Frédéric Worms
Frédéric Worms
La vie a quelque chose d'évident: elle lutte contre la mort. Dans cette lutte, chaque vivant fait l'expérience du risque et de la créativité. Et si l'erreur de la philosophie était d'avoir voulu aller plus loin? Qu'est-ce que ça change de s'en tenir à ces évidences et d'en déployer toutes les conséquences ? En philosophe de terrain, Frédéric Worms nous déplace d'une philosophie abstraite vers une philosophie concrète pour les vivants. Quoi de plus urgent aujourd'hui où la guerre et les catastrophes climatiques nous confrontent à des défis et à des choix? Ce livre-boussole nous entraîne dans une philosophie pratique qui assume l'inquiétude pour mieux viser la justice et la joie. «La lutte contre la mort est la boussole qui oriente chaque vivant et tous les vivants dans le hasard et la nécessité.»
Des débats parlementaires en 1789 à l'affaire Dreyfus, jusqu'aux polémiques philosophiques des dernières années, les droits de l'Homme n'ont cessé d'être discutés, en France, mais aussi en Europe et dans le monde. Quels sont leurs fondements théoriques ? Quels rapports ont-ils avec le droit ? Comment les utiliser dans les combats politiques ? Toutes ces questions débattues dans cette anthologie proposée par Frédéric Worms n'ont rien perdu de leur actualité bien au contraire, en un moment où les droits de l'Homme font toujours l'objet de débats et d'élargissements, mais aussi de violations.
Le pourquoi et le comment, c'est bien cela, la philosophie : chercher l'enjeu philosophique de chaque expérience vitale, mais aussi l'enjeu vital de chaque notion philosophique ! Ce fil rouge dans tous les dédales de la vie et de la pensée humaine guide les chroniques quotidiennes de philosophie du « Pourquoi du comment », sur France Culture, dont ce livre est un recueil en forme de table d'orientation. S'orienter, dans la vie, grâce à la philosophie, mais aussi dans la philosophie, à partir de la vie. Comment pourrait-on faire autrement ? Ce volume regroupe des textes qui interrogent demain, hier et aujourd'hui, pour toutes et tous.
Le pourquoi et le comment, c'est bien cela, la philosophie : chercher l'enjeu philosophique de chaque expérience vitale, mais aussi l'enjeu vital de chaque notion philosophique ! Ce fil rouge dans tous les dédales de la vie et de la pensée humaine guide les chroniques quotidiennes de philosophie du « Pourquoi du comment », sur France Culture, dont ce livre est un recueil en forme de table d'orientation. S'orienter, dans la vie, grâce à la philosophie, mais aussi dans la philosophie, à partir de la vie. Comment pourrait-on faire autrement ? Ce volume regroupe des textes qui interrogent demain, hier et aujourd'hui, pour toutes et tous.
Tous les mots de la langue sont philosophiques. Particulièrement les plus communs d'entre eux qui renvoient aux expériences et aux problèmes de chacun - la vie, la mort, l'amour et la haine, la justice, l'être, etc. Ils introduisent à la philosophie. Mais le langage n'est pas neutre et, pour penser le réel, les philosophes doivent le redécouper, inventer de nouveaux sens, parfois de nouveaux mots. Ces créations conceptuelles décisives sont familières et mal connues, tels le cogito de Descartes ou le conatus de Spinoza. Enfin la philosophie, comme toute pratique rigoureuse, forge ses termes techniques, ses mots-outils, ses territoires : éthique, métaphysique, causalité, empirisme... Cet ouvrage propose donc des « entrées en philosophie » par ces trois sortes de mots. Par des définitions claires et informées, mais aussi originales et contemporaines, il initie aux notions, aux oeuvres et à la pensée vivante.
Un verbe exprime en français l'un des secrets de notre être et l'une des clés de notre époque maniaco-dépressive : ce verbe, c'est revivre. Il a deux sens que tout paraît opposer. Revivre, c'est en effet renaître, retrouver le sentiment d'être vivant et relié à autrui. Mais c'est aussi se laisser rattraper par "un passé qui ne passe pas" et se replier sur soi-même. Chacun de nous fait cette double expérience, souvent sans le savoir. Il faut pourtant la penser, l'affronter, résister à ce qui nous enferme, accéder à ce qui nous délivre. Inventaire de nos blessures et de nos ressources, diagnostic du moment présent, parcours dans les idées et les oeuvres, ces propos renouent avec les actes les plus intenses de notre vie. Un art de vivre, c'est-à-dire de revivre, qui pourrait bien être le seul possible aujourd'hui.
Un verbe exprime en français l'un des secrets de notre être et l'une des clés de notre époque maniaco-dépressive : ce verbe, c'est revivre. Il a deux sens que tout paraît opposer. Revivre, c'est en effet renaître, retrouver le sentiment d'être vivant et relié à autrui. Mais c'est aussi se laisser rattraper par "un passé qui ne passe pas" et se replier sur soi-même. Chacun de nous fait cette double expérience, souvent sans le savoir. Il faut pourtant la penser, l'affronter, résister à ce qui nous enferme, accéder à ce qui nous délivre. Inventaire de nos blessures et de nos ressources, diagnostic du moment présent, parcours dans les idées et les oeuvres, ces propos renouent avec les actes les plus intenses de notre vie. Un art de vivre, c'est-à-dire de revivre, qui pourrait bien être le seul possible aujourd'hui.
Dans les épreuves et les violences du monde contemporain, l'invivable est la pointe extrême de la souffrance, de l'injustice, et du soin qui peut et doit y répondre. Mais qu'est-ce qui est invivable ? Puisqu'il exige immédiatement une action et un soin, comment s'en prémunir et le réparer ? Judith Butler critique les normes qui rendent des vies « précaires » et « invivables » (depuis Trouble dans le genre), mais sans pour autant la lier à une philosophie de « la vie » ou du « soin ». Frédéric Worms, de son côté revendique un « vitalisme critique », pour lequel tout ce qui cause la mort relève de la vie, mais d'une manière différenciée selon les vivants, de sorte que « l'invivable » qui tue quelque chose en nous, reste littéralement vital et révèle la spécificité des vivants humains. Mais tous les deux voient dans la différence entre le vivable et l'invivable le fondement critique pour une pratique contemporaine du soin. Pour l'un et pour l'autre, le soin complet rendra la vie humaine vivable, « plus que vivante ». Il faut s'appuyer pour cela sur les pratiques concrètes des humains confrontés à l'invivable, les réfugiés dans le monde contemporain, les témoins et les écrivains des violations du passé. Ce sont eux qui nous apprennent et nous transmettent ce qui dans l'invivable est insoutenable, mais aussi indubitable, et ce qui permet d'y résister. Un dialogue transcrit et traduit d'une séance tenue à l'École normale supérieure.
« Dès que l'on aime ce qu'il y a de meilleur dans la vie, on devient indifférent à la mort » La philosophie de Bergson distingue toujours deux aspects ou deux sens de « la vie ». Il y a d'abord la contrainte vitale, ou mortelle, le besoin. « Primum vivere » (c'est la devise que Bergson ne cesse de citer) : d'abord survivre. Cela explique, par exemple, en l'être humain, la primauté de l'action et de la pensée qui se règle sur elle, l'espace, la technique et la science, avec leur vérité propre. Mais cette contrainte vitale nous cache un autre aspect de la vie : l'acte intérieur, qui lui permet non seulement de se maintenir mais aussi de se diversifier et de se créer dans le temps, acte présent dans chaque vivant et dans « la vie » non pas comme abstraction mais elle-même comme « élan » sur notre planète et dans l'histoire aussi des vivants humains. La vie n'est pas seulement lutte contre la mort, mais acte créateur, voici ce qu'a toujours dit Bergson, depuis la distinction entre la « durée » et l'espace (dans son premier livre) jusqu'à celle (dans son dernier livre) entre la morale close, tournée vers la guerre à cause de la limitation de la vie, et la morale ouverte, qui en retrouve l'élan, chez quelques hommes de bien qui sont, pour cette raison, prêts à accepter la mort ! Ainsi, l'aphorisme inconnu confirme tout cela : on est tourné d'abord vers la limite de la vie, et la mort nous obsè
«Nous savons que ce ne sont pas des pensées comme les autres, ces pensées qui nous relient ou nous séparent les uns des autres, par exemple lorsque je ne cesse de penser à ta venue ou à ton départ - ou même à ta disparition -, ou lorsque notre dispute me revient à l'esprit, ou lorsque je dois t'annoncer une épreuve - ou te déclarer mon amour. Ces pensées ont beau être singulièrement intenses, parmi nos pensées, et singulièrement vitales, dans nos vies, nous les réduisons à des cas isolés, nous n'y pensons plus. Or, le but de ce livre est simple : il consiste à expliquer pourquoi "penser à quelqu'un", ce n'est pas comme penser à "quelque chose", mais pas non plus une exception pour la pensée, ni dans la vie. Bien plutôt un modèle de la pensée, et une orientation dans la vie.» Frédéric Worms.
«Nous savons que ce ne sont pas des pensées comme les autres, ces pensées qui nous relient ou nous séparent les uns des autres, par exemple lorsque je ne cesse de penser à ta venue ou à ton départ - ou même à ta disparition -, ou lorsque notre dispute me revient à l'esprit, ou lorsque je dois t'annoncer une épreuve - ou te déclarer mon amour. Ces pensées ont beau être singulièrement intenses, parmi nos pensées, et singulièrement vitales, dans nos vies, nous les réduisons à des cas isolés, nous n'y pensons plus. Or, le but de ce livre est simple : il consiste à expliquer pourquoi "penser à quelqu'un", ce n'est pas comme penser à "quelque chose", mais pas non plus une exception pour la pensée, ni dans la vie. Bien plutôt un modèle de la pensée, et une orientation dans la vie.» Frédéric Worms.
Dans le discours public, la république et ses « valeurs » sont invoquées en permanence, suscitant souvent l'indifférence et parfois l'irritation. Devant ce constat, il importait de redonner du sens aux mots, car la vie démocratique et la construction de l'intérêt général sont aussi une affaire de langue. Comment poursuivre une forme ou une autre de « vivre-ensemble » sans se parler et sans se comprendre ? Ce livre fait donc le choix de donner la parole à des chercheurs européens qui interrogent les mots de la République et du républicanisme dans une perspective internationale et sur la longue durée, des démocraties grecques aux enjeux contemporains. Son ambition : inviter le lecteur à prendre du recul et à penser la République non comme un dogme, mais comme un objet vivant où doivent se conjuguer l'intérêt commun et la liberté de tous.
Cet ouvrage explore la complexité et la richesse de l'événement de la naissance, la diversité des approches sociales et culturelles, la force des enjeux qui en découlent, qu'ils soient psychiques ou politiques. Comment se déroule une naissance, quels soins l'entourent, la précèdent, la prolongent, l'accompagnent ? Quels sont ceux et celles, parents, soignants, figures médicales ou symboliques, mythologiques ou magiques, qui participent à la naissance ou à la renaissance d'un individu ? Autour du paradigme de la naissance, se croisent d'anciennes questions et de véritables défis contemporains autour de la conception et de la fabrication des enfants. Que nous apprennent ceux qui accueillent les nouveau-nés et secondent leurs parents, mais aussi ceux qui entendent dans la souffrance d'un adolescent ou d'un adulte la douleur d'une impossible naissance à soi ?
La pandémie nous fait faire une nouvelle expérience temporelle, elle nous apprend à vivre "en temps réel". Le danger consiste à être écrasé par cette expérience temporelle, et à trouver le salut dans la fuite ou dans le déni, car notre rapport au temps cesse d'être insouciant, silencieux, et joyeux. Mais justement, c'est aussi le moment où, en touchant le fond de notre expérience temporelle du présent, nous pouvons trouver de quoi rebondir et comprendre comment cette expérience il est vrai terrible, contient aussi la clé d'une réponse qui serait non seulement individuelle mais aussi collective, historique et humaine. Car le défi est là : puisque les dangers de notre temps comportent aussi un danger dans notre rapport au temps, il nous faut comprendre qu'on ne les affrontera pas sans retrouver aussi un rapport heureux au temps. Nous parviendrons ainsi à concilier toutes les dimensions du temps dans un même instant ; la réponse à l'urgence, mais aussi la préservation de la vie et les raisons de vivre ; et puis le présent et l'avenir..
Alors que le monde est secoué par les effets dévastateurs d'une pandémie, la question du soin est plus que jamais au coeur des enjeux de notre société. Les auteurs et interlocuteurs de la collection « Questions de soin » prennent la parole et proposent ici leur contribution à cette réflexion, comme autant de jalons pour l'avenir. Au-delà de l'intervention, sur le moment, il faut en effet reprendre et s'appuyer sur le temps de la recherche, de la pratique, de l'enseignement à tous niveaux, du débat public sur le long terme, qui sera aussi celui de cet événement hors-normes.
Cet ouvrage analyse tous les enjeux politiques du soin, au-delà de ce qu'on appelle la politique de soin : chaque dimension du soin (secours et soutien, travail et pouvoir, solidarité, souci) appelle en fait une politique qui traverse toutes les dimensions de nos sociétés et de nos vies. Il ne faut donc pas réduire le soin au seul secours et se demander si « la politique » doit le prendre en charge de façon minimale ou maximale, suscitant les spectres idéologiques du chacun pour soi ou de « l'assistanat ». Il faut au contraire analyser soigneusement les différents aspects du soin, et montrer qu'à chacun d'eux correspond une tâche politique précise. Ainsi, le secours appelle une prise en charge matérielle et sociale immédiate, tandis que le soutien subjectif appelle la construction de cadres ; le pouvoir médical appelle des limites, le travail social une reconnaissance ; la solidarité n'est pas seulement prestation mais aussi liberté et égalité ; le soin est enfin souci du monde, naturel et humain. Ce livre bref, synthétique, vise à ouvrir un nouvel espace de travail théorique et pratique pour le moment présent.
Depuis la première édition de ce livre, en 2017, tout confirme et rend plus urgent son diagnostic.Car tous les maux de l'époque sont redoublés par le mal analysé ici, que la démocratie est la seule à affronter : la violence intérieure entre les humains. Avec ses formes précises: cynisme, racisme, ultralibéralisme.Que ce mal soit « chronique » ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire, bien au contraire. Car s'il peut atteindre des pics mortels, il peut également connaître des progrès vitaux, avec les bons remèdes. On pourra ainsi répondre à tous les maux du moment. Frédéric Worms est professeur de philosophie à l'ENS et membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est notamment l'auteur de Revivre (2012, Prix lycéen du livre de philosophie), et de Pour un humanisme vital (2019). En même temps que la présente réédition paraît un recueil de ses chroniques dans Libération : Sidération et résistance. Face à l'événement (2015-2020).
Face à la violence, que peut la philosophie ? La question se pose avec une terrible acuité après les attentats de janvier 2015 à Paris. Cet ouvrage limpide, étincelant, destiné à un large public, met la philosophie à l'épreuve de la politique, de 1943 - année de la publication de L'Être et le Néant - jusqu'à nos jours, à travers des figures emblématiques. Sartre donne à sa philosophie de la liberté une portée métaphysique. Camus récuse la violence en recourant à l'absurde et à la révolte. Pour Merleau-Ponty « l'épaisseur du présent » impose à l'action « les moyens du présent ». Simone Weil, Canguilhem, Cavaillès mettent le pacifisme à l'épreuve et en avant l'expérience de la nécessité. Lévi-Strauss pose le problème de la violence face à la diversité humaine repensée. Deleuze pense la dimension ultime de l'être comme différence. Foucault s'attache à l'enfermement intolérable. Levinas et Derrida analysent le passage de la métaphysique à l'éthique. Jankélévitch se penche sur la question du pardon, de l'impardonnable et de l'imprescriptible. C'est la philosophie tout entière - c'est-à-dire l'action et la pensée, les oeuvres et les relations, l'histoire et l'actualité - qui répond à la folie du monde. Aussi ce livre peut-il être lu comme un acte de résistance.
« On ne peut s'empêcher devant les documents ici réunis, cours inédit de Bergson au Collège de France, celui de Deleuze sur Bergson ou le dossier issu des colloques de Prague et de Paris sur "Bergson et la phénoménologie" d'éprouver un sentiment un peu illusoire mais assez fort d'assister à l'histoire de la philosophie en train de se faire... Bergson, Deleuze, la phénoménologie, des relations parmi celles qui ne sont pas dans ou pour une histoire de la philosophie indépendante d'elles, mais qui sont et qui font en même temps la philosophie et son histoire. »
Les années soixante ont constitué un véritable moment philosophique, ce qui veut dire à la fois transversal aux différentes dimensions de la pensée (scientifique, politique, esthétique, philosophique) et collectif, donc irréductible à un seul des trajets singuliers qui l'ont caractérisé. Cet ouvrage se propose d'en prendre toute la mesure en rassemblant les meilleurs spécialistes de la période.Il est divisé en huit parties. Quatre parties sont consacrées à la réévaluation de l'événement des années soixante dans une de ces dimensions transversales : épistémologique, politique, philosophique et esthétique. Ils alternent avec quatre autres parties consacrées à quatre grands livres caractéristiques de cette période : La Pensée Sauvage de Lévi-Strauss (1961), les ouvrages d'Althusser de 1965 (Lire le Capital et Pour Marx), ceux de Jacques Derrida autour de De la Grammatologie (1967), et Discours Figure de Lyotard.
La philosophie du soin que ces journées voudraient esquisser ne vise ni à dénoncer la technique médicale pour elle-même, ni à attendre qu'elle résolve par son évolution les problèmes éthiques. Elle cherche à penser les manières dont les techniques peuvent, y compris dans leur matérialité, s'intégrer à la visée du soin. Elle ne vise pas à ajouter de l'extérieur une dimension soignante à la médecine technique existante, mais à penser le soin au coeur même de la technique et de la médecine.Contribuer à une philosophie du soin demande de faire converger différentes approches réflexives dans les divers champs de la médecine qui mobilisent de manière intense la question du soin. Ce projet rencontre aussi les problèmes soulevés par l'éthique du care. Il s'agit aussi de s'interroger sur la manière dont cette réflexion peut initier le soignant à se décentrer du point de vue de la technique médicale pour (re)connaître l'existence et la légitimité de celui du malade. Comment faire que la philosophie ne soit pas tant une initiation à l'éthique et à des principes fondamentaux extérieurs à la question du soin, qu'une formation éthique visant la rénovation du soin par l'attention au malade ?
La démocratie est bonne et même vitale pour la santé : telle est la thèse de ce livre collectif qui, en lien avec les États généraux de la bioéthique pilotés par le Comité consultatif national d'éthique, étudie les nouveaux enjeux et les nouveaux outils de la démocratie en santé. La démocratie doit, en effet, être comprise comme une méthode de résolution des problèmes complexes et parfois clivants qui occupent nos sociétés, et qui, à l'instar des problèmes de santé, articulent toujours plusieurs rationalités - en l'occurrence, médicale, économique, éthique et politique. La démocratie apparaît comme le seul moyen humain à même de résoudre des questions aussi complexes, qui engagent la vie et la mort des individus et qui se déploient dans une politique et une géopolitique. Cet essai offre un tour d'horizon de la démocratie en santé, de la santé mondiale à la relation de soin, plus vitale que jamais.
Y a-t-il un lien entre les oeuvres de Husserl, Freud, Bergson, Russell, Durkheim et bien d'autres, toutes apparues autour de 1900 ? En 1900, se créent la Société française et les Congrès internationaux de philosophie. Mais y a-t-il pour autant un « Moment 1900 en philosophie » ? Autrement dit : y a-t-il des problèmes communs à ces oeuvres singulières, appelées à dominer le siècle philosophique, et qui surgissent sinon en 1900 du moins entre 1890 et la rupture si brutale à tous égards de 1914 ? Telle est la question posée par ce livre, dans son unité et sa diversité. Diversité : il s'agit d'études menées par les meilleurs spécialistes non seulement sur les oeuvres philosophiques que l'on vient de citer et d'autres (d'Alain à Jaurès, de Nietzsche à Dilthey), mais aussi sur les sciences, les arts, et la politique. Unité : l'hypothèse qui organise le livre est reprise et discutée dans des textes entre lesquels se tissent donc des liens multiples, qui invitent le lecteur à autant de parcours. La tension de ce « moment » fondateur est celle du siècle qu'il ouvre, jusqu'à nous. La méditer, cent ans après, au seuil d'un nouveau siècle est indispensable.
Auteur des Maladies chroniques de la démocratie, Frédéric Worms tient également une chronique dans le journal Libération. Il n'échappe donc pas à la sidération qui définit l'époque : des attentats aux épidémies, en passant par l'incendie de Notre-Dame, # Metoo ou le climat, il est saisi par l'événement.Mais en l'exprimant, en l'analysant, en le mettant à chaque fois à l'épreuve d'une pensée du vivant et de la justice, il nous donne le premier moyen de la résistance : un sens partagé. Car l'événement, ce sont aussi des actes, des oeuvres, des ressources que l'on peut repérer et soutenir. Ces chroniques vont à leur rencontre.Comment répondre aux dangers qui nous menacent ? En traversant l'épreuve de l'événement et en retrouvant la dimension vitale de la démocratie. Afin que les années de sidération soient aussi les jalons d'une résistance. Car rien n'est joué d'avance. Frédéric Worms est professeur de philosophie à l'École normale supérieure et membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est notamment l'auteur de : La Philosophie du xxe siècle en France. Moments (2009) ; Revivre. (2012 ; Prix lycéen du livre de philosophie, 2016) ; Pour un humanisme vital (2019) ; Les Maladies chroniques de la démocratie (2017 ; réédité en même temps que ces chroniques).
Bergson, souvent étudié par bribes, connu pour son traité sur le rire ou quelques-unes de ses métaphores, mérite d'être compris, découvert ou redécouvert dans toute son ampleur. Derrière son approche concrète, à la fois psychologique, sociologique et morale, on trouve une philosophie de la vie qui s'exprime avec ses contraintes et ses besoins, mais aussi dans sa profondeur individuelle et temporelle. Les grands concepts de la philosophie bergsonienne comme la durée, l'élan vital, la mystique, la morale et la religion se trouvent expliqués avec simplicité par Frédéric Worms dans cet exposé tout en finesse. Claude COLOMBINI FRÉMEAUX
La démocratie n'est pas finie, au sens où elle n'est pas achevée et où elle est encore capable de nous surprendre.Elle ne retrouvera sa force qu'en admettant ses faiblesses : des maux qui ne sont pas passagers, mais constants et irréductibles. Des maladies chroniques, qui tiennent à son essence et à l'humanité même. Mais qui peuvent connaître des pics mortels. Il nous faut donc connaître et affronter ces maladies, pour revenir, non à une santé parfaite, mais à la vie humaine, avec ses créations et ses joies, dont la démocratie est une condition.Quelles sont ces maladies ? Avant tout, une violence intérieure aux relations humaines, contre laquelle la démocratie est la seule à lutter, face à des régressions toujours possibles. Cette violence prend des formes nouvelles accentuées par les ébranlements de l'époque : le soupçon ou le cynisme, renforcés par Internet ; le racisme, nourri par le terrorisme; l'ultralibéralisme, aggravé par la mondialisation.La démocratie qui affronte ces maux, peut seule les guérir, dans une crise qu'elle saura dépasser à condition de la comprendre. Elle se ressaisira alors et s'élargira dans le monde et à tout le monde. Frédéric Worms est professeur à l'École normale supérieure et membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est notamment l'auteur de : Bergson ou les deux sens de la vie (2004) ; La Philosophie en France au xxe siècle. Moments (2009) ; Revivre. Éprouver nos blessures et nos ressources (2012 - Prix lycéen du livre de philosophie, 2016) ; Penser à quelqu'un (2014).
Penser à quelqu'un. Nous savons tous qu'il ne s'agit pas là d'une pensée comme les autres. Cela évoque aussitôt les expériences les plus intenses. L'amour. La perte. La jalousie. L'admiration. Ce livre nous explique pourquoi. Il nous montre que ces pensées sont premières. Conditions de toutes les autres pensées. Toutes les pensées renvoient aux relations, à ceux à qui nous pensons, mais aussi à ceux qui pensent à nous. Elles peuvent nous créer, mais aussi nous détruire. Elles traversent la culture, la morale, la politique, sources de manipulations mais aussi de résistances. Elles nous font comprendre de façon nouvelle notre pensée, et notre vie. Couverture : Création Studio Flammarion © Flammarion, 2014.
Penser à quelqu'un. Nous savons tous qu'il ne s'agit pas là d'une pensée comme les autres. Cela évoque aussitôt les expériences les plus intenses. L'amour. La perte. La jalousie. L'admiration. Ce livre nous explique pourquoi. Il nous montre que ces pensées sont premières. Conditions de toutes les autres pensées. Toutes les pensées renvoient aux relations, à ceux à qui nous pensons, mais aussi à ceux qui pensent à nous. Elles peuvent nous créer, mais aussi nous détruire. Elles traversent la culture, la morale, la politique, sources de manipulations mais aussi de résistances. Elles nous font comprendre de façon nouvelle notre pensée, et notre vie. Couverture : Création Studio Flammarion © Flammarion, 2014.
Chaque année, là où habite Martine, la foire s'installe sur la place du marché. Le manège tourne, les chevaux de bois montent et descendent, crinière au vent. C'est la fête, avec sa fanfare, ses ballons et son odeur de beignet. Sur les balançoires, Martine se sent aussi légère qu'un papillon. Elle ne rentrera qu'à regret, une fois la nuit venue, des rêves plein la tête.