Mouvement
Et si l’hôpital de demain se construisait aujourd’hui ? Hop ! L’hôpital interroge les défis humains, technologiques et éthiques de notre système de santé.
D'un côté, Philippe Maurice, condamné à mort pour meurtre, gracié en 1981 et détenu à perpétuité dans une centrale de haute sécurité. De l'autre, en Bretagne, 25 collégiens de 15 ans. Ils ont choisi d'étudier la justice d'aujourd'hui. Malgré des oppositions, Françoise Porcher, leur professeur, agrégée de lettres, s'obstine à mener l'expérience à son terme - celui fixé par les élèves. La correspondance libère la communication. Affirmation de soi, découverte des autres, pluralisme des idées : l'écriture redevient aventure. Comprendre, les jeunes voulaient comprendre. Pourquoi on devient délinquant. Pourquoi on tue. Au nom d'une morale ou par hasard ? Le remords existe-t-il ? Et la prison, c'est comment ? Mitard ou 3 étoiles, télévision ou solitude ? Et le sport, la sexualité, la vie collective ? Pas un sujet qui ne soit abordé au long d'une année de correspondance. Et Philippe, licencié en histoire depuis peu, répond sans rien éluder. Échange sans concession, parfois amer ou naïf, souvent émouvant ou impitoyable, qui évolue au fil des lettres. Et aborde avec spontanéité l'essentiel : la vie, la mort, l'enfermement, le mal-être.
Pacifisme, laïcité, apartheid, Palestine, grèves, morale sexuelle, mariage des prêtres, l'évêque d'Evreux intervient tous azimuts. Aux antipodes du langage mièvre et consensuel de ses collègues - la langue de buis - le petit homme frêle et timide parle. Et parle haut et fort, même si le timbre de la voix est doux et léger. La force de dissuasion est intolérable, le film de Scorcese intéressant, le patronat - même chrétien - injuste, les écoles chrétiennes liberticides. Personne n'est épargné. Surtout pas l'Église de France qui, en retour, n'est guère prête à donner à Monseigneur Gaillot le bon Dieu sans confession. Qui est l'évêque d'Evreux ? Pourquoi son impact auprès du public et des médias ? Jusqu'où ira l'homme dont la libre parole interpelle autant les Chrétiens que les autres ? Où s'arrêtera l'« effet Gaillot » ?
Avec le Mundial, s'est encore accéléré le ras le bol des uns et le « toujours plus » des autres. Même si nous sommes quotidiennement submergés par l'information sportive, l'analyse du phénomène reste encore embryonnaire. Mais qu'est-ce que le sport aujourd'hui ? Le triomphe de la technique ? Le combat d'apparatchiks au sein de nomenklaturas opaques ? La jungle du business ? Le dope-niveau pour atteindre le top-niveau ? La « noble incertitude » du système perf ? Les jeux d'Athènes - ou plutôt ceux de Rome - transposés au XXe siècle ? Le sport est-il autre chose que le reflet des tendances dominantes de notre monde : violence, technicité, médicalisation, spectacle, mode ? Les interactions - complexes et mouvantes - entre le sport et la socié
Ils ne sont plus des étrangers. Ils ne se sentent pas Français encore. Mais ils resteront. Comment pourrons-nous vivre ensemble ? Sûrement pas en ignorant leurs problèmes, en limitant l'accès à la nationalité, en maintenant ces ghettos d'où sourd un jour la révolte. Les solutions de la Droite les isolent, comme elles isolent les laissés-pour-compte de la modernisation. Et les discours démagogiques, qui trouvent facilement écho en période de crise, ne résolvent rien, tout en mettant en danger la démocratie. Une politique qui plaide en faveur des immigrés ? L'objectif de Gérard Fuchs est plus ambitieux : une intégration de l'ensemble des exclus de notre société - immigrés compris.
La défaite de la pensée, justement dénoncée par Alain Finkelkraut comme un danger pour notre société, n'est-elle pas en train de menacer aussi l'Église catholique ? La grande tradition chrétienne a toujours cherché l'intelligence de la foi. Mais, depuis quelques années, la restauration autoritaire entreprise par le Vatican, frappe de plein fouet la recherche théologique, bloque tout débat dans le domaine de l'éthique, verrouille méthodiquement les portes ouvertes par le concile Vatican II. L'Église va-t-elle perdre l'acquis le plus précieux, le plus contesté, le plus fragile de notre modernité : la raison ? Ce livre n'est pas un pamphlet, mais un outil d'information et de réflexion. Il analyse l'évolution contemporaine de l'Église, et en démonte les mécanismes récents. Il propose enfin plusieurs voies pour retrouver la mémoire. Celle de l'intelligence de la foi.
Que sont-ils devenus, ceux qui faisaient les barricades ou lançaient les cocktails molotov ? Les trotskistes, les anars, les maos, les femmes du MLF, les Chrétiens de gauche et le PSU ? Vingt ans après, il y a ceux qui ont « réussi », les Serge July, les Bernard Kouchner, les Michel Rocard... Il y a ceux qui ont fini tragiquement, romantiquement, leur itinéraire révolutionnaire. Il y a les originaux, inventeurs géniaux, artistes en renom. Il y a, tout simplement, vingt ans d'une histoire qui est la nôtre, de 68 à aujourd'hui, et que l'on pourrait appeler la modernité. Une modernité qui a Mai en héritage.
Chaque année, le problème des prisons revient à la une et la télévision nous montre ces mêmes images de jeunes taulards révoltés, perchés sur le toit de leur prison. 48.000 personnes sont emprisonnées en France et près de 200.000 par an font un séjour en prison : des centaines de milliers, voire des millions de familles sont donc directement concernées par la prison. Quelle est la vie quotidienne des taulards ? Bagne ou villégiature quatre étoiles ? Qui va en prison ? Les prisons françaises sont-elles à deux vitesses : derrière les barreaux, tout le monde est-il traité de la même façon ? Nos prisons sont-elles pires ou meilleures que celles des pays voisins ? Qu'en est-il des droits de l'homme en prison ?
Un monde décidément complexe, des sociétés qui opposent une singulière et opiniâtre résistance aux systèmes, aux idéologies et aux recettes trop simples, des individus bien décidés à ne plus s'en laisser conter. Voilà qui peut affoler bien des boussoles sociales ou politiques et dérégler les projets autant que les programmes. Le syndicalisme, comme d'autres interlocuteurs représentatifs, est aujourd'hui bousculé par les mutations. Il a pris du retard face aux changements dans le travail, l'emploi, les rapports sociaux. Il n'a pas franchi le cap de sa propre mutation. Mais elle est en vue lorsqu'il fait entendre sa différence face aux pouvoirs politiques en renouvelant et en renforçant son indépendance. Ou encore lorsqu'il affirme - ce qui n'est pas une clause de style - que l'emploi est la vraie priorité de notre société. Une société abreuvée de cynisme a besoin d'éthique. Le syndicalisme reste porteur de sens face à la logique patronale, face aux appareils étatiques et technocratiques. Il lui revient, à partir de son action sur le réel, de proposer une nouvelle frontière pour le social, pour l'emploi, pour l'entreprise. C'est son rôle et c'est aussi la condition de son renouvellement.
Enfermer, disent-ils. La prison, le seul remède, une potion magique qui punit les délinquants, dissuade leurs émules éventuels et rassure les victimes. Gouverner, est-ce agiter toujours le spectre de la peur, exclure davantage certaines catégories ? Pour le praticien qu'est Gilbert Bonnemaison, agir ainsi, c'est assurer à la société, après demain, plus d'exclus, plus de marginaux, plus de délinquants. La sécurité retrouvée, c'est d'abord la sécurité en libertés : mieux vivre ensemble, augmenter la marge de tolérance d'une société autonome, productrice de ses règles de vie. L'expérience a été menée ici et là d'une politique pragmatique qui adapte les rapports entre les citoyens et institutions, préventives et répressives. La réponse aux préjugés sécuritaires ? Une cité plus solidaire, ouvrant la voie à une véritable communauté, une communauté pacifique.