Essais religieux divers
Toute l'histoire sainte est marquée par cette distance entre Dieu et les hommes. Mais la venue de Jésus a tout changé : homme parmi les hommes, c'est Dieu au milieu d'eux, ce qu'atteste le voile du temple qui se déchire. Il vient révéler la vie divine au coeur de l'homme. Traversant tout l'Évangile jusqu'à la résurrection, Jésus ne fait que dévoiler la part sacrée de la vie. L'Église nous a transmis le formidable message du Christ. Mais deux mille ans d'histoire ont retissé une lourde tenture de mesures et d'impératifs qu'il faut dépoussiérer aujourd'hui. D'ailleurs ce voile n'est-il pas en train de se déchirer ? Enfin, c'est au coeur de l'homme que se joue ce dévoilement, qui conduit à croire en la vie, en l'autre, au Tout-Autre. Traversant pas à pas l'Évangile et l'histoire des hommes, Raphaël Buyse nous invite à un chemin de simplicité et d'émerveillement. La foi est à portée de main, le Christ est un compagnon de route, au coeur d'une humanité qui se cherche. Au fil des pages et d'une écriture intime et poétique, se révèle une parole dévoilée : « Il n'y a donc rien à craindre à traverser le voile des mots : il n'y a pas de risque pour la foi. Il n'y en a que pour la religion et ses possibles écrans de fumée. C'est enfin l'heure de respirer. »
La Genèse décrit l'humain comme crée à l'image et à la ressemblance du Créateur sans expliquer ces vocables, sauf pour dire qu'ils impliquent de ne pas faire couler le sang. Comment les personnages de ce récit en découvrent-ils la trace en eux-mêmes et en autrui ? Ou, au contraire, pourquoi la négligent-ils au point de l'oublier ? Pourquoi enfin une tentation majeure s'impose-t-elle très vite de croire que cette image doive suivre un régime contrasté pour l'homme et pour la femme, au point de méconnaître qu'elle excède toujours la visibilité des différences entre les personnes ? Pourtant, malgré l'histoire tourmentée que raconte la Genèse, histoire qui est aussi la nôtre, le Créateur ne revient jamais sur le don qu'Il a fait de Son image. En dialogue avec plusieurs commentaires de la tradition hébraïque, surtout hassidique, ce livre explore ces questions en montrant qu'elles nous habitent toujours et que les personnages de la Genèse sont révélateurs de notre humanité.
La mise en application d'une nouvelle traduction du Missel Romain, le 1er décembre 2021, dans toutes les églises de langue française (France, Belgique, Suisse, Québec, Afrique de l'Ouest) est l'occasion de redécouvrir la richesse et le sens des mots utilisés dans la messe. Michel Wackenheim met en exergue les nouveautés lexicales introduites dans cette nouvelle traduction puis passe en revue, dans l'ordre alphabétique, plus de 300 mots qui marquent ce nouveau missel. Tout au long de ce travail, le lecteur découvrira l'étymologie de certains mots de la messe, Le souci de la filiation des mots et de leur sens y est constamment présent avec rigueur et souci de grande clarté.
La dévotion à la Vierge Marie a toujours connu un grand intérêt chez les chrétiens. La littérature sur le sujet est abondante. Curieusement, les sources historiques sont peu nombreuses. Il subsiste quelques passages célèbres dans les évangiles : l'Annonciation, la naissance du Christ, les noces de Cana, Marie au pied de la croix. En revanche, les premiers chrétiens vont développer de très nombreuses prières à Marie et s'attacher à la figure spirituelle de la mère de Dieu. Michel Wackenheim retrace les grandes étapes de la dévotion mariale : les évangiles, les premières communautés, l'essor de la spiritualité mariale au XIIe siècle avec saint Bernard, la Réforme, l'énonciation des dogmes de l'Assomption et de l'Immaculée Conception et le Concile Vatican II. Ce parcours permet de comprendre pourquoi on a toujours prié Marie mais aussi pourquoi , notamment avec l'émergence du monde protestant, on a contesté certains aspects de cette dévotion qui prenait le pas sur celle du Christ.
"Une main sur la beauté du monde, l'autre main sur la souffrance des hommes, les deux pieds dans le devoir du moment présent." François Varillon Peu de temps avant sa mort, le Père Varillon recevait Charles Ehlinger pour des séries d'entretiens. Celui-ci va recueillir les confidences et les explications du penseur et théologien sur diverses questions : son itinéraire, ses jeunes années à Lyon, sa formation de jésuite, "la spiritualité des laïcs", les communautés de foyer dont il s'est occupé pendant plus de 30 ans, sa passion pour Fénelon et Paul Claudel. Mais aussi les questions simples et essentielles, plus universelles, qui tourmentent chaque individu : la vie et la mort, la crise de la civilisation occidentale et du christianisme. Un livre essentiel qui nous dévoile encore davantage du parcours et des repères de ce grand penseur.
Simon Mimouni travaille depuis de nombreuses années sur l'histoire du judaïsme et du christianisme antiques, et notamment sur la première communauté chrétienne, fondée à Jérusalem, à la suite de la prédication de Jésus. Ce livre est un événement qui retrace une impressionnante enquête à la fois historique, archéologique et textuelle, sur la figure de Jacques, le fondateur de cette première communauté. Ce "frère de Jésus" a fait couler beaucoup d'encre. L'auteur fait ici un point clair et très documenté sur la famille de Jésus. Il nous donne accès à l'ensemble des sources principales sur les premiers pas de cette communauté chrétienne. Sur les relations entre Jacques, Pierre, Etienne et Paul. Simon Mimouni aborde ici le dossier capital de "la succession de Jésus" et du devenir de la communauté de Jérusalem et de ces premiers "nazoréens chrétiens", communauté messianique, selon l'auteur, créée après l'exécution de Jésus, dans la ville sainte des Judéens. Et posant la question : Jacques appartenait-il à la classe sacerdotale ? Ainsi que la problématique familiale, des frères et des soeurs de Jésus, et de savoir à partir de quand les Chrétiens ont-ils cru à la virginité de la mère de leur Messie, Marie. Un livre passionnant sur les origines du christianisme.
Cet ouvrage regroupe plus de cent questions touchant aux différentes thématiques de la foi catholique. Le credo, les anges, l'esprit saint, les sacrements, les textes... Ces questions, toutes simples et fondamentales sont regroupées en trois grandes parties : la Bible, Dieu, la vie spirituelle. De quelle faute Adam et Eve se sont-ils rendus coupables ? Pourquoi la Bible est-elle si violente ? Qu'est-ce qu'être catholique ? Peut-on aller en enfer ? Qu'est-ce que le monde invisible ? Que veut dire « mariage indissoluble » ? Jésus nous dit : « Ne jugez pas. » Mais est-ce toujours possible ? À ces questions, d'une infinie diversité, les plus grands théologiens, des prêtres, des exégètes, répondent, clairement. La forme : Une question, une réponse de maximum deux pages. Ce livre est une mine pour s'informer, réfléchir, découvrir ! Les théologiens, prêtres, écrivains qui ont participé à cet ouvrage : Anne Soupa, Anne Lécu, Christine Pedotti, Bernard Sesbouë, Henri-Jérôme Gagey, Roland Gosselin, Michel Kubler, Gérard Billon, Franck Javary, Luc Forestier, Antoine Nouis, Emmanuel Pisani, Christian Petitfils, Michel Legrain, Sylvain Gasser, Jacques Nieuviarts, Philippe Marsset, Frédéric Louzeau...
Deux philosophes s'entretiennent sur la situation et sur la signification de l'art aujourd'hui : ce que son nom veut dire désormais, ce que, bien loin d'être un nom désuet, il nous donne à penser de neuf. La pensée très élaborée de Jean-Luc Nancy sur ce sujet est reprise mais aussi continuée au cours d'une discussion où Jérôme Lèbre s'interroge avec lui sur la meilleure manière de saisir l'engagement du corps sensible dans l'activité artistique et l'approche des oeuvres, la relation de l'art à la technique, à l'histoire, sa modulation en arts traditionnels et nouveaux, sa position actuelle vis-à-vis de la religion, de la politique et de la littérature.
Le grand théologien Christoph Theobald écrit ce texte comme on jette une bouteille à la mer. Il s'adresse à ceux qui ne sont pas indifférents au christianisme, mais qui se sont éloignés de l'Église et de la tradition chrétienne. Dans cette méditation d'une grande puissance théologique, il affirme que la pandémie, en creusant un manque, a pu faire naître une soif spirituelle. En nous tournant vers les textes bibliques, nous trouvons une aide pour désigner ce qui nous manque : l'énergie intérieure pour oeuvrer pour l'avenir, en faveur d'une vie humaine digne de ce nom sur une planète terre gardée habitable. Il en appelle à une « mystique de la fraternité », pour adopter la seule attitude possible pour les chrétiens : accepter l'incertitude par rapport à l'avenir et en faire un lieu de confiance, à la suite de Jésus. Il rappelle la nécessité de l'Église, mais interroge : comment la rejoindre si elle se défend en tant qu'institution et ne parvient plus à annoncer l'Évangile de telle manière qu'il puisse rejoindre les coeurs humains ? L'auteur nous enjoint à ne pas oublier l'art de Jésus et de ses disciples d'ouvrir les « portes » grâce à leur manière de se rendre proches de leurs contemporains. Ainsi, l'Église, en proie à une terrible crise, pourrait retrouver sa capacité à faire que l'Évangile rejoigne les coeurs de nos contemporains, en revenant à un travail de proximité, surtout auprès des plus nécessiteux. Un texte magnifique, qui résonne longtemps après sa lecture et amène tout lecteur, chrétien ou pas, à une introspection positive.
La Covid-19 a bouleversé la vie de l'humanité. L'Église elle-même s'est retrouvée confinée, toutes les messes ont été supprimées. Le pape François a donc célébré seul la messe, tous les jours du confinement, à la basilique Saint-Pierre, sur l'esplanade et à Sainte-Marthe au Vatican. Ce livre recueille les paroles qu'il a prononcées du 9 mars au 14mai 2020 pour soutenir toute la communauté de l'Église en cette période d'épreuves : homélies quotidiennes, messages de l'Angélus. Le pape apporte son aide spirituelle à toutes les victimes de la pandémie qui souffrent dans la douleur, la solitude et la peur. Ses paroles, simples et profondes sont un véritable trésor de sagesse, d'espérance et d'amour : elles permettent, dans la solitude et l'isolement ,de vivre la tendresse de Dieu. Le pape exprime son souci que le mal ne brise pas la confiance en Dieu des chrétiens ni ne rompe la solidarité des hommes entre eux.
Pour exprimer la proximité et la tendresse de Dieu dans cette période de pandémie, marquée par la douleur, la souffrance, la solitude et la peur vécue par une immense partie de l'humanité, le pape François s'est exprimé de plusieurs manières. À travers deux messages Urbi et orbi (à la ville de Rome et au monde), une lettre ouverte aux mouvements populaires, un message aux vendeurs de journaux de rue, une lettre à un ami, juge argentin de Buenos Aires, le pape ravive la foi des catholiques, donne des clés pour envisager sereinement la période après la pandémie. Il plaide pour l'assouplissement des sanctions internationales, l'allégement de la dette des pays pauvres et l'instauration d'un cessez-le-feu mondial.
Qu'est-ce qu'être juif ? le judaïsme ? comment étudie-t-on encore aujourd'hui le Talmud ? ses relations avec la culture contemporaine ? Clémence Boulouque, romancière, journaliste, est passionnée d'études juives. Elle rencontre, dans ce livre, un des plus célèbres savants contemporains, spécialiste du Talmud et de l'histoire juive : Daniel Boyarin. Ensemble, ils retracent son itinéraire, depuis sa naissance et son enfance parmi des éleveurs de poulets, dans le New Jersey, ses études en Israël, sa passion pour le Talmud, ses engagements politiques à gauche, jusqu'à ses thèses originales et controversées sur la formation en miroir du judaïsme et du christianisme, l'enseignement de Jésus, le sionisme, la question féministe, etc. Boyarin révèle dans ces entretiens sa vision du Talmud : dialogique, ironique, ouverte. "Si je devais citer un texte de la littérature occidentale qui ressemble au Talmud, je dirais Rabelais.".
Oui, ce livre est un événement, comme le souligne dans sa préface le Père Moingt. Parce qu'il s'agit d'une enquête fouillée à travers les textes bibliques et ceux du magistère de l'Église catholique, l'histoire du christianisme et de la société, les représentations symboliques des sexes et du pouvoir, et d'une étude sans concession des rouages de la hiérarchie patriarcale et de leurs effets souvent dramatiques sur les personnes. Rien n'est laissé dans l'ombre. Le déni et la pratique du secret, les scandales sont impitoyablement expliqués et dénoncés. Cette enquête extrêmement bien menée démonte le modèle patriarcal défendu par l'Eglise et encore socialement actif. Non seulement ce système reproduit l'iniquité de la domination du sexe masculin sur le féminin, mais il repose sur un déni général de la sexualité et des représentations tragiques des genres souvent cause de scandales douloureux au sein même de l'institution. Pour les auteures, le pouvoir ecclésial n'est pas démocratique, et l'institution est en décalage croissant avec le monde contemporain, jusqu'à diaboliser ce monde pour se justifier. Le livre appelle à la mobilisation pour réaliser que l'avenir de l'Église passe nécessairement par la reconnaissance de l'égalité entre homme et femme, et par l'abandon d'un système hiérarchique archaïque.
Thierry Bizot a repris pour ce livre le meilleur du blog qu'il a commencé à tenir fin 2008 sur le site Croire.com. Il raconte les hauts et les bas, les déceptions et les émerveillements de sa nouvelle vie de croyant. Ce blog a rapidement connu un grand succès et suscité de nombreux commentaires. Même si les désarrois et les ravissements du tout nouveau croyant font peu à peu place à une vie spirituelle plus calme, c'est toujours la même fraîcheur que l'on trouve sous la plume de l'auteur. Et pourtant, Thierry Bizot est loin d'être un « ravi ». Il fait preuve au contraire d'une capacité d'autocritique assez développée doublée d'un solide sens de l'humour. Comment donner un sens nouveau à la banalité d'une vie humaine ? Chacun, nouveau croyant ou pas, pourra se retrouver sous les traits de cet apprenti chrétien que nous ne cessons jamais d'être.
L'auteur met ses pas dans ceux de Mère Teresa à Calcutta et revient sur les lieux qui ont marqué son parcours : le premier bidonville, la première école, le premier logement, la maison-mère ainsi que les foyers créés pour les mourants, les lépreux, les enfants abandonnés... Sans aucun misérabilisme, ce récit raconte le lien unique qu'établissent les Missionnaires de la Charité avec les plus pauvres des pauvres, les plus méprisés, rejetés par la société indienne.
"Bien plus qu'une crise, notre monde vit une mutation, une transition, une transition fulgurante." Dans ce nouvel ouvrage, Pierre Giorgini, ingénieur, créateur d'entreprises, enseignant, tente de proposer de nouveaux modèles d'organisation sociale capables de répondre aux défis de la révolution numérique. Il montre comment le bouleversement en cours de nos façons de nous organiser, de communiquer, de produire, de créer est susceptible de faire émerger une nouvelle économie de la co-élaboration, de la participation, et des nouveaux schémas d'organisation sociale (écosystèmes) fondés sur l'arborescence, le partage et la cohabitation. ce livre a bénéficié de l'apport de nombreux spécialistes, économistes, philosophes, prospectivistes... "L'oeuvre de Pierre Giorgini ouvre à toutes les disciples d'immenses perspectives de renouvellement... Nous partageons lui et moi les mêmes passions et les mêmes convictions sur l'évolution de notre société." Erik Orsenna