Thierry Paquot
Thierry Paquot
Évoquant la partie économique du programme qu'il a corédigé avec Guesde et Lafargue, Marx écrit à Sorge (le 5 décembre 1880) : « Ce fut un grand pas que de ramener les ouvriers français leur phraséologie nébuleuse à la réalité des faits ; aussi éveille-t-elle beaucoup de susceptibilités parmi tous les filous qui vivent de la fabrication des nuages ». Comment les thèses de Marx ont-elles été introduites en France ? Quelle audience avaient-elles ? Qu'est-ce qui caractérise le marxisme français de cette époque ? Qui en sont les principaux théoriciens ? À quels débats idéologiques participent-ils ? En quoi ce marxisme-là annonce-t-il les marxismes qui suivront ? À ces questions, l'auteur apporte quelques éléments de réponse : les thèses de Marx sont introduites tardivement et généralement caricaturées ; le marxisme de cette époque est le guesdisme dont l'influence idéologique reste très limitée ; ses principaux théoriciens sont Gabriel Deville et Paul Lafargue (injustement méprisés aujourd'hui) ; ce marxisme annonce le marxisme (bien que bolchévisé) du P.C.F. (faire payer les riches, fabriquons français, exproprions les expropriateurs, etc.). Participer à l'histoire des idéologies révolutionnaires et plus particulièrement des marxismes, tel est le principal propos de cet ouvrage.
L'Inde est sujette à un profond remue-ménage qui s'appelle "urbanisation". C'est ce processus, d'une incroyable variété de formes sociales et culturelles, qui travaille toute la société indienne et la "déruralise" hardiment. Depuis une quinzaine d'années, de séjour en séjour dans plusieurs villes indiennes (Pune, Mumbai/Bombay, New Delhi, Chandigarh, Bangalore, Panaji), l'auteur observe à la fois cette urbanisation physique - la croissance géographique des villes, leurs transformations architecturales et urbanistiques - et cette urbanisation des comportements et des valeurs.
Le Corbusier (1887-1965) était aussi un grand voyageur. Sa curiosité pour d'autres paysages, d'autres architectures ou d'autres moeurs paraît toujours en activité, révélant parfois une attention presque naïve. Cet ouvrage original interroge des aspects moins connus de la vie intime et professionnelle de l'architecte de Chandigarh et de Ronchamp, avec ses zones d'ombre et ses ambiguïtés, et illustre le rayonnement international de son oeuvre.
Issu du vocabulaire des peintres, le mot " paysage " a progressivement conquis d'autres domaines et acquis d'autres sens selon les disciplines. Simultanément, il s'émancipe du seul regard pour devenir polysensoriel et se placer entre " milieu ", " environnement " et " nature ", quitte à provoquer quelques confusions... L'art des jardins, la création de parcs, la nécessité d'attribuer à la nature une place plus importante dans les villes et les territoires urbanisés confortent le rôle grandissant du paysagiste dans la fabrication de " paysages " aux côtés des agriculteurs, ingénieurs des infrastructures, architectes, designers, urbanistes, concepteurs lumière, écologues, randonneurs...Cet ouvrage, véritable état critique de la pensée en matière de " paysage ", examine aussi bien les paysages urbains que leur patrimonialisation, les transformations du sentiment de la nature que ses représentations. Il appelle à une " éthique paysagère " soucieuse des nouvelles exigences environnementales et conclut que le paysage s'apparente à un " don de sensations ", une poétique des écosystèmes.
Ce livre combatif vise à fournir des outils critiques pour contester l'accélération de l'urbanisation et faire advenir des alternatives architecturales, des expérimentations urbaines et des modes de vie ouverts et libérés.
Ce texte vibrant est un chant à la gloire de la wilderness, cette nature pas encore totalement dénaturée par les activités humaines. Les forêts profondes aux essences variées, les lacs miroitants, les ruisseaux murmurants et les cascades toniques, les montagnes imposantes participent, avec grâce et mystère, aux paysages américains traversés trop vite par une humanité plus préoccupée par ce que l'économie pourrait en retirer que par la beauté encore sauvage, inutile et gratuite, qu'ils offrent. John Muir, qui connait parfaitement ces lieux de solitude, nous les décrit avec précision et amour, inquiet de leur devenir, alors que retentissent les coups des haches des bûcherons...Comment les protéger d'interventions fatales ? En les sanctuarisant comme parcs naturels nationaux, ouverts néanmoins au tourisme ? Un article inédit en français de John Muir, présenté et commenté par Thierry Paquot.
Au singulier, l'espace public désigne la sphère du débat politique, la publicité des opinions privées. Au pluriel, les espaces publics correspondent au réseau viaire, rues et boulevards, places et parvis, parcs et jardins, bref à toutes les voies de circulation ouvertes aux publics, dans les métropoles comme dans les villages urbanisés. Les deux relèvent de la communication.La mondialisation, la révolution communicationnelle, la vidéo surveillance, la multiplication des murs réels et virtuels " effacent " les espaces publics. L'urbanisation planétaire (centres commerciaux, tourisme de masse, mobilier urbain, enclaves sécurisées, etc.) transforme leurs usages et les uniformise. C'est aussi le cas de la numérisation généralisée de toutes les activités humaines. Pourtant, des résistances se manifestent (street art, spectacles de rue, code de la rue, cyber-rue, actions féministes, rues aux enfants, nature en ville, etc.) qui associent aux espaces publics, gratuits et accessibles les trois qualités des villes : l'urbanité, la diversité et l'altérité.
Chacun sait ce que les lieux font de lui. Notre autobiographie environnementale nous renseigne sur notre géographie affective, nombreux sont les écrivains qui en témoignent. Si l'amour des lieux est un sentiment exigeant, il nous récompense de notre attention envers nos demeures et leurs paysages en nous ménageant pour autant que nous les ménageons. Aussi, ressentons-nous cruellement les lieux méchants, les maisons revêches, les quartiers indifférents, les architectures anxiogènes. Ces manifestations de topophobie provoquent un malaise, une spatiophagie, une schizotopie, une agoraphobie, un mal-être lié au lieu qui ne nous rejette... Au contraire, une maison ou un lieu d'une grande hospitalité nous réconforte, nous stabilise, nous enchante. Cela n'a pas échappé à Gaston Bachelard pour qui une habitation n'est pas un simple « corps de logis » mais un « corps de songes ». Il en va du bonheur de chacun. De sa capacité à inscrire son existence dans des territorialités et des temporalités aimables... Tout être humain réclame un habitat et un territoire comme n'importe quel être vivant, ainsi convient-il sûrement d'élargir notre lieu de vie à la biorégion en attente de son éclosion...
Ensemble de constructions hâtivement bâties avec des matériaux de fortune sur un terrain squatté non viabilisé, destiné à une population pauvre exclue de tout, le bidonville est l'une des modalités de l'urbanisation planétaire, née à la fin du XIXe siècle et qui abritera près de 2 milliards d'habitants en 2030.Le phénomène s'est considérablement amplifié avec l'exode rural et l'extension des mégalopoles en ouvrant l'éventail des situations : certains bidonvilles centenaires se sont branchés sur les réseaux d'eau et d'électricité, des bicoques sont dorénavant en " dur " et disposent d'un jardinet, d'autres encore représentent le degré zéro de l'habitabilité avec quelques planches maladroitement clouées entre elles et surmontées d'un bout de tôle.Cet ouvrage retrace la géohistoire des bidonvilles, présente les principales théories socio-anthropologiques qui en expliquent la genèse et la pérennité, s'attarde sur leurs représentations tant romanesques que cinématographiques et évalue ce que ces " villes " incomplètes et inconfortables apportent à l'architecture de survie et à l'urbanisation sans urbanisme.
Nouvelle édition de ce parcours pédagogique à travers l'histoire et les formes des diverses utopies : le travail et les loisirs ; l'éducation, la famille et les relations amoureuses ; la ville et l'architecture, l'uchronie et la S.-F.
En ce début de siècle, un constat s'impose : l'urbanisation est planétaire. Un standard de vie, plus ou moins homogène, se répand partout, avec son cortège de normes de consommation, de comportements types, de valeurs collectives et de pratiques individuelles qui déséquilibrent les écosystèmes. C'est cette révolution aux expressions paradoxales que Thierry Paquot explore ici sous ses multiples formes territoriales - bidonville, mégalopole, enclave résidentielle sécurisée, ville moyenne, global city, urbain diffus... L'auteur pointe les défis à relever : la " bonne " occupation des sols face à l'extension des zones urbaines et à la réduction des terres agricoles ; la " bonne " manière de se déplacer, dans un monde confronté à la pénurie probable de pétrole et à la multiplication des mobilités ordinaires (tourisme de masse, shopping, pratiques sportives...) ; la " bonne " façon d'assurer à tous un confort urbain minimal, en favorisant une décroissance raisonnée de certaines consommations ; la " bonne " gouvernance, qui exige l'invention de nouvelles pratiques démocratiques ; la " bonne " habitabilité entre soi et les autres. Seule une écologie existentielle respectueuse de la diversité culturelle, de l'éventail des croyances et des rites, de l'incroyable différence des temporalités qui régissent et animent la vie de tout homo urbanus peut assurer à tous un devenir urbain.
Dubaï, bidonvilles, aéroports ou toilettes publiques : Les 100 mots de la ville vous embarque dans une exploration aussi surprenante que savante des réalités urbaines.
Villes voraces et villes frugales Agriculture urbaine et autonomie alimentaire Manger mieux, autrement, local, bio, équitable…, la question revient sans cesse, dans tous les médias et dans toutes les bouches de citadins inquiets. Nourrir les villes est pourtant une histoire qui plonge aux sources de l'agriculture. Car, avant de nourrir la planète entière, les fils de Caïn ont toujours satisfait l'appétit des urbains, fins gourmets ou insatiables gloutons. Les spécialistes ici réunis autour de Gilles Fumey et de Thierry Paquot reviennent sur cette longue histoire de l'alimentation des villes, sur les rapports intimes du mangeur citadin et de l'agriculture. Ils nous invitent à explorer des voies possibles vers l'autonomie à travers des exemples concrets à Paris — qui vient d'ouvrir la plus grande ferme urbaine d'Europe sur les toits de son Parc des expositions —, aux États-Unis, à Letchworth ou en Argentine. Après le temps des flux tendus et autres délices de la logistique glocale, un autre modèle de cité adviendra-t-il, plus résilient et plus frugal ? Avec les contributions de Marc Dufumier ; Daniel Cérézuelle ; Stéphanie Lemoine ; Yves Cabannes et Philip Ross ; Sabrina Arcamone et Mónica Bifarello ; Adrien Baysse-Lainé ; Stéphane Linou ; Yuna Chiffoleau ; Michaël Brucker.
L'urbanisation gagne inexorablement la planète entière. Ces formes de regroupements humains ont un point commun : les rues. Ce sont elles que ce dictionnaire encyclopédique honore en s'attardant sur le sens des mots qu'elles murmurent à l'oreille des passants. L'urbanisation gagne inexorablement la planète entière. Ces formes de regroupements humains ont un point commun : les rues. Ce sont elles que ce dictionnaire encyclopédique honore en s'attardant sur le sens des mots qu'elles murmurent à l'oreille des passants. Les notices sont sagement classées par ordre alphabétique, d'" Abribus " à " Zone " en passant par " Asphalte ", " Barricade ", " Carnaval ", " Dérive ", " Jardin ", " Métro ", " Mobilier urbain ", " Pavé ", " Taxi ", " Toilettes publiques ", " Trottoir "… Outre la géohistoire étymologique, l'auteur mobilise les travaux d'historiens, d'architectes, d'anthropologues et de géographes, tout en prêtant attention aux réactions des flâneurs, poètes, romanciers et cinéastes.
À l'occasion des 500 ans de la première publication d', l'un des livres les plus célèbres de la pensée moderne, Thierry Paquot adresse plusieurs lettres à son auteur, l'humaniste Thomas More (1478-1535). Pourquoi une telle postérité ? Pourquoi son auteur l'a-t-il si peu mise en pratique ?, etc. Sur un ton amical et passionné, ce compagnon de route de toutes les utopies réanime les puissances d'une idée et les virtualités d'une oeuvre cinq fois centenaire.
Pour la première fois en langue française, un ouvrage rassemble les contributions de philosophes confirmés, qui explorent la pensée d'auteurs majeurs de l'histoire intellectuelle occidentale en privilégiant l'espace et le lieu. Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2012.
Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les " faiseurs de ville ", ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques. L'éthique, selon son étymologie, est un ethos, c'est-à-dire une " manière d'être ". Séjour de l'homme au monde, elle est un mode d'existence qui s'adresse à chacun et se distingue aussi bien d'une morale comme rapport à soi que d'une pensée moralisatrice pour l'Autre. Ainsi, l'éthique participe à la relation à autrui et au monde - à la Nature, à ce qu'on nomme bien hâtivement l'environnement. Elle se confond parfois avec la responsabilité, que nos actes ordinaires ne peuvent pas esquiver, et la déontologie, qui règle les pratiques professionnelles. L'architecte et l'urbaniste, par exemple, sont non seulement responsables juridiquement de ce qu'ils édifient, mais éthiquement. À l'heure où ces métiers connaissent de profondes mutations, à la suite des nouvelles configurations territoriales et des nouveaux modes de vie urbains, la question de l'éthique se pose avec acuité. Bâtir la demeure de l'homme, aménager ses lieux et ses sites ne sont pas une mince affaire. Certes, de trop nombreux professionnels ne s'en soucient guère, préoccupés qu'ils sont par " leur " œuvre ou leur chiffre d'affaire... Pourtant, chaque jour, s'affirme l'idée selon laquelle il n'y a pas d'esthétique sans éthique. Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les " faiseurs de ville ", ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques.
Si la Terre est dorénavant urbaine, le dérèglement climatique en refaçonne les territoires. Quels choix les villes devront-elles faire, au XXIe siècle, pour exalter l'urbanité et assurer à la Terre son habitabilité ? À défaut de boule de cristal, Thierry Paquot explore neuf thématiques paradoxales qui vont s'avérer déterminantes : la densité ou l'éparpillement ; la dépendance alimentaire ou l'autonomie, la décharge ou le recyclage, la numérisation ou le low tech ; la climatisation ou l'acclimatisation ; la marche ou l'automobile ; le jardin ou le béton ; l'uniformisation des paysages urbains ou leur diversité ; la solidarité ou la ségrégation ; le rêve ou le cauchemar. Bien sûr, la réalité n'est jamais aussi simple, c'est donc à un éventail des possibles qu'il nous convie. Tout n'est pas encore joué et l'urbain de demain pourra être plus habitable, convivial, vivant... C'est la troisième révolution urbaine ! Aquarelles de Béatrice Julien-Labruyère
Y a-t-il une " juste taille " des villes et une " bonne échelle " des territoires de notre existence ? Les métropoles actuelles, lancées dans une extension sans limites, encombrées de gratte-ciel et de centres commerciaux, sont-elles la solution ? Faudra-t-il privilégier des villes plus petites ? Depuis Platon, avec sa cité idéale de 5040 foyers, jusqu'à Ivan Illich, nombre de philosophes et d'intellectuels se sont penchés sur ces questions de la taille des villes, de leur mesure. Au-delà des statistiques, c'est bien une question existentielle et politique qui se pose à chacun d'entre nous. Dans cet essai foisonnant, Thierry Paquot entrelace démographie, histoire, urbanisme, écologie et nous guide dans le labyrinthe des idées et des expérimentations : naissance et croissance des cités, utopies phalanstériennes de Fourier, garden-city d'Ebenezer Howard, shrinking cities américaines… Il nous initie aussi à la pensée de théoriciens souvent méconnus en France (Kohr, Schumacher, Bookchin, Bairoch, Magnaghi, Sale…), parmi lesquels les partisans du small is beautiful ou des biorégions. Périple intellectuel et bibliographique, cet ouvrage propose des pistes concrètes pour définir une urbanité nouvelle, libre, respectueuse des humains et du monde vivant, des temps et des territoires.
Une approche pluridisciplinaire originale des tendances actuelles de l'architecture et de l'urbanisme, vues à travers le prisme de la géométrie. Les architectures molles, sculptées, transparentes, immatérielles prétendent se libérer des contraintes géométriques, comme si la géométrie ne revendiquait que la droite et la forme orthogonale ou le cercle ! Certains architectes s'abandonnent aux " hasards " informatiques et construisent des édifices à la géométrie chahutée par un logiciel. Des urbanistes opposent encore le plan radioconcentrique au plan en damier en ce qui concerne l'expansion des villes et, refusant d'imaginer d'autres morphologies, laissent faire la promotion immobilière, les opportunités foncières et le chacun pour soi. La géométrie, dans notre culture marquée par la philosophie grecque, est constitutive de l'architecture et de l'urbanisme. Elle est mise en débat par le jeu extraordinairement varié des formes et de leurs agencements, aussi bien que par des régulations qui donnent une mesure au monde et suscitent des questionnements quant à ce qui est à la mesure de l'existence. Depuis le simple pas jusqu'aux théories les plus sophistiquées, la géométrie – qui n'a jamais cessé de se complexifier depuis Pythagore ou Euclide – se rappelle à nous. C'est ce rappel qu'il nous faut entendre, comme une invitation à penser aussi bien notre corps que le paysage, aussi bien la maison que la ville et la cité. Cet ouvrage collectif veut questionner géométriquement et philosophiquement l'urbain contemporain et les architectures qu'il provoque. En d'autres termes, il espère saisir à partir de la confrontation entre mathématiciens, géomètres, historiens, architectes, urbanistes, paysagistes, philosophes, l'expérience existentielle de l'espace-temps des lieux.
Artistes, architectes, philosophes, historiens, urbanistes observent les façons dont l'" espace ", le " temps " et les " formes d'expressions " sont plus ou moins solidaires des évolutions sociales et techniques des sociétés contemporaines. À l'heure de l'éparpillement géographique des villes et à l'émiettement du temps, l'art peut-il manifester la " signification insignifiable " qu'attend le poète ? (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition orginale de 2003). L'art est dans la rue : fresques murales, statues, monuments, mobiles, installations éphémères, décors provisoires, expositions et spectacles en plein air, bateleurs et saltimbanques... Plus encore, certaines villes se prétendent une " œuvre d'art totale " qu'il convient d'honorer tel un musée hors les murs. Le citadin est interpellé par toutes ces créations dont il ne prend pas toujours la mesure. Dès lors qu'il s'agit des établissements humains, la question devient celle de la rencontre entre éthique comme manière d'être, et esthétique comme vérité du sentir. Dans ce livre, les auteurs (artistes, architectes, philosophes, historiens, urbanistes) observent les façons dont l'" espace ", le " temps " et les " formes d'expressions " sont plus ou moins solidaires des évolutions sociales et techniques qui assaillent les sociétés contemporaines. Ces évolutions s'affrontent, se combinent ou se parasitent, mais nul ne peut les ignorer, tant elles interfèrent dans le devenir urbain. Comment alors nouer le topos et le logos qui donnent sens, à l'aisthesis qui relie ? L'art dans sa relation complexe au territoire y parvient-il ? À l'heure de l'éparpillement géographique des villes et de l'émiettement du temps de la quotidienneté, l'art peut-il manifester la " signification insignifiable " qu'attend le poète ? Il en va de l'habitabilité même.