Espionnage - Service secret
Wollberg avait fait un pas en direction de la table. Il saisit le poignard de Nick et le lança avec force, en prenant le dos d'Andréi pour cible. Au moment où Andréi allait bondir hors de la maison, il s'arrêta net, et une atroce grimace lui déforma les traits : le poignard venait de se ficher entre ses deux omoplates. Jusqu'à la garde. Nick, qui sentait la jeune fille au bord de l'évanouissement, la prit dans ses bras et l'entraîna vers une chaise, tandis que Wollberg, d'un geste sec, enlevait du dos d'Andréi le poignard ensanglanté. Un flot de sang rouge vif jaillit de la plaie, et se répandit sur le sol...
À un certain moment, Carvin se met à courir et, comme sa valise le gêne, il la prend dans ses bras. À ce moment-là, une explosion formidable retentit et, là où se trouvait Carvin, je n'aperçois - pendant une fraction de seconde - qu'une lueur aveuglante. La déflagration nous en fait tressauter sur place. Nous regardons et nous apercevons des débris informes sur le ciment de la petite place...
Une violente lumière succéda tout-à-coup à l'obscurité, et Ohnet dut fermer les yeux pendant une seconde. Lorsqu'il les rouvrit, un homme était au milieu de l'escalier, un révolver à la main. - Relève-toi et monte un peu par ici ! fit l'homme d'une voix forte. Et comme Ohnet demeurait immobile en bas de l'escalier, il tendit le bras comme s'il allait tirer. Ohnet se redressa et, au prix de grandes difficultés, il entreprit de gravir les marches de bois. L'homme, sans se presser, montait aussi, à reculons. Tout en haut de l'escalier, son compagnon l'attendait. Et, soudain, il sembla à Ohnet qu'une bombe atomique lui éclatait derrière la tête...
La porte n'est que poussée, tant les conspirateurs se croyaient en sûreté. Les sept hommes font irruption dans un couloir étroit, qui s'élargit d'un coup dans une salle au plafond bas... Quatre colonnes, supportant des blocs énormes... À la lueur de lampes à huile fumeuses, la grande silhouette de Tahar Baber, penchée sur un poste émetteur à piles ; Djemilah, micro en mains, prête à jeter dans l'éther l'appel à la révolte... Une rafale de mitraillette : le poste de radio a volé en éclats. - Je ne l'ai pas loupé, hein ?
Sans plus attendre, il descendit l'escalier de la cave, alluma l'électricité, éclairant l'emplacement de la chaudière et du charbon. Il fut immédiatement paralysé de stupeur : le charbon avait été remué, il faisait un tas plus petit, à l'emplacement où devait se trouver normalement le corps de Karl. Il fit encore deux pas, prit une pelle et remua le charbon. Aucun doute n'était plus possible, le cadavre de Karl avait disparu !
Un Fédé, qui paraissait sortir tout droit d'un film « série noire », l'accueillit en arborant un sourire qui ressemblait bien plus à une grimace, tout en mâchonnant un gros cigare à moitié consumé. Le gars était en bras de chemise. Malgré cela, il transpirait comme un Esquimau occupé à chercher du pétrole dans le Sahara. - Salut, Canal ! lança-t-il, en présentant une chaise à son collègue français. Rudy Canal serra la main moite et s'installa commodément. Un peu gêné, l'Armerlot interrogea calmement : - En mission chez nous ?
On se barre en vitesse ! Les autres galopent derrière nous. On les entend dans le grand collecteur et ils ne vont pas tarder à déboucher sur nos arrières. Les coups de sifflet sont stridents dans les égouts. Ça nous vrille les tympans mais, quand les sulfateuses vont se mettre à tousser, ça va être plus marrant encore. La lumière soudain rétablie nous éclaire en plein, au moment où nous allions franchir une passerelle. Notre guide est déjà engagé quand ça commence à crépiter. Nous nous aplatissons sur les trente centimètres de largeur de la marche de circulation. Nous voyons notre gars bondir en avant, de l'autre côté de la passerelle, et s'allonger pour tirer. D'un calme olympien ce mec !... « Essayez de passer pendant que je vous couvre ! nous crie-t-il.
Gomez enjamba la fenêtre, sa serviette à la main. S'il parvenait à gagner le toit de l'immeuble voisin, il était sauvé, car il savait que cet immeuble possédait trois entrées, situées dans deux rues différentes. Sous l'oeil interloqué de Juanita, il disparut juste au moment où la porte s'ouvrait sur deux hommes que la jeune Gitane n'avait encore jamais vus...