Francis Dupuis-Déri
Francis Dupuis-Déri
L'école est devenue un véritable champ de bataille. La guerre culturelle s'est propagée parmi les jeunes, entraînant son lot de tensions. D'un côté, des élèves s'opposent avec véhémence au féminisme, expriment leur mépris pour la diversité sexuelle et de genre; de l'autre, des élèves se mobilisent pour la liberté, l'égalité et l'inclusion. En arrière-plan: des politiques, des parents et des polémistes accusent les enseignantes d'encourager leurs élèves à changer de sexe, veulent interdire les drapeaux arc-en-ciel ou associent les toilettes neutres à l'effondrement de la civilisation. Pour documenter ces antagonismes, l'auteur a récolté plus d'une centaine de témoignages provenant du personnel enseignant et d'élèves du Québec. Le constat est clair: il y a une hausse marquée des propos et des gestes haineux dans nos milieux scolaires. En discutant aussi de la situation aux États-Unis et en France, où plusieurs forces conservatrices sont également à l'oeuvre, Francis Dupuis-Déri s'interroge : comment expliquer cette vague de comportements délétères dans les écoles? Comment le corps enseignant et les parents peuvent-ils développer de bonnes pratiques pour contrer ses effets?
Et si la démocratie n’était qu’un mot détourné par les élites ? Francis Dupuis-Déri révèle comment les pères fondateurs des régimes modernes craignaient le pouvoir populaire, préférant le contrôle électoral à la vraie souveraineté.
Apparue à Berlin-Ouest vers 1980 et popularisée lors de la «bataille de Seattle» en 1999, la tactique du black bloc connaît un renouveau. Des black blocs ont manifesté lors du Sommet du G20 à Toronto, du Printemps arabe, du mouvement Occupy et des Indignés, lors des récentes grèves étudiantes au Québec et contre la vie chère au Brésil, dans les «cortèges de tête» en France et contre les néonazis aux États-Unis. Cagoulés, vêtus de noir et s'attaquant aux symboles du capitalisme et de l'État, les black blocs sont souvent présentés comme des «casseurs» apolitiques et irrationnels, voire de dangereux «terroristes». Publié une première fois en 2003 et depuis mis à jour et traduit en anglais et en portugais, ce livre est reconnu comme la référence pour qui veut comprendre l'origine du phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Alliant observations de terrain, entretiens et réflexion éthique et politique, l'auteur inscrit les black blocs dans la tradition anarchiste de l'action directe.
Qui sont les nouveaux militants libertaires à l'heure de la déliquescence des partis politiques? Francis-Dupuis Déri, chercheur en science politique et militant, livre loin des clichés médiatques un exposé fascinant sur les nouveaux anarchismes. Son propos est nourri de dizaines d'entretiens réalisés auprès de militants anarchistes en France et aux États-Unis.
À chaque mouvement de libération, sa réplique contre-révolutionnaire: c'est ce que nous enseigne l'histoire. Les luttes féministes n'y font pas exception. Décrié à droite comme un réel péril pour la stabilité sociale et l'avenir de la nation, à gauche comme une lutte secondaire à inscrire dans un bien plus vaste programme, le féminisme a toujours dérangé ceux qui trouvent intérêt à préserver le régime patriarcal. Tant sur le plan des idées que de l'action, l'antiféminisme se déploie suivant une logique réactionnaire, dont la visée, consciente ou pas, serait de revaloriser une condition masculine mise à mal. Pour arriver à leurs fins, les antiféministes usent de stratégies discursives comme la désinformation ou le recours à la nostalgie du «bon vieux temps» et à l'ordre naturel. Ce sont précisément ces discours revanchards, présents sur toutes les scènes, de celle de l'humour à celle du militantisme, que cet ouvrage entend décortiquer. «L'antiféminisme a accompagné toute l'histoire du féminisme, en dénonçant ses excès ou en s'empressant d'en dresser le constat de décès. Il couvre un spectre très large, mais il comprend toujours une dénonciation de la liberté et de l'égalité que revendiquent les féministes pour toutes les femmes.» - Francis Dupuis-Déri et Diane Lamoureux, extrait de l'introduction Des textes de Julie Abbou, Jérôme Cotte, Francine Descarries, Francis Dupuis-Déri, Sara Garbagnoli, Diane Lamoureux, France Théoret et Sidonie Verhaeghe.
Et si la « crise de la masculinité » n’était qu’un mythe tenace ? Francis Dupuis-Déri déconstruit avec brio ce discours qui, depuis l’Antiquité, présente les hommes comme victimes du féminisme.
Des policiers « forcés » d'intervenir pour arrêter des « casseurs » qui s'infiltrent dans des manifestations « radicales ». Ce type de récit est largement véhiculé par les médias de masse, mais correspond-il à la réalité des faits? Ne sert-il pas davantage à justifier la répression policière qui s'abat depuis une quinzaine d'années sur les mouvements sociaux un peu partout en Occident? Au Québec seulement, il y a eu plus de 4 500 arrestations liées aux événements du Printemps érable, sans compter les nombreux cas de blessures graves . À QUI LA RUE? offre les outils théoriques, politiques et historiques pour comprendre que ces arrestations de masse ne sont pas le résultat de contestations turbulentes, mais bien le fruit d'un profilage politique. Les policiers opèrent ainsi une distinction entre les « bons » et les « mauvais » manifestants : ceux qui, du point de vue des autorités, ont des revendications légitimes (les salariés, les « pères de familles »...) et ceux qui contestent l'ordre social (les jeunes, les anarchistes...). Or, ce profilage politique brime la liberté d'expression et la liberté d'association reconnues dans les chartes de droits. Cet ouvrage examine la dynamique entre les mouvements sociaux et les forces policières en Europe et en Amérique du Nord depuis l'émergence du mouvement altermondialiste. Il analyse les cas du Sommet du G20 à Toronto (2010) et du Printemps de la matraque au Québec (2012-2013) et traite de l'infiltration policière et des mobilisations contre la brutalité de la police. Et si la répression à caractère politique n'était pas l'apanage des régimes autoritaires?
À 13 ans, Léa découvre un univers parallèle où l’attendent une nouvelle famille, des alliés inattendus et des défis à relever.
Cet ouvrage présente quelques-unes des communications prononcées en décembre 2009 à Montréal lors du colloque international La tuerie de l'École Polytechnique 20 ans plus tard : Les violences masculines contre les femmes et les féministes. Ces textes proposent des réflexions sur le sens politique de cet attentat, ses représentations dans les médias et dans la culture, ainsi que sur ses liens avec l'antiféminisme du passé et d'aujourd'hui. Un chapitre est également consacré aux pistes de réflexion élaborées par des groupes de femmes d'ici et d'ailleurs, qui aspirent à contrer l'antiféminisme et les violences faites aux femmes. Dans la foulée des événements commémoratifs organisés sous la bannière Se souvenir pour agir, cet ouvrage et le film DVD qui l'accompagne offrent des traces de cette mobilisation sans précédent. Y sont rappelés le rassemblement public du 6 décembre 2009 auquel ont pris part plus de 1000 personnes, l'exposition des Guerrilla Girls ainsi que l'exposition thématique Parler ou se taire ?, et l'événement Bleu silence qui réunissait Pol Pelletier, le duo Lambert-Chan et Sylvie Tremblay. DVD inclus, Le 6 décembre noir: Se souvenir pour agir, de Marie-Noël Arseneau
Une crise de la masculinité sévirait dans nos sociétés. Les hommes souffriraient en silence, étouffés par l'émancipation des femmes. Difficultés scolaires des garçons, garde parentale refusée, misère affective, hausse des suicides... la faute aux féministes, forcément ! Pourtant, l'histoire révèle que cette prétendue crise traverse les siècles et les continents. La masculinité aurait-elle été de tout temps et partout en crise ? Dans cet ouvrage, Francis Dupuis-Déri mène une captivante enquête sur un mythe bien rodé. En retraçant son histoire longue, de l'Antiquité romaine à nos jours, il en dévoile la véritable signification politique : susciter la pitié pour mieux légitimer les violences masculines et disqualifier le projet féministe. Initialement paru en 2018 et finaliste au Prix des libraires, ce livre s'est vendu à plus de 15 000 exemplaires et a été traduit en plusieurs langues. Cette édition revue et augmentée offre un éclairage indispensable sur des enjeux actuels : politiciens populistes, influenceurs, phénomène incel, terrorisme masculiniste ainsi que propagandes anti-genre.
Au coeur de cet ouvrage, trois figures se dessinent : la lumière du Christ ressuscité, Marie dans sa méditation, tout chercheur et chercheuse de sens. À travers les vingt chapitres du rosaire, nous sommes invités à sonder la « psychologie de nos profondeurs », guidés par des versets clés. Chaque mystère du rosaire devient alors un miroir de notre intériorité, révélant des dispositions telles que l'ouverture aux dons de l'Esprit Saint ou l'exercice du pardon. Ce chemin vers la transparence nous conduit à une nouvelle interprétation de Genèse 2 : 24.
Printemps 2012, Québec. Des centaines de milliers de personnes envahissent les rues, casseroles à la main, pour défendre l’accès à l’éducation et la justice sociale.
Et si le capitalisme n’était qu’une parenthèse de l’histoire ? Par-dessus le marché ! rassemble des réflexions percutantes sur les crises économiques, les mouvements sociaux comme Occupy, et les alternatives à l’État-providence.
Dans ce manuel de résistance intellectuelle, Francis Dupuis-Déri raconte de l'intérieur trente ans de « guerres culturelles », du mythe du « politiquement correct » aux offensives anti-wokes. Son analyse incisive démonte les stratégies réactionnaires, éclaire les paniques morales successives et offre des clés pour comprendre les controverses idéologiques qui structurent notre époque. Un ton rare, à la fois lucide, vif et parfois tragique, celui d'un penseur qui refuse de capituler.
Comment être un bon allié du féminisme quand on est un homme ? Comment inventer une masculinité émancipatrice pour en finir avec la masculinité toxique ? Pourquoi les hommes eux-mêmes ont intérêt à lutter contre le patriarcat ? C'est de ces questions épineuses que s'empare le sociologue proféministe Francis Dupuis-Déri. En tirant le bilan critique de plus d'un siècle d'expériences où la frontière entre faux-amis et alliés est souvent poreuse, il esquisse les pistes d'un féminisme au masculin.
Qu'est-ce que l'anarchie et que veulent les anarchistes ? Un humaniste curieux et désireux de comprendre interroge son fils, un militant anarchiste qui s'est penché sur le sujet. Au fil de leur dialogue, les deux hommes remontent aux racines des notions d'anarchie et de démocratie. Ils évoquent certaines figures de l'anarchisme et les différents courants de ce mouvement révolutionnaire, tout en illustrant leurs propos d'exemples tirés du monde d'aujourd'hui. Ensemble, ils analysent la critique anarchiste des grands systèmes de domination - l'État, la religion, le patriarcat, le capitalisme et le racisme - et offrent ainsi une initiation vivante et originale à l'anarchie.
Zapatistes, Indignés, Occupy, Printemps érable et Gilets jaunes. Alors que certains érigent ces mouvements populaires en idéal de la démocratie directe, d'autres n'y voient que des mobilisations certes sympathiques mais insignifiantes, quand ils ne tentent pas de les discréditer en les associant à la violence. S'appuyant sur une grande diversité d'expériences des pratiques démocratiques d'hier et d'aujourd'hui, y compris hors de l'Occident, Francis Dupuis-Déri propose une réflexion inspirée et critique. Ce récit de la lutte historique entre agoraphobie et agoraphilie, entre la haine et l'amour de la démocratie directe, offre une analyse approfondie des arguments et des manoeuvres des deux camps et du rapport délicat entre le peuple assemblé à l'agora pour délibérer (le dêmos) et celui qui descend dans la rue (la plèbe). D'abord paru en 2016, cet ouvrage à la fois original et provocateur est d'autant plus stimulant qu'il se situe à la croisée des chemins de la philosophie politique, de l'anthropologie et de la sociologie.
Voter ou ne pas voter, telle est la question qu'on n'ose pas poser dans nos régimes parlementaires, où les élections sont des rituels sacrés. En défendant la légitimité de l'abstention, cet essai attaque de front la conviction selon laquelle le vote serait un devoir, et le refus de voter une dangereuse hérésie. Bien plus qu'une simple apologie de l'abstention, cet ouvrage propose ainsi une critique radicale du système électoral. En plus de rappeler les raisons qu'évoquent des abstentionnistes issus de toutes les couches de la société, l'auteur décrit les stratégies souvent amusantes imaginées pour subvertir le jeu électoral : appel au boycott ou au vote nul, candidatures loufoques et satiriques de plantes, d'animaux, d'humoristes, de punks ou de gnomes anarchistes. Cette galerie des figures de la résistance au vote révèle également les nombreux et puissants mécanismes d'autodéfense du système électoral, qui réussit toujours à imposer ses propres règles, même aux plus contestataires. Aussi, l'abstention n'est féconde que si elle va de pair avec un engagement et des mobilisations autonomes, populaires et solidaires.
Plusieurs poussent des cris affolés à propos d'une Université soi-disant assiégée par les féministes et les antiracistes, qui menaceraient jusqu'à l'ensemble de la société au nom de la « rectitude politique ». Pour stimuler la panique collective, on agite des épouvantails -social justice warriors, islamo-gauchistes, wokes, gender studies - et on évoque les pires violences de l'histoire : chasse aux sorcières, lynchage, totalitarisme, extermination. Mêmes des chefs d'État montent au front. Or, cette agitation repose non seulement sur des exagérations et des mensonges, mais elle relève d'une manipulation qui enferme l'esprit et entrave la curiosité intellectuelle, la liberté universitaire et le développement des savoirs. Pour y voir plus clair, cet essai s'intéresse à l'histoire ancienne et récente de l'Université. Il appelle à considérer la place réelle des études sur le genre et le racisme dans les réseaux universitaires - des salles de classe aux projets de recherche -, et met en lumière les forces qui mènent la charge aux États-Unis, en France et au Québec, depuis presque cinquante ans. Ultimement, il s'agit d'un exercice de déconstruction d'une propagande réactionnaire.
Dès la fin du XIXe siècle, des anarchistes comme les géographes Pierre Kropotkine ou Élisée Reclus se sont intéressés aux peuples autochtones, qu'on a aussi qualifiés de « sociétés sans État ». Au début des années 2000, un peu partout sur le continent américain, des Autochtones ont modelé la notion d'« anarcho-indigénisme » pour attirer l'attention des anarchistes sur l'histoire et, surtout, sur l'actualité de leurs luttes. Ce livre se veut une invitation à l'écoute, au dialogue et à l'engagement solidaire et complice. Dans leurs entretiens, Roxanne Dunbar-Ortiz, Véronique Hébert, Gord Hill, Freda Huson, J. Kehaulani Kauanui, Clifton Ariwakehte Nicholas et Toghestiy révèlent ce que pensée et traditions autochtones et anarchisme ont en commun, sans nier les séquelles que le colonialisme a laissées jusque dans ce mouvement pourtant anti-autoritaire. Une vision du monde qui allie anticolonialisme, féminisme, écologie, anticapitalisme et anti-étatisme.
On November 16, 1980, the Marxist philosopher Louis Althusser strangled his wife in their Parisian apartment, in a period when she was thinking of leaving him. What do we know about Hélène Legotien today? Almost nothing, except that she was murdered by her illustrious spouse. In a sense, Althusser killed her twice, first, by his own hands and second, by dominating the public space to talk about himself. What then is the political significance of this femicide and the discourse about it which has taken shape in the public space? Delving into the writings of the murderer and his allies in the French intelligentsia, Killer Althusser reasserts the patriarchal violence of the murder, masculine solidarity, and the complacency of a cultural elite.
Cette synthèse présente le mouvement altermondialiste pour en discuter les faiblesses et les forces, en portant une attention particulière à son activité au Québec et en Occident.