Nuage Rouge
Au cours des douze années qui suivirent la mort du chef Cochise en juin 1874, les Apaches chiricahuas ont âprement combattu les troupes américaines et mexicaines pour sauvegarder leur terre, leur mode de vie. Rarement, et avec autant de précisions, un historien a été aussi loin dans la recherche, les explications, avec force détails révélateurs, quant au déchirement et à la violence produits par les Apaches, aussi bien entre eux qu'avec les Américains. Sweeney décrit les événements cataclysmiques des années 1874-1886 résultant en grande partie des graines de méfiance semées par des officiers de l'armée américaine et des agents du gouvernement. Ces derniers, souvent corrompus, détournant, entre autres, les rations alimentaires destinées aux Indiens, sont à l'origine de graves malentendus qui déclenchèrent de sanglants conflits entre les factions chiricahuas. Ce faisant, la tâche de l'armée pour recruter des éclaireurs apaches en fut facilitée ; en effet, et les militaires l'avaient bien compris durant les 12 ans de la guerre de Cochise : seul un Apache peut rattraper un Apache... Après avoir déplacé de force les Chiricahuas de la réserve de paix des Dragoon Mountains de Cochise à l'enfer de celle de San Carlos, les réfractaires comme Victorio, Juh, Nana, Geronimo, Mangas mais aussi, contraint et forcé, Naiche, le fils cadet de Cochise alors chef héréditaire, entraînèrent plusieurs factions apaches dans une nouvelle guerre. Plus de dix ans durant, ils lancèrent des raids sanglants tant au Mexique qu'aux États-Unis. Mais les éclaireurs apaches et la loi du nombre eurent raison d'une résistance considérée, dans l'Histoire, comme exceptionnellement prodigieuse. Résignés, les Chiricahuas durent se rendre en 1886 pour subir l'humiliation et la douleur d'une terrible déportation en Floride dont le climat humide, quasi tropical par rapport au désert et aux montagnes de leur cher Sud-Ouest, extermina une grande partie de la tribu. C'est en 1913 que le gouvernement leur permit, enfin - si l'on peut dire... -, de revenir sur leur terre natale. Né en 1950 à Boston, Edwin Russell Sweeney est l'auteur de nombreux livres et articles sur les Indiens du sud-ouest des États-Unis. Ses biographies de Cochise et Mangas Coloradas font autorité dans le monde anglo-américain et dans toute l'Europe.
À l'aube du 30 avril 1871, à quelque 80 kilomètres au nord-est de Tucson, Arizona, le Camp Grant est perdu au milieu de nulle part. Pourtant, c'est dans ce camp militaire qu'un des épisodes de ce qui est sobrement appelé « Les Guerres indiennes », se perpétra, dans un silence sournois, un massacre d'Indiens des plus effrayants. En quelques minutes, une centaine d'Apaches aravaipas, surtout des femmes et des enfants, sont exterminés dans leur sommeil à coup de gourdins assénés sur les têtes des dormeurs. Les acteurs de ce drame ont réellement existé et apparaissent ici sous leur vrai nom. Mettant en scène les origines du massacre qui fermentent chez beaucoup d'Arizoniens et notamment à Tucson, Elliott Arnold restitue avec rigueur le déroulement de cette tragédie. Sur fond de la vie quotidienne d'un camp militaire dont la garnison étique et désoeuvrée rumine ses idées noires, Arnold met en scène la rencontre entre un officier attachant, Royal Emerson Whitman, et un chef apache, l'Aravaipa Eskiminzin. Tous deux choisiront de se faire confiance, convaincus de faire le bien de leur peuple. C'est une milice civile de Tucson composée d'Américains, de Mexicains et de nombreux Indiens papagos - ennemis héréditaires des Apaches - qui accomplira à Camp Grant l'effrayante geste criminelle. Le récit de ce drame, aux rouages précisément appuyés sur une minutieuse recherche dans la presse locale de l'époque, constitue un véritable document historique. Ce massacre révolta l'Amérique. Le procès des tueurs fut ordonné par le président Ulysses S. Grant. Jugés en décembre 1871, les cent onze accusés furent innocentés. Ce roman est le chef d'oeuvre d'un écrivain chevronné, peinture saisissante d'une tragédie, mais aussi de la grandeur d'un officier et d'un chef indien aux prises avec l'inexorable fatalité. Elliott Arnold né en 1912 à New-York est mort en 1980. Journaliste et grand reporter membre de l'US Air Force, il écrit et publie de nombreux romans traduits dans plusieurs langues. Elliott Arnold demeure un des auteurs américains de romans historiques les plus solidement documentés ; furent ainsi traduits en France Un avion ce matin-là, Le temps des Gringos et, dans la présente collection La Flèche brisée.
La bataille de la Little Bighorn a été un événement sans précédent dans l'Histoire militaire des États-Unis. Le 25 juin 1876, dans le Montana, face à une puissante coalition de Sioux et de Cheyennes, le général George Armstrong Custer trouve la mort avec une grande partie de son régiment, « son » 7e de Cavalerie. Cette défaite de l'armée américaine, symbolisée par l'appellation Custer's Last Stand, survient au moment où la conquête de l'Ouest s'achève. Malgré les décennies, Little Bighorn marque toujours les tréfonds de la mémoire collective du pays. Le site du théâtre des opérations, outre qu'il est un des lieux les plus visités des États-Unis, est une matrice de l'Histoire américaine, générant profusion de livres, d'articles, de films, de peintures et de sculptures. Comparés aux faits établis, les éléments les plus emblématiques, notamment vers la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours, sont ici rapportés aux historiens, romanciers, peintres, cinéastes, Américains et Indiens, ayant participé à la création ou à la destruction du mythe du Custer's Last Stand, à l'environnement culturel, socio-économique et politique des États-Unis. Dicté par une vision assez consensuelle de la bataille à diverses périodes, le mythe initial de Little Bighorn change progressivement, se déstructure et se reconstruit différemment. Il suit étroitement la vision et le traitement des Indiens par le gouvernement américain comme les options politiques des Américains eux-mêmes. Philippe Birembaut, professeur à la faculté de Médecine de Reims de 1985 à 2020, a toujours éprouvé un vif intérêt pour l'Histoire de l'Ouest américain. Little Bighorn et ses principaux acteurs qui ont participé grandement à la mythologie de l'Ouest, ont suscité son intérêt et donné ce livre.
Tribu de l'Est des Grandes Plaines, les Osages, ou Ni-u-kon-ska étaient, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, un peuple de chasseurs cueilleurs et, quand il le fallait, de guerriers. Ils se nommaient eux-mêmes Wazházhe ou Enfants-Des-Eaux-Du-Milieu. Les Osages vivaient dans la vallée fertile du Mississippi lorsque les explorateurs européens les rencontrèrent au XVIIIe siècle. Les Français, en partie desquels cette tribu doit son nom, en firent leurs partenaires privilégiés pour la traite des fourrures à un point tel qu'en 1827 un groupe de six Osages arrive en France où ils sont invités à l'Opéra de Rouen avant de séjourner à Paris. Au fil de leurs « aventures françaises », c'est l'évêque de Montauban qui dut ouvrir une souscription pour leur permettre de retourner en Amérique. Durant tout le XIXe siècle, sous la pression des colons, les Osages sont déplacés au Kansas, puis en Territoire Indien, qui devient en 1907 l'actuel Oklahoma ; enfin, au début du XXe, et pour le malheur de beaucoup d'entre eux, des gisements de pétrole sont découverts « sous » la terre de leur réserve. Les Osages deviennent alors la cible d'opportunistes malfaisants, parfois membres des autorités locales. Tous convoitent leurs richesses, sans compter les assassinats qui se perpétuent sur les « malheureux » Osages soudainement fortunés et ce, au vu et au su de tous, sous le nez de l'État fédéral. Aujourd'hui, faisant face à la réalité, renaissant des cendres de son passé, la tribu revendique son identité, sa culture et sa langue. Les récents séjours de l'auteure chez les Osages ont rendu possibles des informations inédites sur l'actuelle situation de cette tribu aujourd'hui dans la société américaine. Marie-Claude Feltes-Strigler, Maître de conférences à l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, est l'auteure d'une thèse de doctorat, « La nation navajo. Tradition et développement », ainsi que de nombreux articles et livres sur les Indiens en général. Voyageuse et chercheur de terrain chez les Navajos et les Osages, elle a collaboré avec le Navajo Sam Begay, pour son livre Moi, Sam Begay, homme-médecine navajo paru dans la présente collection.
Frank Fools Crow - 1890-1989 -, comme son illustre et célèbre oncle Nicholas Black Elk, aura été toute sa vie le chef cérémoniel et Saint-Homme des Sioux lakotas. Par la mémoire qu'anime en permanence la tradition orale, ses paroles perdurent et insufflent l'énergie, la sérénité que procure la Connaissance liée au Sacré. Si le premier livre, L'Homme-médecine des Sioux, est plus axé sur la vie dans la réserve et sa position de leader spirituel au sein des Oglalas de Pine Ridge, les présentes pages sont consacrées à la spiritualité en action, comment le Pouvoir peut circuler en nous comme l'air dans un os ouvert et creux, comment l'esprit peut-il voyager à de prodigieuses vitesses, comment évoquer, voire parler à l'Être Suprême Wakan Tanka ou à Ses Auxiliaires. Des décennies durant, Fools Crow a conduit les cérémonies les plus importantes comme celle de la loge de sudation, de la danse du Soleil, du Yuwipi, de la Pipe Sacrée, des quêtes de la Vision. Fools Crow répond très clairement aux questions que se pose un vaste public consciemment ou non, sur les Indiens, leur us et coutumes, comment perdurent leurs traditions. L'action de Fools Crow a dépassé le strict cadre des réserves indiennes. Ainsi, avant qu'il ne quitte ce monde, il avait reçu la visite de Robert de Niro venu l'honorer ; une autre fois ce fut le chanteur country John Denver venu parler et chanter ; et, au moment de sa mort, le président républicain George Bush père a envoyé un message aux proches du vieux Saint-Homme. La nature de Fools Crow, son action dans la tribu, ont fait qu'il avait réussi à rapprocher séparément autour de lui des individualités, le mot est faible, très antagonistes. C'est aussi une forme du Pouvoir dont, dans ces pages, il est question. Thomas E. Mails, ethno-historien, - 1920-2001 - est l'auteur de très nombreux livres sur les traditions, les us et coutumes et les religions sioux, cheyennes, hopis, apaches, cherokees.
Cette biographie du chef sioux Crazy Horse est l'exemple même de la fusion entre l'art de la biographie et l'oeuvre littéraire. Né au sein des Oglalas, une des sept bandes des Sioux tetons-lakotas Crazy Horse, comme pour rappeler ses cheveux aux boucles un peu claires, portait tout jeune le nom de Curly. Perçu aux yeux des siens comme énigmatique, solitaire, le jeune chef exerçait auprès du « peuple profond » des Lakotas un prestige mystérieux. Il consacra sa vie à combattre un envahisseur dont la supériorité militaire et les épidémies qu'il apportait ont attiré sur les Indiens les pires malheurs et calamités. Sandoz, outre qu'elle s'attache à décrire « son homme étrange » dans l'émotion comme dans l'affliction, rapporte dans le souffle de sa passion, les événements historiques et personnels qui ont accablé la vie de « son héros ». Après une courte existence où se sont croisées joies simples, déconvenues, trahisons, défaites mais aussi victoires comme à Little Big Horn face au général Custer en juin 1876, Crazy Horse sera contraint, surtout par les siens, de se rendre. Le 5 septembre 1877, après avoir présenté sa reddition, il sera lâchement assassiné à Fort Robinson par un soldat... grâce à l'aide d'un de ses « frères Lakotas ». Mari Sandoz (1896-1966) est née dans le Nebraska et a grandi sur les lieux où vécut Crazy Horse. Ses écrits sont imprégnés d'une enfance où elle côtoya toute petite les Indiens. Cela explique en partie une certaine manière d'écrire qui fait sa spécificité. Sandoz a de nombreux livres à son actif dont Automne cheyenne publié dans la présente collection.
« La trilogie des Sioux de Hyde représente une référence dans l'histoire des Indiens d'Amérique du Nord. Son travail était révolutionnaire et innovant, à la fois dans la méthode et dans les détails à tel point que ses livres ont servi de modèles aux historiens qui lui ont succédé. »Raymond J. DeMallie L'avènement de cette trilogie sur les Sioux, rédigée de 1937 à 1961, demeure une étape unique quant à l'utilisation de sources écrites allant du XVe au XIXe siècle auxquelles s'ajoutent des témoignages directs par ceux ayant vécu les dernières décennies de la fin d'un monde. Des premières migrations dès 1650 aux années 1890, l'ouvrage reconstitue méticuleusement l'histoire des Sioux tetons-lakotas : fratricide guerres intertribales, affrontements contre l'armée américaine, conflits avec les marchands de la Frontière et les agents de réserve. Quant aux chefs, Hyde démontre que la dynamique de cette histoire a pour beaucoup procédé du succès ou de l'échec de ces derniers à comprendre la futilité de résister aux Américains. En ce sens il établit les différences entre le duo Sitting Bull-Crazy Horse et le duo Red Cloud-Spotted Tail, celui-ci ayant eu la patience, la diplomatie d'effectuer l'inévitable transition du passage des siècles de liberté à l'enferment dans les réserves. George E. Hyde (1882-1968) est l'auteur de nombreux ouvrages sur les Indiens des Plaines dont Les Premiers peuples des Plaines traduit dans la présente collection.
Cet ouvrage d'Edwin R. Sweeney est la première biographie de Cochise, le chef le plus puissant, le plus craint et le plus respecté de tous les Apaches, et peut-être bien de tous les chefs Indiens du XIXe siècle. Il fut le seul à réunir sous son unique commandement les quatre bandes de sa tribu, les Chiricahuas, mais aussi d'autres groupes apaches et parfois des Navajos pour affronter deux États du Mexique et les États-Unis.Né parmi la bande des Chokonens vers 1810, dans les Dragoon Mountains au sud-est de l'Arizona, il prend leur tête au milieu des années 1850. L'autorité de ce maître stratège, orateur envoûtant, lui rallie bientôt les Chihennes de Mangas Coloradas puis de Victorio, les Nednhis de Juh, et les Bedonkohes du farouche guerrier Geronimo. Vénéré des Apaches, il fascine aussi les Blancs. Mais en février 1861, la tragique affaire Bascom où il est injustement accusé du rapt de l'enfant d'un fermier, puis la bataille d'Apache Pass des 15 et 16 juillet 1862, lancent une guerre implacable, incessante qui durera 12 ans. Le seul nom de Cochise résonne dès lors tel un tocsin dans les coeurs terrorisés des populations, inquiète les militaires. Prié par le président Ulysses S. Grant en personne de venir négocier à Washington il refusera, proposant aux émissaires que ce dernier vienne le voir au sommet d'une montagne. Toutefois, pour sauver des vies et préserver sa « Terre Spirituelle », son Apacheria, il signe en octobre 1872 grâce à l'intermédiaire de Thomas J. Jeffords, son seul ami blanc de confiance, un traité de paix avec le général Oliver Otis Howard. Deux ans plus tard le 8 juin 1874, malade, Cochise décède. Son fils aîné Taza lui succède mais à sa disparition, en 1876, son frère Naiche, s'il devient le chef héréditaire des Chiricahuas, se laissera souvent dominer par Geronimo.Une nouvelle guerre apache éclate, héroïque mais illusoire. La paix de Cochise est bien morte. Réserves inhospitalières, déportation en Floride en 1886, tel se dessine désormais le terrible destin des Chiricahuas qui demeureront prisonniers de guerre jusqu'en 1913. Né en 1950 à Boston, Edwin Russell Sweeney est l'auteur de nombreux livres et articles sur les Indiens du sud-ouest des États-Unis. Ses biographies de Cochise et Mangas Coloradas font autorité dans le monde anglo-américain et dans toute l'Europe.
Wisconsin 1873. À la mort de ses parents victimes de la grande crise financière, Jenny Doussmann part dans les Grandes Plaines rejoindre son frère, Otto, vétéran de la guerre de Sécession devenu chasseur de bisons. Ceux-ci commencent à se faire rares, sans compter les rivalités entre chasseurs et la plupart des tribus indiennes entrées en guerre. Le premier hiver de ces deux émigrants allemands, seuls dans l'immensité, tourne au cauchemar. Ils seront sauvés par une vieille connaissance, Two Shields, un Cheyenne du Sud qui s'engage à veiller sur eux. Devenus membres de sa tribu, Jenny et Otto devront combattre à la fois d'autres chasseurs et des tribus ennemies des Cheyennes. Dans ce roman sauvage et lyrique, les Grandes Plaines sont le réceptacle d'un monde à l'agonie et font corps avec l'Indien et le bison décimés. Ce tableau de l'Ouest américain, avec ses descriptions crépusculaires, mais réalistes, n'épargne personne, animaux et humains : Indiens comme Blancs. Un regard lucide et sans concession, vif et dur, sur la période la plus tumultueuse et tragique de l'histoire de l'Ouest américain.Dan O'BrienAvec admiration et respect, je ne cesserai de m'exclamer « wow ! » en lisant ce livre. « L'Agonie des Grandes Plaines » est un roman formidable, prenant, excitant, fascinant, magnifiquement écrit.Elmore Leonard Robert F. Jones (1934-2002), romancier, éditorialiste au Men's Journal et journaliste pour Sports Illustrated and Fields & Stream, a écrit plusieurs ouvrages, documents comme romans, dont Jake et Upland Passage qui ont reçu des prix.
S'il y a une approche primordiale sacralisée de la mythologie du Diné, les Navajos, c'est bien celle qui procède des rituels de guérison. Au-delà des symptômes et des soins apportés au corps physique, ces rituels cherchent toujours à replacer la psyché de l'individu en harmonie avec l'ensemble des forces naturelles et surnaturelles qui l'entourent. Le livre expose les processus symboliques de guérison développés par les rites ancestraux qui mettent en application des principes redécouverts par la psychanalyse jungienne. Le principal support physique, comme artistique, de ces processus se traduit par la réalisation de peintures de sable créées uniquement dans un contexte rituel et religieux. Elles représentent les formes symboliques issues du mythe du Diné de la Création. L'auteur, psychanalyste jungien, évalue et compare son savoir à la tradition navajo ; en cela, il s'est souvent entretenu avec plusieurs hommes-médecine. Nous découvrons ainsi la Voie de la Beauté, de la Bénédiction, du Grand Dieu, du Vent, de l'Ennemi, du Projectile, de la Grande Étoile mais aussi le Chant de la Nuit comme celui de la Voie Malfaisante, le Chemin du Pollen, les fumigations sacrées à base d'armoise. Ultimement, nous pouvons aussi considérer ces rituels ancestraux de guérison comme une forme de réflexion sur notre héritage et nos anciennes médecines holistiques. Donald F. Sandner (1928-1997) mondialement connu comme analyste jungien, a été président du Carl G. Jung Institute de San Francisco, a enseigné à Stanford et a été résident à l'Institut C. G. Jung de Zurich. Il est notamment l'auteur de The Sacred Heritage : The influence of Shamanism on Analytical Psychology.
Les premiers peuples des Plaines dont Hyde nous rapporte l'histoire, du XVe siècle au début du XIXe, portent des noms autant célèbres qu'emblématiques : Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Kiowas. Et pourtant, ce livre couvre bien plus que ces seuls mythes. Il nous fait découvrir d'autres tribus dont le rôle dans l'histoire de l'Amérique indienne fut autant déterminant. En cela l'ouvrage - grâce aussi aux informations capitales rapportées par le grand spécialiste Daniel Dubois - demeure un texte irremplaçable dans lequel Hyde nous renvoie souvent à nos ancêtres français, premiers voyageurs d'Amérique du Nord, marchands, aventuriers, cartographes et autres illustres écrivains-voyageurs.Ces pages offrent une image vivante des tribus qui occupaient, du Canada au nord du Mexique, les immenses espaces des Plaines et des Rocheuses. Hyde y décrit avec précision les conflits intertribaux pour la conquête et l'occupation des territoires. Nous découvrons comment et pourquoi, entre tribus, il y aura toujours des rapports de forces laissant de fait très loin l'image idyllique du bon homme sauvage. On reste étonné des divers motifs que s'ingéniaient à trouver les Indiens entre eux pour se faire la guerre. Plus opportunistes que pragmatiques, les amis d'hier deviennent soudainement des ennemis jurés qu'on ira massacrer le lendemain et dont on s'empressera de réduire en esclavage les survivants qu'on pourra en revendre parfois à des tribus voisines, voire aux nouveaux venus : les Européens. George E. Hyde (1882-1968) fut longtemps un emblématique doyen des historiens américains spécialiste des Indiens des Plaines. Sa trilogie sur l'histoire des Sioux, ainsi que son travail sur l'histoire des Cheyennes d'après les lettres de George Bent ont été traduits dans la présente collection. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Karin BodsonPréface de Daniel Dubois
Depuis plus d'une vingtaine d'années de séjours prolongés chez les Indiens navajos, l'anthropologue de terrain Marie-Claude Feltes-Strigler a tissé les liens étroits avec de nombreux membres du peuple du Diné et notamment avec celui qui est devenu, dans la seconde moitié du XXe siècle, l'un des plus grands homme-médecine navajo : Sam Begay. Ce dernier a accepté de confier sa vision de ce qu'était le monde « avant le début des temps », les mythes, les valeurs qui régissent la vie quotidienne dans la réserve. L'homme nous rapporte le déroulement de plusieurs cérémonies et rites de guérison qu'il dirige et pratique, donnant ainsi à appréhender cette Connaissance qui se transmet de génération en génération. Sa voix parle de la richesse de sa culture, d'une vie traditionnelle qu'il sent en danger, des maux du monde moderne qui menacent le mode de vie séculaire navajo, tout comme le nôtre.Dans ce voyage au coeur de l'Amérique indienne d'aujourd'hui, dans la Grand Rez de Monument Valley en Arizona, Sam Begay nous fait partager son savoir où se perpétue la mémoire du passé sur laquelle nous pouvons, bien souvent, fonder notre avenir. Sam Begay, (1935-2015), né dans la partie de la réserve navajo située en Arizona, est issu d'une famille nombreuse et traditionnelle. Il est devenu un homme-médecine renommé et respecté, qui a joué un rôle décisif dans l'élaboration du droit coutumier navajo. Son statut d'Ancien et d'homme-médecine ont fait de lui un des principaux interlocuteurs de la nation navajo.Marie-Claude Feltes-Strigler, Maître de conférences à l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, est l'auteur d'une thèse de doctorat, « La Nation navajo - tradition et développement », ainsi que de divers ouvrages sur les Navajos, d'une histoire des Indiens des États-Unis et, dans la présente collection, du livre « Les Indiens osages » ainsi que de nombreux articles sur les nations indiennes.
Fruit de recherches minutieuses d'informations de premier plan, Elliott Arnold s'est attaché, dans cette grande fresque à la fois épique, littéraire et historique, à mettre en relief la figure du personnage le plus emblématique d'une des tribus indiennes les plus puissantes et redoutées de la seconde moitié du XIXe, celui qui fut loyal, craint et respecté autant par les Apaches que par les Américains : Cochise.En 1848, les Apaches chiricahuas, qui vivent dans le futur État de l'Arizona, ont à leur tête ce chef vénéré et puissant. En guerre depuis plus d'un siècle avec le Mexique, les Apaches s'inquiètent de l'arrivée en nombre des Américains. Pris entre deux armées, de deux grands pays, Cochise parvient à contenir la fougue de ses jeunes guerriers pour maintenir à bout de bras une paix qui épargne des vies apaches. Mais quand, en 1861, les Chiricahuas sont accusés à tort du rapt d'un enfant, le feu est mis aux poudres et provoque la célèbre guerre de Cochise qui durera onze ans. Sa rencontre avec Thomas J. Jeffords et les liens d'amitié qu'ils noueront, permettront à Cochise de changer le cours de l'Histoire et, à nouveau, de sauver de nombreuses vies apaches grâce au traité de paix de 1872.En 1949, quand Delmer Daves porte, avec James Stewart et Jeff Chandler, le livre d'Arnold à l'écran, il en fait l'un des premiers westerns qui pose un regard différent et favorable aux Indiens d'Amérique du Nord. Elliott Arnold, né en 1912 à New York, est mort en 1980. Journaliste et grand reporter, membre de l'US Air Force, il écrit et publie de nombreux romans traduits dans plusieurs langues. Elliott Arnold demeure un des auteurs américains de romans historiques les plus solidement documentés.
C'est de la fiction, mais tout est vrai - Ron Querry Bernadette Lefthand, jeune Apache jicarilla, vit dans la réserve au nord-est du Nouveau-Mexique, avec son père et sa cadette, Gracie. Bernadette est vue comme une star des pow wow où, dans les réserves, se retrouvent diverses tribus pour les danses et les rodéos. Un jour, Gracie apprend que sa soeur a été retrouvée morte. L'énigme de cette mort se mêle avec la sorcellerie navajo sur fond de vie quotidienne dans les réserves. C'est du choix narratif, oral, de la jeune Gracie, que le livre tire sa puissance tragique. Elle se partage le récit avec Starr, ancien mannequin à New York, en contre-point. L'ingénuité de Gracie s'oppose à la dureté citadine de Starr. Une troisième voix, plus profonde, nous révèle tout ce qu'il nous faut savoir sur les replis sombres du monde navajo. Querry nous entraîne dans les profondeurs de la nature du Mal telle qu'elle apparaît, encore de nos jours, dans les croyances indiennes. La réalité des personnages, leur environnement font, ici, presque oeuvre d'ethnologie. Ce roman de Ron Querry s'inscrit dans la lignée d'écrivains indiens que la présente collection a publié dès 1993, notamment la première traduction de La Maison de l'Aube de N. Scott Momaday, prix Pulitzer 1969.Descendant du clan Sixtown de la tribu choctaw, Oklahoneli, Ron Querry est l'auteur plusieurs ouvrages, roman comme document, liés à l'Amérique indienne et aux chevaux.
L'homme blanc sait tout fabriquer, mais il ne sait pas distribuer ce qu'il fabrique.Sitting Bull, lakota hunkpapa, 1885 Toute la philosophie spirituelle de ce recueil demeure dans cette phrase de l'écrivain kiowa, N. Scott Momaday en 1998 : « À l'endroit où les mots et le lieu se rejoignent, on trouve le sacré. » Norbert S. Hill, Jr, est inscrit comme membre de la tribu des Iroquois oneidas du Wisconsin. Il a oeuvré dans les administrations universitaires facilitant aux étudiants de diverses tribus d'accéder à l'enseignement supérieur. Hill est titulaire de deux doctorats dans les domaines de l'ingénierie. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Danièle Laruelle.
« Jamais je n'oublierai cette bataille. »Chef de guerre cheyenne Two Moon Un brûlant dimanche de juin 1876, dans la vallée de la Little Big Horn, au coeur de l'Ouest américain : une coalition de Sioux et Cheyennes, réunie par les chefs Sitting Bull et Crazy Horse, anéantit le 7e de cavalerie du général Custer. Immédiatement, la bataille est propulsée au rang de mythe identitaire des États-Unis.Un mythe qui dure : à ce jour, aucune bataille nationale ne déclenche une telle fascination outre-Atlantique. L'historien, pour sa part, se retrouve face à de nombreux mystères : la défaite était-elle due aux erreurs et aux ambitions de George Armstrong Custer ? Comment les Indiens ont-ils vécu leur victoire emblématique ? Comment expliquer ces témoins que l'on a voulu faire taire ou ces cartes truquées ?Du fracas de la guerre de Sécession aux clameurs des Grandes Plaines, l'auteur nous plonge dans une Amérique brutale, brossant le portrait sans fard des icônes Custer, Sitting Bull et Crazy Horse mais aussi d'acteurs moins connus de la période. L'immersion se poursuit avec la bataille elle-même, qui reprend vie à hauteur d'homme, à travers la voix de dizaines de témoins oculaires et d'experts.Fruit de sept ans de recherches et de voyages sur le terrain, cette «autopsie » d'une légende a été considérée dès sa première édition comme la référence sur le sujet. Membre des Little Big Horn Associates, titulaire d'une maîtrise d'Histoire, David Cornut ouvre ici l'un des dossiers les plus controversés de l'histoire américaine.
Issu des plus récentes études sur les Sioux des Plaines, cet ouvrage est à ce jour l'un des plus abouti sur cette tribu qui, presque à elle seule, synthétise sur son nom la résistance et la funeste destinée des Indiens d'Amérique du Nord.Jeffrey Ostler démontre - avec solides arguments à l'appui, témoignages irréfutables de toutes les parties et documents officiels - comment l'Histoire peut aspirer dans sa spirale, pour mieux le broyer, un peuple entier comme les Sioux lakotas, notamment face au processus de colonisation qu'a, au départ, plus que symbolisé l'expédition de Lewis et Clark de 1804 ordonnée par le président Jefferson. Dans une parfaite et claire chronologie, Ostler rapporte les événements et les engrenages militaire, géopolitique, diplomatique, juridique et économique qui ont réduit à portion congrue les immenses contrées des Indiens des Plaines et tous les éléments ayant inéluctablement concouru au massacre de trois cents Sioux dans le Dakota du Sud, à Wounded Knee, en décembre 1890 quelques jours après le meurtre de Sitting Bull. Auteur de plusieurs ouvrages, Jeffrey Ostler est responsable du département d'Histoire de l'Université de l'Oregon. Traduction : Florence Moreau et Alexandre Prouvèze www.nuagerouge.com
Les tranchées de la Grande guerre fourmillaient de soldats français et étrangers. Parmi eux, les Indiens d'Amérique du Nord sont arrivés en nombre.Dès 1914, 4 000 Indiens du Canada débarquent en France et en 1917, 15 000 Indiens des États-Unis les rejoignent, retrouvant ainsi leur dignité de guerriers.Comment ont-ils été recrutés ? Quelles étaient leurs compétences particulières ? À quelles tâches ont-ils été employés ?Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Crows, Choctaws, Blackfeet, Navajos, combattirent au coude à coude avec les Doughboys ou les Tommies, les Tirailleurs sénégalais et les Australiens. Eux qui n'avaient pas même la nationalité américaine, ils se sentirent pleinement Américains pour combattre les soldats du Kaiser et mourir, couverts de boue, dans les tranchées.C'est leur histoire, émouvante et superbe que nous raconte, dans un livre tout public et néanmoins extrêmement documenté, Jacques Rouzet, grand spécialiste des tribus « Natives ». Jacques Rouzet est diplômé des Hautes études cinématographiques et a travaillé successivement au département de la fiction à TF1, puis à la direction littéraire et artistique d'une maison de production. Son aïeul, ancien combattant de 14/18, aimait évoquer le temps où les dernières charges à cheval croisaient la route des premiers blindés. Depuis, l'auteur reste fasciné par les situations d'anachronisme que réservent l'histoire et les guerres. La «Grande», plus que tout autre, signe à ses yeux la fin du monde d'hier selon la belle expression de Stefan Sweig. Une photo de l'Illustration montrant Pershing sur un quai du Havre, encadré par quatre cavaliers sioux, est à l'origine de sa passion pour ces fils de Sitting Bull et de Geronimo plongés au coeur d'un conflit mondial sans précédent.
À l'instar de la rencontre en 1930 entre Black Elk, homme-médecine lakota, et John G. Neihardt, de laquelle résultat le célèbre Élan Noir parle (Black Elk Speaks), la rencontre dans les années 1970 entre Thomas E. Mails et Frank Fools Crow, chef cérémoniel lakota, procède du même « hasard » de Grand Rendez-Vous spirituel. Né en décembre 1890, année et mois du massacre de Wounded Knee, dans la réserve des Sioux oglalas de Pine Ridge, ce neveu de Nicholas Black Elk est le dernier descendant d'une grande lignée de Saints-Hommes. Outre son parcours personnel, il nous relate un monde et un mode de vie entrelacés à des valeurs morales et spirituelles consubstantielles de l'identité lakota. Au début de sa vie, Fools Crow dut vivre caché, presque exilé sur sa propre terre, pour échapper à l'école des Blancs. Longtemps il pratiqua des rites secrets interdits par le Bureau des Affaires indiennes, particulièrement la danse du Soleil. Toute sa vie au service des siens, Fools Crow a conduit aussi d'autres cérémonies des plus importantes dont celle du Yuwipi, de la Pipe Sacrée, du Hunka, de la quête de la Vision. Tenant à la fois du passé comme du présent, les propos de l'homme-médecine, à leur façon, répondent aux questions que se pose aujourd'hui un vaste public quant au devenir des Indiens d'Amérique du Nord, en l'occurrence sur l'héritage spirituel les Sioux lakotas. En cela la préface de Didier Dupont répond en partie, aujourd'hui, à certains aspects de ce questionnement. Reconnu comme un des principaux interlocuteurs de personnalités indiennes d'Amérique du Nord à l'instar de John G. Neihardt, Richard Erdoes, Harvey Arden, Thomas E. Mails (1920-2001) pasteur luthérien, a notamment publié Mystics Warriors of the Plains, Buffalo Soldiers, People Called Apache, The Hopi Survival Kit, Secret Native American Pathways, The Cherokee People.
Ces dialogues avec le grand écrivain kiowa N. Scott Momaday sont des conversations à bâtons rompus, jubilatoires et emportées, riches et joyeuses, sérieuses, jamais graves et par lesquelles nous côtoyons avec une étrange facilité la littérature, l'esthétique, la spiritualité, le langage liés à l'univers des Indiens d'Amérique du Nord. Nous y accédons par ces échanges avec un géant de la littérature, autant indienne qu'américaine, dont la voix profonde résonne à notre entendement et nous met en contact direct avec son oeuvre.Par sa nature, le livre donne à apprécier la chance d'avoir l'opportunité d'entrer dans l'art de la Conversation, la puissance évocatrice que cela peut revêtir. Momaday révèle ici à quel point, et comment, il a été profondément influencé par ses racines kiowas. Dans son travail incessant de création, tant comme écrivain que comme peintre, Momaday, comme l'écrit Woodard, étonne par la « diversité et l'ampleur de son expression artistique ». Voix ancestrale nous emmène aux sources de sa création, au coeur de son univers. De ces échanges viennent à nous les voix calfeutrées dans les livres, dans les replis de l'esprit et les ressacs de l'Histoire. En exprimant la quintessence de son monde mythologique, en nous faisant part de certains aspects de son histoire personnelle liée à celle des Indiens d'Amérique du Nord, Momaday replace l'individu au centre du processus de création artistique, de son identité propre, dans son environnement originel et de son émotion unique. N. Scott Momaday, écrivain kiowa, est connu dans le monde entier pour ses écrits, ses activités de conférencier international et de peintre. Outre son roman, House made of Dawn, Prix Pulitzer 1969, traduit en 1993 dans la présente collection aux éditions du Rocher sous le titre La Maison de l'Aube qui a fait connaître en France cet écrivain, la présente collection a également publié aux éditions du Rocher quatre autres livres de Momaday.