Accent tonique - Poésie
La mille et unième nuit c'était hier... "Il y eut une nuit de sommeil agité. C'était comme si le fracas des bombes franchissait l'espace et triomphait dans le scintillement des étoiles. D'un pas lourd et d'un doigt malhabile, il fallait ouvrir les écrans où rougeoyaient les flammes. L'horreur nous frappait de plein fouet comme elle frappait des innocents, là-bas, aux portes de ces déserts où toute une culture avait été portée sur les fonts baptismaux du temps."
Des pentes du Canigou aux palmeraies valenciennes, des îles Baléares aux frontières de l'Aragon, dix millions de voisins ou de compatriotes fréquentent le catalan, une langue vieille de dix siècles. Troubadours, avant-gardes, romantiques, mystiques, surréalistes, poètes de la Terre, de la liberté, de l'amour et du quotidien, de la vie et de la mort, trente trois auteurs différents sont réunis dans cette anthologie bilingue : depuis Ramon Llull qui écrivait au XIIIème siècle jusqu'à Maria Mercè Marçal poète de la fin du XXème. On y trouvera les versions intégrales de 64 poèmes catalans souvent popularisés par la nova cançó : autant de de chefs d'oeuvres littéraires connus ou moins connus mais souvent inédits ou introuvables en français. C'est Jean-Claude MORERA, poète de langue française et auteur d'une précédente Histoire de la Catalogne, qui signe ces traductions fidèles, sensibles et élégantes.
Dans un chant prodigieux de rythmes et d'images, le poète se remémore les grandes étapes et expériences qui ont fabriqué son fonds : ce qui l'a formé, ce sur quoi s'appuie son oeuvre. Sans composer un ensemble de poèmes autobiographiques, il ne s'est jamais dévoilé aussi complètement que dans cette adhésion à son passé, à son univers violent et absolu, dans la recherche de son langage propre. L'auteur partage actuellement sa vie entre Agens et Marrakech.
"Nous ne fatiguerons plus la terre en nos voyages". "Ces vers du nouveau recueil de Jean-Noël Cordier nous font entrer dans le monde mystérieux du poète initié ", écrit Paul-Bernard Sabourin dans son avant-propos. "Le poète bâtit un monde souterrain et cependant lumineux. Il fragmente la lumière, la rend traversière pour chaque dédale de la caverne journalière qui est nôtre". Né à Paris en 1950, Jean-Noël Cordier est Professeur de Lettres et, actuellement, Vice-Président de la Société des Poètes Français.
Dans ce recueil, nous entrons en confidence avec le poète André Mathieu qui nous propose ses cinq saisons en poésie ! Il nous offre le parcours d'une vie, en retraçant soixante ans d'histoire et de rencontres. Ce travail de mémoire nous invite avec tendresse à considérer l'univers de création qui entoure André Mathieu : les poètes, les artistes, ses amitiés, ses amours, ses voyages, ses découvertes. Il nous emmène dans les questionnements essentiels de l'art, les nourritures du corps et de l'âme, dans la totalité poétique de la vie.
"L'art original de Marie-Lise Corneille est d'être le médium qui nous fait entrer dans un univers de vibrations ; sous ses doigts créatifs, les mots sonores, colorés, fruités, délivrés de toute gangue, prennent un nouvel essor, s'entrechoquent, s'entrelacent dans des danses frénétiques, des hymens insolites révélant les trésors de leurs polysémies implicites, réveillant les richesses sémantiques oubliées ou perdues pour nous transmettre la pluralité, la simultanéité des perceptions foisonnantes du réel, telles les polyphonies splendides d'une symphonie recélant une multitude de virtualités." Nicole Durand
Peinture musicale de la douleur d'être à l'hôpital pourrait décrire ce recueil, où le titre Exsangue nous convie déjà à une extirpation de l'auteur à sa vie propre pour se glisser dans ses personnages. Extirpation de la couleur réelle quand le vert représente la mort, Mon petit Jockey est le texte qui relie le plus à ses livres précédents ; Rosemay Nivard nous parle encore d'une musique qu'elle essaie de comprendre et qu'elle qualifie d'étrange, celle de la vie et de son sens.
Le poète marche comme un funambule sur le fil noué du désespoir au rêve, il écrit son amour, sa tristesse, sa tendresse, sa joie, il essaie dans un savant agencement des sons que lui dicte son coeur d'émouvoir sa muse, d'atteindre l'enfance, l'esplièglerie ou la nostalgie, l'éternelle histoire d'un amour impossible ou perdu. Cette anthologie personnelle de Nicole Barrière rassemble ses élans dans le rêve et l'engagement, dans la durée qu'elle revendique de connaître, aimer et protéger.
Ce nouveau recueil de poésie de José Maria Paz Gago approfondit son univers poétique personnel où les scénographies se construisent à travers l'éducation imaginaire et littéraire, amoureuse ou érotique, festive et presque toujours joyeuse.SBasilio R. Canada, président du PEN Club d'Espagne
En véritable poète, Maurice Couquiaud a choisi de rester à l'écoute sensible du monde et de ce que la raison ne peut expliquer ou justifier. Il plonge dans les paradoxes heureux ou douloureux de la condition humaine au sein d'une réalité frappée d'incertitudes. Les gestes et les mots/peuvent avoir une lointaine portée d'ogive./L'amour est une arme de construction massive. Ces mots ouvrant le nouveau recueil de M. Couquiaud correspondent parfaitement à l'esprit régnant dans les oeuvres précédentes de ce poète rare.
Bébé, tes parents redorment enfin. Inventons pour toi un poème jailli du simple bruit. A tes yeux le monde n'est qu'un jeu. Je suis ton oncle à la barbe violette et j'écris ce que tu ne liras pas. Jouons.
Un papillon blanc volette de mot en mot, de phrase en phrase, amoureux de l'écriture et de la langue française. Quel est-il, ce papillon blanc ? Est-il le poète lui-même, qui parcourt la ville les mains rassemblées formant une aumônière, comme pour conserver un objet précieux, et que les enfants appellent le "vieux dingue" ?
"Comment dire sa souffrance quand l'autre disparaît ? Bernard Fournier nous donne ici un long poème modulé en diverses stations, dédié à son épouse défunte. Etrangement, ce cri résonne de vie. Plus s'affine et s'exacerbe la douleur de l'auteur, plus la dame à l'écharpe rouge, que j'ai eu le bonheur de connaître, prend du relief. On devine tout ce qui s'est éteint avec elle, et par là même tout ce qu'elle incarnait pour lui." Marie-Louise Audiberti
Plongez dans Même la tête sous l'eau, elle fait beaucoup de bulles, un recueil poétique féministe percutant où Geneviève Cornu brise les codes du langage pour libérer la parole des femmes.
Geneviève Clancy est la nouvelle source de la poésie française de la résistance de la seconde moitié du vingtième siècle. Dans l'expérience de la perte, tant de poèmes non écrits nous manquent : sa voix d'au-dessus des camps doit encore faire son chemin, car si elle est enracinée dans la langue et le coeur des poètes "aux pieds nus", par sa résistance, ses utopies, ses sentiments, elle attend que nous sachions rendre l'aveuglante simplicité, la pureté du feu de la poésie.
Ces quelques traits s'appuient sur l'observation amusée et malicieuse du milieu bien particulier des poètes. Monde grouillant, effervescent, démultiplié en chapelles. Sa fréquentation met en évidence quelques caractéristiques que chacun pourra reconnaître.
Entrez simplement chez Jean-François Sené. Entrez tranquillement dans son recueil, poussez les pages, comme vous entreriez peut-être dans un cimetière, sachant pertinemment qu'il vous faudra alors croiser ou recroiser votre vie et vos sempiternelles questions, effleurant du doigt telle ou telle croix ou telle pierre, plantée, droite, en terre...
Troisième millénaire, urgence poétique, donner des ailes aux mots, des horizons aux regards, trouver des portes derrière le brouillard du discours. Un groupe de poètes argentins et français a commencé à cheminer dans ce sens, sans courant ni modèles, avec pour seule prétention de construire des ponts : ponts aériens, ponts suspendus, ponts poétiques pour traverser les haines, les déserts et les cécités. Cet ouvrage permet au lecteur français de découvrir la diversité des voix de la poésie argentine d'aujourd'hui.
Couleur de sables est inspiré par le désastre du 1er février 2004, un désastre causé par deux attentats terroristes dans la ville d'Erbil (capitale actuelle du Kurdistan Irakien). Cet événement est un drame que les poètes élèvent à une dimension mythique liée à l'histoire des Kurdes.