Gens d'ici et d'ailleurs
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«Je vais tout te dire, tu pourras m'essorer, si tu veux, mais sache que le papier ne peut pas envelopper la braise. - L'encre saura la retenir.» À la frontière du réel et de la fiction, Leyla Z. Mechentel nous fait suivre l'itinéraire de femmes algériennes entre leur pays d'origine et l'Europe - en particulier l'Italie et la France. Djida et Sassiya se rencontrent lors de leur première année d'université, à Alger. Malgré leurs divergences, l'une musulmane pratiquante jusqu'à la dévotion, l'autre marxiste et féministe, elles deviennent amies. Séparées momentanément - Djida suit son jeune mari en Italie, Sassiya reste à Alger -, elles se retrouvent à Paris, mais leur relation se détériore en même temps que s'inversent les rôles : la dévote se glisse dans la peau d'une Parisienne mondaine, la marxiste féministe se découvre une identité religieuse. L'une comme l'autre ont leurs raisons que l'auteure analyse avec justesse et subtilité. Dans un style alerte et vif qui privilégie le dialogue, comme pour mieux faire entendre les voix de ses personnages, Leyla Z. Mechentel livre ici un récit moderne, traversé de tragédies mais aussi de moments de bonheur. Née à Djerba (Tunisie), après une enfance passée entre France et Algérie, Leyla Z. Mechentel est venue s'installer de façon définitive en France au début des années 1990. Écrivain, elle a publié, sous le pseudonyme de Leïla Marouane, plusieurs romans remarqués, parmi lesquels La Fille de la casbah (Julliard, 1996), La Jeune Fille et la mère (Seuil, 2005) et La Vie sexuelle d'un islamiste à Paris (Albin Michel, 2007), qui ont été traduits dans plusieurs pays. Elle vient de créer La Boutique des Écritures, une association pour la promotion de la langue française dans le monde.
«Tu épouseras cet homme, ma fille !» Au nom de la tradition, pour l'honneur et l'intérêt du clan. Mariages forcés ou arrangés... vies ratées ! Plus d'une femme sur trois en ce monde n'a pas le droit de choisir elle-même son mari. Cette enquête s'ouvre avec les récits de vie et les témoignages poignants de Sali la Guinéenne, Aminata la Malienne et Malika l'Algérienne qui, toutes trois, vivent en France. Mariées sans leur accord, à un âge où elles découvrent à peine la vie, elles se sont retrouvées à partager le quotidien d'un homme inconnu, imposé par leur famille. Au fil de ces pages, de ces «morceaux de vies blessées», des questions surgissent : pourquoi a-t-on nié et passé sous silence ce phénomène qui existait déjà dans les années 1960 ? Parce qu'on était dans la culpabilisation de l'ex-colonisateur, répond une présidente d'ONG. Sans doute, mais alors comment expliquer que ces coutumes perdurent, alors qu'on les croyait vouées à disparaître au nom du progrès, du développement social, du métissage culturel et du féminisme ? Que faire ? Pénaliser ? Interdire ? Éduquer ? Dialoguer avec les familles concernées ? Ce livre tente de répondre à ces questions avec des juristes, des sociologues, des chercheurs, mais également avec des responsables et des militants de pays émergents qui, de l'intérieur, se battent avec courage contre ces pratiques coutumières. Fatou Diouf, d'origine sénégalaise, élevée en France, a été mariée de force à dix-huit ans. Aujourd'hui âgée de vingt-sept ans, elle dirige l'association Femmes solidaires du 91. Dans ce cadre, elle participe à des actions de sensibilisation dans les collèges et les lycées et, en livrant sa propre expérience, tente d'aider les autres femmes ou jeunes filles concernées à faire connaître elles aussi au grand jour ce qu'elles ont vécu, pour que ce type de pratique disparaisse. Charles-Arnaud Ghosn, journaliste reporter franco-libanais, vit entre Batroun (Nord Liban) et Paris. Spécialiste de la Méditerranée, il travaille pour des journaux et magazines français et arabes. Il a obtenu le prix Reporter d'espoir pour des reportages au Moyen-Orient et suit les dossiers exclusion et précarité pour un groupe de presse international.
Depuis plus de deux siècles, il n'est pas une décennie au cours de laquelle des Polonais, franchissant une ou plusieurs frontières, ne soient venus s'installer en France, les uns pour un temps limité, d'autres pour s'y fixer définitivement et créer ainsi un rameau français d'origine polonaise. Malgré tout, les Polonais et leurs descendants restent peu visibles. Nos concitoyens ont adopté Chopin et Marie Curie au point d'effacer plus ou moins consciemment leur origine étrangère. Mais, ces deux exceptions mises à part, il existe moins de noms célèbres au regard des Français que lorsqu'on évoque l'immigration russe, par exemple. Ce livre s'emploie à relever de l'oubli une histoire riche et multiforme. Le lecteur voyagera en Lorraine avec Stanislas, le " prince bienfaisant ", du Nord-Pas-de-Calais au fin fond du Massif Central avec les mineurs de charbon, ou dans les campagnes françaises avec les ouvriers et ouvrières agricoles. Il fera de fréquentes étapes à Paris où tant d'exilés ont élu domicile. Il parcourra aussi les champs de bataille où des Polonais se sont illustrés, tant à l'époque de Napoléon que pendant les deux guerres mondiales. Outre la musique romantique et la radioactivité, il percevra l'apport des immigrés polonais aux beaux-arts, à la littérature, au théâtre, au cinéma et à tant d'autres domaines.