Françoise Vergès
Françoise Vergès
Et si le féminisme blanc ignorait les luttes des femmes racisées ? Un féminisme décolonial de Françoise Vergès dénonce un mouvement trop souvent complice du capitalisme et du racisme.
Et si votre quotidien cachait des dangers invisibles ? La Grande détox du Dr Patrice Halimi révèle comment éviter les poisons qui nous entourent et agit pour votre santé au quotidien.
Et si le musée n’était pas un sanctuaire neutre, mais le théâtre d’une domination coloniale toujours active ?
Dans cet essai, Françoise Vergès et Carpanin Marimoutou revisitent la notion de créolisation en partant des spécificités de l'océan indien. S'appuyant sur la théorie postcoloniale, les auteurs proposent le paradigme d'amarres, de créolisations india-océanes pour réinscrire la Réunion, île du monde créole, à la croisée des mondes africain, musulman, asiatique, insulaire et européen, dans une problématique de réappropriation. Il n'est pas question ici de faire de la créolisation un modèle unique ni une voie royale du devenir du monde, mais de contribuer au débat sur la diversité culturelle et la démocratie.
Des luttes passées aux luttes actuelles, comment faire du féminisme une onde de choc mondiale? À rebours d'une histoire du mouvement pensé en «vagues», qui laisse dans l'ombre les féminismes non occidentaux, les militantes et penseuses de renom rassemblées ici proposent des pistes de résistance radicale aux oppressions. En écrivant depuis, ou en dialogue avec les féminismes du Sud global, elles créent des outils tant conceptuels que matériels pour penser et expérimenter la solidarité internationale, attentives aux contextes locaux et aux vécus singuliers. Il devient alors possible de bâtir un langage commun et des formes d'organisation qui traversent le temps et les frontières. Elles nous rappellent que le féminisme contemporain ne s'adresse pas qu'aux femmes, mais vise, selon les mots de Silvia Federici, «une lutte plus globale pour la libération humaine et la régénération de la nature».
1970, La Réunion. Des milliers de femmes subissent avortements et stérilisations forcées, avec la complicité de l’État français. Le Ventre des femmes révèle cette histoire occultée, où contrôle des corps, racisme et héritage colonial s’entremêlent.
Pour la première fois en France, traite négrière et esclavage font la une des journaux, sont débattus dans les médias et suscitent des controverses. Deux questions s'imposent : pourquoi le débat public est-il si tardif ? Et pourquoi revêt-il un caractère si extrême ? En revenant sur les termes de ce débat, Françoise Vergès suggère que la lenteur qui a présidé à cette prise de conscience peut être analysée comme un point aveugle dans la pensée française. Elle revient sur les conditions et les causes de l'oubli, pour imaginer les conditions de son dépassement, sans céder à ceux qui veulent faire de la mémoire de la traite et de l'esclavage une rente de situation ou à ceux qui tentent de l'utiliser pour justifier des dérives populistes. Le débat montre que la majorité des descendants d'esclaves ne veulent plus être esclaves de l'esclavage qui fut imposé à leurs ancêtres. Ils refusent d'être enfermés dans le passé, mais sont convaincus que, sans un examen et un tri de l'héritage, ce passé restera un passif, une assignation à résidence.
Qu'y a-t-il de commun entre le discours et la politique abolitionnistes de la fin du XIXe siècle et le discours et la politique humanitaires d'aujourd'hui ? Pourquoi et comment la notion de réparation de la traite des Noirs et de l'esclavage a-t-elle pris tant d'importance depuis quelques années ? Dans cet essai d'histoire culturelle et politique sur les contradictions de la doctrine anti-esclavagiste, Françoise Verges s'attache à montrer comment s'établit, dès la fin du XIXe siècle, une rhétorique de l'urgence où l'Afrique joue un rôle central. Se précisent alors les images du bienfaiteur et de la victime, le désir de "faire le bien", l'injonction morale de prévenir et de soulager des souffrances, l'indignation devant les bassesses humaines, la croyance en l'idéal éducatif européen, et la volonté d'élaborer un droit d'intervention des nations éclairées dans des pays souverains. Ce livre suit l'évolution d'une politique de la pitié et de l'amour, avec toutes ses ambiguïtés. Il met en lumière des liens peu connus entre l'abolitionnisme, les politiques de réparation, l'héritage du colonialisme et les origines complexes et souvent inattendues de l'humanitaire.
La « République coloniale »... Cette figure étrange, hybride, un peu monstrueuse, puisqu'elle rassemble deux visions opposées, résume l'utopie d'un Empire républicain, d'un impérialisme démocratique, d'une « plus grande France ». Pendant près d'un siècle, la République sera en guerre, militairement et juridiquement, pour maintenir son autorité sur des dizaines de millions d'indigènes. En même temps, la République colonise par générosité, par bonté. « Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le droit de civiliser les races inférieures », déclare Jules Ferry devant la Chambre des députés, le 28 juillet 1885. Les rêves d'une douceur de la colonisation, d'une mission civilisatrice accompagneront ainsi les massacres, l'exploitation brutale, le déni du droit. L'étude de la participation active et dévouée des républicains à l'aventure coloniale - construction juridique, culturelle et politique de l'Empire - permet de mettre en lumière les effets de cette utopie sur la culture, la politique et le droit en ce début de XXIe siècle. Cet essai, qui décrit l'intime intrication entre « République » et « colonisation », ouvre des pistes de réflexion neuves pour comprendre pourquoi la colonisation fut en grande partie oeuvre républicaine, en quoi elle a renforcé la République elle-même, et comment ce « couple maudit » engendre toujours des situations de crises.
Elle est capable de prédire la façon dont vous allez mourir à partir d'un échantillon de votre sang. Elle ne se trompe jamais et manie l'ironie avec un sadisme inouï. Elle, c'est la Machine de la Mort. Celle qui, depuis son invention, a bouleversé la face du monde. D'un simple mot imprimé sur un morceau de carton, elle délivre sa sentence : " cancer ", " accident ", " amande ", " piano "... Outil de pression pour les patrons qui ne souhaitent pas garder des employés destinés à mourir d'une overdose, instrument politique pour évincer son concurrent, critère sélectif pour choisir son mari ou ses amis à l'école (il faut avouer que certaines morts sont beaucoup plus cool que d'autres), la Machine soumet tout le monde à la même tyrannie. Car s'il est bien une chose difficile, c'est de continuer à vivre quand on connaît la fin, de faire confiance à ses amis quand on sait qu'on finira assassiné, de s'acharner à vouloir déjouer la fatalité... en vain. Avec ces 34 chroniques de morts annoncées, entrez dans le monde impitoyable de la Machine...
Le 21 mai 2001 fut publiée au Journal officiel la loi reconnaissant la traite négrière et l'esclavage comme « crimes contre l'humanité ».Françoise Vergès revient sur l'extraordinaire capacité de l'esclavage à s'adapter aux nouvelles technologies comme au progrès social et juridique. Hier, la prédation signifiait razzias, guerres, kidnapping ; aujourd'hui, guerres et enlèvements perdurent comme sources d'asservissement, auxquelles il convient d'ajouter la fabrication par la violence économique de vies vulnérables et fragiles.Il est temps d'étudier les politiques et les économies de prédation non comme des traces de l'arriération, mais comme des formes régulièrement réinventées, tout à fait compatibles avec l'existence de discours humanitaires et une économie du profit.