Christ
Christ
Ce numéro est consacré à l'oeuvre de Tierno Monénembo, l'un des grands écrivains francophones, figure de proue de la deuxième génération des romanciers africains apparue dans les années 1980, celle de Sony Labou Tansi, de Boubacar Boris Diop, de Williams Sassine, promouvant une écriture très novatrice par rapport à celle de leurs prédécesseurs. Il pose un regard neuf sur l'oeuvre romanesque de cet auteur, en centrant ses analyses sur le spectre de l'histoire africaine ancienne et contemporaine dans le contexte de la globalisation des cultures, des idées et des pratiques, et en montrant comment cette oeuvre transculturelle se caractérise par la polyphonie des voix narratives, l'intertextualité, les relations entre différents genres littéraires et les autres formes d'art (cinéma, musique, peinture). Dans ce corpus varié et complexe, la réflexion sur les rapports entre littérature et mémoire s'adosse à la déconstruction des discours dominants et des idées reçues, des grands récits historiques et des slogans politiques ou religieux. Ce dossier met aussi en lumière le fait que, tout en s'appuyant sur l'histoire, l'écriture de Monénembo pose la question des formes choisies pour se distancier de l'archive, de façon que celle-ci ne prenne pas le pas sur le roman, oeuvre de création, ni sur l'imaginaire littéraire. Il interroge enfin la relation complexe du passé et du présent afin de sonder le sens de l'histoire pour les lecteurs contemporains des romans de cet écrivain majeur.
Il faut défoncer les garde-fous et pulvériser les résistances, il faut parler sale, extrêmement sale et réagir très fort, il faut des situations réglées à coups de pelle ou de bazooka, des protagonistes qui ne s'avouent jamais vaincus, qui renversent la table. Fidèle à soi-même, redresseur de torts ou agent du chaos, Badass est dur à cuire, au caractère de plomb et à l'instinct sauvage. Badass comme indépendance chevillée au corps, extrême et sans scrupule quels que soient les incarnations et la rigidité des cadres. 12 auteurs au sommaire ! 12 textes courts !
D'après Jean Delumeau, "il y a unanimité chez les historiens pour estimer qu'il se produisit en Europe à partir du xive siècle un renforcement et une plus large diffusion de la crainte des derniers temps". Parmi les tenants les plus célèbres de cette doctrine - que tous ne partagent pas - se range Huizinga qui souligne qu' "au déclin du Moyen Âge, la vie s'emplit d'une sombre mélancolie. (...) Le monde s'acheminait vers sa fin, et toute chose terrestre vers la corruption". Les raisons de tant de pessimisme sont évidentes. Le quatorzième et le quinzième siècles connurent une suite de désastres qui n'épargnèrent personne en Europe. En France, la Guerre de Cent Ans éprouva cruellement la population civile ; la peste qui, en 1348, avait décimé par endroits un tiers de la population, réapparut régulièrement ça et là avec d'autres maladies tout aussi mortelles ; les disettes, dues à la détérioriation des conditions climatologiques, devinrent de plus en plus fréquentes ; enfin, le Grand Schisme, qui commença en 1378, ne constitua pas seulement un drame de conscience pour les chrétiens, mais marqua, à leurs yeux, "la rentrée dans un âge apocalyptique".