Roger Meunier
Roger Meunier
Domaine longtemps négligé par l'ethnologie traditionnelle, l'organisation économique des sociétés dites « primitives » n'est devenue que récemment objet d'investigation théorique systématique. Contre une idée trop répandue - des manuels de philo aux traités d'économie - associant société « primitive » et mode ; de production « élémentaire », les recherches menées sous l'enseigne de l'anthropologie économique, malgré la diversité des approches théoriques, établissent de façon convergente la diversité et la cohérence interne des systèmes économiques hors des sociétés industrielles et occidentales. On a voulu dans ce dossier introduire à ces recherches. D'abord par un repérage des différentes écoles : en pays anglo-saxons, application de la « science » économique ; en France, développement du marxisme en anthropologie. Ensuite, à partir de ce courant français d'inspiration marxiste, par une analyse des objets étudiés et, surtout, des lieux de discussion contradictoires : la construction des modes de production et de circulation dans les sociétés non capitalistes débouche moins sur un corps de doctrine concernant les peuples « exotiques » que sur des interrogations qui intéressent toute la science sociale.
Des carcasses de bétail mort, des corps humains faméliques, telle est l'image de la sécheresse sahélienne que l'on diffuse dans l'opinion publique. Et pourtant les sociétés locales - qu'elles soient nomades ou sédentaires - connaissaient déjà la sécheresse et la famine. Elles savaient même y riposter ou s'y adapter mais les moyens techniques et sociaux dont elles disposaient pour ce faire ont disparu ou sont devenus inopérants. La mise en dépendance politique coloniale et l'exploitation économique capitaliste ont suscité des transformations destructrices et irréversibles. Un panorama de l'ensemble des facteurs en jeu, de l'état présent de la situation sociale et politique et des projets d'aide (volume 1) introduit des études de cas où l'on peut saisir de façon précise et concrète la nature des mécanismes de réponse à la crise et les déséquilibres produits par « le développement économique » (volume 2). Une bibliographie sélective clôture ce dossier qui invite à la critique des images et idéologies dominantes fondées sur le rôle de la « fatalité naturelle » ou « humaine ».