Jean-Jacques Wunenburger
Jean-Jacques Wunenburger
À l’ère de la quête effrénée de la santé parfaite, Imaginaires et rationalité des médecines alternatives interroge le succès croissant des thérapies non conventionnelles.
Et si les oeuvres d'art n'avaient ni lieu, ni date de naissance ? Si elles étaient résurgences, retour d'images primordiales, matricielles, fondatrices ? Telle est la vérité paradoxale qui se dégage ici d'une confrontation entre théoriciens de l'art et artistes, dont réflexions et témoignages éclairent subtilement le passage obscur à l'OEuvre. À ces images, à un réel indéfini, à définir ou à décrire, l'artiste appose ses altérations, transfigurations ou régénérations, qui renouvellent leur faculté à imposer et imprimer les mythes. Au moment où il croit les libérer, il les fait siennes - ou l'inverse. Son acte créateur les capte, les capture et les restitue dans la forme de l'OEuvre. Ainsi, l'art est en même temps réappropriation de l'histoire aux origines et sa perpétuelle métamorphose, refonte du mythe, et son mime, décliné à l'infini.
L’imagination n’est pas qu’un simple jeu de l’esprit : elle façonne nos mythes, nos rêves et nos inventions.
Et si le progrès n’était plus une évidence ? Le progrès en crise - En 40 pages interroge notre foi moderne en un avenir toujours meilleur.
Gaston Bachelard a consacré une moitié de son oeuvre à la rationalité scientifique contemporaine et une autre à l'imagination, la rêverie intime et la poésie. Les deux versants opposés de la vie de l'esprit s'enracinent dans un même imaginaire, conçu comme un vivier d'images autonomes (nourries de forces inconscientes et de matières cos-mologiques : feu, eau, air, terre) formant un « monde » doté de lois internes. Cet imaginaire est tantôt à purifier, voire à dissoudre, pour libérer les constructions abstraites des sciences, tantôt au contraire à amplifier par des charges symboliques, sources de beauté et de bonheur. S'inspirant des traditions de l'alchimie, du romantisme allemand, de la psychanalyse et du surréalisme, Bachelard a disséminé dans toute son oeuvre des propositions méthodologiques, psychologiques, esthétiques et éthiques originales. Elles sont au fondement de sa philosophie de l'imaginaire, qui a suscité l'intérêt de Sartre, Merleau-Ponty, Ricoeur et Simondon notamment.
Fantasme, souvenir, rêve, mythe, roman, fiction... Autant d'expressions de l'imaginaire de l'homme ou d'une culture. Individuel ou collectif, l'imaginaire est traité de manière ambivalente, soit comme une source de maux, soit comme le moyen d'un enrichissement. Qu'est-ce qui pousse une conscience à s'imaginer un monde autre ? L'imaginaire est-il appauvrissant, aliénant, libérateur ? À la croisée des disciplines - psychanalyse, littérature, anthropologie culturelle, sociologie des médias -, Jean-Jacques Wunenburger nous propose une analyse philosophique de ce qui nous détache de l'immédiat, nous invite au ludique, nous permet de penser lorsque le savoir est défaillant, nous offre un horizon : l'imaginaire.
Le sacré semble inséparable de la pratique religieuse. De fait, il relève d'une expérience symbolique de l'altérité (la transcendance) constitutive des religions, qui se nourrit de mythes et de rites. Par le biais d'images et d'affects, il met l'homme en relation avec l'invisible sur différents modes. Mais en dépit de la laïcisation et de la sécularisation des sociétés modernes, le sacré réapparaît sous d'autres formes (poétiques, politiques, écologiques...), jusqu'à parfois conduire aujourd'hui à un retour du religieux. Ces métamorphoses récentes incitent à tenir compte des apports des sciences humaines pour en renouveler la compréhension et pour en dégager la complexité : quoique ambigu, le sacré n'en est pas moins au fondement de l'expérience humaine.
L'esthétique occidentale est dominée par le paradigme de l'imitation, issu de Platon et d'Aristote, souvent réduit à une interprétation stéréotypée. Mais loin d'être une simple copie, l'oeuvre d'art transforme son référent, par la création visuelle et le verbe langagier, en lui conférant une profondeur nouvelle touchant à l'invisible.Comment repenser alors l'expérience esthétique des arts ? C'est à un nouveau paradigme qu'appelle ici Jean-Jacques Wunenburger : celui de « Pâques esthétiques », propre à la théologie chrétienne de la transfiguration, pour laquelle l'image visible du Dieu doit mourir à soi pour renaître dans un espace visionnaire, celui du corps de gloire.Libéré de sa source religieuse, ce paradigme permet de mieux comprendre le statut des images comme des tentatives de transfigurer le visible. L'expérience esthétique reposerait donc sur des oeuvres considérées comme des réalités imaginales et le regard porté sur elles relèverait d'une conversion du regard, non réductible à unereconnaissance perceptive.Ainsi « l'esthétique de la transfiguration » propose une autre lecture de l'expérience esthétique mais prétend aussi éclairer par son effacement la crise actuelle de l'art.Professeur de philosophie à l'université Jean-Moulin Lyon 3, Jean-Jacques Wunenburger préside l'association Gaston Bachelard et le Centre de recherches internationales sur l'imaginaire. Il a consacré de nombreux ouvrages à l'image, à l'imagination et à l'imaginaire dans leurs relations avec la rationalité. Entre autres : La vie des images (2002) Philosophie des images (1997), L'imaginaire (2016).
L'imagination est-elle vraiment une expression instable, imprévisible, anarchique du psychisme ? Sa créativité est-elle rebelle à toutes règles et rationalité? Un large spectre de travaux (G. Bachelard, G. Durand, etc.) qui prennent leur source autant dans la psychanalyse que dans la mythographie structuraliste d'un Claude Lévi Strauss ont modélisé les imaginaires individuels et collectifs, permettant ainsi d'éclairer les fondements de toute imagination créatrice et de jeter les bases d'une science de l'imaginaire.
Huit leçons destinées à familiariser l'étudiant en philosophie avec les concepts clés des différentes interprétations de la vie morale : le sens moral, la représentation du bien, l'accomplissement éthique, le vécu moral, les fins morales, la communauté morale, la valeur de justice, les débats contemporains. « Copyright Electre »
La dénonciation du totalitarisme alimente aujourd'hui le procès de l'imagination utopique. Mais cette remise en cause salutaire demeure partielle tant qu'on ne démystifie pas la prétention de l'utopie à incarner la figure idéale du rêve et de l'espérance. Il est possible d'éclairer la lourde responsabilité de l'utopie dans la crise moderne de l'imaginaire : jouant sur tous les tableaux, investissant la littérature comme la praxis, elle a contribué à appauvrir, orienter, et finalement stériliser l'imagination individuelle et collective. C'est cet entrelacement subtil d'une écriture stéréotypée et d'un activisme messianique qui a permis à l'utopie occidentale de prendre en charge toute la dynamique sociale et culturelle, en enfermant l'imagination dans le carcan du modèle unique. La confrontation de l'utopie avec les données les plus récentes de l'anthropologie symbolique, de la pathologie culturelle et des sciences religieuses permet d'opérer une émancipation de l'image, confisquée et aliénée jusqu'alors par l'histoire à son usage exclusif, et d'ouvrir à l'imaginaire un champ nouveau. La critique des utopies ne se confond plus, dès lors, avec une simple indignation morale ou un repli sceptique, mais s'ouvre sur la réconciliation urgente de l'homme moderne avec le sens de la pluralité et de la profondeur, et sur la redécouverte d'une lecture mythique et poétique du monde.
Voici un livre singulier, dont l'intérêt déborde de beaucoup l'objectif déclaré. Ses maîtres d'oeuvre avaient décidé de procéder à un recensement systématique de toutes les traductions des ouvrages de Gaston Bachelard. Ils ont demandé, de surcroît, que les résultats de cette enquête bibliographique soient accompagnés d'une analyse du contexte philosophique et culturel qui, dans chaque cas, a pu décider du choix de tel ou tel titre, qui a pu déterminer l'accueil réservé à ces textes et orienter les effets qu'ils ont produits. Immense travail, à la mesure du retentissement de la pensée bachelardienne, qui a touché au fil de quelques décennies une quarantaine de pays, dont seize ont été ici retenus - du Japon aux pays arabes en passant par les États-Unis et la Russie. On aurait pu craindre de n'obtenir, au bout du compte, qu'un document informatif, précieux sans aucun doute pour les spécialistes, mais dénué par lui-même de portée philosophique. Il n'en va pas du tout ainsi. Et le bénéfice du rigoureux parti pris méthodique adopté se révèle vraiment surprenant. [...] Ce livre, non content de nous éclairer sur les deux versants - épistémologique et poétique - de l'oeuvre de Bachelard, nous offre un tableau vivant de la philosophie mondiale et de son histoire au XXe siècle. Au prisme de Bachelard, c'est en effet tout le spectre de cette philosophie qui se dessine et s'anime. Dominique Lecourt
Sommes-nous vraiment entrés, aujourd'hui dans une crise de la raison, comme le prétendent tant de bons esprit ? Faut-il pour autant se résigner à un retour en force de l'irrationnel, devant lequel n'existeraient plus que des savoirs éclatés dont chacun serait soumis à un principe de relativité ? Ou n'existe-t-il pas au contraire un nouveau type de raison qui permettrait de mieux saisir la complexité du réel, sans renoncer pour autant à en rendre compte d'une façon intelligible et réglée ? Ce livre tend précisément à faire revenir au jour des procédures intellectuelles qui privilégient une pensée du pluriel, des principes d'antagonisme et des logiques de la contradiction et du paradoxe. Cette raison contradictoire, souvent refoulée par le mode de rationalité dominant, a pourtant été la marque des pensées présocratique et néo-platonicienne, de la révolution de la Renaissance et de la philosophie de la nature romantique. En se réappropriant cet héritage, dont on sera frappé par l'extrême modernité, la rationalité contemporaine peut renouveler sa propre vitalité, prendre un nouveau départ et découvrir un point de vue à partir duquel on peut à la fois unifier et différencier sciences et philosophie. Jean-Jacques Wunenburger est professeur de philosophie à l'université de Bourgogne et directeur du Centre de recherche sur l'image, le symbole et le mythe. Spécialiste des rapports entre la raison et l'imaginaire, il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont L'Utopie ou la crise de l'imaginaire et La Fête, le jeu et le sacré.
Pour nous faire sourire, nous hérisser et nous faire réfléchir, Michel Jeury et Jean-Daniel Baltassat proposent le fruit de leur enquête dans les archives de l'école. Un fils d'instituteur et un ancien instituteur, tous deux romanciers, se sont rencontrés un jour dans les Cévennes. Ils se sont raconté des histoires d'école, et ils ont évoqué cette morale d'autrefois, cette formidable morale laïque et civique qui a sauvé la République et pour ainsi dire construit la France où nous vivons. Dès son origine, l'école laïque et républicaine affiche fièrement sa volonté de former de " bons citoyens ". L'éducation civique y pourvoit avec parfois une intransigeance stupéfiante. Mais sait-on seulement ce qu'elle a été, et comment et à quel prix elle fut efficace ? Au fil des chapitres, Michel Jeury et Jean-Daniel Baltassat nous offrent un large choix d'extraits qui nous laisseront tantôt hilares, tantôt incrédules, et quelquefois, aussi, sauront nous émouvoir... Leur commentaire inspire toutefois une certitude : la morale est fille du temps. " Pourquoi les méchants sont-ils malheureux ? Et pourquoi l'homme bon est-il heureux ? " Si les " hussards " de la République ont échoué à nous convaincre qu'ils détenaient les réponses à ces questions, peut-être leurs errements nous aideront-ils à mieux imaginer ce que l'école, aujourd'hui, peut encore tenter pour former de " bons citoyens ".