Michel Christol
Michel Christol
Les trente-cinq études de ce volume, revues et mises à jour, retracent l'histoire de la Gaule méridionale, appelée d'abord Transalpine puis Narbonnaise, des premiers temps de la présence romaine aux débuts de l'Antiquité tardive et montrent les transformations d'un monde provincial sous l'empreinte de Rome. Une nouvelle géographie économique apparaît avec le déplacement des centres de gravité, de Narbonne vers la vallée du Rhône et Lyon. La romanisation de la société est autant politique que religieuse. On assiste à une intégration réussie des élites - notables issus de l'Italie et descendants des grandes familles aristocratiques indigènes - mais également à l'ascension des représentants de la société civique provinciale - le commun des détenteurs des magistratures et des sacerdoces. S'épanouit alors au cours de la seconde moitié du premier siècle av. J.-C. une culture de l'écrit qui se manifeste, en particulier par l'abondante production épigraphique, dans les lieux funéraires, les grandes demeures et les espaces publics urbains. L'accès des grandes familles à l'ordre équestre et à l'ordre sénatorial, puis leur participation au gouvernement de l'Empire viennent concrétiser, dès le premier siècle ap. J.-C., le rapprochement entre l'Italie et cette partie de l'Empire romain, dont le destin apparaît alors comme singulier, selon l'expression de Pline l'Ancien : À la vérité, plus l'Italie qu'une province. Cette somme érudite est appelée à devenir une oeuvre de référence sur l'histoire de la Gaule narbonnaise.
L'histoire de l'empire romain a tout pour séduire le lecteur moderne, qui pourra puiser dans son récit bien des leçons sur le temps présent : des personnages hors norme, des portraits de « monstres » façonnés par une historiographie hostile, mais aussi une capacité de résilience qui a permis à un État, né d'une cité installée sur les bords du Tibre, d'imposer sa domination pendant plusieurs siècles et d'assurer à une partie du monde une période de paix qu'elle n'a jamais connue depuis lors. Mieux appréhender l'histoire de l'empire romain de l'avènement du principat (29/27 av. J.-C.) jusqu'à l'édit de Milan (313), en mettant en particulier en exergue les ressorts de son gouvernement qui ont alimenté ses capacités de conquête, de résistance et de résilience dans des circonstances parfois difficiles, tel est l'enjeu de ce livre. Il dévoile ce qui fit la force de cet empire mondial, le premier de ce genre, aux limites jusqu'alors inégalées, des extrémités des Îles britanniques aux bordures du Caucase et du plateau iranien, des rives de l'Atlantique à celles de la Caspienne et de la mer Rouge, des bords du Danube aux confins du désert saharien. Ses relations avec le monde extérieur, considéré comme « barbare », un temps contenu au-delà d'une ligne de défense, un limes mouvant, puis sans cesse renforcé, constituèrent une préoccupation des princes qui se succédèrent, soucieux d'assurer la protection de l'empire et de son coeur, l'Italie. Dans ce livre aux multiples facettes, quatre des meilleurs spécialistes de l'histoire de Rome dressent un portrait vivant de cet empire qui domina le monde. Le lecteur croisera au fil des pages empereurs, princes, membres de la famille impériale et « maréchaux » que les sources littéraires, tout empreintes de la pensée sénatoriale, se sont plu à distinguer ou à proscrire, mais aussi, au travers de la documentation épigraphique, d'autres moins illustres, qui ont voulu, de même, laisser une trace de leur existence. Michel Christol est professeur émérite d'histoire romaine à l'université de Paris-1. Pierre Cosme est professeur d'histoire ancienne à l'université de Rouen depuis 2010. Frédéric Hurlet est professeur d'histoire romaine à l'université Paris Nanterre et membre de l'Institut universitaire de France. Jean-Michel Roddaz est professeur émérite d'histoire romaine à l'université Michel de Montaigne