Faim de siècle
Six ans après son très remarqué Best-Seller (2011), qui a également été traduit en allemand et édité chez Rotpunkt Verlag, Isabelle Flükiger publie son cinquième roman, le deuxième chez Faim de Siècle. Dans ce roman elle part sur les traces de sa mère, à Bucarest. Accompagnée de cette dernière, elle découvre le pays d'origine de la branche maternelle de sa famille, pays dont elle n'avait qu'un vague souvenir d'enfance. À travers ce voyage se déploie toute la vie de sa mère et de ses ancêtres: on plonge au coeur de la Roumanie de Ceaucescu, mais on explore surtout le destin des juifs roumains, dont sa mère a fait partie. Isabelle Flükiger raconte aussi ses grands-parents, qui choisirent finalement de s'exiler vers Israël. C'est toute une histoire familiale qui se révèle dans ce texte où l'auteur se dévoile plus que jamais. Retour dans l'Est est une magnifique saga familiale et un livre superbe qu'une fille offre à sa mère. L'ouvrage est porté par la précision de la langue d'Isabelle Flükiger et par ce ton inimitable qui a fait son succès. À PROPOS DE L'AUTEURE Née en 1979, Isabelle Flükiger a suivi des études en science politique à l'Université de Fribourg. En 2003, elle se fait remarquer avec son premier roman Du Ciel au ventre, où une jeune femme fuit l'ennui de sa vie en se lançant dans une course à l'extase et aux paradis artificiels.
La couleur orange est aveuglante. Personne ne distingue l'homme dans sa tenue de travail, dont l'éclat fait aussitôt barrière : circulez, rien à voir, juste un balayeur. Celui-ci fait exception, la rose fraîche attachée à son chariot d'ordures le rend visible et le fait remarquer. Le truc est bien connu, les chefs d'Etat aussi ont un fanion à leur voiture, il demeure efficace. On cherche à voir qui se cache derrière les vitres teintées ou sous la tenue orange. Avec Michel Simonet, on n'est pas déçu. Cet homme porte sur lui la joie qui l'habite. Non pas l'hilarité bruyante du rigolo, mais un bonheur paisible que le regard atteste et que vient nuancer une pointe d'ironie - les lunettes à monture orange assortie au costume de travail, par exemple. Une joie profonde et discrète, celle de l'âme et de l'esprit, celle du croyant et du lettré. Pour l'âme, il s'en explique sans forfanterie ni fausse pudeur : «chrétien à l'air libre», avec «la foi du cantonnier», suivant le Christ en souliers à coque renforcée. Pour la gamberge littéraire, il l'assaisonne de clins d'oeil potaches, signant «Joachin du Balai» ou pastichant Prévert : «Je vous salis ma rue...» Notre balayeur n'a rien de pédant, mais il est conscient de son capital culturel. Formé au collège Saint-Michel, pour tout dire, sur un modèle classique à l'épreuve du temps. Humaniste, on peut le dire aussi. Cela se voit bien dans son rapport au travail, intellectuel ou manuel. Je me plais à situer Michel Simonet dans la ligne du formidable savant bâlois de la Renaissance, Thomas Platter, homme de plein air et infatigable marcheur lui aussi, frotté lui aussi de latin, de grec et d'hébreu, qui n'était pas capable seulement d'écrire un livre, mais encore de l'imprimer et de le relier de ses mains. Il n'y a pas, aux yeux de ces gens-là, d'ouvrage noble et d'ouvrage trivial, seulement du travail bien fait ou bâclé. Il n'y a pas non plus de travail facile. Les outils du balayeur sont lourds, ses horaires pénibles, et l'humeur du ciel souvent difficile à supporter. Lui voit le bon côté des choses : passer sa vie en plein air, tenir une belle forme athlétique, et jouir dans son emploi du temps d'appréciables marges de liberté. Humanisme, optimisme, cela va de pair : cherchez le bon côté des hommes et des choses, enseignaient les Anciens, il en existe toujours un. Et quelle joie de le découvrir, ou de le retrouver ! Notre balayeur me fait penser à l'ouvrier des trams dont Italo Calvino a fait le héros d'un livre de contes : Marcovaldo enchante sa banlieue milanaise comme jadis Merlin la forêt de Brocéliande. Tous deux pourvus d'une famille nombreuse et d'une humble occupation, Marcovaldo et Simonet dénichent en toute saison des merveilles au fil des rues, au rebord des trottoirs, au pied des réverbères... Pauvres touristes, qui arpentez nez en l'air les centres historiques, vous ne connaîtrez jamais que tours de cathédrales et frontons de palais ! Les vrais connaisseurs marchent les yeux au sol, ils regardent à la bonne hauteur. Ils savent que le tissu urbain n'est pas architectural d'abord, mais social, et que sa trame est faite d'indices à interpréter : un mégot, une canette, un préservatif, une fleur séchée, une mitaine d'enfant... Au bout de la piste, un peuple entier, avec mille histoires d'amour, de solitude ou d'amitié. Et comme toujours, la quête est plus belle encore que le but. Michel Simonet a donc fait ce livre foutraque et plein de santé, qui ne ressemble à rien, sauf à ce dont il traite : un homme, son métier, sa ville. À PROPOS DE L'AUTEUR Né à Zurich en 1961, Michel Simonet est arrivé à Fribourg en 1969. Après le Collège Saint-Michel (section commerciale), il a travaillé quatre ans comme comptable dans une radio libre, puis étudié deux ans la théologie catholique. Il est marié et père de sept enfants de 30 à 16 ans. Il est balayeur à Fribourg (Suisse) depuis plus de 30 ans.
Si vous croisez un chien qui pourrait être un ange, fuyez! Heureusement pour le lecteur, les deux amoureux au centre de cette histoire n'ont pas été prévenus et, tout occupés à construire leur carrière professionnelle, ils ne s'interrogent pas sur l'identité du chien errant qui fait irruption dans leur vie. Dans ce conte tendre et lumineux, Isabelle Flükiger décrit quelques semaines de l'existence d'un jeune couple, qu'elle dissèque d'une plume toujours aussi incisive. Ses deux héros vont découvrir que l'égalité est un leurre, la méritocratie une fiction et, surtout, que la chance est bête à manger des croquettes. À PROPOS DE L'AUTEURE Née en 1979, Isabelle Flükiger a suivi des études en science politique à l'Université de Fribourg. En 2003, elle se fait remarquer avec son premier roman Du Ciel au ventre, où une jeune femme fuit l'ennui de sa vie en se lançant dans une course à l'extase et aux paradis artificiels.
Les impôts, moins on en parle et mieux on se porte! Il suffit parfois d'entendre le mot pour être d'une humeur noire pour le restant de la journée. Acheter un ouvrage sur le sujet relève carrément du masochisme. Il est vrai qu'un livre scientifique bardé de références est réservé aux gens du métier, les initiés. Je n'avais pas l'envie, ni peut-être le talent pour le faire. Et pourquoi pas un petit recueil qui met en lumière les ratés de l'impôt, d'où qu'ils viennent? Roland Devaud a travaillé de 1979 à 2016 pour le Service des contributions de l'État de Fribourg. Trente-sept années durant lesquelles il a compilé un dossier des pires (ou des plus belles) erreurs du fisc et de ses contribuables... À PROPOS DE L'AUTEUR Roland Devaud a travaillé de 1979 à 2016 pour le Service des contributions de l'État de Fribourg. Trente-sept années durant lesquelles il a compilé un dossier des pires (ou des plus belles) erreurs du fisc et de ses contribuables...
Tu as épargné le prix d'une course. De quoi t'offrir une pute. Choisis la mignonne et gamine. Ou encore mieux un servant de messe, tout frais sorti de sa première communion. Maurice-Guillaume Boniek est un curieux amalgame de Pologne, d'Espagne et de Valais. Garagiste appliqué, il forme avec Brigitte le plus étrange des couples. Pour échapper à sa famille - véritable gynécée oppressant - et reconquérir sa belle, Maurice-Guillaume tente un voyage de noces en solitaire. Commence alors un périple halluciné dans un Cuba crépusculaire à l'extrême fin des années 90. La libido longtemps brimée de Maurice-Guillaume survivra-t-elle aux explorations de ce faux touriste dans cette singulière île des tentations?? À PROPOS DE L'AUTEUR Sociologue et historien, Gabriel Bender (1962) ausculte avec attention le décor et les hommes qui l'entourent. S'il a publié de nombreux essais, il ne craint pas la fiction.
Après plusieurs recueils d'aphorismes, Marc Boivin (Les Dicodeurs) explore le chemin des croyances improbables, qui passe aussi par la Suisse. Il livre un nouvel assortiment de trouvailles absurdes, joyeusement illustrées par son vieux complice Olivier Zappelli (Planches à ressasser). À PROPOS DE L'AUTEUR Choses concernant Marc Boivin: Né au bord du Rhin, élevé au bord de la Sarine. Premiers pas en 1973 après un grave choc pétrolier. Premiers émois amoureux à l'école maternelle. Premiers rires obtenus à cette occasion, faute de mieux. Enfance la semaine en ville, le week-end à la campagne. Prisonnier scolaire entre 1978 et 1991. Débuts fanfarons à Radio Fribourg la même année. Création de la Question con dans l'émission Entrée Libre. Emission littéraire où seront interviewés Georges Moustaki, Jean Vautrin, Tonino Benacquista, Jean Teulé, Fred Vargas, Philippe Delerm, Bernard Clavel et Molière. Débuts aux Dicodeurs sur la Première en 2003. Auteur du Petit Silvant Illustré entre 2003 et 2007, jusqu'au déménagement de François Silvant au paradis. Mort d'un accident de sieste.
Je ne sais pas combien de minutes se sont écoulées avant que je comprenne que tu n'es pas simplement endormi sur le canapé. Que la porte d'entrée est ouverte et que l'air frais n'a rien à voir avec l'isolation quasi inexistante. Trois minutes, peut-être. Dix de plus sans doute pour réaliser que tout est à sa place, tes cigarettes, ton téléphone, tes clefs, ton portefeuille. Mais pas toi. À PROPOS DE L'AUTEURE Audrey Bertschy, 33 ans, revient sur la disparition mystérieuse de son compagnon par une nuit d'hiver glaciale. Un témoignage poignant et vivant.
Deux mille. Ils furent près de deux mille à quitter la Suisse en 1819 en quête d'une vie meilleure après la terrible année 1816 sans été qui ravagea les campagnes d'Europe. De Fribourg surtout, mais aussi du Jura, du Valais, de Vaud, de Genève, de Neuchâtel et de Suisse alémanique, hommes, femmes et enfants se mirent en route. Après avoir vendu tous leurs biens, ils gagnèrent le Rhin, puis la mer du Nord pour entreprendre la périlleuse traversée de l'Atlantique. Au Brésil, près de Rio de Janeiro, une colonie leur était promise par le roi du Portugal. Près d'un quart des émigrants trouva la mort durant ce tragique voyage sans retour. À travers ce roman et le destin d'Henri Cougnard, c'est bien l'histoire tourmentée de ces Suisses qui tentèrent l'aventure et créèrent non sans peine Nova Friburgo que raconte Henrique Bon. Traduction de Robert Schuwey À PROPOS DE L'AUTEUR Henrique Bon (1952) est né à Nova Friburgo au Brésil, dans une famille issue de cette émigration suisse du XIXe siècle. Bercé par les récits familiaux de cette épopée, il a consulté pendant de nombreuses années les archives historiques existantes pour nous offrir cette aventure humaine. Il a publié ce roman au Brésil en 2008.