Ateliers du développement
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L'auteur raconte l'aventure d'un projet de développement exemplaire en Équateur : des médecins, des agronomes, des agriculteurs décident, au fil d'une pratique quotidienne, de travailler ensemble, et ce à l'écoute du monde paysan. C'est en tentant d'améliorer la situation nutritionnelle des familles, dans les montagnes andines et dans un secteur de colonisation, que des médecins prennent conscience de l'impossibilité d'avancer dans leur travail sans un partage des savoirs avec les paysans, sans un retour, avec leur aide, à certaines pratiques traditionnelles, sans une collaboration étroite avec les agronomes et les éducateurs. Ce projet atypique est mené avec les relais nationaux, ce qui autorise sa répétition. Il propose aussi des pistes aux autorités nationales comme aux instances internationales, en quête de stratégies d'intervention contre la malnutrition.
Ce livre est un témoignage, l'itinéraire complet d'un coopérant qui a passé vingt ans au Pérou, dans des situations professionnelles très différentes. L'auteur a changé cinq fois de statut : ingénieur agronome de formation, il a d'abord eu pour mission d'aider les communautés paysannes andines à améliorer leur production. Enseignant ensuite, puis chercheur, puis coordinateur de projets auprès des paysans andins et, enfin, agent technique. Au terme de sa trajectoire, l'homme d'aujourd'hui regarde le coopérant naïf d'hier et soulève quelques questions essentielles : quel est le rôle du coopérant aujourd'hui ? un colporteur de techniques modernes, de méthodes, de concepts issus des pays dits développés ? ou un médiateur entre deux cultures, deux savoir-faire ? ou bien encore un « professionnel » en voie de disparition ?... Comment peut se concevoir à l'avenir la coopération, si elle n'est fondée sur l'idée d'un apprentissage mutuel ? Un livre utile à tous ceux que la coopération et l'aide humanitaire intéressent, pour répondre à leurs premières interrogations et bousculer quelques idées reçues.
En 1996, au coeur de l'Afrique, dans l'un des pays les plus pauvres du monde, des organisations paysannes investissent avec succès des filières économiques, réussissent à réaliser des chiffres d'affaires appréciables, réussissent, tout simplement. Au prix, certes, d'une lutte sans merci, face à une bureaucratie parasite, à une technocratie éloignée de la réalité, à des interlocuteurs souvent sans scrupule. Si elles ont réussi à s'imposer, c'est en partie grâce à un homme hors du commun, Moussa Para Diallo, qui est aujourd'hui sans conteste l'un des leaders les plus talentueux de la société civile africaine. Jean Vogel, qui fut, comme coopérant, un observateur - et un participant - privilégié de cette aventure, a recueilli son témoignage, ses passions, ses combats, ses joies et ses colères... Devenu lui-même exploitant agricole et maire d'une commune alsacienne, il sent encore mieux aujourd'hui les enjeux de ce type de combats. Un livre qui remet en question bien des idées reçues sur l'aide internationale et le développement rural, et plaide pour que la voix, les logiques et les réalisations des paysans soient entendus de davantage de lieux de pouvoir.
Après la « décennie perdue » des années quatre-vingt, le mot même de développement paraît un mirage. Mais la fin du mirage laisse apparaître, dans des tiers mondes très diversifiés, un potentiel et une volonté d'initiative considérables - que le fonctionnement actuel de l'État, du système d'aide, et de l'ordre économique international tende à dédaigner ou étouffer. Faire émerger et diffuser, par capillarité, les moyens humains et financiers d'un soutien à ces initiatives, multiplier les colporteurs d'un « c'est possible ! » crédible contre l'apparente fatalité de la misère, instituer et généraliser le droit au premier développement, tel est l'objectif ambitieux de cet ouvrage. Fruit de la démarche collective d'une quinzaine des meilleurs experts et praticiens du développement, étayé par une série d'exemples, il retourne aux fondements culturels, juridiques, économiques et éthiques d'une relation d'aide souvent pervertie, pour proposer une nouvelle approche contractuelle, un « contrat de génération » Nord-Sud. Un livre ambitieux, mais réaliste, car nous n'échapperons ni à la nécessité d'un co-développement, ni au besoin irrépressible d'une nouvelle équité.
Il y a des mots miracles : démocratie, par exemple, ou participation populaire. En Amérique latine comme ailleurs, ils suffisent à conférer aux opérations de développement ou aux actions sociales dans les quartiers pauvres un label de qualité que personne n'ose contester. Malheureusement, les pratiques sont souvent moins séduisantes que le vocabulaire : un charisme peut en cacher un autre, des leaders peuvent se mettre à parler au nom d'une population qu'on oublie de consulter, - croyances un peu simplistes et slogans importés se mélangent alors joyeusement ! - et il arrive que des détails aussi essentiels que les modes de scrutin empêchent toute véritable participation. Ces mécanismes de dérive de la démocratie, Leïla Wolf, sociologue d'origine brésilienne, les démonte sans complaisance à partir de l'histoire d'un vaste mouvement de quartier à Nova Iguaçu, près de Rio de Janeiro. Histoires, analyses, témoignages des intéressés montrent au lecteur, comme s'il y était, ce qui peut se passer dans la réalité, en même temps qu'ils constituent un vibrant plaidoyer pour la participation véritable et pour l'initiative populaire. Un domaine dans lequel le dynamisme des groupes brésiliens a depuis longtemps valeur d'exemple.