Pierre Brunel
Pierre Brunel
Du plus loin que je me souvienne, j'ai aimé la musique de Chopin. Aussi quand on aime Chopin, et peut-être parce qu'on aime Chopin, il est difficile d'en parler. Le désespoir du créateur, Chopin l'a connu. Quel doit être alors le désespoir de celui qui essaie d'écrire sur lui et sur ses oeuvres, quand il n'a que les pauvres mots à sa disposition ! J'ai bien souvent, je l'avoue, manqué de confiance en moi et dans le seul langage auquel je pouvais avoir recours. Je suis persuadé, comme Félix Mendelssohn, qu'« une oeuvre musicale exprime une pensée non pas trop vague, mais trop précise pour être traduite par des mots ». Valse de l'adieu, Prélude de la goutte d'eau, Étude révolutionnaire... Ces titres font un peu partie de ma vie intérieure et j'ai décidé de les reprendre comme autant de jalons dans cette traversée de la vie et de l'oeuvre de Chopin. Il a pris lui-même ses distances à l'égard de ce type de titres, mais il n'a pas renoncé, sous une forme plus discrète, au pouvoir de suggestion des mots... Il n'est plus besoin de lutter aujourd'hui pour imposer Chopin. Peu de compositeurs jouissent d'un prestige aussi universel. Mais il n'est pas interdit de vouloir le faire aimer ou mieux aimer encore. C'est la seule intention de ce livre. Pierre Brunel
S'attache à mettre en application les principes définis pour analyser l'un des mythes qui nous touchent le plus aujourd'hui, celui de Pasiphaé, en s'appuyant sur les concepts de mythe littérarisé et de syntagme minimal du mythe. « Copyright Electre »
Nous ne pouvions, en 128 pages, présenter un panorama complet de la critique littéraire. Nous avons donc fait des choix exemplaires, en prenant soin de montrer que si les Français ont l'esprit critique, la critique littéraire n'est pas que française. La difficulté majeure était de dégager les fonctions de la critique (qui sont très rarement isolées) tout en suggérant le sens d'une évolution dans le temps. « Décrire », « Savoir », « Juger », « Comprendre » ne sont pas les quatre grands moments d'une histoire de la critique. Nous y voyons bien plutôt des constantes, mais il est arrivé, au fil des siècles, que l'accent se déplace de l'une sur l'autre, sans qu'aucune ne cesse pour autant d'entrer en jeu dans le grand mécanisme de l'esprit humain.
Le propre du secret est qu'il donne à imaginer. Il est le point de départ d'une recherche, qui peut prendre la forme de la quête, ou même de l'enquête. Il déclenche surtout une rêverie dont bénéficient la littérature et l'art. Partant d'un exemple apparemment très simple, « Le secret de maître Cornille », dans les Lettres de mon moulin, Pierre Brunei a choisi, sans aucun souci d'être exhaustif, un libre parcours. Il convoque, au gré de sa fantaisie, mais aussi d'une nécessité interne du sujet, antiques et modernes, écrivains, peintres et musiciens. Nul esprit de système, dans tout cela, nulle grammaire de l'imaginaire, mais un libre déploiement à partir de visages d'hommes, de figures mythiques et même de simples lettres de l'alphabet, immobiles ou dansantes, d'apparents cryptogrammes qui peuvent aussi constituer des clefs.
La mythocritique n'a jamais constitué une école critique. Il s'agit plutôt d'une tendance diffuse dont les origines sont lointaines et qui a trouvé force dans l'entourage de Gilbert Durand. Elle s'est étendue au début du xxie siècle, tant en France qu'à l'étranger, en particulier en Espagne et en Italie. Pierre Brunel, qui a longtemps travaillé et fait travailler sur Mythe et littérature, a voulu rassembler quelques éléments théoriques et rechercher la présence du mythe chez quelques auteurs et dans un certain nombre de textes. Il l'a fait sans esprit de système et avec une volonté d'ouverture, la théorie devant toujours, pour lui, s'effacer devant le texte.
Ces essais veulent apporter, dans des domaines où la recherche est en plein essor, tantôt des états présents, tantôt des aperçus nouveaux, tantôt des perspectives de recherche. « Copyright Electre »
Le texte des Complaintes est si riche en jeux de mots, en créations verbales, en jongleries, mais aussi en allusions de toute sorte, qu'il a semblé indispensable d'établir un Dictionnaire pour l'étude des Complaintes, conçu comme un instrument de travail, et mieux encore, un mode de découverte. Laforgue utilisait le Littré, mais il dépasse ce qu'on serait tenté d'appeler de la « Littérature ». Un dossier de textes complète l'ouvrage, permettant une approche des Complaintes par l'intertextualité et proposant une ouverture comparatiste. Pierre Brunel a réuni dans un précédent volume, Lectures d'une oeuvre : Les Complaintes, des études critiques avec une équipe de spécialistes du poète. Il a cherché à établir dans ce Dictionnaire une continuité avec ces Lectures, et a fait appel, pour l'ouverture sur « Laforgue et T.S. Eliot », à un jeune chercheur anglais, Paul Leitch.
Cette collection s'adresse non seulement aux étudiants préparant l'Agrégation de Lettres, mais aussi aux enseignants, aux chercheurs et plus généralement à tous ceux qui souhaitent aller plus loin dans la lecture d'une oeuvre ou l'étude d'un thème. En tenant compte des états successifs d'un recueil jamais parfaitement abouti, Pierre Brunel a cherché à lui trouver un sens moins négatif qu'on ne le dit d'ordinaire. Les Poésies de Stéphane Mallarmé ne s'enferment pas dans des plis. Elles veulent, d'une certaine manière, faire échec au Néant.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Pour cette étude nouvelle d'Alcools, Pierre Brunel part des trois premiers vers et de l'apparente contradiction qu'ils contiennent : entre deux rejets du monde ancien, de l'antiquité grecque et romaine, Apollinaire glisse l'évocation bucolique de la bergère tour Eiffel et du troupeau des ponts parisiens. A-t-il donc besoin de cette parole archaïque, le mythe, pour exprimer poétiquement le monde moderne ? Sa Zone est-elle, plus qu'un entre-deux-vins, largement dépassée dans le poème final, Vendémiaire, un entre-deux-mondes ? En sept chapitres - comme il y a Sept Épées dans le plus divagant, en apparence, des poèmes d'Alcools -, Pierre Brunel étudie les éléments qui constituent un contrepoint mythique dans une poésie parfaitement maîtrisée.
Les Complaintes, premier recueil publié par Jules Laforgue en 1885, constituent un recueil d'une remarquable cohérence, où une évolution est toutefois sensible de l'admirateur de Paul Bourget, du poète « philo », au bouddhiste dilettante, au Pierrot douloureux. Les auteurs de ce livre ont cherché à situer l'oeuvre, à en dégager les grands thèmes, à sonder avec Laforgue les possibilités du langage : d'où le passage naturel des Études à quatre Explications de texte, moins par souci didactique que pour aller à l'essentiel d'un poète déconcertant, difficile et exigeant.
Fascinante et terrorisante, Carmen, enfermée à tort dans la figure de la femme fatale, se révèle plus complexe et plus troublante. Au-delà de l'image attendue de la séductrice aux prises avec les hommes dans une histoire d'amour et de mort, Carmen revendique sa liberté, bouleverse l'ordre établi, incarne l'attrait de l'interdit et la promesse de transgression. Figure de l'ambivalence, elle franchit les limites du féminin, et même de l'humain. Entre l'homme et l'animal, Carmen se métamorphose, changeant de sexe et d'espèce, dévoilant sa masculinité et son animalité. Elle féminise les hommes par inversion des rôles, fait valoir sa force virile jusqu'à détruire l'identité masculine. Son combat final, métaphore de la corrida, l'identifie au taureau mis à mort. Figurant la belle et la bête, Carmen, dans sa lutte et son entêtement mâles, se laissera entraîner vers son destin fatal.
La mythocritique n'a jamais constitué une école critique. Il s'agit plutôt d'une tendance diffuse dont les origines sont lointaines et qui a trouvé force à date plus récente dans l'entourage de Gilbert Durand. Pierre Brunel, qui travaille et fait travailler depuis de nombreuses années sur Mythe et littérature, a voulu rassembler quelques éléments théoriques et rechercher la présence du mythe chez quelques auteurs et dans un certain nombre de textes. Il l'a fait sans esprit de système et avec une volonté d'ouverture, la théorie devant toujours, pour lui, s'effacer devant le texte.
Ce volume réunit la mythologie grecque et la mythologie latine, son héritière non sans d'importantes variations. Les traces que nous en avons sont diverses, dans des inscriptions ou dans des textes littéraires, dans des commentaires perdus, sur des monuments... Rédiger ce livre a donc imposé de faire des choix parmi les très nombreux mythes et leurs variantes, les sources, les thèmes, les auteurs pour présenter un ensemble articulé autour de deux questions éternelles : d'où venons-nous?? Où allons-nous?? Car les dieux sont multiples, et leurs aventures et celles des héros, très diversifiées, avec bien des contradictions. Du récit des grands mythes résulte un feu d'artifice de figures et de récits fabuleux. Plus qu'une succession d'histoires, il faut donc voir dans la connaissance des mythes la possibilité d'établir des liens pour appréhender le monde, ses origines, le sens de l'Histoire, ses limites. À ce titre, plus qu'un enrichissement culturel ou littéraire, les mythes constituent une clé de lecture pour confronter l'antique au moderne et répondre aux questionnements les plus actuels.
La dissertation de littérature comparée et le commentaire de textes français ou étrangers sont des épreuves majeures dans le cursus universitaire de lettres ainsi que dans plusieurs concours. Le but de ce livre est de montrer leur intérêt à partir d'exemples développés, d'exposer une mé
En poésie aussi, Rimbaud est « l'homme aux semelles de vent » : son évolution, de 1870 à 1875, est fulgurante. Pourtant, une continuité s'établit depuis les poésies du collégien jusqu'à Une saison en enfer et aux Illuminations. Pierre Brunel a ainsi pu mettre en évidence des textes fondateurs qui, dès le printemps de 1870, fournissent des voies d'accès à l'oeuvre ultérieure. Étudiant les thématiques du départ et de l'enfermement, le jeu du poète avec la folie, les mythes de la Création et du Chaos, ce livre riche d'analyses éclairantes introduit constamment à une lecture nouvelle et multiple de Rimbaud. Évoluant vers une mythocritique, cet essai ne néglige pas pour autant une écriture poétique qui pourrait être définie comme ce que Maurice Blanchot a appelé « l'écriture du désastre ». Mais ce désastre n'est pas obscur; il est éclatant. Professeur émérite de littérature comparée de l'université Paris IV - Sorbonne, ancien élève de l'École normale supérieure, Pierre Brunel a notamment publié les OEuvres complètes de Rimbaud (« Pochothèque », 1999).
Pour initier l'étudiant, quel que soit son niveau, à une épreuve qui demande à la fois connaissances et technique, l'ouvrage se décompose en 3 parties : - une partie théorique indiquant les règles et la méthode de la dissertation générale et de la dissertation comparée - une série d'exercices de difficulté progressive du DEUG à l'Agrégation - des corrigés développés sur des thèmes donnés récemment aux concours.Prolégomènes. Pas à pas. Quelques gammes. Quinze dissertations.