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Nos rayons et sélections

Japon

4 livres
Couverture ebook de Fricassée de Galantin à la mode d'Édo, de Santo Kyden
Les Belles Lettres éditions | 23 août 2015

« C'est fou les souffrances qu'il faut endurer pour devenir un galant reconnu ! » Fils unique de la famille Bonamour, Enjirô croit que les pièces d'or qu'il distribue généreusement vont lui permettre de se faire un nom dans le quartier des maisons closes de la capitale et le rendre aussi célèbre qu'un acteur de kabuki. Hélas ! Le malheureux galant, affligé d'un nez grotesque et d'une naïveté sans pareille, devient la proie des quolibets de ses nouvelles fréquentations... Ce petit livre, paru en 1785 et illustré par les soins de son auteur, offrit un nouveau genre de littérature, ancêtre de nos bandes dessinées. La classe montante cultivée des marchands d'Edo rit en se voyant dans le miroir déformant de la moquerie, de la caricature et du calembour.

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Prix régulier : 17,99 €
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Couverture ebook de Mornes saisons, de Harou Satô
Les Belles Lettres éditions | 23 août 2015

« Sur le flanc gonflé du bouton encore dur, il y avait un trou, de la taille d'une piqûre d'aiguille. Celui-ci perforait les pétales rouges qui se superposaient épaisseur après épaisseur, cavité blanche, minuscule et profonde, traversant la fleur jusqu'au pistil. C'était bien sûr le travail d'un insecte. Il fronça les sourcils d'un air dégoûté et regarda d'autant plus attentivement le bouton. » Quittant la ville, un homme tente de s'installer à la campagne pour retrouver la paix intérieure. Mais très vite, tout autour de lui se fait menaçant : les paysans, roublards ou jaloux, la nature elle-même, quand il se met à pleuvoir sans discontinuer. Bientôt des hallucinations s'emparent de son esprit. Satô Haruo (1892-1964) est un des très grands auteurs de la littérature japonaise du XXe siècle, encore inconnu en France. Mornes saisons est son chef d'oeuvre le plus célèbre.

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Prix régulier : 19,99 €
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Couverture ebook de Errances sur les Six Voies (1981-1982), de Jun Ishikawa
Les Belles Lettres éditions | 23 août 2015

« Ainsi, tu me vois comme le vent ? Oui, on peut dire que je suis un voyageur qui passe en courant d'air entre deux mondes. Arrivé ici, je n'ai pratiquement plus de forme. Simplement, mon coeur bondit et se pose sur cette terre. [...] Si des obstacles se dressent, il peut rompre même des barres de fer, écraser même des bêtes féroces. » Un étrange jeu narratif entre deux mondes: celui, bien documenté, du Japon du VIIIe siècle et celui, gardé volontairement flou, de la société contemporaine deux époques entre lesquelles, erre le héros, un chef de brigand attiré par le taoïsme et les pratiques occultes des ermites. Des sortilèges le précipitent dans la société moderne où il veille sur un enfant surnaturel autour de qui se déchirent deux adultes prêts à tout pour réaliser leurs rêves. Ishikawa Jun (1899-1987) se fait d'abord remarquer en 1936 avec le récit Fugen !, pour lequel il obtient le prestigieux prix Akutagawa. Ses récits à cette époque présentent des personnages qui peinent à trouver leur place dans la société du Japon contemporain. Cette approche prend des couleurs politiques lorsque, dans La Chanson de Mars (1938), qui lui vaut quelques ennuis avec les autorités, il exprime un certain scepticisme à l'égard du soutien de la population à l'entrée en guerre contre la Chine. Si Ishikawa cesse de composer des fictions pendant les hostilités, il reprend son activité créatrice aussitôt après la défaite. Plusieurs de ses récits (Jésus dans les décombres, 1946 ; La Conception immaculée, 1947) peignent alors le Japon de l'immédiat après-guerre, en ruine aussi bien matériellement que moralement, univers de désolation qui vole en éclats, alors que s'imposent brusquement des éléments aux couleurs chrétiennes. Puis ce sont des récits échevelés autour du sentiment amoureux, où les images supplantent la réalité concrète, où comparaisons et métaphores prennent vie (Le Miroir du gardien de la plaine, 1950 ; Deux ombres, 1950). Suivent des sortent de fables oniriques qui abordent la question de la révolution (Le Faucon, 1953 ; Le Tonnerre, 1954), et dans le même temps, des séries de petits récits parodiques (Histoire à chute, 1950-1951 ; Maya l'abeille, 1952 ; Heidi, 1952). Dans les dernières années de sa vie, Ishikawa Jun se consacre essentiellement à de longs récits qui entraînent le lecteur dans un monde rempli d'intrigues et de secrets, comme La Chronique du vent fou (1971-1980). Un des derniers, Errances sur les Six Voies (1981-1982), met en scène des marginaux révoltés qui célèbrent l'anarchie et l'érotisme, rejettent les idéologies bien-pensantes et les hiérarchies sociales ou religieuses, pour satisfaire leur soif de liberté absolue.

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Prix régulier : 23,99 €
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Couverture ebook de Cheveux emmêlés, de Akiko Yosano
Les Belles Lettres éditions | 23 août 2015

Court est le printemps, Qu'y a-t-il dans la vie Qui soit immortel? Et j'autorisai sa main Sur la rondeur de mes seins Ignorant la Voie Insouciants de l'avenir Méprisant la gloire, Seuls ici s'aimant d'amour Toi et moi nos deux regards Véritable hymne à l'amour, à l'art, et à la jeunesse, Cheveux emmêlés (Midaregami) devient lors de sa parution en 1901 la référence de toute une génération de poètes. La jeune Yosano Akiko renouvelle alors puissamment le genre poétique du tanka (poème de trente et une syllabes) et libère l'expression de la sensibilité féminine. Les 399 poèmes du recueil disent tous la passion naissante de l'auteur pour son futur mari, poète lui aussi, dans une célébration aérienne du printemps et l'évidence joyeuse d'un coeur amoureux. Cette oeuvre capitale du romantisme japonais est ici traduite pour la première fois dans son intégralité en langue occidentale. Cheveux emmêlés (Midaregami) propulse Yosano Akiko (1878-1942) sur le devant de la scène littéraire en 1901. Dès lors sa notoriété de poète ne faiblira plus, l'audace et le talent ne cessant d'être associés à son nom. En 1904, au plus fort de la guerre russo-japonaise, elle publie le long et très célèbre poème Je t'en supplie, mon frère, ne meurs pas ! (Kimi shinitamô koto nakare) dans lequel elle ose apostropher l'Empereur pour mieux dire non aux combats. Quelques années plus tard, c'est, en poésie toujours, à un autre sujet tabou qu'elle s'en prend, évoquant avec réalisme son expérience multiple de l'accouchement et de la maternité. Elle aura en tout onze enfants avec son mari, le poète Yosano Tekkan (1873-1935), et soutiendra de sa plume sa nombreuse famille. Un voyage en France l'amène à Paris en 1912, où elle rencontre Augustin Rodin. À son retour au Japon, elle devient membre bienfaiteur de la première revue féministe, Seitô (Les Bas Bleus), et se tourne vers le journalisme pour traiter en priorité de la condition féminine. Elle enseigne parallèlement la littérature à l'Institut culturel (Bunka gakuin), à Tôkyô, tentant de promouvoir une éducation qui favorise l'épanouissement des personnalités. Elle est l'auteur de plusieurs dizaines de milliers de tanka et de centaines de vers libres (vingt-sept recueils de poèmes), d'une traduction en langue moderne du Dit du Genji, d'un roman autobiographique et de contes pour enfants. Ses oeuvres complètes, pourtant non exhaustives, se composent de vingt volumes. Ses prises de risque permanentes et son rôle comme libératrice de la sensibilité féminine ont fait d'elle une figure majeure de la poésie et de l'histoire des femmes au Japon.

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Prix régulier : 17,99 €
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