Témoignages pour l'histoire
En ce torride été 1942, les forces germano-italiennes, commandées par le maréchal Rommel, piétinent devant El Alamein. Certes, le « Renard du désert » a franchi la frontière égyptienne ; il fait peser une indéniable menace sur Alexandrie. Mais ses lignes de ravitaillement sont démesurément étirées et il manque de moyens pour asséner le coup de grâce, l'offensive finale qui lui ouvrirait la route du canal de Suez et du Proche-Orient. Il lui faudrait des renforts... Or, il reçoit une simple brigade à quatre bataillons d'infanterie, plus quelques unités d'appui. Mais elle regroupe des combattants de choc, des parachutistes placés sous les ordres du général Ramcke, un chef de guerre de grand style. Ramcke et ses paras vivront les heures les plus dures de l'offensive, puis de la retraite, avant d'échapper à l'encerclement par un exténuant raid à pied d'une longue semaine, dans le Grand Désert. Le 8 novembre 1942, les Anglo-Américains débarquent au Maroc et en Algérie. Les Allemands envoient quelques unités supplémentaires en Tunisie, par un minuscule pont aérien. Ce seront encore des paras, appartenant au 5e régiment de chasseurs parachutistes du lieutenant-colonel Koch. Ces hommes se battront devant Tunis jusqu'en mai 1943 et parviendront longtemps encore à bloquer les attaques des Britanniques, des Américains et des Français d'Afrique du Nord.
Deux siècles après l'exécution de Louis XVI, qu'est-ce que le royalisme ? Une survivance désuète ? Un folklore suranné ? Un paravent du fascisme ? Autre chose ? L'expression d'une fidélité et d'une espérance. Pendant un demi-siècle, le royalisme est dominé par un mouvement, un journal aussi : l'Action Française, et un homme : Charles Mourras. Mais, compromis avec les autorités de Vichy, Maurras est condamné à la Libération, et l'Action Française, interdite. En est-ce fini de l'école du Nationalisme intégral ? Non. Elle connaîtra bien des avatars au cours des dernières décennies. Et ces royalistes, plus fidèles au Prince qu'à une doctrine, qui n'ont jamais accepté l'emprise maurrassienne, restent-ils inactifs
De la Bretagne au Vercors, des Pyrénées aux Landes, région par région, l'héroïque combat de nos maquis. « Copyright Electre »
Depuis son arrivée au pouvoir, en 1933, Adolf Hitler prévoyait un conflit avec les démocraties. Il pensait qu'une guerre moderne n'était possible que sous la forme d'une attaque foudroyante, qu'il nommait « Blitzkrieg », ou guerre éclair. Le fer de lance de cette attaque éclair devait être constitué d'hommes hors du commun. Pour les former et les commander, le chancelier du Reich trouva l'homme dont il avait besoin, le général Kurt Student (1890-1978). Cet ancien pilote de chasse de la Grande Guerre était devenu un fanatique du vol à voile. Il forma, dans une semi-clandestinité, deux bataillons de chasseurs parachutistes, dont le premier venait de la formation d'élite de la Luftwaffe « général Goering ». À la veille de la guerre, Student fut nommé général de division et ses paras rattachés à l'armée de l'air. Tous volontaires, ces hommes étaient persuadés qu'ils formaient une troupe de choc sans égale dans aucune autre armée. De fait, le monde découvrit avec stupeur les paras du IIIe Reich qui muselèrent en un tour de main le puissant fort belge d'Eben Emael, tandis que d'autres unités sautaient sur des objectifs stratégiques en Hollande. Toutes les troupes aéroportées du monde se sont inspirées de la tragique expérience des parachutistes du Reich et ont adopté leur idéal de « combat sans retour ».
Au printemps 1943, les Belges francophones volontaires pour rejoindre le Front de l'Est à l'appel de Léon Degrelle, le chef du mouvement rexiste, forment une « Sturmbrigade », incorporée à la Waffen SS. Cette Brigade d'assaut est forte de plus de deux mille hommes, rassemblés au camp de Wildflicken. Les plus anciens ont combattu dans le bassin du Donetz et dans les montagnes du Caucase, où la Légion « Wallonie », levée en août 1941, a perdu de nombreux tués et blessés. De nouveaux volontaires, dont certains n'ont guère plus de seize ans, vont permettre de créer une redoutable troupe de choc, qui va rejoindre au cours de l'hiver la région de Tcherkassy, sur le Dniepr. Rattachés aux volontaires germaniques de la division « Viking », les Wallons sont pris dans un immense encerclement. La radio alliée annoncera que l'unité des « fascistes belges » a été totalement anéantie. Pourtant, après avoir vu tomber la moitié de leurs camarades, les survivants parviendront à percer les lignes soviétiques et à rejoindre les troupes allemandes. L'Armée Rouge voit lui échapper un nouveau Stalingrad, mais les combats ont été terribles, en plein coeur de l'hiver ukrainien, dans un paysage de neige et de glace. Les rescapés de cette sanglante aventure regagnent la Belgique, pour une prise d'armes à Charleroi et un défilé motorisé dans Bruxelles, le 1er avril 1944. Puis ils repartiront pour leurs derniers combats en Estonie et en Poméranie.
Front de l’Est, hiver 1941 : découvrez l’histoire vraie de la division SS Totenkopf, ces soldats fanatiques qui bravèrent le froid, la faim et la mort pour défendre un Reich en déroute.
La Légion perdue... telle semble bien être, durant l'année 1942, cette Légion des Volontaires français regroupant ceux de nos compatriotes qui ont accepté de revêtir l'uniforme allemand pour combattre sur le front de l'Est. Cette Légion est alors réduite à deux bataillons isolés l'un de l'autre, dont la force totale ne regroupe même pas quinze cents hommes. Ils ne sont pas envoyés en premières lignes, mais doivent combattre les partisans sur les arrières des forces du Reich engagées dans une lutte gigantesque contre l'URSS. Parmi ces hommes, quelques-uns ont connu le terrible premier hiver, où ils sont arrivés aux portes de Moscou par un froid atteignant - 40°. La plupart sont de nouveaux engagés venus de la zone occupée comme de la zone libre. Parmi eux, les anciens militaires de carrière formés à la dure école des campagnes coloniales côtoient de jeunes militants des partis politiques favorables à la politique de collaboration, tout aussi bien que des aventuriers que l'on retrouve dans toutes les armées mercenaires. Tous vont affronter un ennemi redoutable et souvent insaisissable, connaissant à merveille le terrain et parfois aidé par une population prise entre les deux camps ennemis. Les partisans ne sont pas seulement des civils armés dans la clandestinité, mais aussi des soldats réguliers de l'Armée Rouge, dont de nombreux parachutistes. Ils constituent des bandes organisées que les volontaires français vont pourchasser dans un pays de marécages et de forêts, où l'été russe, dans le bourdonnement des moustiques et les fièvres pernicieuses, se révèle désormais aussi redoutable que l'hiver. Il reste peu de survivants pour témoigner de cette aventure exceptionnelle et méconnue.
L'histoire est digne d'une légende. Un petit garçon de Quassabine (Syrie), né près d'Ougarit, où demeurent les traces de la première écriture, devient poète et choisit le nom d'un dieu païen, Adonis. Cet entretien évoque toutes les facettes du poète, ses années d'apprentissage, sa vie au Liban, ses liens avec de grands poètes français comme André du Bouchet, Alain Bosquet, Jacques Prévert ou encore Henri Michaux. Il retrace son parcours littéraire depuis la création de la revue Shi'r (Poésie), qui lui permit d'affirmer son génie et de contribuer à la modernisation de la poésie arabe, jusqu'à l'analyse des éléments pré-socratiques et nietzschéens de sa pensée. Adonis rompt en effet avec le système platonicien, qui désigne le corps comme tombeau de l'âme, et rétablit le corps et la chair. Mais on le sait aussi rebelle, poète de la révolte, et c'est en homme libre qu'il aborde également des thèmes comme l'orientalisme, la question de la femme, l'érotisme, la transgression, l'exil, la religion. La forme de l'entretien ne pouvait pas mieux convenir qu'à cet homme au contact duquel on comprend immédiatement que la pensée est, par essence, mouvement. Le jeu des questions et des réponses, des arguments et des doutes bouscule alors les idées préconçues, les a priori, les dogmes. Houria Abdelouahed est maître de conférences à l'université Paris-VII Denis Diderot et psychanalyste. Traductrice d'Adonis, elle consacre ses travaux à la question du visuel et du langage.
"Guillotinée le 16 octobre 1793 au terme d'un procès politique expédié en quelques heures, Marie-Antoinette était-elle coupable ? L'Autrichienne, l'architigresse, la Madame Déficit des pamphlets révolutionnaires méritait-elle tant de haine, et finalement la mort ? Pour le savoir, il s'agit de refaire le procès de la reine. À cette fin, il nous faut instruire le procès de sa vie. Et comprendre comment, et pourquoi, cette femme, destinée à être aimée, cristallisa sur sa personne tous les ressentiments d'un peuple en révolte. Refaire le procès de la reine, c'est tout passer en revue, de son mariage funeste avec l'héritier du trône, de ses amitiés équivoques, de ses folles dépenses et de ses caprices, de ses attaches avec sa patrie d'origine, des ressorts de la sombre affaire du Collier, jusqu'aux cruelles circonstances de son arrestation, de sa condamnation et de son exécution. C'est à ce procès, unique en son genre, que vous convie cet ouvrage qui reprend une à une toutes les pièces du dossier, et vous plonge au coeur du drame en rendant vie à la plus tragique des héroïnes. Alors, coupable ou innocente ? Accusée Marie-Antoinette, levez-vous ! Raphaël Dargent, historien et écrivain, aime à revisiter l'histoire des grandes figures françaises. Auteur de plusieurs ouvrages remarqués, il a publié en 2011 Catherine de Médicis. La Reine de Fer aux éditions Grancher.".
De la violence barbare de la guerre d'Espagne aux camps d'internement français, ce livre nous donne à parcourir une vie, une longue marche. À 81 ans, Albino Garrido retrace, dans des cahiers d'écolier, son parcours du camp de concentration de Castuera, d'où il s'évade en 1940, à ceux de Gurs et Argelès-sur-Mer. Au-delà du témoignage, rare et inédit, d'un évadé des camps franquistes, c'est toute une vie, de l'enfance aux guerres vécues et subies, puis à la paix, que nous offre à lire Albino Garrido. Il raconte les batailles, les exécutions, les camps, l'errance, la prison et l'exil... mais aussi l'engagement, l'espoir, l'entraide et finalement la liberté et la paix. Un livre poignant qui rappelle que la mémoire reste le matériau fondamental de l'histoire.
Professeur agrégé de droit public, mendésiste et anticolo-nialiste dès dix-sept ans, initiateur à vingt-quatre ans du Festival mondial de théâtre de Nancy puis directeur à trente-trois ans du Palais de Chaillot, avant de s'engager auprès de François Mitterrand : Jack Lang est le seul ministre à avoir appartenu à tous les gouvernements du président socialiste, dont il a souvent partagé l'intimité familiale. En cette année de cinquantenaire du ministère de la Culture, on se souvient qu'il resta rue de Valois aussi longtemps qu'André Malraux. En outre, depuis la Libération, aucun autre que lui n'a exercé à deux reprises les fonctions de ministre de l'Education nationale. Jack Lang peut se prévaloir d'un parcours riche d'idées, d'initiatives et de rencontres - en France et à l'étranger - éclairant utilement toute une part de notre histoire contemporaine. Il en est toujours un acteur majeur. Sans reniement ni renoncement, Jack Lang s'estime moins contraint aujourd'hui par les enjeux partisans. Fort d'une popularité intacte, il entend désormais user pleinement de cette liberté au service de son idéal et de notre pays. Jean-Michel Helvig est journaliste. Ancien directeur adjoint de la rédaction de Libération, il collabore aujourd'hui au Républicain lorrain et à La République des Pyrénées.
Bernard Bertossa s'est fait connaître en France et dans toute l'Europe par la lutte contre la criminalité financière qu'il a menée avec obstination durant douze ans (1990-2002), à la tête du ministère public de Genève. Avant lui, la Suisse et ses banques accueillaient sans états d'âme les fonds « sales » des corrompus et potentats du monde entier. Bernard Bertossa va bousculer cette « tradition », avec une poignée de juges d'instruction genevois. Ensemble, ils prêtent main forte à la justice de nombreux pays pour l'instruction des plus retentissantes affaires politico-financières ou scandales de corruptions du moment. La liste est impressionnante : affaires Longuet, Noir, Carignon, Elf, frégates de Taïwan, opération italienne « Mains propres », corruption au Kremlin, etc. Signataire de l'« Appel de Genève », lancé en 1996 avec six autres juges et procureurs européens, dont Renaud Van Ruymbeke et Baltasar Garzon, Bernard Bertossa devient le chef de file des magistrats qui veulent en finir avec l'impunité des puissants. Dans ce livre d'entretiens émaillé de mises au point et de références à des faits souvent saisissants, Bernard Bertossa plaide pour une justice pénale indépendante et courageuse, qui refuse de se laisser entraver dans l'exercice de sa mission et avance sans faiblesse ni autocensure. Agathe Duparc est journaliste indépendante. Elle a travaillé pour Courrier International, L'Evénement du Jeudi, L'Hebdo et Le Monde dont elle est aujourd'hui la correspondante à Genève.
Pierre Lefranc est le dernier des grands compagnons de route de Charles de Gaulle. Un rebelle, lui aussi, qui a participé à toute l'épopée gaullienne, des débuts de la Résistance aux dernières heures du pouvoir. Devenu son collaborateur direct à l'Élysée, Pierre Lefranc a eu le privilège de pouvoir observer l'homme de Gaulle, d'analyser sa façon de diriger, de suivre au plus près le cheminement d'une pensée haute et exigeante qui a bouleversé le destin de la France. De son dialogue vif et sans détour avec la journaliste Geneviève Moll émerge un portrait du Général riche d'anecdotes et de révélations. Derrière la figure de l'homme d'État hors du commun, on découvre un personnage affable, urbain, timide parfois et souvent plein d'humour. On le voit surtout diriger la France avec une hauteur de vues, un sens de l'innovation politique et sociale qui s'imposent plus que jamais comme un modèle, cinquante ans après la création de la Ve République. Alors que la direction de la France semble aujourd'hui si confuse et incohérente, regarder Charles de Gaulle gouverner est une leçon toujours riche d'enseignements.Geneviève Moll, journaliste de la presse écrite, a été aussi rédactrice en chef des journaux de France 2. Elle est l'auteur de biographies de François Mitterrand, Yvonne de Gaulle, Françoise Sagan, d'un livre sur le monde arabe avec l'ancien secrétaire de la Ligue arabe, Chedli Klibi, et d'un thriller Une chambre au Vatican.
Etre partout sans être enfermé nulle part, telle pourrait être la devise de Stéphane Hessel. Homme d'engagement et de culture, ce grand résistant devenu ambassadeur de France est avant tout un citoyen du monde. Entré dans la carrière diplomatique après la Seconde Guerre mondiale, il fut un des pionniers de l'ONU et de la Déclaration universelle des droits de l'homme, dont on célèbre en 2008 le 60e anniversaire. Né à Berlin en 1917, fils de l'écrivain Franz Hessel et de Helen Grund - le couple anticonformiste immortalisé par le film Jules et Jim -, il a été de tous les combats du xxe siècle : le Front populaire, la France libre, la décolonisation, le tiers-mondisme, le mendésisme, avec pour boussole un humanisme exigeant et une conscience européenne chevillée au corps. A quatre-vingt-dix ans, Stéphane Hessel reste un militant prompt à se mobiliser pour défendre la cause des sans-papiers, celle des peuples de Palestine et de Birmanie, ou pour lancer, aux côtés de Michel Rocard et d'Edgar Morin, un « Collegium international » visant à définir une nouvelle éthique universelle de civilisation. La destinée de ce juste est aussi l'une des plus romanesques qui soient. Jean-Michel Helvig est journaliste. Il a travaillé pendant vingt-cinq ans à Libération où il a été chef du service politique, directeur adjoint de la rédaction et éditorialiste.
Ce livre interview de plus de 400 pages, part de l'échec du projet de constitution européenne et sera donc une contribution significative au débat politique qui va couvrir les deux prochaines années. Le livre donne aussi un diagnostic détaillé de lhomme malade quest devenue lEurope, bilan politique, démographique, économique, agricole, énergétique et culturel, sans jamais perdre de vue lavenir de notre continent dans un monde qui change. Tout en saffirmant démocrate et légitimiste, larchiduc est sévère envers la classe politique actuelle et déplore la disparition des grands hommes qui ont fait lEurope dans laprès-guerre.
Réédité à l'occasion du centenaire de la naissance de Pierre Mendès France, cet ouvrage est la seule autobiographie existante d'une des figures essentielles de notre histoire contemporaine. Dans ces entretiens, Pierre Mendès France relate plus de quarante années d'action politique, sans éluder aucune des grandes questions qui ont émaillé son parcours et décidé de sa destinée dans l'histoire. Comment a-t-il assumé sa judéité ? Comment a-t-il vécu la débâcle de 1940, Vichy, son engagement dans la France libre ? Pourquoi a-t-il pris, dès après la guerre, le parti de la décolonisation et comment a-t-il réglé le drame indochinois ? Pourquoi a-t-il obstinément refusé de rejoindre de Gaulle en 1958 ? Pourquoi a-t-il cautionné Mai 1968 ? C'est avec la même franchise que Pierre Mendès France évoque ses relations avec quelques-unes des figures les plus illustres du XXe siècle :Blum, Churchill, Chou En-lai,Golda Meir,Mitterrand et de Gaulle lui-même. Ce livre est aussi celui d'un grand moraliste dont les réflexions, les analyses et les propositions concernant les problèmes de la France et du monde ont gardé une étonnante actualité. Qu'est-ce que le socialisme ? Quel est l'avenir de la gauche ? Pourquoi la permanence des inégalités ? Où va l'Europe ? Quelles seront les conséquences d'un monde sans frontières commerciales ? Quelle issue pour les pays en voie de développement ? Autant de débats qu'il aborde avec l'exigence et la rigueur d'un homme de conviction, mais aussi la lucidité d'un visionnaire.