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Douze histoires d'évasion de soldats, de résistants, durant la seconde guerre mondiale. Histoires inconnues en dehors de cercles qui vont disparaître. Histoires authentiques recueillies auprès de gens ordinairement peu diserts, histoires narrées au quotidien, pathétiques parfois, souvent drôles, restituées sans grandiloquence - et un nouveau visage de la Résistance surgit... Récits d'où se détachent des images de femmes courageuses, audacieuses parfois, au rôle crucial, nécessaire voire décisif : militante lyonnaise décidée à récupérer son jeune mari emprisonné (libérant du même coup ses copains) ; épouse stéphanoise affrontant les aléas des combats savoyards ; religieuses accomplissant sereinement leur « devoir » ; jeune infirmière albertvilloise rendant possible l'enlèvement d'un cadre blessé, morte à Mauthausen... Les auteurs n'avaient pas recherché ces personnages féminins ; ils les ont rencontrés dans leur évidence. Or la parution de ce livre coïncide avec le concours national de la Résistance 1997 : « le rôle des femmes dans la lutte clandestine. »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Marceline Lartigue est née à Bordeaux, en novembre 1961. Élève de Suson Holzer et de Susan Buirge, d'Hideyuki Yano et de Lucinda Childs, elle entre - en 1983 - comme boursière au studio de Merce Cunningham, à New York, avant de travailler avec Karole Armitage. En 1989, elle crée sa propre compagnie, Szelerem, après avoir été - pendant de longues années - interprète de Karine Saporta. Le travail de Marceline Lartigue est caractérisé par son attirance envers le monstrueux et l'infiniment petit. Pour le moment, elle se consacre à des portraits de danseurs. Créations mai 1989 : Erzsebet (Elisabeth Bathory) ; mai 1990 : Ryoan-Ji, sur la musique homonyme de John Cage, interprétée par l'Orchestre symphonique du Rhin, dirigé par Lucas Pfaff ; mars 1991 : Lola Montès. 1992-1993 : début d'une oeuvre intitulée Journal, qui comprend les portraits des interprètes qui l'inspirent. Le portrait de Marjolaine, chorégraphié pour Marjolaine Zürfluh. La règle du jeu, chorégraphiée pour Marceline Lartigue, avec la chanteuse Valérie Joly. Tabou, autoportrait de la chorégraphe ; juillet 1994 : Pointé, chorégraphie de rue pour le Festival d'Aix-en-Provence, réalisée avec les joueurs d'un club de boulistes. 1994-1995 : suite du Journal. En préparation : Figures et quintette.
- Ah oui. On peut le dire. Il m'en a joué de drôles de tours, levin blanc de la Haumuche ! Ainsi me parlait le cordonnier Désiré Maintrot, dit « Bébé Cadum », dit « Fauche-l'aigail » (parce qu'il traînait la jambe en fauchant), dit encore « Boit-sans-soif ». C'était un gars du pays, un « gars de toujours », comme on dit... Désiré Maintrot y tenait, à sa vigne et à son vin de la Haumuche. À la saison des vendanges, il aimait s'entourer d'un nombreux personnel. Il rassemblait la plupart de ses voisins, par pure vanité, et les emmenait là-haut, moins pour les faire travailler que pour leur permettre d'admirer sa vigne, qu'il entretenait avec un soin jaloux. Mais son bon ami, son vin, lui jouait parfois de mauvais tours...
« Ils étaient quatre, aux carrures non terribles, accoudés à jouer à la manille coinchée. Il y avait là le Manuel Vidal dit « Sab'd'Ologne » parce qu'il était originaire des Sables d'Olonne - un doux ivrogne. Brandiloquent, ivrogne au moins autant que Sab'd'Ologne, mais en outre fier-à-bras et batailleur. Roubier, prénommé Austrégisile, et dit Gésil, bègue et communiste, mais sobre. Enfin, Montois, l'ancien maire. Sab'd'Ologne venait de donner et de « passer la main » à son partenaire, Austrégisile. Celui-ci regarda son jeu, réfléchit un moment et dit : - Eh eh eh ben, les gars, ça ça ça s'ra a-a, atout pique ! Cette déclaration faite, il ne sut pas réprimer un petit sourire, de confiance ou de supériorité, comme vous l'entendrez. Et c'est de là que tout le mal est venu... ».