Actualité de la psychanalyse
Le point de départ de cet ouvrage vient d'une interrogation sur la place du récit clinique chez les psychanalystes. L'auteur définit le champ de la psychanalyse entre la rhétorique, comme art de la persuasion, et le narratif, en tant que mise en représentation d'événements réels ou fictifs par le moyen du langage. La psychanalyse se trouve donc à un carrefour entre des événements cliniques et des événements conceptuels dont les récits témoignent. En effet, dans le processus de la cure, se joue une ouverture originale sur l'événementiel et l'historique. Encore faut-il pouvoir en parler. Dans l'exemple clinique se joue l'éthique du psychanalyste car il ne s'agit pas seulement de vérifier une théorie ou de se faire connaître ou reconnaître. L'éthique n'est jamais jouée une fois pour toutes, et c'est ce que les psychanalystes racontent quand ils parlent de ce qu'ils font. À partir d'un noyau d'auteurs, Freud, Melanie Klein, Winnicott, l'auteur dégage la place de la rhétorique dans l'acte narratif des analystes. Le récit dans la psychanalyse peut-il échapper à la rhétorique ? Qu'est-ce que raconter au plus juste quand on est analyste ?
Savoir si leur enfant parlera ou non est une question essentielle et lancinante pour les parents d'enfants autistes. Trois problématiques sont explorées par les auteurs : quels sont les chemins qui mènent au langage, quels sont les différents types de langage (verbal ou préverbal), quel est l'au-delà du langage ?
À partir du mythe, de la littérature et de la clinique, les auteurs déplient les différents aspects de ce « système-inceste » qui traduit une défaillance parentale et filiale dans la transgression de l'interdit fondamental des rapports sexuels entre parents et enfants comme entre frères et soeurs. Le respect de l'interdit de l'inceste permet la structuration psychique, l'inscription dans l'ordre symbolique et l'affiliation dans les générations. Ce livre propose des clés pour saisir la volonté de prise de pouvoir et de domination d'un aîné sur un plus jeune, avec des répercussions dévastatrices sur le fonctionnement psychique et la vie psycho-affective et sexuelle de la victime, mais également des conséquences sur les générations suivantes dans la déstructuration de la filiation et la transmission du « poison » incestueux.
"Cet ouvrage bref mais dense ouvre une série de questions : qu'est ce que le corps ? et quel corps ? Le corps organique, celui seul que connaît la médecine, le corps psychique qui le recouvre et qui intéresse la psychanalyse, le corps hallucinatoire ? Quelle place occupe une maladie organique dans la vie d'un sujet ? Qu'en est-il du contexte de son explosion, de sa récurrence et de sa fonction dans l'économie psychique inconsciente d'un patient ? Existe-t-il un possible rapport entre la médecine hospitalière, la médecine en général, et la psychanalyse, en dépit d'une conception et d'un traitement du symptôme antinomiques, celle du « mystère du corps parlant » dont Lacan écrivait en 1973 qu'il était le Réel ? Le point d'orgue de ce travail est l'hypothèse du statut métapsychologique de ce que H. Guilyardi nomme désormais somatose ou psychose somatique. "
Dès le début de son histoire, la pédopsychiatrie a partie liée avec la psychanalyse qui apporte sa contribution à la compréhension des symptômes, rapprochant nosographie et soin. En effet, les psychanalystes ont été des pionniers, des acteurs et des créateurs de dispositifs de soin et d'accompagnement pour enfants et adolescents, qu'ils considèrent comme des sujets avec une histoire, une famille et une parole singulières. À l'heure du DSM et du paradigme neurodéveloppemental, que devient le fait psychique ? Des psychanalystes de toutes obédiences témoignent de leur engagement dans le champ de la psychiatrie auprès des enfants et des adolescents et montrent qu'ils sont toujours présents pour les soigner, quelles que soient leurs pathologies, quel que soit leur âge, des bébés aux jeunes adultes, pour prendre en compte leur souffrance psychique et celle de leurs familles, dans le cadre d'équipes pluridisciplinaires, au sein des diverses structures de la pédopsychiatrie.
La question de l'Autre (avec une majuscule en ce que l'altérité est première pour le sujet) traverse toute l'oeuvre de Jean-Jacques Rassial et constitue ainsi le fil rouge des nouvelles recherches qu'il a initiées dans le champ de la psychanalyse, depuis plus de quarante ans. Depuis l'idée d'une panne de l'Autre déterminante des opérations adolescentes, jusqu'à la conception de Dieu comme le nom de l'Autre en tant qu'il n'existe pas, en passant par le lien anaclitique au défaut de l'Autre pour le sujet en état limite et la fonction de l'Autre dans la pratique de la cure, les coauteurs, universitaires et/ou psychanalystes, élèves anciens et actuels, parcourent en se les appropriant les nouvelles questions ouvertes par Jean-Jacques Rassial. Ni commentaire, ni hagiographie, cet ouvrage propose, en continuité avec son style de direction de recherches, davantage une orientation, voire une méthode, qu'une doctrine théorique ou technique.
« Ce livre est né de multiples rencontres avec des auteurs et leurs oeuvres. Il exprime les réflexions que m'inspirent la pratique de la psychanalyse et celle de l'haptonomie pré et postnatale. Il s'alimente aux données issues de champs tels que la philosophie, la théorie quantique, la génétique moléculaire, la neuroscience avancée, l'épigénétique, la plasticité cérébrale, les textes littéraires et poétiques. Les auteurs ici convoqués me conduisent à confirmer et à affirmer mes propres élaborations en cours. Je leur en sais gré. L'usage que je fais de leurs propos ou de leur pensée, ce que j'avance à partir de leur oeuvre, tente de régénérer notre intelligence des relations interhumaines. Et de le faire humainement, sur un mode conceptuel, non exclusivement psychologique. Praxis davantage que corpus. Je désire en effet ne pas limiter la vie psychique au seul champ de la psychanalyse. Je désire ne pas limiter la dimension du contact au seul domaine de l'haptonomie. L'expression de soi, la liberté d'être et de parler, la portée du désir, le sens de la fraternité, la dimension citoyenne, notre responsabilité, bref, la vie tout entière, ne relèvent d'aucune exclusivité disciplinaire ou thématique, surtout pas du scientisme ambiant qui fait de l'être humain un objet d'étude ou une chose à profit. »
Littérature, arts, politique, enseignement, journalisme, culture..., toutes les strates de la société sont infiltrées de psychanalyse, et l'ont profondément intégrée. Cependant, le seul domaine dans lequel elle se trouve rejetée reste étrangement le monde de la santé et le système de soins. La médecine, toujours plus technicienne, travaille à la disparition du symptôme considéré comme dysfonctionnement organique, alors que, pour la psychanalyse, « le corps ne ment pas, il énonce une vérité du sujet invisible à la conscience », ce que cet ouvrage s'attache à explorer par de multiples approches. De quelles complexités inconscientes les corps tentent-ils de s'extraire en multipliant symptômes, maladies et passages à l'acte ? Psychanalystes et médecins affrontent les énigmes posées par les maladies somatiques et tentent d'améliorer les approches contemporaines de cette « clinique du fracas » : maladies graves, auto-immunes, lésions corporelles, douleurs... A partir d'exemples cliniques, les auteurs montrent la nécessité d'articuler corps et langage pour un système de soin à l'écoute du sujet. Collection « Le corps a ses raisons » publiée avec l'Association psychanalyse et médecine
Les idées reçues sur le travail des psychanalystes en dissimulent la pertinence, en particulier sur le plan scientifique. Les enseignants-chercheurs qui, depuis plus d'un demi-siècle, se réfèrent à la psychanalyse dans le cadre universitaire, ne cessent d'ouvrir de nouveaux champs de savoir. Dans de multiples domaines, ils contribuent à élargir la réflexion et les pratiques professionnelles. Cet ouvrage synthétique, rédigé par une soixantaine de personnalités issues des principales universités françaises (et l'université de Kyoto au Japon), donne un aperçu saisissant des résultats de la recherche psychanalytique concernant de nombreuses problématiques actuelles : évolution des modèles familiaux, questions du genre, nouvelles techniques thérapeutiques, développement de l'enfant et de l'adolescent, vieillissement, radicalités, handicap, maladie mentale, mort, criminologie, etc. L'ouverture régulière de nouvelles collaborations scientifiques nationales et/ou internationales ainsi que la multiplication de réseaux interdisciplinaires inédits offrent de véritables perspectives. Du point de vue théorique comme dans la pratique, la créativité psychanalytique à l'université démontre ici sa fécondité. Avec la participation des universités d'Angers, de Bourgogne, de Caen-Normandie, de Franche-Comte, de Lorraine, de Lyon 2, de Montpellier 3 Paul Valéry, de Cote-d'Azur, de Paris, de Paris-Nanterre, de Picardie Jules Vernes, de Poitiers, de Rennes 2, de Rouen-Normandie, de Sorbonne Paris-Nord, de Strasbourg, de Toulouse Jean-Jaurès et une équipe de l'université de Kyoto (Japon).
L'instant de dire (érès, 1997) est devenue une référence majeure pour tous les psys et médecins qui dans le cadre de leurs pratiques, au sein d'une médecine technoscientifique, accordent une place à la parole des patients pour élaborer avec eux le sens et la fonction psychique de leurs symptômes. A partir du cadre d'une consultation spécialisée de médecine, l'auteur traite des discours de souffrance et de la question des plaintes dites somatiques. Elle montre comment une brève rencontre peut être pour le patient ce moment propice pour une construction mythique individuelle qui rend possible son efficacité thérapeutique. L'instant de dire, dispositif de travail psychanalytique, crée au sein d'une médecine de plus en plus technique cette rupture et cette ouverture dans l'enchaînement des soins et des examens complémentaires. Praticien hospitalier à l'Hôpital Nord de Marseille et maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, Marie-José Del Volgo conduit parallèlement à son activité médicale des recherches et des pratiques cliniques dans le champ de la psychopathologie et de la psychanalyse. Après avoir soutenu une thèse de neurosciences en 1988, puis de psychopathologie en 1995 et une habilitation à diriger des recherches en 2000 à l'Université de Paris 7, elle dirige depuis 2001 des recherches et des thèses à l'interface de la médecine et de la psychanalyse.
Certaines adolescentes n'ont pu construire des représentations internes de la féminité et de la maternité. Court-circuitant ce travail psychique resté impossible, elles ont confié à leur corps et à leur enfant à naître la mission de les rendre femmes et mères... idéales de préférence. Mission impossible pour cet enfant qui, dans la réalité, ne correspondra pas à l'enfant rêvé durant la grossesse et risque d'être inscrit dans une psychopathologie précoce puis rapidement « placé »... répétant ainsi bien souvent l'histoire de leur mère. C'est contre ce destin que le dispositif clinique finement décrit dans ce livre vient faire rempart. Pierre Kammerer est psychanalyste à Grenoble, enseignant à l'université Lyon 2.
La jouissance est un concept-frontière situé à la jonction entre le corps et le langage ou la parole. Elle s'articule avec les principaux concepts fondamentaux de la psychanalyse tels l'inconscient, la répétition, la pulsion, le désir, le sujet. Elle constitue aussi un repère essentiel pour la pratique psychanalytique en raison de ses rapports avec le symptôme et l'interprétation. Enfin, elle apparaît comme une notion centrale pour penser le rapport entre les sexes. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage un parcours chronologique, à travers l'ensemble de l'oeuvre de Lacan (les Séminaires, les Écrits, les Conférences, les entretiens et interventions diverses), des différentes étapes de la création du concept de Jouissance. Jean-Marie Jadin est psychiatre, psychanalyste, à Mulhouse. Marcel Ritter est psychanalyste à Strasbourg.
Ordinaire ou pathologique, l'ennui apparaît bien, dans les variations de ses manifestations, comme une réalité incontournable et universelle qui interroge le rapport de l'homme à son désir et à son acte. L'ennui n'est pas un concept mais une activité psychique intermédiaire plus complexe qu'il n'y paraît mais qui fait partie de la vie. Ce livre tente d'en rendre compte à partir d'une enquête auprès d'enfants et d'adolescents. Joël Clerget, psychanalyste à Lyon ; Marie-Pierre Clerget, chercheur en psychologie ; Christiane Durif-Varembont, professeur en collège ; Jean-Pierre Durif-Varembont, psychanalyste à Lyon, maître de conférences en psychologie (université Lyon 2).
Freud aurait-il inventé la psychanalyse s'il n'avait pas été viennois ? Si l'on sait que Freud était plus intéressé par l'art du Quattrocento ou de l'Antiquité, sur lequel il s'est appuyé pour construire ses théories soit en le prenant comme modèle (OEdipe roi ou Hamlet) soit en l'utilisant comme support clinique (Léonard de Vinci, Signorelli), on peut pourtant être étonné qu'il ait royalement ignoré une bonne part des productions artistiques de son époque, qui pourtant traitent des mêmes impasses de la construction subjective, des mêmes expressions du désir, des mêmes questions fondamentalement humaines. L'analyse de ce paradoxe autorise une nouvelle façon de lire le rapport de la psychanalyse à l'art, le rapport du sujet à son temps, les impasses de la subjectivité face à la culture et éclaire bien des avatars de notre modernité. Alain Didier-Weill, psychiatre, psychanalyste(Paris)
Des psychanalystes formés par Dolto poursuivent, enrichissent, critiquent les voies ouvertes par cette grande dame de la psychanalyse qui ne s'est jamais reposée sur sa notoriété et qui, sans cesse dans sa pratique clinique, a poursuivi ses recherches théoriques à l'écoute de ses petits patients. Un ouvrage qui approfondit également, à travers une lecture critique, les principaux concepts de son enseignement. Claude Schauder, psychologue et psychanalyste, président de l'association Lire Dolto aujourd'hui , professeur associé à la faculté de psychologie (Strasbourg).
Cet ouvrage explore les racines de la haine du féminin, ses manifestations contemporaines et ses conséquences sur les individus et les sociétés Des exemples historiques, des analyses psychanalytiques, un regard sur la littérature, l'art contemporain et une réflexion sur les dérives actuelles, Dans un langage accessible, une interrogation actuelle sur un phénomène insidieux, parfois décomplexé, prenant même de l'ampleur chez les jeunes générations. Rappels de quelques chiffres : en 2023 en France, 373 000 femmes se sont déclarées victimes de violences physiques et ou sexuelles au sein du couple, 94 000 ont été victimes de viols ou tentatives de viol, 1185 femmes victimes de féminicide au sein du couple de manière directe ou indirecte (93 victimes de féminicide, 319 victimes de tentative de féminicide et 773 femmes victimes de tentative de suicide suite au harcèlement du conjoint).
L'approche transdisciplinaire des organisations autistiques, c'est-à-dire la réflexion à l'interface des différentes disciplines concernées, amène aujourd'hui à considérer les troubles de la sensorialité comme un maillon essentiel de l'étude des origines étiologiques des autismes. Au-delà des polémiques stériles et coûteuses qui n'ont pas encore cessé d'encombrer le champ des troubles du spectre autistique, ce nouvel ouvrage se centre sur le « comment » plutôt que sur le « pourquoi » des troubles autistiques. Il montre comment la question de la sensorialité et de ses dysfonctionnements (dyssensorialités) s'avère éclairante du point de vue développemental, clinique, mais aussi évolutif et thérapeutique. Ouvrage publié avec la CIPPA.
Pour la première fois en France, à l'initiative de Patrick Landman et Denys Ribas, est présentée la diversité des apports des psychanalystes aux personnes autistes. Issus de différents courants doctrinaux, des auteurs de référence dans ce domaine exposent l'actualité des recherches, sur les plans thérapeutiques et scientifiques, y compris celui de l'évaluation, tandis que des parents et une personne autiste témoignent de l'aide qu'ils ont reçue. Loin des clichés qui caricaturent la psychanalyse depuis un demi-siècle, cet ouvrage démontre que les présupposés étiologiques d'autrefois sont abandonnés. Si des divergences existent toujours, des convergences apparaissent : la reconnaissance de l'intensité des terreurs autistiques, de la souffrance des familles, l'importance de l'advenue du sujet dans la construction psychique, l'accès à la symbolisation. Le travail thérapeutique, toujours mené en collaboration avec des actions éducatives et rééducatives et avec les parents, prend en compte la spécificité des angoisses et des défenses autistiques, visant le sentiment même d'exister autant que l'entrée en relation avec autrui. Il met en évidence combien la rencontre clinique se révèle décisive, ce que soulignent les témoignages d'anciens autistes.
La constance d'objets culturels dans l'organisation des phobies d'animau ouvre d'emblée la problématique a la fois du côté des contes, des représentations plastiques et graphiques populaires et du côté de la ressource "animalière de l'interprétation analytique. L'auteur, à partir de sa double expérience de psychothérapeute et d'enseignante, rend compte des potentialités organisatrices des conflits que contient la figure animale dans le psychisme de l'enfant. Elle accorde une importance toute particulière aux relations mythe-fantasmes originaires ainsi qu'a la transmission du conte. L'ouvrage se concentre sur les modalités de l'aire maternelle et les fonctions de l'angoisse orale. S'ancrent alors de nouvelles perspectives sur les angoisses phobiques et sur le recours aux formes animales à la fois comme contenus des phobies mais aussi comme offrant une extraordinaire lisibilité imaginaire au fonctionnement de l'angoisse. Les avancées qui sont ici produites sur les défaillances narcissiques sont étayées sur la théorie psychanalytique et sur la clinique psychologique et psychothérapique.
« Actualités d'un malaise nous parvient dans sa forme inachevée, posthume, avec tout l'empressement d'un dernier message, d'un dernier témoignage. Ce texte exprime le souci que Jacques Hassoun portait en lui déjà depuis longtemps et qui, les années passant, ne faisait que grandir. Ainsi à l'origine de son oeuvre est le souci politique, le lien entre le mal-être individuel et la Cité, la polis, c'est-à-dire la pluralité, la multitude qui cherche à déterminer une vie ensemble. Le parcours critique de Jacques Hassoun se termine avec cet essai sur le malaise actuel et la responsabilité du psychanalyste en tant que citoyen. Le discours psychanalytique ne saurait s'abstraire de la culture, c'est-à-dire du politique qui aujourd'hui recèle, en tant qu'élément innommable, une part du religieux. Ces pages appellent à une autre conception du rôle du psychanalyste. Tout comme Freud se désignait comme "juif infidèle", Jacques Hassoun espérait qu'au-delà des associations psychanalytiques, au-delà des conflits de chapelles institutionnels, des transferts et des croyances dans la force thaumaturge qui ferait Un, puissent naître des "psychanalystes infidèles". » Geog Garner Ainsi conçu non comme un point d'orgue qui mettrait un point final à un oeuvre mais comme une ouverture qui engage à poursuivre le travail, cet ouvrage pousse les analystes, à l'écoute d'une parole à l'articulation même de l'inconscient et du social, dans les retranchements mêmes de la cure. Entre la politique et l'éthique, l'auteur nous montre comment dans la langue même, ils sont amenés à prendre la mesure du malaise de notre société et à rester vigilants face à toute entreprise de désubjectivisation politiquement organisée.
La réflexion de François Marty porte sur les formes de psychosesà l'adolescence où se disent certains aspects de la problématique familiale. Partant de l'analyse du mémoire de Pierre Rivière - adolescent du siècle dernier ayant égorgé sa mère, sa soeur, et son frère -que l'auteur considère comme le témoignage d'une expérience intérieure de la psychose à l'adolescence, il met en évidence les nombreux liens qui peuvent exister entre symptômes d'enfants et problématique parentale et les impasses pubertaires où se tient un adolescent qui vit dans le champ clos de |'enfermement psychotique. Sont ainsi analysés les processus sous-jacents qui organisent le repli psychotique pubertaire et le renfermement de l'espace individuel et familial, qui peuvent pousser l'adolescent au passage à l'acte meurtrier ou suicidaire. L'auteur insiste sur la capacité transformationnelle propre à l'adolescence. S'appuyant sur des exemples cliniques, il montre que la rupture avec la réalité n'est vraisemblablement jamais totale, et que le thérapeute peut utiliser ces éléments positifs de la psychose à l'adolescence pour faire avec les patients psychotiques et leur famille un bout de voyage au coeur de leur nuit.
Ce journal, dont on va lire de larges extraits entrecoupés de commentaires, contient ce qui fut noté au fil des séances d'une analyse qui dura plus de cinq ans. Ecrits immédiats et cursits le plus souvent couchés sur le papier à la fin de chaque séance quand les paroles résonnaient encore. Même privé du "grain de la voix, le lecteur aura ainsi accès aux paroles de la patiente, gravement atteinte de troubles aphobiques, et au travail commun de l'analysante et de l'analyste. Ce journal permet d'accompagner le parcours intime, souvent difficile parfois drôle, où se fraye courageusement une personnalité nouvelle. Ce témoignage rare et émouvant se lira en contrepoint de l'essai L'espace et la phobie, premier tome de La peur de la peur.
Le sujet est accordé a son monde, tout comme son monde est accordé à lui. Cet accord se signifie a lui, sans qu'il en soit pleinement conscient, comme la source de ce plaisir apaisant et apaisé qu'il trouve précieux dans sa vérité d'evidence. L'angoisse va venir rompre ce familier. Elle va battre en brèche l'unité logique de cet univers. Une crise peut en effet surgir, les coordonnées du paysage se brouiller, la pente devenir traitresse, l'appui du pied se dérober, le ravin se révéler abîme et un invisible nous y attirer... Le phobique, angoissé d'un genre particulier, va inventer sa parade. Il va donner un contour (le vide, l'espace, les animaux...) à la peur qui le saisit, car l'angoisse est une peur sans contour. Cet essai étudie le parcours de la phobie, souffrance énigmatique, depuis sa découverte psychiatrique par Westphall (1872) jusqu'à sa reinterprétation par Freud et les psychanalystes d'aujourd'hui. Confrontée à la psychanalyse comme à l'art, la phobie éclaire en retour les mécanismes fondamentaux du psychisme. Faisant appel aux paroles mêmes de sujets phobiques, cet ouvrage illustre cliniquement les voies de la guérison de cette peur le la peur.
La violence est éternelle, toujours actuelle. Elle est au fondement de l'activité psychique humaine et de toute organisation sociale. Soumis à la sexualité qui agit toujours sur fond de violence pulsionnelle, l'être parlant est forcé de domestiquer cette violence de base. La puberté s'illustre comme une des figures majeures de celle-ci, et si, le plus souvent a l'adolescence, la violence s'élabore dans la quête de I'objet amoureux, il arrive parfois que le fantasme laisse la place à une violence agie dans la réalité. Face aux fantasmes parricides de la puberté qui poussent à réaliser les voeux de mort infantiles, l'adolescent ne devient sujet adulte qu'en renonçant a l'exercice de la violence, dont le parricide est le paradigme. L'enjeu de l'humanisation et de la socialisation est à ce prix : mettre la violence au service de la culture, et non l'inverse. Lorsque le fantasme du meurtre du père ne s'inscrit pas dans tordre symbolique, c'est l'acte violent lui-même qui devient résolutif pour le sujet. Cet ouvrage est une tentative de compréhension de ce défi posé à la théorie et à la pratique psychanalytiques par l'acte violent des adolescents. Les meilleurs spécialistes de la question donnent leur point de vue et font part de leurs interrogations.
S'il est si difficile de vivre, heureux, en couple, c'est que la répétition issue du passé vient entraver nos amours du présent. C'est aussi que se rejouent dans l'espace conjugal les conflits internes de chacun des deux qui ont décidé de vivre ensemble. C'est enfin que notre soif de bonheur et de satisfaction sans limite, induit des espoirs et des demandes que l'autre ne peut fatalement pas combler. Les auteurs, à partir de leur longue expérience clinique avec des couples, pensent qu'une plus juste appréhension des multiples mécanismes en jeu, dans le cadre de la cure analytique ou dans celle des entretiens de couple, rend possible, pour ceux qui le souhaitent, un vivre en amour très singulier, propre à chacun et source de moins de souffrance et de plus de satisfaction. Ils ne nient pas que la satisfaction complète ne peut être qu'un espoir chimérique mais ils tempèrent l'idéologie qui, dans certains milieux, soutient que l'amour ne peut être que narcissique, que le désir ne peut-être qu'égocentrique et que le couple ne peut qu'être une illusion et donc un échec. Patrick De Neuter, psychanalyste à Bruxelles, professeur à l'université de Louvain (Belgique), Danielle Bastien, psychanalyste (association freudienne de Belgique)
Dans la suite de son ouvrage L'animal d'angoisse, l'auteur propose une réflexion sur la part qu'occupent les monstres dans l'imaginaire des adolescents et préadolescents modernes. Si elle prend appui sur la clinique des cas difficiles (conflit psychotique, place de l'objet fétiche et séduction parentale), elle montre combien, dans notre société, la part de l'horreur, que met en évidence l'engouement pour les films d'horreur, ou pour les figurines de monstres (pokémon) vient protéger l'enfant d'une situation où le sentiment d'existence est fortement mis à l'épreuve.
Les auteurs soutiennent l'idée que la psychanalyse ne peut se réduire à une technique uniforme. Ses principes théoriques montrent leur fécondité en inspirant diverses méthodes de travail. Les observations recueillies par les différentes sciences naturelles ou humaines, mais aussi dans la clinique, posent à la psychanalyse des questions qu'il lui appartient de réélaborer. C'est ce que proposent les auteurs de cet ouvrage en s'interrogeant sur la quête de l'enfant dans les psychothérapies.
Richement illustré par la clinique, ce livre est ouverture du champ lacanien vers les travaux de Françoise Dolto, grâce à l'éclairage qu'apportent la phénoménologie et plus particulièrement les développements de Merleau-Ponty. La rencontre avec le monde du tout petit enfant, avec la névrose, la psychose, l'autisme, fait de l'analyste un curieux lecteur par qui, dans le transfert, l'autre vient à saisir de quelle manière son texte parle de lui-même, et en qui, par ces rencontres, résonne, dynamisé, le texte d'autres cliniciens, d'autres théoriciens. Eva-Marie Golder est psychanalyste à Colmar.
Cet ouvrage vient poser la question de l'écriture autobiographique, de l'écriture de soi dans son rapport au narcissisme, dans ce qu'il recouvre de faille justement dans l'amour de soi. Les termes du problème sont posés au regard de la psychanalyse, mais aussi de l'histoire, de la littérature, et de la clinique, qui vient reprendre la question de l'enjeu de construction et de destruction du sujet quand il se prête à une écriture autobiographique, notamment à l'adolescence dans son journal intime.
C'est un surprenant coup de force qu'opère la pensée de Freud en posant comme prototype du déni de réalité le refus par le petit garçon d'entériner sa perception de l'absence pénis chez la fille ! Nous en sommes toujours, un siècle plus tard, à prendre la mesure d'une telle implication du sexe dans le rapport subjectif à la réalité extérieure. La sexuation de l'être humain, avec la reconnaissance d'incomplétude qu'elle exige (le rapport au sexe qu'on n'a pas), ferait condition de l'aptitude à être sujet dans le monde. C'est sans doute en raison de l'énormité d'un tel enjeu existentiel que la conception par Freud du phénomène de déni (Verleugnung) fut exceptionnellement longue : il ne lui a pas fallu moins d'un quart de siècle pour poser fermement (en 1925) le déni de réalité dans sa différence foncière avec le refoulement, et inventorier la gamme de symptômes qu'il détermine - de l'étrangeté au délire en passant par le fétichisme. Contrairement au refoulement, en effet, le déni de réalité est suspension du jugement subjectif. Aussi sa genèse s'avère-t-elle régulièrement trans-individuelle et trans-générationnelle, débouchant dans la pratique psychanalytique sur cette donnée-clé d'une communauté de déni , telle qu'elle a pu entraver la naissance du sujet dans son milieu originaire, et telle qu'elle aura bien sûr à se transférer dans la cure - qu'il s'agisse d'une cure-type ou d'un travail à plusieurs en institution. La matière clinique qui nourrit cet ouvrage est celle des diverses maladies du rapport à la réalité : délires, pathologies de comportement, expériences limites ... Certains cas sont tirés de l'expérience du divan de l'auteur, d'autres de son travail psychanalytique à plusieurs en institution thérapeutique (hôpital de jour pour adolescents). Ancien interne des hôpitaux de Paris, membre titulaire de la Société Psychanalytique de Paris, Bernard Penot est aussi médecin-directeur du Cerep-Montsouris (Paris XIVème).
Ce livre explore le champ de l'image dans une approche anthropologique et psychanalytique. L'image est considérée comme étant au coeur même de la vie psychique. Sont ici analysés son lien avec la mémoire et l'imagination, mais encore les rêves, la psychopathologie et notamment les hallucinations visuelles, et surtout les rapports des images au monde même de la création. Pourquoi les sujets créent-ils et se donnent-ils des images, opération caractéristique des êtres humains dans une culture ? Bien souvent le surgissement des images assure la survie psychique, anime l'inanimé et met au travail de figurabilité les fantômes errant de génération en génération. Un essai de psychanalyse impliquée dans la culture, où les images sont interrogées comme éléments constitutifs de la vie psychique et comme oeuvres de création. Céline Masson est psychanalyste (Paris).
La psychanalyse ne saurait se trouver cantonnée aux seuls lieux où la médecine déshumanise toujours davantage la douleur par ses prouesses techniques, ou encore là où, malgré ses progrès, elle continue à rencontrer des échecs (douleurs chroniques, fatigue, maladies mentales...). La mise en oeuvre de la méthode freudienne permet de révéler dans la rencontre les déterminations inconscientes de toute demande, sa vérité subjective, et éviter, ce faisant, les surenchères des actes médicaux. Si l'avenir technoscientifique de la médecine est riche de promesses, la psychanalyse constitue un avenir pour la médecine dès lors que celle-ci prétend au qualificatif d'humaine. Car il convient de traiter le malade aussi bien que la maladie.