Economie et socialisme
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Et si le colonialisme n’était qu’une autre forme d’exploitation capitaliste ? Colonialisme, néo-colonialisme et transition au capitalisme de Pierre-Philippe Rey, fruit d’une enquête de terrain au Congo-Brazzaville.
1974 marque un tournant : la crise économique qui s’ouvre alors ne ressemble à aucune autre. Alain Lipietz en décrypte les mécanismes et révèle comment inflation et stagnation deviennent les symptômes d’un capitalisme en mutation profonde.
Quels sont les fondements et les limites de la planification socialiste ? Problèmes théoriques et pratiques de la planification de Charles Bettelheim, économiste marxiste majeur du XXe siècle.
En même temps que la théorie économique générale, sous sa forme néo-classique, s'appauvrit, des études très spécialisées et « techniques » souvent liées aux avatars de la politique économique, se développent et prolifèrent. Ainsi, dans les pays capitalistes monnaie et financement sont-ils souvent étudiés en eux-mêmes, sans qu'une conception générale de l'économie soit explicitée. Plus limités encore sont les nombreux modèles de l'« offre de monnaie » qui visent à expliquer comment la monnaie nait et se multiplie sans mettre en discussion la nature de celle-ci. Cependant une telle fragmentation n'est possible que parce qu'il existe un accord implicite. La conception dominante est celle de la théorie quantitative de la monnaie, parvenue à surmonter l'usure des siècles et les bouleversements de doctrines et de systèmes. Elle cherche à faire de la création de monnaie un processus purement économique, mais se trouve renvoyée à une régulation purement politique. Peut-être la prise en considération des structures de financement permet-elle une analyse mieux appropriée ? Il n'en est rien, si la notion de monnaie n'a pas été définie au préalable de façon que l'on puisse établir une relation dialectique entre monnaie et financement. Grâce à un examen critique on doit pouvoir s'orienter dans le dédale des analyses spécialisées et des discussions de politique économique (offre de monnaie « contre » dépenses publiques). Il faut démonter de l'intérieur, et situer dans un cadre théorique général, diverses notions d'« offre de monnaie ». Des analyses historiques et politiques, permettant de mieux comprendre le rapport entre structures de la monnaie et du financement, n'en seront pas moins nécessaires.
Et si la mobilité des travailleurs n’était pas une simple conséquence, mais le moteur caché de l’accumulation capitaliste ?
Publié en 1967, L'Économie de l'Ouest africain reste un texte fondateur de la pensée économique africaine postcoloniale.
Et si Marx avait raison sur l’économie, mais pas comme on le croit ? Le Monde enchanté révèle comment la théorie de la valeur et de l’exploitation, souvent jugée obsolète, éclaire en réalité les crises modernes.
Comment la Chine maoïste a-t-elle construit son modèle d’industrialisation socialiste ? Le Mode d’industrialisation socialiste en Chine d’Édouard Poulain offre une analyse rigoureuse et documentée des choix économiques chinois.
Et si l’espace était le grand oublié du marxisme ? Le Capital et son espace d’Alain Lipietz comble cette lacune en explorant comment le capitalisme façonne nos territoires, du Larzac à la Bretagne.
L'état de la problématique sur les problèmes abordés est caractérisé, notamment, par l'écart qui sépare les propositions théoriques formulées par Marx et Engels concernant le mode de production socialiste et la réalité des « pays socialistes », L'ampleur même de l'écart oblige à formuler une série de questions. Ces questions et les réponses qu'elles appellent ont révélé, que « l'écart » dont on est parti est, très généralement, lié à une double méprise : on a pris des propositions théoriques qui visent le mode de production socialiste pour des propositions qui viseraient des formations sociales en transition ; réciproquement, on a pris des formations sociales en transition pour la « réalisation » du mode de production socialiste. L'effort d'analyse, poursuivi dans ce livre, est devenu d'autant plus indispensable qu'un certain nombre de pratiques, qui se donnent pour des pratiques de « calcul économique » et pour des pratiques de « planification », recouvrent, au moins en partie, des pratiques fort différentes. Comme, de plus, ces pratiques se doublent de commentaires idéologiques qui visent à les présenter pour autre chose que ce qu'elles sont, on se trouve dans une situation où, faute d'effort théorique, on ne peut ni prendre connaissance de la réalité, ni transformer celle-ci.
Le présent livre constitue un dossier dont l'intérêt est double : d'une part, il porte sur un ensemble de problèmes cruciaux de notre époque, ceux de l'inégalité de développement des différents pays et des contradictions qui en résultent, ceux des conditions des échanges internationaux, ainsi que sur le problème de l'impérialisme, de sa nature et de ses effets ; d'autre part, il permet de faire apparaître, par la rigueur même avec laquelle A. Emmanuel expose ses thèses, en quoi consiste la ligne de démarcation qui sépare deux sortes de positions sur ces problèmes. Cette ligne ne nous concerne pas seulement, A. Emmanuel et moi-même, mais aussi un très grand nombre d'économistes ou de militants. Il est donc très important d'en souligner l'existence et non de la masquer. Je crois que l'on peut dire que, si Ricardo est l'économiste précritique qui, en général, avait été le plus loin dans une élaboration théorique, A. Emmanuel a été plus loin encore, sans cependant « couper » avec les notions ricardiennes fondamentales. A. Emmanuel a pu effectuer cette percée remarquable parce qu'il a su investir, en les transformant comme je l'ai dit plus haut, certains concepts de Marx dans une démarche de type ricardien. Même ainsi transformés, les « concepts marxistes » ont pu continuer à produire des propositions du plus haut intérêt. Désormais, c'est à partir de là qu'il faudra avancer, en procédant à une transformation critique des propositions ainsi élaborées. La structure de ce dossier est la suivante : le corps en est constitué par l'exposé que fait A. Emmanuel de ses propres thèses. Cet exposé est suivi d'un ensemble de « remarques théoriques » que j'ai rédigées en tant que directeur de la collection, puis d'une « réponse » d'A. Emmanuel à ces « remarques théoriques ». Bien entendu, cette « réponse », pas plus que ce que j'en dis dans cette présentation, ne peut prétendre à « clore » un « débat » qui n'a pas pu s'ouvrir et qui ne peut donc être clos, étant donné précisément la ligne de démarcation qui sépare les thèses en présence. Charles Bettelheim