Benoît Martin est chercheur au CERI et membre de l'Atelier de cartographie de Sciences Po. Il a coréalisé l'Atlas de l'Anthropocène et l'Atlas des mondes urbains.
Souvent éclipsée par le Conseil de sécurité, volontiers taxée de « bavarde », l'Assemblée générale des Nations unies n'est pourtant pas qu'une scène où viennent se produire, le temps d'un discours, les dirigeants mondiaux. Épicentre d'intenses négociations diplomatiques depuis plus de soixante-quinze ans, elle fait entendre sa voix sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les droits humains, la sécurité, le développement, l'environnement... Au coeur de l'architecture onusienne dont elle irrigue les institutions, seul forum où tous les pays sont représentés sur un pied d'égalité, l'Assemblée est le centre politique du multilatéralisme et le creuset où se forgent les références communes de notre planète. Cette institution politique mondiale méritait bien un premier ouvrage de référence en langue française. Guillaume Devin est professeur de science politique à Sciences Po Paris, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI). Franck Petiteville est professeur de science politique à Sciences Po Grenoble et chercheur au laboratoire PACTE (Université Grenoble Alpes). Simon Tordjman est maître de conférences de science politique à Sciences Po Toulouse et chercheur au Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP/Sciences Po Toulouse). Guillaume Devin est professeur de science politique à Sciences Po Paris, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) Franck Petiteville est professeur de science politique à Sciences Po Grenoble et chercheur au laboratoire PACTE (Université Grenoble Alpes) Simon Tordjman, est maître de conférences en science politique à Sciences Po Toulouse et chercheur au Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP/Sciences Po Toulouse).
Étudier les faits sociaux que sont les relations internationales, tenter de les décrire, de les interpréter, de les comparer, demande immanquablement au chercheur d'effectuer un choix de méthodes et d'outils. Or, paradoxalement, alors que les ouvrages théoriques traitant des relations internationales sont relativement nombreux, la présentation des divers moyens de l'enquête empirique demeure peu développée. Cet ouvrage réunit une vingtaine de chercheurs et d'enseignants et offre un panorama de données, de ressources et de méthodes utiles pour mener une recherche sur les relations internationales et la fonder de la manière la plus rigoureuse possible. On y trouvera une réfl exion critique sur la construction et l'usage des banques de données, sur la pratique des entretiens, sur le recours à la cartographie, sur l'analyse des discours et des images ou sur l'emploi de diverses méthodes quantitatives. Guide pratique pour le chercheur, ce livre s'adresse aussi à un public plus général, intéressé par les études sur les relations internationales et qui se demande légitimement comment sont produites les conclusions des « experts ».
Le financement des Nations unies a toujours été un sujet houleux et un enjeu de rivalités entre États membres. Tout au long de soixante-dix ans d'une histoire émaillée de crise, l'ONU a vu ses membres s'évertuer, sciemment ou non, à l'affaiblir financièrement, n'hésitant jamais à utiliser l'arène budgétaire pour prolonger les débats. Portrait en creux d'une institution où l'argent est autant un sujet politique que budgétaire, l'ouvrage mêle histoire, relations internationales et finances publiques. Il révèle les arcanes d'un multilatéralisme encore très imparfait et appelle à réformer la gouvernance financière et administrative de l'ONU, afin qu'elle réponde, enfin, à tous les espoirs placés en elle.
Qu'un État refuse de ratifier les conventions multilatérales ou qu'il conteste l'ordre international, et l'on parle d'« État déviant », voire d'« État voyou », tels l'Iran, le Venezuela ou la Somalie. Mais quid des États-Unis ou de la Chine qui, par exemple, n'ont pas ratifié le Statut de Rome créant la Cour pénale internationale ? Dans un espace mondial qui tend vers une intégration croissante et une densification des échanges entre États, le nombre de traités internationaux ratifiés permet de mesurer à la fois le degré d'intégration des États et leur marginalisation active ou subie. La déviance des États relève de postures distinctes, qu'il s'agisse d'écarts par rapport aux normes liés à d'importants handicaps structurels empêchant des États pauvres ou isolés d'exister sur la scène internationale, du choix de superpuissances de se positionner au-dessus du système ou encore de la volonté d'États émergents de se placer en outsider face à l'ordre imposé par les puissances dominantes. Un éclairage précieux sur les modalités de la participation des États au système international, sur le rôle des Nations unies, des organisations régionales et des ONG, et une vision nouvelle des relations multilatérales dans un monde post-2001.
L'Union européenne aspire à un rôle de premier plan sur leterrain de la médiation et de la résolution des confl its, de ladémocratisation et des droits de l'homme. Auréolée du prixNobel de la paix en 2012, elle multiplie depuis les années 2000les interventions et les innovations institutionnelles dans ledomaine de la gestion civile et militaire des crises internationales.Dans une démarche socio-historique, cet ouvrage proposeune analyse des processus d'institutionnalisation et deprofessionnalisation en oeuvre à l'échelle européenne etprésente un panorama des acteurs européens de la pacifi cationinternationale. Il est illustré par trois études de cas : Moyen-Orient, Somalie, Caucase.sexuées, faiblesses de la démocratie participative, rejet du projeteuropéen au profi t du nationalisme, primauté de l'intime dansla construction de l'engagement politique et du lien citoyen,incertitudes du socialisme et du libéralisme de demain...Que nous disent ces signaux sur l'évolution de la démocratie enFrance se demande ici une équipe de chercheurs du CEVIPOF ?Que le « commun » ne se fabrique plus à partir du public maisdu privé. Que le politique a désormais pour creusets des espacescommunautaires de toutes sortes, famille, obédiences religieuses,partis politiques, oligarchies... Qu'à cette confusion des répertoiresrépond une fragmentation sociale assumée, malgré lescélébrations républicaines et les appels à l'union nationale.Ainsi s'élabore une démocratie de l'entre-soi, en rupture avec leprincipe de séparation des espaces public et privé qui a fondé lavie démocratique depuis les révolutions américaine et française.
À la table des négociations multilatérales, certains ambassadeurs ont plus de poids que d'autres en dépit du principe d'égalité souveraine qui fonde les rapports internationaux. Partant du constat que les différences de ressources matérielles entre les États ne suffisent pas à expliquer ce phénomène, Vincent Pouliot propose une visite guidée de la salle des machines de la politique mondiale. Il montre que les diplomates participent à des luttes de rang fondées tout autant sur leur savoir-faire respectif que sur les liens sociaux qu'ils nouent entre eux et sur l'idée que chacun a de son rôle, du « sens de sa place ». Ces manières de faire engendrent des ordres hiérarchiques complexes. La diplomatie n'est pas qu'un simple vernis social ou encore un rideau devant la scène. En connaître les ressorts aide à mieux comprendre la marche du monde.
Très actives dans le domaine de la santé mondiale depuis la fin des années 1990, les firmes multinationales - principalement pharmaceutiques- sont aujourd'hui engagées au sein de partenariats public-privé internationaux. Quel est leur rôle et quelles actions mettent-elles en oeuvre ? Sont-elles capables de coopérer avec les États, les ONG, les organisations internationales et les fondations privées ? Centré sur la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme et les maladies tropicales négligées - à l'origine de dynamiques de coopération originales -, ce livre retrace l'insertion des entreprises dans la gouvernance sanitaire internationale par le biais d'organisations institutionnelles et de mécanismes de coopération liés au marché. Il montre qu'il s'agit d'un processus progressif qui, d'acteurs autonomes, a vu ces firmes devenir sujets de régulation, puis partenaires. Une enquête inédite qui permet de mieux comprendre la participation des acteurs marchands au multilatéralisme et leur capacité à modifier le fonctionnement de la gouvernance sanitaire internationale.
Comme les entreprises, les organisations internationales recourent aux bonnes pratiques pour améliorer leur action, former leurs collaborateurs, renforcer leur expertise et, ainsi, légitimer leur présence sur un terrain de plus en plus concurrencé par les acteurs non étatiques. De l'OCDE à la Banque mondiale, en passant par ONU Femmes ou ONUSIDA, rares sont les organismes qui échappent au phénomène. Mais si les bonnes pratiques, fruits de l'expérience, séduisent par leur aspect pragmatique, elles prennent des formes très différentes selon les institutions et les politiques dans lesquelles elles s'inscrivent. En explorant leur émergence et leurs usages dans des domaines aussi variés que la santé, l'éducation, l'aide au développement ou la protection de l'environnement, l'ouvrage apporte une synthèse sur ce nouvel outil de gouvernance internationale, sur sa raison d'être et ses effets sur l'action multilatérale.
États membres de l'ONU dès sa création fin 1945, le Brésil et le Mexique vont, au fil de leur histoire politique et de leur insertion dans le jeu multilatéral, user de postures d'abord passives, puis sélectives pour protéger leurs régimes autoritaires, et enfin actives pour émerger sur la scène internationale en tant que puissances moyennes. Trois types de relations se démarquent ainsi à travers leur participation aux instances de l'ONU : l'amultilatéralisme, ou l'absence de formulation d'une politique multilatérale ; le multilatéralisme limité, ou positionnement aux marges du système ; la prise de parole multilatérale, marque d'une attitude plus coopérative, mais aussi d'une capacité de contestation et de proposition. En soulignant les liens entre les scènes politiques nationale et internationale, l'ouvrage met en évidence les effets circulaires de la participation au multilatéralisme. Il montre également comment le multilatéralisme permet aux pays du Sud de devenir des acteurs à part entière dans le jeu international.