Pierre Gisel
Pierre Gisel
L'arrivée d'un enfant, l'accompagnement dans la maladie, l'adieu lors de funérailles sont autant de moments décisifs que nous continuons de marquer par des gestes, des mises en scène et des rassemblements symboliques. Les rites gardent leur puissance, même lorsque toute référence à Dieu s'en est évaporée et que des formes nouvelles, laïques ou recomposées, s'y substituent. Dans cet essai exigeant, Pierre Gisel montre comment le christianisme, dans ses différentes traditions, a façonné des rituels pour structurer l'existence, puis comment nos sociétés occidentales font muter ces formes pour inventer de nouveaux repères symboliques. Ce livre montre aussi comment les modifications en cours sont symptomatiques de changements socioculturels plus larges. Avec, en arrière-plan, la question de la place du religieux dans nos sociétés séculières. Un livre éclairant qui dévoile la manière dont les rites contemporains héritent, souvent à leur insu, de gestes séculaires qui jalonnaient les vies d'autrefois. Autant de manières, pour les humains, de rechercher des formes de sens partagé.
Judaïsme, christianisme, islam. Trois monothéismes. Trois manières de rendre compte de l'humain, d'organiser son rapport au monde, de répondre de ce qui l'excède. Cet ouvrage aborde de front les réalités centrales que sont, dans chacun de ces trois monothéismes, la forme et le statut du Livre, la ritualité, la mystique, la vision du temps et de l'au-delà, l'insertion en modernité, le genre, ce qu'il en est de Dieu. Il donne à chaque fois les éléments historiques et structurels permettant de comprendre ces traditions, différentes et parfois en interactions. Il y porte en même temps un regard neuf, à la fois décalé et articulé à ce qui fait leur consistance propre. Il met enfin en perspective les radicalisations contemporaines, ainsi que les défis auxquels ces traditions sont exposées. **2e édition refondue**
La question religieuse occupe beaucoup l'espace de la discussion civile et politique. Mais c'est le plus souvent pour décliner les formes, réussies ou en échec, de l'intégration sociale. Ou pour en appeler à des programmes de déradicalisation. On y recourt aux sciences sociales, ou psychologiques, mais en se gardant d'entrer sur le terrain du religieux et des croyances. Or c'est là un appauvrissement et un aveuglement, du coup une voie sans issue. C'est que le religieux est porté par des pulsions humaines dont le déni se paie. Que ce soit dans ses visées, refoulées, ou dans certaines de ses inflexions, dangereuses. Le présent essai entend en ouvrir la « boîte noire », pour y faire voir ce qui s'y joue et comment. Il est notamment attentif à en circonscrire la forme de « religion totale », en articulation à une généalogie de l'histoire européenne, christianisme compris. Et attentif aux correctifs ici requis et possibles, sur le terrain même des croyances.
Cet ouvrage réunit des chercheurs de divers horizons autour du livre de Hans Joas Les Pouvoirs du sacré. Une alternative au récit du désenchantement (Seuil, 2020). Hans Joas, professeur de sociologie aux Universités de Berlin et de Chicago, travaille depuis une vingtaine d'années sur les questions touchant au sacré sous ses différentes facettes. Dans son livre, il replace la théorie du désenchantement brossée par Max Weber dans le cadre plus large des diverses approches de la religion avant d'en instruire la critique et d'esquisser une théorie des formes de sacralisation en rupture avec le grand récit de Weber. Joas souligne en particulier que l'idée de transcendance introduit une modification du sacré et lui confère une portée critique face aux sacralisations du pouvoir ou du collectif. S'y expriment un politiste de Science-Po (Alexandre Escudier), un philosophe et théologien, grand connaisseur de l'oeuvre de Joas (Jean-Marc Tétaz), un théoricien du religieux dans ses rapports au social (Pierre Gisel), une spécialiste de Weber (Catherine Colliot-Thélène), un spécialiste du pragmatisme étasunien (Stéphane Madelrieux), un penseur du politique (Bruno Karsenti), un philosophe de l'herméneutique et des sciences sociales (Johann Michel), un théologien spécialisé dans les rapports de la religion et des sciences (François Euvé) et un systématicien catholique (Christoph Theobald). Hans Jonas leur répond dans un texte final.es glises de la R forme, il est devenu pr sident de l'Universit
Les incertitudes de notre temps bousculent les horizons de l'attente, tels qu'une modernité conquérante et qu'un régime classique de la croyance chrétienne les avaient structurés, pour longtemps et dans la polémique. Nous assistons en effet à des ré-âménagements des manières de concevoir et de vivre les rapports entre vie et mort, corps et esprit, temps et éternité, histoire et cosmos, espoir individuel et eschatologie collective qui opèrent des synthèses inédites - des syncrétismes ? - entre des bribes de traditions religieuses et métaphysiques d'une part et de segments de culture scientifique d'autre part. La tâche théologique est dès lors soumise à un double défi : réinterroger sa propre tradition et évaluer, sans complaisance ni crispation, la montée des ésotérismes, dans l'espoir de restituer sa force de percussion à la dimension eschatologique propre à la foi chrétienne quand elle confesse, à partir de l'événement pascal, l'attente de la résurrection des morts et du monde à venir. Ce travail, la session théologique 1988 de l'École des Sciences Philosophiques et Religieuses des FUSL a voulu y contribuer selon son style propre : présentation de dossiers descriptifs et informatifs, appel fait à des questionnements interprétatifs, recours à des essais théologiques pluriels.
La doctrine de la Création après avoir connu une longue éclipse, revient à I'avant-plan de la réflexion théologique et catéchétique. Elle y est conviée par une conjoncture où en tous domaines, s'opère une redécouverte du cosmos. L'objectif de la session théologique, organisée par l'École des sciences philosophiques et religieuses des F.U.S.L., a dès lors été, d'abord, de bien entendre la sollicitation multiple ainsi adressée à la pensée chrétienne. En particulier, il s'est agi de faire le point sur les avancées de la recherche dans les champs de l'astrophysique et de la cosmologie, ainsi que sur les interrogations proprement philosophiques qui en naissent ; d'offrir des voies de réappropriation du donné biblique en matière de visée des origines et de l'origine ; de méditer sur la confession biblique du monde comme création en tant que mode spécifique d'expérience du tout ; de déployer les axes majeurs d'une théologie articulant, à frais nouveaux, Création et Salut, essentiellement au moyen de la catégorie apocalyptique d'accomplissement. Il apparaîtra, au terme du parcours, que penser et reconnaître le monde comme, « réalité tierce » entre l'homme et Dieu, restituer au cosmos une dimension « salutaire » propre, constitue un acte audacieux et réflexif, décisif pour la vitalité du christianisme aujourd'hui