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À 97 ans, la mère de l'auteur annonce qu'elle va mettre fin à ses jours. La date et l'heure sont fixées. Pendant les quinze jours qui précèdent cette mort programmée, l'auteur adresse une lettre quotidienne à son père, pasteur décédé six ans plus tôt. Né à Genève et de tradition calviniste, ce père admet volontiers qu'on peut perdre la foi, mais moins volontiers qu'on manque de réponse face au scandale de la mort. Dans l'abondante littérature pastorale depuis Gide, la figure du pasteur est celle d'un être tourmenté et peu sympathique. L'auteur rend hommage à son père pour avoir su exercer un ministère si différent. Ainsi, la culture calviniste qu'il lui a transmise apparaît pour le fils comme l'apprentissage en douceur d'un monde sans Dieu ni Maître.
Quelle voix donner à la douleur? Quelle voix donner à cet invisible qui met le corps au supplice, qui transforme les nuits et les jours en un brasier immense, consumant toute force, toute envie? Du cri jusqu'au murmure, dans l'urgence d'une respiration nouvelle, l'auteur lui donne ici une voix dont l'écho fait battre le coeur: celle de l'espoir.
Pour l'auteur, Dieu ne se prouve pas, mais s'éprouve. Il se rencontre. Reste à définir la nature de cette rencontre. Ici « Buisson ardent », là « Chemin de Damas », les textes bibliques nous offrent différents chemins. Mais Dieu s'affronte aussi, comme lors du « Combat de Jacob avec l'ange ». C'est de ce mode de rencontre dont il est particulièrement question ici. Dans ce combat, face à face avec l'invisible, il n'est pour l'être humain qu'un enjeu : la foi en Dieu. Au cours de la lutte, cette foi est souvent malmenée, culbutée, et roule plus d'une fois dans la poussière. Le miracle, c'est qu'elle en ressorte plus ferme, quoique transformée. Ce combat, au corps à corps avec une foi possible, Bernard Duburque le livre sans jamais faillir ni renoncer. Au final, un texte bouleversant sur le doute, l'absence de sens, et peut-être, la réconciliation.