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Les Jeux olympiques de Moscou de l'été 1980 constituent le sommet du projet sportif soviétique. Or, un peu plus de six mois avant le lancement de la rencontre sportive, l'Union soviétique envahit l'Afghanistan. Rapidement, la communauté internationale condamne les actions de Moscou. Menée par les États-Unis, une campagne de boycottage des Jeux olympiques moscovites prend forme, visant à contraindre le Kremlin de quitter Kaboul. Les Jeux de Moscou sont aujourd'hui reconnus comme l'un des moments sportifs phares de la guerre froide. Or, si l'histoire se souvient surtout du choc frontal entre les deux superpuissances, les effets du boycottage affectent également les relations internationales du Kremlin tissées avec le tiers-monde, particulièrement l'Afrique. Initiateur de boycottages sportifs lors des trois derniers Olympiques d'été à titre de levier politique, le continent africain représente, dès les balbutiements de l'organisation des Jeux de Moscou, la menace la plus concrète d'un déraillement de la célébration ultime du sport soviétique. Au regard du boycottage étasunien qui se dessine au début de l'année 1980, la participation olympique de l'Afrique n'a jamais semblé autant à risque. Cet ouvrage se veut le premier regard exhaustif étudiant la campagne soviétique de « diplomatie olympique » menée par le Comité d'organisation des Jeux olympiques de Moscou s'échelonnant grosso modo de 1976 à 1980 et visant à convaincre l'Afrique de participer aux XXIIe Jeux d'été.
À la fin des années 1960, le Québec connaît l'émergence de nouveaux mouvements sociaux, parmi lesquels se retrouvent la contre-culture et le féminisme de la « deuxième vague ». Bien qu'ils soient distincts dans leurs formes, ces courants partagent des critiques convergentes à l'égard du sexisme, du capitalisme et de la famille nucléaire traditionnelle, participant ainsi à une remise en question plus large des institutions jugées inégalitaires. Comment, dans ce contexte, les idées féministes ont-elles circulé au sein de la contre-culture québécoise? À partir des récits de vie d'anciennes et anciens membres du mouvement hippie, cet ouvrage explore les conceptions de l'égalité entre les sexes, les rapports sociaux genrés et les pratiques quotidiennes qui ont caractérisé le mouvement entre 1967 et 1987. Les témoignages recueillis mettent en lumière l'existence d'un féminisme contre-culturel, souvent implicite, mais bien présent dans les expériences vécues. Ils révèlent comment plusieurs femmes hippies ont investi des espaces de pouvoir et d'autonomie, esquissant des formes d'émancipation à la fois intimes et collectives, en rupture avec les normes de la société libérale d'après-guerre.
À l'éclatement de la Grande Guerre en août 1914, le Canada français et l'Irlande sont précipités en guerre aux côtés de la Couronne britannique. Ces deux sociétés minoritaires orchestrent de vastes campagnes de propagande pour rallier la nation derrière l'effort de guerre. Afin de surmonter des contradictions liées à la défense d'un empire avec lequel demeurent plusieurs tensions, les affiches font appel au nationalisme pour vendre la mobilisation. Elles vantent la mobilisation de l'individu à la nation, mais dont l'image de la nation se mue sous l'effet des conditions de la guerre dès 1916. Témoignant des logiques nationalistes à l'oeuvre lors de la Grande Guerre, les affiches expriment la convergence puis la divergence des trajectoires nationalistes canadienne-française et irlandaise entre 1914 et 1918. Dans ce livre, Aimée Dion analyse les affiches de guerre comme symptômes des mouvances nationalistes en ébullition pendant le premier conflit mondial et explique comment elles illustrent la création de nouvelles identités nationales définies en dehors du cadre de l'Empire.
Juillet 1971, Huey P. Newton, leader du Black Panther Party, est accueilli en grande pompe à Pékin par Zhou Enlai, premier ministre chinois, et Jiang Qing, femme de Mao Zedong et membre du Politburo du Parti communiste chinois. Face aux caméras, il salue la révolution chinoise et célèbre une solidarité afro-asiatique en pleine guerre froide. Derrière les images officielles, quelle est la réalité de cette alliance ? Cet ouvrage retrace l'histoire méconnue des relations entre la République populaire de Chine et le mouvement radical afro-américain, entre espoirs révolutionnaires et stratégies politiques. Pékin soutenait-il sincèrement la cause noire ou n'y voyait-il qu'un levier dans son duel avec Washington et Moscou ? Des premières déclarations enflammées aux désillusions de la diplomatie, cette enquête dévoile les coulisses d'une solidarité transnationale aussi fragile qu'idéalisée.