Musées-Mondes
2026 marque un tournant historique : après des décennies de débats, la France adopte enfin une loi-cadre sur la restitution des œuvres africaines.
Nos sociétés sont heurtées de plein fouet par les crises globales de l’environnement, du climat et de la biodiversité, dont elles sont la cause exclusive. L’urgence des enjeux environnementaux devient jour après jour plus cruciale, urgence d’atténuer et de s’adapter face à ces crises mais aussi urgence de la transformation de nos sociétés afin de les rendre durables. Dans cette situation, les musées ont un rôle crucial à jouer, à travers leurs multiples missions. Les musées doivent nous donner les informations qui sont indispensables au temps présent. Ils doivent aussi nous apporter et rendre intelligible les connaissances dont nous avons besoin pour prendre des décisions éclairées. Une des manières de réinventer la muséologie est de concevoir cet espace comme un lieu ouvert, avec une approche humble de l’éducation muséale, qui se concentre non seulement sur les œuvres exposées, mais aussi sur les expériences des visiteurs.
La muséologie a connu des développements rapides ces dernières années, notamment au regard des évolutions techniques, mais aussi du fait de la crise économique et de la mondialisation. Comment le monde des musées va-t-il évoluer dans les prochaines années ? Quelle pourrait être sa place sur Internet ? Existe-t-il des différences marquantes entre les musées européens, américains, asiatiques et africains ? Cette collection de douze essais, rédigés par des spécialistes français, espagnols, québécois et brésiliens, explore les tendances se dégageant à travers la muséologie et le monde des musées, notamment en Europe mais aussi en Chine, en Afrique ou en Amérique du Sud, ainsi bien sûr que sur Internet.
Le désir d’être représenté au musée n’a jamais été aussi vif : une importante demande sociale s’exprime, pour rendre visible les expériences des colonisés, de la réduction en esclavage ou de toute autre position minoritaire. Longtemps, les musées états-uniens, canadiens et français ont revendiqué une autorité esthétique et culturelle universelle et fondé leur approche sur l’idée que les objets recelaient leur propre sens en dehors de leur contexte de production. Cette idée est aujourd’hui remise en cause au sein même des établissements, de même que les pratiques expographiques qu’elle a engendrées. À partir d’études de cas menées des deux côtés de l’Atlantique, des chercheurs en sciences humaines et des professionnels de musées mettent ici en regard les mutations des doctrines et pratiques expographiques avec les mobilisations minoritaires.
Sommaire Introduction : « Les conservateurs et le rôle des personnels ``scientifiques'' dans les musées. Atouts et faiblesses d'une profession. » (Frédéric Poulard) I- Les enjeux de la direction des musées « Conservateur et/ou directeur » (François Mairesse) « Former les conservateurs du patrimoine à la direction d'établissement » (Jean-Michel Tobelem) II- Incertitudes croissantes sur le monopole et le mandat professionnel « Des conservateurs sous ``tutelle(s)'' ? Genèse et péripéties du statut territorial » (Frédéric Poulard) « Le conservateur et la recherche au Royaume-Uni : perspectives d'outre-Manche » (Jonathan Paquette) III- Face à l'essor des nouveaux métiers : des réponses variées « Comment contenir l'ascension d'un groupe de spécialistes ? Les conservateurs et la restauration des collections » (Léonie Hénaut) « Partition et répartition. Les corps professionnels et leurs activités au musée du quai Branly » (Christelle Ventura) « Chronique d'une ``mort différée''. Les conservateurs de musée face aux commissaires d'exposition dans l'art contemporain français » (Laurent Jeanpierre, Séverine Sofio)
Cet ouvrage, fruit d'une réflexion en sciences sociales, prend place dans une série d'études et de recherches conduites depuis 2010 sur les projets artistiques et culturels en milieu carcéral. Avant d'être une exposition, « Le voyage » est un projet collectif de nature muséale en milieu carcéral. Pendant une année, une équipe de neuf personnes détenues ont eu en charge la conception, la mise en oeuvre et la médiation d'une exposition d'oeuvres originales dans le Centre Pénitentiaire Sud Francilien. Cette exposition présente une centaine d'oeuvres originales provenant de grands musées français comme le Quai Branly ou encore le musée Guimet. C'est la première fois qu'une telle initiative a lieu en France.
Cet ouvrage pluridisciplinaire cherche à révéler les multiples facettes d'un métier méconnu qui représente pourtant près de la moitié des emplois dans le secteur muséal. L'étude présente un premier bilan à partir de recherches portant sur ses représentations dans les arts ou dans les médias... et à partir d'une série d'entretiens et de portraits de surveillants de musée en activité. On y découvre la façon dont ces surveillants de musée construisent leurs rapports aux lieux, aux collections, aux publics et à leur travail.
Analyser les modèles d'activité des établissements culturels patrimoniaux (bibliothèques publiques, musées de France, centres d'archives) permet de saisir leur organisation et leur fonctionnement et aide ainsi à favoriser leur pérennité dans un environnement contemporain composite plus ou moins menaçant. Au regard de leurs missions, quels sont aujourd'hui les modèles d'activité de ces établissements qui peuvent être qualifiés de viables, durables ou soutenables ? Voit-on se profiler de nouveaux modèles pour l'avenir ? Pourquoi, comment et avec quels effets une partie de ces établissements décident-ils de diversifier leurs activités en proposant à leurs visiteurs ou usagers des prestations et des interventions d'artistes de spectacle vivant ? Cet ouvrage offre un ensemble divers d'éléments de réponse rédigés par des spécialistes des musées, du patrimoine culturel et duspectacle vivant. Leurs investigations contribuent à mieux appréhender l'étendue de la charge de préserver le passé.
Dans les musées français, les médiateurs, conférenciers et animateurs accompagnent les visiteurs et les aident à observer, comprendre et interpréter les oeuvres d'art et les objets de culture. L'image séduisante de ce métier qui attire chaque année des milliers de candidats contraste cependant avec le malaise professionnel qu'expriment celles et ceux qui l'exercent. Cet ouvrage explore le hiatus entre la noblesse d'une mission de service public et la position fragile du médiateur au sein de l'organisation du travail culturel. L'enquête s'appuie sur différentes sources : une centaine d'entretiens auprès de professionnels des musées, l'exploration des archives des musées nationaux et l'analyse du recensement administratif des personnels des services des publics réalisée par la Direction des musées de France.
Depuis quelques années, les musées multiplient les innovations et s'emparent de nouveaux outils techniques pour attirer de nouveaux publics. Les auteurs de cet ouvrage retracent l'histoire, les méthodes et les réalisations de la participation des publics dans les musées de société. Ils en évaluent la pertinence, en présentent les succès et les échecs dans des contextes marqués par les transformations sociétales, les tensions économiques et les mutations urbaines.
Le Musée du quai Branly - consacré aux cultures extra-européennes a ouvert ses portes à Paris en 2006. Depuis lors, les stratégies d'exposition ont été évaluées de façon exhaustive sans que l'on puisse jamais vraiment connaître l'impact qu'elles avaient sur le public. Qui sont ces visiteurs et comment réagissent-ils ? Loin des schémas pré-établis, et, à travers leurs déambulations, ils créent souvent leurs propres significations L'enquête conduite, auprès des visiteurs, sur le « Plateau des collections », est à cet égard tout à fait éclairante. A partir d'observations et d'entretiens, elle décrit et analyse le pacte de réception qui s'y noue. Les visiteurs voient ce que nombre de spécialistes ne parviennent plus à voir. Mais, que voient-ils au juste ?
Cet ouvrage explore les trois principaux modes d'organisation et de gestion des musées, en fonction des logiques du marché et de celles de l'intervention publique, mais aussi selon les principes du don dont le rôle a régulièrement été sous-évalué, au bénéfice d'une opposition parfois manichéenne entre partisans du marché et défenseurs du rôle de l'État.
Voici la genèse du musée national de l'Histoire de l'immigration avec ses missions culturelles et pédagogiques. Le lecteur découvrira à cette occasion, une dimension méconnue de l'histoire récente des politiques publiques.
Avant propos de Philippe Durey Introduction générale de Claire Merleau-Ponty. Inventaire et investigation - « A propos des inventaires des musées » (Geneviève Lacambre) - « De l’enquête documentaire à la recherche scientifique ou comment faire du récolement un enjeu de connaissances des collections muséales » (Yannick Lintz) - « La collection de moulages de l’ancienne Faculté des Lettres de Bordeaux : étude documentaire et pratiques d’inventaire » - (Soline Morinière) L’œuvre et son dossier « Dossier d’œuvre et dossier de régie d’œuvre » (Corinne Jouys-Barbelin) - application avec « Le Service d’étude et de documentation du département des peintures du musée du Louvre » (Stéphane Loire) - application avec « Etat de la documentation au musée Rodin : dossier d'œuvre et dossier documentaire sur l'œuvre » (Sandra Boujot) - application avec « Gestion et valorisation des collections : la politique documentaire au Musée d’ethnographie de l’Université Bordeaux Segalen » (Sophie Charve-Dartoen et Solenn Nieto) Informatiser les collections « Du projet de base de donnée informatisée à sa réalisation : ambition et limites », Hélène Vassal -application métiers avec « Le constat d'état : de la collecte à la synthèse des données », Mathilde Touillon-Ricci - application avec « la Base de documentation et de gestion des œuvres du futur Louvre Abou Dabi : de la réflexion sur les pratiques professionnelles à la conception d’une base de données dédiée », (Hélène Vassal) - application avec « Le premier projet d’informatisation des collections de musées au Viet Nam », Françoise Dalex - application avec « changer de système de gestion des collections au musée d’Orsay : un vrai défi ! » (Sylvie Julé et Elsa Badie Modiri) o application avec « Conduite d’un projet d’informatisation des collections : rôle d’un assistant à maîtrise d’ouvrage » (Jean-Pascal Vendeville) Numérisation et diffusion culturelle - « Les enjeux de la numérisation du patrimoine : la politique européenne à l'épreuve de Google », (Morwena Joly) - application avec « Le portail documentaire, un outil de mutualisation de la diffusion » (Françoise Dalex) - application métiers avec « Les dossiers de restauration du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) : vers une reconnaissance patrimoniale », Clémence Raynaud - application avec « La réalité augmentée au service de la valorisation et de la transmission du patrimoine culturel. La question du patrimoine documentaire » (Audrey Defretin).
Chapitre 1. Musée de ville, une nouvelle catégorie de musées ? Une étude de discours Une définition impossible à établir Chapitre 2. Les origines et le contexte muséal L’affirmation d’un sentiment national L’émergence d’une dimension locale Un musée au croisement du local et du national Chapitre 3. L’âge classique du musée d’histoire de ville Le Musée Carnavalet de Paris, institution fondatrice La diffusion européenne du modèle, à la charnière des XIXe et XXe siècles La période 1920-1970 De la collection à la démocratisation, vers un changement de paradigme Chapitre 4. Des modèles en mutation Une nouvelle muséologie pour un nouveau regard sur la ville (1970-1990) La diversification des approches, au cours des vingt-cinq dernières années
Le « tournant commercial » des musées maghrébins est différent de celui observé en Europe et en Amérique du Nord. Ces lieux, qui revendiquent l'appellation « musée » et qui, pour la plupart, sont considérés comme tels par les autorités, occupent parfois une place de choix dans le paysage culturel local. Il convient de ne pas les éluder. Au Maroc, qu'un musée d'Art contemporain à Tanger -celui de Rabat est en cours de réalisation. Des institutions privées tentent de combler ce vide, à l'instar du musée de Marrakech dela fondation Omar Benjelloun qui organise des expositions temporaires et des Villas des Arts de Casablanca et de Rabat. Il convient aussi de mentionner un détournement sémantique à des fins purement commerciales, puisque certains commerces utilisent abusivement l'appellation, sans présenter le moindre objet. Le but du « Musée de l'Abeille » d'Annaba, de celui de Khemisset (qui proposent du miel et des produits dérivés à la vente et qui organisent des visites de leur exploitation) ou encore du « Musée de l'Argan » d'Agadir (un hammam pour touristes) est simplement d'inscrire les marchandises qu'ils commercialisent et les services qu'ils offrent dans une histoire pluriséculaire à laquelle est sensé renvoyer le musée dont ils ne portent que le nom. Ceux-là ne sont pas pris en considération dans les études présentées ici. Dans un contexte de reconfiguration profonde des musées au Maghreb, l'Institut de Recherche sur le Maghreb contemporain a porté son intérêt sur les musées, souhaitant dresser un état des lieux des musées et esquisser la place des publics dans ces institutions, en abordant la manière dont le public est perçu dans les projets muséaux, en amont et en aval. Les travaux présentés ici sont le fruit d'une rencontre pluridisciplinaire, née de cette initiative, qui s'est tenue à Sidi Bou Saïd en octobre 2010 et qui a réuni des chercheurs et des professionnels (historiens, sociologues, muséologues, muséographes, directeurs d'institutions, etc.). Des contributeurs qui se sont heurtés à un premier écueil lié à la notion même de musée.
Le développement spectaculaire du secteur des musées depuis quatre décennies interroge leur place au sein des politiques publiques, locales et nationales. À travers une double approche, historique et sociologique, cet ouvrage retrace l'histoire méconnue des musées de collectivités territoriales. Il révèle que les conservateurs ont été les principaux artisans de leur renouveau, dès le début du XXe siècle. En assurant la diffusion de nouvelles normes muséographiques, ces professionnels ont transformé en profondeur le cadre de référence de l'État. Ils ont contesté le modèle traditionnel du musée de Beaux-Arts, réhabilité le rôle social des musées et assuré leur ancrage territorial. Dans un contexte où les logiques de marché se renforcent et où la mise en oeuvre de l'action publique se complexifie, ils modi fient désormais le coeur même de leur activité en développant une véritable culture « entrepreneuriale ». Par-delà le secteur culturel, cet ouvrage convie ainsi à une réflexion sociologique sur le rôle des groupes professionnels dans la mise en oeuvre de l'action publique.
Établir la courbe de la fréquentation, connaître et comprendre les visiteurs, satisfaire les usagers : trois approches reflétant des enjeux, des savoirs et des systèmes d'actions différents qui, ensemble, déterminent la politique des publics du musée contemporain. Politique qui n'est plus seulement l'expression d'un projet scientifique et culturel, mais aussi celle d'une logique économique et sociale. Faut-il y voir la cause d'une demande croissante de données de tous ordres sur la visite des expositions et des lieux du patrimoine ? Faisant suite au colloque organisé les 1er et 2 juin 2006 à l'École du Louvre à l'initiative du département des publics de la Direction des Musées de France, ce livre présente une sélection d'études parmi les plus novatrices. Leur point de départ peut être une interrogation sur l'économie de l'offre culturelle d'un territoire, les motifs d'une carrière de visiteur, le rôle des médiations dans l'interprétation des oeuvres, les muséologies participatives et les nouveaux publics, les bonheurs (ou les déconvenues) du musée... Souvent rédigées conjointement par un professionnel du musée et un professionnel de la recherche, ces contributions éclairent les logiques de la commande, depuis la conception des enquêtes jusqu'à leur réception, c'est-à-dire, aussi, leurs usages par les établissements. Elles témoignent de la créativité d'une coopération qui intègre également décideurs et élus... Elles posent la question du partage des résultats et des méthodes, de leur diffusion et de leur capitalisation : concluant l'ouvrage, la bibliographie 2000-2005 des études et recherches sur les publics des musées et monuments constitue l'une des réponses.
Depuis une quinzaine d'années, les musées et les autres institutions patrimoniales proposent au public une offre de médiation de plus en plus riche. Quels en sont les principes et les réalisations ? Cet ouvrage rend compte des attentes des familles, de leurs comportements au regard des propositions muséales qui leur sont faites. Il évalue la manière dont les services éducatifs et culturels des établissements s'emparent de cette pratique conviviale. Cette connaissance permettra d'ajuster les propositions des établissements publics en matière d'éducation artistique et culturelle.
À partir d'une enquête menée sur six expositions sur la guerre de 1914-1918, présentées à Paris et en régions, les auteurs de cet ouvrage tentent de comprendre ce que les élèves retirent de leur visite. Ils en ont dégagé plusieurs thématiques - le rapport à la transmission, les techniques du corps, le genre et les émotions - l'expérience de visite apparaît ainsi encadrée non seulement par l'espace muséographique mais aussi, et surtout, par les situations sociales dans lesquelles sont pris les élèves. Cet ouvrage est une invitation à revisiter les expositions du centenaire de la Grande Guerre en compagnie des élèves pour donner à voir leurs pratiques ordinaires tout en s'interrogeant sur les logiques de réception de l'histoire dans et hors les murs de l'institution scolaire.