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Le coeur de Sitka bat fort, fait pulser dans ses veines un sang infusé de tourbe et de conifères, du souvenir d'un océan, d'une reine fragile à protéger. Piégée, volée, la chienne-louve court, fuit, cherche sa meute aimée, formée d'un homme et d'une petite. Sinueux est le chemin qui la mènera de l'autre côté de la peur, de l'autre côté du continent. Une nouvelle semée d'illustrations, logeant entre les lignes des romans Encabanée, Sauvagines et Bivouac de Gabrielle Filteau-Chiba. En forme brève, l'écoromancière nous fait traverser le Canada du Pacifique à l'Atlantique, lové au coeur d'une animale qui croisera la route d'humains portés par leurs propres quêtes.
« Une maison sur le bord d'un lac, des murs chargés de livres, un dépôt à mon compte bancaire chaque quinzaine et Marthe ce matin encore avec un pain tout chaud enroulé dans un carré de papier kraft, que demander de plus. L'urbain que j'étais se découvre des zones inexplorées. Comment ai-je pu être aussi longtemps ignorant de moi-même? » Patrice, dans son Clova à flanc de rails et de forêt, a réinventé sa façon d'être libraire. La nuit, les doigts sur le clavier, il alimente sa boutique virtuelle, correspond avec sa toile d'invétérés du livre rare et précieux. Le jour, il emballe les paquets que le train emportera vers le reste du monde. Et ça fonctionne, un univers prévisible et doux comme la tartine matinale. Jusqu'à l'arrivée de Gladys et de son cortège funèbre. Une nouvelle se déroulant dans l'univers du roman À train perdu de Jocelyne Saucier.
« Nous aurions pu vivre la première lune de miel interplanétaire. Nous aurions dû livrer à Mars son premier orgasme. C'était notre plan secret. Ça vous surprend ? » La commandante Andréa Chang vit toujours, mais sa copilote Maïa n'est plus. Comment expliquer au centre de contrôle l'amour entre deux astronautes, leur capacité à transformer toute épreuve en équation, toute mort en exploit? Dans un monologue intersidérale, l'astronaute tente l'expérience. L'absence de réponse du côté de Capcom ne l'inquiète pas outre-mesure : peut-être la collision a-t-elle causée une panne, peut-être le satellite est-il sorti de son alignement. Ou peut-être qu'il se passe quelque chose, là-bas, sur Terre... Quelque chose comme une révolution. Une nouvelle se déroulant dans l'univers dystopique du roman Valide, de la même autrice.
Il fait chaud, la ville est insupportable en été, surtout après si longtemps à contempler alternativement les murs de la maison et l'écran de l'ordinateur. Diane et Claudine, on les comprend, souhaitent désespérément s'évader en nature, que leur rosé ne soit pas seul à prendre le frais. Sauf que des chalets à portée de leur budget, ça n'existe tout simplement pas. Survient le miracle Madeleine : leur vieille amie est prête à leur prêter sa petite cabane au bord d'un lac - du moment qu'elle peut sortir de sa résidence sur-réglementée et être de l'aventure. Au fond, pourquoi pas? La « cousine Amanda » a l'air de trouver que c'est une bonne idée... Mais cette cousine est-elle qui l'on croit?
« Libellule ô ma libellule Tu as donc survécu À l'humaine folie de vouloir tout contrôler Le monde ses eaux ses animaux » Faune, flore et astres nous interpellent, prêtent leur voix à un vibrant manifeste: tout ce qui vit est poésie. De concert, le gars de bois, lumineux, rieur, frondeur, nous livre le fond de sa pensée, l'ampleur de son amour pour cette nature dont nous faisons partie. Un hybride qui tient à la fois du récit, de l'essai et du recueil poétique et s'inscrit dans l'élan de Nous sommes poésie, livre méditatif colligeant une série d'entretiens menés par Jean Désy.
« C'est une grosse robe rouge, qui ne m'amincit pas, qui ne me fait pas fondre dans le décor... J'ai juste l'air d'un gros morceau de joie rouge! Je me sentais tellement puissante, dans cette robe-là! J'avais l'air d'une reine! Quelqu'un qui ne s'excuse pas du tout d'exister, qui prend même plus de place que celle occupée par son corps. » Un carnet nous donnant accès aux réflexions intimes de l'autrice Marie-Noëlle Hébert, des pensées et perspectives nées dans le sillage de la parution de son roman graphique La grosse laide.
« Deux ans à attendre que monsieur daigne faire un choix définitif, pis je me ramasse dans un no woman's land! Y va voir que j'y appartiens pas. » Providence se voit rejetée de Schefferville, où elle n'a jamais su trouver sa place. La bouillante Marie y voit l'occasion d'enfin régner de plein droit sur la ville minière et son petit roi. On pourrait les croire rivales, pourtant la lutte est ailleurs... Car il est ardu, pour une femme, de tirer son épingle du jeu dans ce monde cruellement masculin. Une nouvelle se déroulant vingt ans avant les événements qui tissent la trame du roman Terminal Grand Nord d'Isabelle Lafortune, lui-même prélude à Chaîne de glace.