Chris Younès
Chris Younès
Pour la première fois en langue française, un ouvrage rassemble les contributions de philosophes confirmés, qui explorent la pensée d'auteurs majeurs de l'histoire intellectuelle occidentale en privilégiant l'espace et le lieu. Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2012.
Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les " faiseurs de ville ", ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques. L'éthique, selon son étymologie, est un ethos, c'est-à-dire une " manière d'être ". Séjour de l'homme au monde, elle est un mode d'existence qui s'adresse à chacun et se distingue aussi bien d'une morale comme rapport à soi que d'une pensée moralisatrice pour l'Autre. Ainsi, l'éthique participe à la relation à autrui et au monde - à la Nature, à ce qu'on nomme bien hâtivement l'environnement. Elle se confond parfois avec la responsabilité, que nos actes ordinaires ne peuvent pas esquiver, et la déontologie, qui règle les pratiques professionnelles. L'architecte et l'urbaniste, par exemple, sont non seulement responsables juridiquement de ce qu'ils édifient, mais éthiquement. À l'heure où ces métiers connaissent de profondes mutations, à la suite des nouvelles configurations territoriales et des nouveaux modes de vie urbains, la question de l'éthique se pose avec acuité. Bâtir la demeure de l'homme, aménager ses lieux et ses sites ne sont pas une mince affaire. Certes, de trop nombreux professionnels ne s'en soucient guère, préoccupés qu'ils sont par " leur " œuvre ou leur chiffre d'affaire... Pourtant, chaque jour, s'affirme l'idée selon laquelle il n'y a pas d'esthétique sans éthique. Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les " faiseurs de ville ", ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques.
Une approche pluridisciplinaire originale des tendances actuelles de l'architecture et de l'urbanisme, vues à travers le prisme de la géométrie. Les architectures molles, sculptées, transparentes, immatérielles prétendent se libérer des contraintes géométriques, comme si la géométrie ne revendiquait que la droite et la forme orthogonale ou le cercle ! Certains architectes s'abandonnent aux " hasards " informatiques et construisent des édifices à la géométrie chahutée par un logiciel. Des urbanistes opposent encore le plan radioconcentrique au plan en damier en ce qui concerne l'expansion des villes et, refusant d'imaginer d'autres morphologies, laissent faire la promotion immobilière, les opportunités foncières et le chacun pour soi. La géométrie, dans notre culture marquée par la philosophie grecque, est constitutive de l'architecture et de l'urbanisme. Elle est mise en débat par le jeu extraordinairement varié des formes et de leurs agencements, aussi bien que par des régulations qui donnent une mesure au monde et suscitent des questionnements quant à ce qui est à la mesure de l'existence. Depuis le simple pas jusqu'aux théories les plus sophistiquées, la géométrie – qui n'a jamais cessé de se complexifier depuis Pythagore ou Euclide – se rappelle à nous. C'est ce rappel qu'il nous faut entendre, comme une invitation à penser aussi bien notre corps que le paysage, aussi bien la maison que la ville et la cité. Cet ouvrage collectif veut questionner géométriquement et philosophiquement l'urbain contemporain et les architectures qu'il provoque. En d'autres termes, il espère saisir à partir de la confrontation entre mathématiciens, géomètres, historiens, architectes, urbanistes, paysagistes, philosophes, l'expérience existentielle de l'espace-temps des lieux.
Artistes, architectes, philosophes, historiens, urbanistes observent les façons dont l'" espace ", le " temps " et les " formes d'expressions " sont plus ou moins solidaires des évolutions sociales et techniques des sociétés contemporaines. À l'heure de l'éparpillement géographique des villes et à l'émiettement du temps, l'art peut-il manifester la " signification insignifiable " qu'attend le poète ? (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition orginale de 2003). L'art est dans la rue : fresques murales, statues, monuments, mobiles, installations éphémères, décors provisoires, expositions et spectacles en plein air, bateleurs et saltimbanques... Plus encore, certaines villes se prétendent une " œuvre d'art totale " qu'il convient d'honorer tel un musée hors les murs. Le citadin est interpellé par toutes ces créations dont il ne prend pas toujours la mesure. Dès lors qu'il s'agit des établissements humains, la question devient celle de la rencontre entre éthique comme manière d'être, et esthétique comme vérité du sentir. Dans ce livre, les auteurs (artistes, architectes, philosophes, historiens, urbanistes) observent les façons dont l'" espace ", le " temps " et les " formes d'expressions " sont plus ou moins solidaires des évolutions sociales et techniques qui assaillent les sociétés contemporaines. Ces évolutions s'affrontent, se combinent ou se parasitent, mais nul ne peut les ignorer, tant elles interfèrent dans le devenir urbain. Comment alors nouer le topos et le logos qui donnent sens, à l'aisthesis qui relie ? L'art dans sa relation complexe au territoire y parvient-il ? À l'heure de l'éparpillement géographique des villes et de l'émiettement du temps de la quotidienneté, l'art peut-il manifester la " signification insignifiable " qu'attend le poète ? Il en va de l'habitabilité même.