La vie psychologique
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« Ne serait-il pas temps de redire après Georges Bataille et Jean-Paul Sartre que le jeu est une affaire sérieuse ? Martine Mauriras Bousquet vient le dire avec des mots très neufs et des ouvertures toutes nouvelles. L'originalité profonde de son livre consiste à embrasser l'ensemble de la réflexion théorique actuellement disponible sur le jeu à la lumière d'une expérience ludique personnelle riche et diversifiée. Tout en condamnant vigoureusement les détournements du jeu à des fins manipulatoires ou commerciales, tels que les pratique la société moderne, elle propose de mettre au point des technologies susceptibles de canaliser cette énergie pour le développement individuel et ainsi d'accroître systématiquement la part de création, de liberté et d'authenticité dans chaque être humain. Le lecteur découvre rapidement que le champ d'application de ces techniques ludiques dépasse très largement celui de l'apprentissage scolaire et qu'il pourrait aisément englober l'économie, l'esthétique, la mystique, les relations familiales, la politique, la régénération des cultures. En fait, disons-le, l'art de vivre, individuellement et en groupe. » Henri Dieuzeide
Michel Lobrot, Professeur à l'Université Paris VIII, est l'auteur de livres qui ont eu un grand retentissement : La pédagogie institutionnelle, Priorité à l'Éducation. L'animation non-directive des groupes, etc. Ces livres définissent une nouvelle forme d'Éducation et de rapports humains, fondée sur l'empathie et la relationnalité. Il va maintenant plus loin et s'efforce d'établir les fondements psychologiques de cette nouvelle pratique. Le problème qu'il pose est celui des mécanismes sous-jacents du psychisme humain, sur lesquels Freud et ses disciples avaient déjà pris position. Les conclusions de Michel Lobrot ne vont pas dans le même sens et s'opposent même franchement aux conclusions freudiennes. Il n'admet pas l'idée d'Inconscient, au sens freudien, qui lui paraît réintroduire l'en-soi et l'opacité de l'objet à l'intérieur du psychisme. Son idée de base, c'est que le psychisme - contrairement à la réalité matérielle - n'est pas mû par des forces aveugles et rigides, identiques à elles-mêmes à travers le temps du fait qu'elles se seraient installées précocement au cours de l'enfance, mais par des forces vivantes, actuelles et en perpétuelle évolution, présentes sans cesse à la conscience. Ces forces sont de nature émotionnelle et affective et constituent la face interne de notre activité, celle qui n'est pas visible à l'extérieur. Cela amène l'auteur à réinterpréter l'influence du passé sur le présent, dans un sens différent de celui du freudisme. Il ne pense pas que le passé soit inscrit dans le présent au sens où il aurait laissé sa marque dans le psychisme et tendrait seulement à se reproduire, selon le mécanisme de l'« instinct de répétition » appelé encore « instinct de mort ». S'il détermine le présent, c'est d'une autre façon, par un mécanisme d'apprentissage qui suppose des processus inductifs et la création de valeurs. Le psychisme n'est pas une réalité mécanique mais une forme particulièrement évoluée de structure vivante, à laquelle les principes physiques ne sont pas applicables.