FeniXX réédition numérique (Plein chant)
Les personnages de ces neuf nouvelles, souvent, se disent au passé, se rappellent leur histoire, travestissent leurs souvenirs jusqu'à se mystifier eux-mêmes. De même, l'auteur qui se livre à travers eux - et comme eux - à un subtil et méticuleux « agrandissement des détails ». Du profane au sacré, du sensuel au spirituel, il s'efforce de déchiffrer les rituels humains, tâche d'ajouter ses signes aux signes opiniâtrement découverts, de joindre son cri au « cri sourd de l'univers ». Tel un nomade persuadé de la précarité des choses, que sa recherche de la permanence mène toujours plus loin dans sa volonté de rassembler ses moi dispersés, il s'approche souvent de son désir de plénitude et d'unanimité à être, et semble parfois s'y perdre. Pourtant, au terme de chacune de ces histoires - écrites dans une langue rigoureuse et lyrique -, où la mémoire fallacieuse ne se méprend jamais sur elle-même, il nous conduit à un maintenant, qui est toujours une ouverture sur l'avenir, un appel à la vie.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Je parle ici de gens que j'ai connus, qui ont croisé ma route, des gens qui n'intéressaient personne, ou qui étaient en moi - ainsi la fable et le mensonge, que chacun porte en lui : de ceux qui, tentant de se sauver de l'oubli par des images ou des chansons, chantaient avec la bouche tordue ; ou de ceux qui pensaient peupler le désert, leur désert, d'une humaine parole, d'une folie de mots. Tous gens peu méchants, sans pouvoir, cherchant leur rivage heureux. De ce chant, suscité à cette parole noyée dans l'extrême blancheur solaire, quel court chemin, dont seul le « poème » pouvait garder trace, être le signe, la cicatrice, la trahison aussi. Suit le « journal » d'Eugénie Gris qui, chaque jour, porte sa chaise sur la grand-place, rêve des Indes, et se coupa le doigt avec des tenailles, au mois de mars, en 48. Bernard Blangenois.
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« Construire la Tour de Babel en commençant par le haut ». « Se remémorer, avec le plus de précision possible, les heures de la vie où l'on a perdu son temps à attendre. L'art d'attendre est à inventer ». « Et à Dieu qui avait inventé la nutrition comme système de conservation des espèces animales qu'il avait créées, il ne fut laissé d'autre recours que de dire : Mangez-vous les uns les autres ! »
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« Je ne suis pas un écrivain, je suis un être sonore », notait Louis Scutenaire dans le premier volume de "Mes inscriptions", ainsi dénommées en hommage à Nicolas Rétif de la Bretonne. Polygraphe impénitent, il accumule, depuis de nombreuses années, notes quotidiennes, sentences lapidaires, poèmes paradoxaux ou récits amoureux, bâtissant minutieusement - et presque malgré lui - un étonnant édifice littéraire dans lequel l'affabulation et les faits biographiques authentiques se mêlent étroitement. Par l'apparente banalité de ses propos, volontiers contradictoires, et un humour dévastateur, il s'avère proche cousin de Lichtenberg ou de Swift.
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