Pierre Gibert
Pierre Gibert
"Il faut un commencement à tout", dit la sagesse populaire, et elle ne doute pas que les commencements existent et qu'on peut les appréhender sans peine. Pierre Gibert impose ici une évidence exactement contraire : les commencements échappent à la conscience comme à la reconstitution. Que ce soit en psychanalyse, en histoire, en physique, en littérature, en religion..., toujours les commencements sont racontés, décrits, déclarés et interprétés après coup. Et puisqu'il faut bien parler des débuts, les hommes ont inventé des moyens littéraires : " Il était une fois... ", " En ce temps-là... ", " Au commencement... " et bien d'autres " ouvertures " ; mais surtout ils ont créé des mythes et des récits " de commencement ", dont les premiers chapitres de la Bible sont, dans la culture occidentale, le texte emblématique. Ce ne sont pas des récits neutres : leur fonction idéologique, doctrinale, philosophique, biographique et autobiographique est immense. En tout cas, après ce livre, on ne pourra plus dire comme Racine dans Les Plaideurs : " Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement " ! Pierre Gibert, exégète biblique, est l'auteur au Seuil de Bible, Mythes et Récits de commencement (1986), un livre réimprimé puis épuisé.
La doctrine de la Création après avoir connu une longue éclipse, revient à I'avant-plan de la réflexion théologique et catéchétique. Elle y est conviée par une conjoncture où en tous domaines, s'opère une redécouverte du cosmos. L'objectif de la session théologique, organisée par l'École des sciences philosophiques et religieuses des F.U.S.L., a dès lors été, d'abord, de bien entendre la sollicitation multiple ainsi adressée à la pensée chrétienne. En particulier, il s'est agi de faire le point sur les avancées de la recherche dans les champs de l'astrophysique et de la cosmologie, ainsi que sur les interrogations proprement philosophiques qui en naissent ; d'offrir des voies de réappropriation du donné biblique en matière de visée des origines et de l'origine ; de méditer sur la confession biblique du monde comme création en tant que mode spécifique d'expérience du tout ; de déployer les axes majeurs d'une théologie articulant, à frais nouveaux, Création et Salut, essentiellement au moyen de la catégorie apocalyptique d'accomplissement. Il apparaîtra, au terme du parcours, que penser et reconnaître le monde comme, « réalité tierce » entre l'homme et Dieu, restituer au cosmos une dimension « salutaire » propre, constitue un acte audacieux et réflexif, décisif pour la vitalité du christianisme aujourd'hui
Pourquoi l'image surgit-elle ? et les mots ? ceux-là plutôt que d'autres, irrésistibles et dévorants ? Rien n'est donné, pas même « tel premier vers » ; et tout est arraché au trop-plein de la terre, ou de la solitude, jusqu'à ce que le renoncement soit total et la lutte enfin achevée. Visage au regard incandescent. Lettres écrites et heures vécues à la pointe de joies révélant des soleils multicolores et passagers. Il peut vivre de sa vie ce poème qui dira espérance et souffrance, l'amitié, l'irréductible solitude et la quête incessante où les mots sont de vérité et la vérité des mots. « Ténèbres... détruites par l'incendie d'une Présence », livrées au lecteur, ami à jamais inconnu.
Le présent ouvrage porte sur la tradition prophétique judéo-chrétienne, depuis la Bible jusqu'à Martin Luther King, en passant par Savonarole et Péguy. L'Europe a longtemps été le terrain d'élection du prophétisme, mais d'importants mouvements messianiques et charismatiques se sont développés en Afrique noire, ainsi qu'en Amérique du Nord et du Sud, de la colonisation à nos jours. La prophétie est une parole qui vise à donner une compréhension des événements, souvent tragiques, auxquels les hommes se trouvent confrontés afin de leur rendre l'espérance. Le prophète est celui qui tente de renouer avec la marche de l'histoire en dénonçant les situations d'échec ou d'aliénation et en annonçant un temps où ces contradictions de la société pourront être surmontées. Aujourd'hui, alors que les perspectives économiques et écologiques peuvent nourrir les doutes et la morosité, il est intéressant de mettre en lumière cette lignée ininterrompue de témoins qui, au cours des siècles, ont permis à l'humanité de ne pas succomber à la séduction du désastre annoncé.
Adam et Ève, Abraham et Sarah, David et Bethsabée... La Bible aborde largement les questions familiales. Certes, les codes de lois ou les dix commandements y ont leur place mais la plupart des grands récits depuis la Genèse évoquent les conditions de paternité, de maternité, de fraternité, mais aussi de fertilité ou de relations de groupe... Comment s'y retrouver ? Quelle peut être la signification éthique de ces récits disparates pour aujourd'hui ? Car à moins de verser dans le fondamentalisme, il n'est pas évident de tirer d'emblée une dimension morale du message biblique. Certains épisodes ou enseignements apparaissent contradictoires, les genres littéraires ne sont pas homogènes. Pierre Gibert propose d'articuler Bible et morale de façon résolument optimiste. La Bible ne vend pas de recettes faciles pour réussir sa vie familiale, mais elle révèle que nos relations à autrui peuvent être extraordinairement améliorées et transfigurées en famille. À la manière dont Dieu aime les hommes.