Nicolas Bancel
Nicolas Bancel
La décolonisation de l'Afrique occidentale française marque-t-elle une rupture ? C'est la question que pose ce livre. En plongeant dans cette histoire complexe, Nicolas Bancel propose une analyse articulant l'histoire politique et institutionnelle de l'AOF à l'histoire moins connue de la formation et de la politisation des élites ouest-africaines. Après 1945, une nouvelle génération devient l'avant-garde politique de l'anticolonialisme, malgré les tentatives des autorités coloniales de la contrôler. Au cours des années 1950, les syndicats se renforcent, la jeunesse entre en ébullition politique alors qu'apparaissent les premiers partis indépendantistes d'Afrique occidentale française, menaçant l'ordre colonial d'un front commun. C'est dans ce contexte que les indépendances sont négociées entre les autorités coloniales et la première génération de lettrés africains, leaders des partis politiques de masse. La nouvelle génération politique a perdu la partie ; pourtant, ses projets politiques et sociaux sont-ils si différents de ceux des autorités coloniales ?En suivant la formation intellectuelle et corporelle de cette élite, on comprend qu'un processus d'hybridation culturelle est à l'oeuvre. Ce processus se caractérise par l'incorporation de valeurs, de normes et de styles de conduite qui rapprochent ces anticolonialistes radicaux de leurs adversaires. Porteurs de valeurs et d'outils intellectuels venus d'Occident, ils engagent une concurrence mimétique avec l'Europe, caractérisant toute l'ambiguïté des décolonisations et ouvrant sur une nouvelle perspective pour appréhender la continuité des politiques coloniales menées après les décolonisations.
Torture en Algérie, place de l'histoire coloniale dans le récit national, questions relatives aux immigrés venus des anciennes colonies... L'histoire coloniale et postcoloniale fait aujourd'hui débat dans la société française. C'est précisément l'objet des postcolonial studies que de relire cette histoire en cherchant à saisir comment la colonisation a profondément affecté les sociétés colonisées, les anciennes métropoles et, au-delà, l'ensemble de l'Occident. Comment le racisme colonial s'enracine-t-il ? Quelles en sont les conséquences aujourd'hui ? Les rapports géopolitiques et économiques, inégaux durant la colonisation, se reproduisent-ils ? Nicolas Bancel se propose d'explorer, parmi d'autres, ces questions. S'appuyant sur des exemples concrets, il éclaire les idées développées par les postcolonial studies, explorant leur apport, mais aussi leurs limites.
Torture en Algérie, place de l’histoire coloniale dans le récit national, questions relatives aux immigrés venus des anciennes colonies... L’histoire coloniale et postcoloniale fait aujourd’hui débat dans la société française. C’est précisément l’objet des postcolonial studies que de relire cette histoire en cherchant à saisir comment la colonisation a profondément affecté les sociétés colonisées, les anciennes métropoles et, au-delà, l’ensemble de l’Occident. Comment le racisme colonial s’enracine-t-il ? Quelles en sont les conséquences aujourd’hui ? Les rapports géopolitiques et économiques, inégaux durant la colonisation, se reproduisent-ils ? Nicolas Bancel se propose d’explorer, parmi d’autres, ces questions. S’appuyant sur des exemples concrets, il éclaire les idées développées par les postcolonial studies, explorant leur apport, mais aussi leurs limites.
Pourquoi notre pays a-t-il plongé dans ce maelstrm régressif, animé par une pensée néo-réactionnaire et décliniste, suscitant la peur devant l'Étranger, l'immigré ou le réfugié, déversant ses imprécations contre l'Europe et la " mondialisation " ? Comment éclairer la montée en puissance inexorable du FN, le nationalisme, la passion de l'entre-soi et de la communauté ethnique ? Après La Fracture coloniale (2005) et Ruptures postcoloniales (2010), un nouveau point d'étape informé et offensif. En 2005, les auteurs de cet ouvrage publiaient La Fracture coloniale, juste avant la révolte dans les banlieues. Dix ans plus tard, l'espoir d'une évolution positive s'est effondré. D'où la nécessité de faire le bilan des crises identitaires et sociales qui traversent la France, pour sortir des impasses du présent. Pourquoi ce pays a-t-il plongé dans un maelstrm régressif, animé par une pensée néoréactionnaire se délectant du déclinisme, suscitant la peur devant l'étranger, l'immigré ou le réfugié, déversant ses imprécations contre l'Europe et la " mondialisation " ? Comment expliquer l'inexorable progression du Front national qui ravive sentiments nationalistes et passion de l'entre-soi ? Aucune leçon n'a été véritablement tirée des événements de 2005. De la faillite de notre modèle d'intégration aux atermoiements de la politique de la Ville, de l'ethnicisation des territoires aux désastres de la lutte contre les discriminations, de l'enkystement du chômage dans les quartiers et les outremers à la fragilisation des classes moyennes, des thèses délirantes sur le " grand remplacement " à la haine de l'islam, des crispations communautaires au ressac de l'antisémitisme, de notre impossibilité d'affronter le passé colonial aux expéditions aventureuses dans nos anciennes colonies, cet ouvrage, réunissant les meilleurs spécialistes sur ces questions, entend dresser le bilan des crises et crispations qui obscurcissent l'horizon. Autant d'analyses qui questionnent le repli identitaire pour lutter contre les obscurantismes de tout bord.
Un beau livre illustré par des images exceptionnelles, jalonné d'extraits de textes d'époque sur l'histoire de la propagande coloniale.Pendant plus d'un siècle, de la IIIe République naissante (1870) à la dernière décolonisation (1980, les Nouvelles-Hébrides), la propagande coloniale a fait partie du quotidien des Français. Affiches touristiques ou de recrutement militaire, expositions universelles et coloniales, manuels scolaires et protège-cahiers, couvertures de livres et de magazines, presse illustrée et brochures de propagande, photographies et cartes postales, jeux de société et bandes dessinées, publicités et films, monuments et statues, peintures et émissions de radio... tous les supports ont participé à cette apologie de la " plus grande France ". Au coeur de l'État, une Agence des colonies a été le fer de lance de cette propagande, et beaucoup ont oublié son action. Génération après génération l'idée coloniale a fait son chemin, pour devenir consensuelle durant l'entre-deux-guerres et se prolonger jusqu'aux dernières heures de l'Algérie française et même au-delà. Au coeur de cette dynamique, l'image a été un vecteur essentiel du message colonial, portant un regard paternaliste et raciste sur ceux que l'on appelait les " indigènes ". Ce livre analyse, décode et replace dans son contexte cette incroyable production, permettant, en croisant les sources les plus diverses et des archives exceptionnelles, de comprendre les mécanismes de l'adhésion du plus grand nombre à l'Empire. Par un remarquable décryptage des images, accompagné de citations pour chaque époque, ce travail nous montre comment a été construit l'univers symbolique structurant l'imaginaire sur la colonisation. Celui-ci est indissociable de l'identité nationale et a des répercussions sur les grands enjeux politiques, économiques et idéologiques pendant près d'un siècle. Ce livre, écrit à cinq voix, permet de comprendre comment le discours sur la " mission civilisatrice " s'est imposé et comment se sont bâties les grandes mythologies de la " République coloniale ", dont certaines représentations perdurent. Cette approche inédite sur notre culture visuelle, politique et historique participe au travail de déconstruction en cours sur l'héritage de la colonisation, nous permettant de regarder autrement ce passé et ses résonances dans le présent.
Longtemps passées sous silence, la sexualité dans les empires coloniaux et la domination sur les corps apparaissent aujourd'hui comme des sujets de recherches majeurs. Les héritages de cette histoire font désormais débats dans nos sociétés de plus en plus métissées et mondialisées. Six siècles d'histoire ont construit des imaginaires, des fantasmes et des pratiques analysés dans cet ouvrage au fil des cinquante contributions de spécialistes internationaux. Coordonné par un collectif paritaire de dix chercheur.e.s de plusieurs disciplines, l'ouvrage Sexualités, identités et corps colonisés tisse des liens entre passé et présent, et explore les nombreuses facettes de cette histoire. La publication de Sexe, race & colonies en 2018 a initié débats et polémiques, mais a aussi reçu un écho sans précédent. Ce nouveau livre va plus loin. Aux quinze articles majeurs du précédent ouvrage, réédités pour les rendre accessibles au plus grand nombre, ont été ajoutées trente contributions inédites éclairant la transversalité de cette question dans tous les empires coloniaux jusqu'aux sociétés postcoloniales actuelles. Ce livre permet de saisir comment la sexualité et les hiérarchies raciales ont été consubstantielles à l'organisation du pouvoir dans les empires et à l'invention d'imaginaires transnationaux. Déconstruire les regards coloniaux qui sont omniprésents dans nos représentations suppose de regarder en face cette hégémonie sexuelle mondialisée et ce passé, aussi complexe soit-il. C'est à ce prix qu'une décolonisation des imaginaires sera possible. Avant-propos d'Antoine Petit, président du CNRS Postfaces de Leïla Slimani et Jacques Martial
Comment est né le concept moderne, scientifique, de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Comment a-t-il pu revêtir une telle importance au cours du XIXe siècle et du début du XXe siècle, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? Des contributions des meilleurs spécialistes internationaux. Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2014.
Ce livre est d'abord un livre de colère, une réaction à un processus qui mène la France au bord de l'abîme, sur fond d'angoisses identitaires et déclinistes : le grand repli. Les auteurs de cet essai livrent ici une réflexion libre, tranchée, où les analyses se croisent et s'opposent même parfois, pour prendre la mesure d'un moment qui menace nos fondements démocratiques.
La « République coloniale »... Cette figure étrange, hybride, un peu monstrueuse, puisqu'elle rassemble deux visions opposées, résume l'utopie d'un Empire républicain, d'un impérialisme démocratique, d'une « plus grande France ». Pendant près d'un siècle, la République sera en guerre, militairement et juridiquement, pour maintenir son autorité sur des dizaines de millions d'indigènes. En même temps, la République colonise par générosité, par bonté. « Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le droit de civiliser les races inférieures », déclare Jules Ferry devant la Chambre des députés, le 28 juillet 1885. Les rêves d'une douceur de la colonisation, d'une mission civilisatrice accompagneront ainsi les massacres, l'exploitation brutale, le déni du droit. L'étude de la participation active et dévouée des républicains à l'aventure coloniale - construction juridique, culturelle et politique de l'Empire - permet de mettre en lumière les effets de cette utopie sur la culture, la politique et le droit en ce début de XXIe siècle. Cet essai, qui décrit l'intime intrication entre « République » et « colonisation », ouvre des pistes de réflexion neuves pour comprendre pourquoi la colonisation fut en grande partie oeuvre républicaine, en quoi elle a renforcé la République elle-même, et comment ce « couple maudit » engendre toujours des situations de crises.