Histoire Politique
Depuis le XIXe siècle, la cause était entendue : l'Eglise catholique avait condamné, emprisonné et martyrisé Galilée, un astronome génial, qui avait démontré que la Terre tournait autour du Soleil, ce que l'Eglise refusait d'admettre. Or la réalité est tout autre ! Non seulement Galilée n'a jamais passé un jour en prison, n'a jamais été martyrisé, mais Aimé Richardt démontre, en s'appuyant sur des documents irréfutables, que Galilée n'a jamais prouvé la rotation de la Terre autour du Soleil, et que l'Eglise était fondée à le condamner. En effet, les plus hautes autorités religieuses lui avaient demandé, en 1616, d'apporter une preuve à sa théorie, qui était d'ailleurs celle de Copernic, ou de parler d'hypothèse et, surtout, de ne pas intervenir dans l'explication des textes de la Bible qui paraissaient soutenir la thèse opposée du géocentrisme. Après l'avoir promis, Galilée est revenu sur sa parole, il a donc été jugé et condamné, avec une mansuétude toute particulière, réclamée par le pape qui était son ami. On est bien loin de l'image du martyr en proie à la persécution de l'Eglise...
La deuxième moitié du XXe siècle aura été fondée sur un paradoxe. Des générations d'hommes politiques ont parlé de la " construction européenne " mais il semble s'agir d'un objectif qui, comme l'horizon, s'éloigne au fur et à mesure que l'on avance. En fait, avec les années qui passent, on assiste à la déconstruction, à la destruction des nations, sans que rien ne vienne les remplacer. Et l'on peut même se demander, hypothèse encore plus terrible, mais vraisemblable, si " faire l'Europe " ne consiste pas, en fait, à détruire les nations. L'historien allemand Rudolf von Thadden l'avait dit sans prendre de gants : " Pour faire l'Europe, il faut défaire un peu la France ". La construction européenne fut fondée, dès l'origine, sur l'idée d'une renonciation à l'exercice de la souveraineté, sous prétexte que certains pays européens, l'Allemagne, en particulier, avait cédé, entre 1914 et 1945, au vertige de la puissance. On avait libéré les nations mais pour, aussitôt, les démanteler à nouveau. Confondant la puissance et la souveraineté, on s'imaginait que l'équilibre des puissances passait désormais par l'abolition des souverainetés. Comme le montre Pierre Hillard, jeune et brillant connaisseur de l'Allemagne et des affaires européennes, on a, par cette politique de gribouille, permis à des forces fascistes et impériales de revenir sur le devant de la scène. Son nouvel ouvrage est l'occasion, pour lui, d'élargir le champ de son enquête : derrière le morcellement territorial des Etats, on ne retrouve pas seulement des organisations héritières du national-socialisme et des mouvements ethno-racistes, largement décrits dans son Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l'Europe : on recense, en fait, de multiples courants qui, de la droite à la gauche, militent pour la destruction des nations et, quelquefois consciemment, font le jeu de la mondialisation économique et politique, qui est, en fait, le produit du basculement des Etats-Unis d'Amérique dans l'impérialisme, comme l'avouent ouvertement les idéologues du gouvernement Bush. Pierre Hillard montre comment l'atlantisme, qui n'avait plus de raison d'être après la fin de la guerre froide, est devenu l'instrument de ce " mondialisme " que prônait, dès son élection à la présidence de la République, le père de l'Europe actuelle, Valéry Giscard d'Estaing. Chercheur scrupuleux, Pierre Hillard reconstitue un certain nombre de réseaux et identifie les fondations qui, en Europe et aux Etats-Unis, s'emploient à saper les principes mêmes de la souveraineté des Etats, au nom des droits des minorités et au service du capitalisme prédateur qui caractérise notre époque, toutes ces tendances faisant le jeu de l'hégémonie américaine. Une hégémonie que Zbigniew Brzezinski décrivait, en 1997, dans un cadre spenglerien : la vocation américaine est désormais de contrôler l'Eurasie, pour réaliser l'empire occidental. C'est la logique mortifère d'une Europe carolingienne à la fois impuissante diplomatiquement et ravagée par les désordres économiques qu'engendre l'ordre américain pour détruire la seule Europe possible, celle des souverainetés pleinement exercées par des Etats nationaux, coexistant dans la paix et la prospérité. L'auteur de ce livre s'affirme de plus en plus, en effet, comme un observateur très précieux de la politique internationale. La clarté et la précision de ses analyses sont le meilleur antidote aux tours de passe-passe idéologiques dont se servent les manipulateurs de la démocratie. "".
"... Le témoignage d'Antoine Delenda constitue un point de vue doublement original dans la mesure où il n'est pas seulement anti-collaborationniste mais très rapidement anti-vichyste. Son intérêt se rehausse du fait qu'il s'enracine dans le " système ", observé et décrit de l'intérieur. C'est un point de vue d'autant plus rare que, si beaucoup de vichystes étaient incontestablement anti-allemands tout en pensant jouer au plus fin, telle n'est pas l'attitude d'Antoine Delenda auquel la suite des événements donne raison. Il témoigne en effet, dès 1940, d'une grande lucidité. C'est à la fois en moraliste et en personne politique réfléchie qu'il fait, dès l'armistice, le pari de la défaite allemande (laquelle était loin d'être évidente à Vichy). Ministre plénipotentiaire, responsable des relations commerciales et du blocus, Antoine Delenda possède une très grande connaissance des innombrables dossiers qui lui passent sous les yeux, ainsi que du personnel de l'Etat français. Par ses fonctions, il est au coeur des questions, particulièrement cruciales, de ravitaillement, de confiscation de denrées et de biens, et surtout du non-respect par les Allemands des clauses de l'armistice, à commencer par la quasi-annexion de l'Alsace-Lorraine. L'historiographie allemande actuelle insiste elle-même sur le fait que la puissance occupante se livrait en France à des pillages constants. Nous en trouvons, dans les notes d'Antoine Delenda, des illustrations au jour le jour, qui mettent en relief la lâcheté d'une administration vichyste soucieuse de ne jamais déplaire à l'occupant et n'osant pas même, ou si peu, lui rappeler ses engagements et sa signature. A tous égards, les considérations de l'auteur offrent une vue très neuve sur des aspects encore mal connus de l'occupation nazie. Grand blessé de guerre de 14-18, Antoine Delenda est un incontestable résistant moral de l'intérieur..." Emmanuel Leroy-Ladurie.
"La démocratie d'apparence" ou comment faire participer utilement les individus à la vie politique : ce petit livre rassemble les Actes du colloque sur "La participation individuelle à la vie politique" du 19 avril 2007, au Palais du Luxembourg. Grande utopie moderne à l'usage des foules, la démocratie ne va généralement pas plus loin qu'une incantation politico-médiatique dont se prévalent des gouvernants et les "décideurs". D'un point de vue concret, elle n'est le plus souvent qu'une démocratie d'apparence aux mains d'oligarchies partisanes et de groupes de pressions puissants et organisés. Pourtant, au-delà des représentations imaginaires, se pose la question bien réelle et tout à fait actuelle, essentielle pour l'avenir de nos sociétés, de la participation effective des individus à la vie politique. Cette participation est difficile à organiser, mais, dans certaines conditions, elle peut, et doit, être mise en oeuvre utilement. Les auteurs examinent, loin de tout esprit partisan, les mécanismes qui permettraient au citoyen de participer réellement à la gestion de la vie publique pour devenir un acteur véritable de la politique et non plus un simple sujet/enjeu du marketing politique. Une des conclusions de ce colloque était précisément de constater que le vote blanc et l'abstention sont, le plus souvent, les seules possibilités laissées à l'électeur pour échapper au piège de "l'apparence" et de l'instrumentalisation.
On entend souvent dire aujourd'hui que la crise économique et financière qui déferle actuellement sur le monde n'était pas prévisible. Rien n'est plus faux. A l'origine de la crise, il y a un Système Monétaire International profondément déréglé par le régime de l'étalon-dollar. Depuis plusieurs décennies, des esprits avertis avaient prévenu des effets dévastateurs qu'aurait nécessairement la politique d'émission de plus en plus déraisonnable de la Réserve Fédérale américaine sur l'économie mondiale. Comme le dit avec force Maurice Allais, le Prix Nobel français d'économie, dans une indifférence générale " Ce qui doit arriver arrive ". Il se produit donc aujourd'hui ce qui arrive toujours en régime de papier-monnaie : après l'euphorie de la multiplication sans limite du crédit vient le krach. C'est ainsi que le billet vert tend vers sa dépréciation absolue. Même si tout est fait pour en retarder l'échéance, nous n'échapperons pas à l'effondrement du dollar et des monnaies qui se sont imprudemment solidarisées avec lui. Pour limiter, si cela est encore possible, les effets de cette catastrophe inévitable, il faut créer de toute urgence une Unité de Compte Internationale qui soit un panier des grandes monnaies-papier auxquelles on devra ajouter l'or qui redonnera une crédibilité indispensable à la monnaie fiduciaire. Par la suite, il ne faudra pas se contenter de revenir à la référence or que va, en tout état de cause, imposer le marché, quoi que puissent penser ou faire les grands dirigeants économiques et politiques. Pour dépasser les limites quantitatives de l'or, il sera nécessaire de revenir à son indispensable complément circulant " : l'argent-métal qui a présidé, avec l'or, à l'essor historique de la richesse des nations. Ce diagnostic posé, et le seul remède possible analysé, reste la question de la mise en oeuvre d'une immense réforme par un personnel politique largement responsable de la situation, qui n'a pour l'essentiel rien prévu et dont l'action est, à tous égards, jugée par la présente tragédie...
Un terrorisme nouveau s'est installé dans le monde : le terrorisme en col blanc et en blouse blanche. Il s'est imposé dans les plus grandes organisations internationales, ONU, FMI, Banque mondiale, OMS, où il règne quasiment sans partage. Bien que discret, il multiplie l'efficacité du terrorisme classique. Contrairement à ce dernier, il recourt, lui, à une panoplie toute différente où se côtoient les sciences biomédicales, la démographie, la linguistique et la communication. Le terrorisme nouveau s'en prend d'abord à l'intégrité intellectuelle et morale des personnes qu'il veut, au moins, gouverner, sinon détruire. Ce terrorisme a un visage humain parce qu'il semble honorer la vérité, alors qu'il ne s'impose que par le mensonge accouplé à la violence, ou encore, parce qu'il semble flatter la liberté, alors qu'il ne peut s'imposer qu'au prix du consentement à la servitude. Ces pages démontent quelques-uns des mécanismes essentiels de ce terrorisme qui procède par étapes. Discrètement, inexorablement, les personnes sont captivées par les mots qui les leurrent : aide-protection-droit-santé-vie-consensus : autant d'expressions symboles dont le sens naturel est détourné ", retourné, habillé pour habiller des entreprises homicides. Nous sommes en présence d'une nouvelle révolution culturelle, de portée mondiale, totalement fermée à la transcendance et dominée par l'utopie d'une société interdite d'espérance. Ce livre vigoureux invite à reprendre à la racine la question de l'humanité de l'homme. Il est urgent que soient réaffirmés sa sociabilité, son ouverture à la transcendance, le respect que lui doivent les pouvoirs publics. Pour que cette reprise puisse se faire, il faut sortir de Babel, dénoncer les confusions du langage, démasquer l'impasse d'une reconstruction idéologique du monde. Il faut sauver le droit de l'indignité où il est tombé lorsqu'il est instrumentalisé pour légitimer n'importe quelle pratique.
Depuis plusieurs années, un débat s'est engagé sur la nature et la signification des mutations qui bouleversent le monde. Des mots comme mondialisation, globalisation, sont devenus des lieux communs ; d'autres, plus vieux, après avoir subi un apparent discrédit sous les coups de la pensée unique, comme Empire, impérialisme, capitalisme, refont leur apparition. Et, chez pratiquement tous les auteurs, s'est installée l'idée que ce sont les États-Unis, ascendants ou décadents, qui déterminent la structure profonde de ce système. Sami Naïr propose ici une analyse de ces mutations à partir d'une vision plus radicale : bien que jamais le pouvoir de l'Amérique n'ait été aussi grand, ce n'est pas cela qui définit l'originalité de notre monde, mais plutôt la formation à l'échelle planétaire d'un vaste empire marchand, avec sa dynamique propre. Celui-ci tend à conformer partout des systèmes politiques, culturels, sociaux, ainsi que des discours de légitimation de sa puissance pour assurer la seule transformation radicale dont il est porteur : l'extension illimitée du pouvoir de la marchandise sur les êtres. Construction européenne, formation des élites mondiales, tragédie d'un monde arabo-musulman, interminable conflit israélo-palestinien, désagrégation des sociétés du Sud... : autant de données à analyser dans le mouvement violent d'expansion de cet empire marchand universel. Celui-ci parviendra-t-il à soumettre la diversité des êtres et des cultures à la seule loi de l'équivalence marchande ? Ou bien assistera-t-on à la montée renouvelée des nations, de formes originales de souverainetés citoyennes, de solidarités des peuples ? Ce livre offre une lecture lucide de ce « nouveau » monde impérial, dessinant sa portée civilisationnelle mais aussi les terribles barbaries qu'il produit et qui le minent de l'intérieur.
Pendant quinze ans à la tête du syndicat MG France le Dr Richard Bouton a affronté les plus puissants lobbies et secoué la timidité - ou pire, l'indifférence - des politiques, défendant ses confrères généralistes et une certaine idée de la Sécurité sociale. Car derrière ses progrès spectaculaires et ses apparences distinguées, le monde de la santé est un univers trouble : l'omniprésence des firmes pharmaceutiques et le pouvoir de la « caste » médicale ont dressé un bastion face auquel tous les gouvernements semblent impuissants. Ceux qui ont voulu l'affronter s'y sont brisés ; les autres ont préféré renoncer, quand ils n'en ont pas été complices, au détriment, notamment, de la Sécurité sociale. Dans le même temps, des besoins sanitaires élémentaires ne sont pas satisfaits ; bientôt on ne trouvera plus de médecins pour exercer dans les campagnes ou dans les banlieues difficiles. Les généralistes, parents pauvres d'un système devenu fou où le profit semble être la seule règle, n'en peuvent plus. Ils l'ont clamé haut et fort dans nos rues à l'automne 2002. Pour la première fois, un médecin et syndicaliste d'envergure lève le voile sur les moeurs et les pratiques d'un secteur de la santé qui apparaît pour le moins malsain. D'anecdotes tirées de son expérience sur le terrain en portraits au vitriol (Simone Veil ou Martine Aubry), Richard Bouton dresse le tableau d'un milieu médical en crise et d'une Sécurité sociale moribonde. Il pose aussi la question : d'où vient le mal et comment y remédier ? Médecin généraliste, Richard Bouton est le président fondateur de MG France.