Erik Orsenna
Erik Orsenna
Au XIXe siècle, les villes d'eaux étaient le théâtre d'une société en quête de guérison et de divertissement.
Et si la musique de Bach pouvait changer une vie ? Un écrivain académicien et une pianiste virtuose unissent leurs voix pour raconter, avec humour et émotion, comment l’œuvre du cantor de Leipzig les a accompagnés, inspirés, transformés.
"À l'évidence, dans notre pays, quelqu'un mangeait. Oui, quelqu'un dévorait même, sans répit, ni repos. Et personne ne semblait s'en émouvoir ! Il aurait pourtant suffi de jeter un coup d'oeil dans les poubelles, on y aurait vu les reliefs de ce repas perpétuel : ici, le souvenir d'une radio, jadis indépendante ; là, les restes d'une maison d'édition légendaire. Les bruits se rapprochant, votre narrateur décida de mener l'enquête. Quel était donc cet ogre revenu du fond des âges pour se repaître du royaume de France ?" Comme dans un conte voltairien, Erik Orsenna dessine ici le portrait parodique - sans jamais le nommer - d'un riche et célèbre industriel emporté par l'hubris capitaliste.
"À l'évidence, dans notre pays, quelqu'un mangeait. Oui, quelqu'un dévorait même, sans répit, ni repos. Et personne ne semblait s'en émouvoir ! Il aurait pourtant suffi de jeter un coup d'oeil dans les poubelles, on y aurait vu les reliefs de ce repas perpétuel : ici, le souvenir d'une radio, jadis indépendante ; là, les restes d'une maison d'édition légendaire. Les bruits se rapprochant, votre narrateur décida de mener l'enquête. Quel était donc cet ogre revenu du fond des âges pour se repaître du royaume de France ?" Comme dans un conte voltairien, Erik Orsenna dessine ici le portrait parodique - sans jamais le nommer - d'un riche et célèbre industriel emporté par l'hubris capitaliste.
Cuba, le Sahel, l’Inde ou la Chine : deux amis, un écrivain et un photographe, partent à la rencontre des peuples nomades et des mondes en mutation. Leurs carnets croisés révèlent la beauté fragile de notre planète et l’urgence de la comprendre.
Un jour, Valentine, 10 ans, se promène avec son chien au bord de l'eau lorsqu'elle entend une voix : " Au secours ! Je suis malade. J'ai besoin de ton aide. " Valentine regarde partout. Personne ! Soudain, plus de doute : c'est la rivière qui vient de lui parler. Ainsi commence l'histoire incroyable d'une classe de CM2. Avec Adopte ta rivière, Erik Orsenna, académicien français mais surtout prof dans l'âme, retrouve, vingt-cinq ans après, la magie du conte, celle de La grammaire est une chanson douce. Pour alerter en émerveillant. Avec les illustrations de Delphine Balme.
" De nouveau, je vous emmène en voyages. Mais cette fois, pas besoin de prendre l'avion ou le bateau. Je vous invite tout près, au plus près. Au coeur de votre coeur, au fil de votre sang et de vos larmes. Dans les mystérieuses citernes de votre cerveau. Bienvenue dans les secrets les mieux gardés, nos parcs naturels intimes où oeuvrent, sans relâche, d'innombrables micro-organismes. Sans oublier ces tout petits et palpitants espaces, ceux que nous qualifions, les yeux baissés et du fard aux joues, de "zones humides'. Embarquons ensemble pour vingt mille lieues sur, sous et dans la peau. Pour retrouver aussi musiques et légendes : elles aussi coulent en nous, elles aussi nous irriguent. Vous vous demanderez peut-être quelle folie m'a pris de tant raconter. En m'aventurant dans des domaines qui n'étaient pas les miens. L'âge venu, je voulais remercier la vie. Et comment remercier vraiment sans connaître ? " E.O.
' Ce récit est un mensonge, madame la Juge. Un mensonge par le fait même de la destination que j'avais choisie : je savais mieux que personne que la glace est la mémoire du monde. ' Lorsqu'ils se rencontrent à un dîner arrangé par leurs amis, Suzanne et Gabriel ont déjà bien vécu. Le coup de foudre est immédiat. Mais après quatre ans de mariage, leur couple bat de l'aile. Le divorce prononcé, Gabriel part pour le Grand Nord dont il aime les étendues gelées. C'est alors, au coeur d'une tempête, qu'il reçoit un message de Suzanne. Comment réparer ce qui semble perdu ? Du détroit de Béring aux îles jumelles Diomède, ils vont tout faire pour se retrouver et briser en eux la mer gelée.
' Ce récit est un mensonge, madame la Juge. Un mensonge par le fait même de la destination que j'avais choisie : je savais mieux que personne que la glace est la mémoire du monde. ' Lorsqu'ils se rencontrent à un dîner arrangé par leurs amis, Suzanne et Gabriel ont déjà bien vécu. Le coup de foudre est immédiat. Mais après quatre ans de mariage, leur couple bat de l'aile. Le divorce prononcé, Gabriel part pour le Grand Nord dont il aime les étendues gelées. C'est alors, au coeur d'une tempête, qu'il reçoit un message de Suzanne. Comment réparer ce qui semble perdu ? Du détroit de Béring aux îles jumelles Diomède, ils vont tout faire pour se retrouver et briser en eux la mer gelée.
Le nouveau roman d'Érik Orsenna. À Venise, le temps s'est arrêté. Les Éléments sont déchaînés. Et Vivaldi a ressuscité...
L'agriculture à la croisée de nos chemins. Nous aimons le pain mais ne chérissons guère les céréaliers. Depuis l'enfance, nous adorons les vaches mais condamnons les éleveurs. En bons Français, nous répétons adorer manger mais accordons de moins en moins d'attention à notre alimentation. Au pays de Pasteur, nous nous méfions de la Science alors que, grâce à elle, une révolution se prépare. Julien a été ministre de l'Agriculture. Érik aurait rêvé de l'être. Pour tenter de comprendre et de dépasser ces contradictions, nous sommes partis en voyage. Aux quatre coins de la France, mais aussi ailleurs en Europe. Et en Chine, au Brésil, en Égypte, en Ukraine. Nous avons visité des fermes et des élevages de toutes tailles et des labos prometteurs. Nous avons rencontré des personnages d'aujourd'hui, de demain mais aussi d'hier. Loin de tomber toujours d'accord, nous nous sommes réunis sur l'enjeu essentiel : nourrir toujours plus d'êtres humains sans dévaster leur planète.
L'agriculture à la croisée de nos chemins. Nous aimons le pain mais ne chérissons guère les céréaliers. Depuis l'enfance, nous adorons les vaches mais condamnons les éleveurs. En bons Français, nous répétons adorer manger mais accordons de moins en moins d'attention à notre alimentation. Au pays de Pasteur, nous nous méfions de la Science alors que, grâce à elle, une révolution se prépare. Julien a été ministre de l'Agriculture. Érik aurait rêvé de l'être. Pour tenter de comprendre et de dépasser ces contradictions, nous sommes partis en voyage. Aux quatre coins de la France, mais aussi ailleurs en Europe. Et en Chine, au Brésil, en Égypte, en Ukraine. Nous avons visité des fermes et des élevages de toutes tailles et des labos prometteurs. Nous avons rencontré des personnages d'aujourd'hui, de demain mais aussi d'hier. Loin de tomber toujours d'accord, nous nous sommes réunis sur l'enjeu essentiel : nourrir toujours plus d'êtres humains sans dévaster leur planète.
À l'heure où revient le débat sur l'identité, avec des opinons opposées de plus en en plus violentes, Erik Orsenna a voulu, par la voie du conte commencée avec sa Grammaire est une chanson douce, raconter l'histoire de la langue française. Pour une telle ambition, le savoir lui manquait. Bernard Cerquiglini, l'un de nos plus grands linguistes et son ami de longue date, a bien voulu lui apporter ses lumières aussi incontestées que malicieuses. Et nous voilà partis, deux millénaires en arrière, chez nos ancêtres les Gaulois dont les mots sont bientôt mêlés de latin, puis de germain. Avant l'arrivée de mots arabes, italiens, anglais... Un métissage permanent où chaque langue s'enrichit d'apports mutuels. Jusqu'à ce que déferle une vague de vocables dominateurs nés de la mondialisation économique et inventés pour son service. Ce globish aura-t-il raison de la diversité linguistique, aussi nécessaire à nos vies que cette biodiversité dont nous avons appris à reconnaître l'importance capitale, et la fragilité ? Et si les mots immigrés, c'est à dire la quasi-totalité des mots de notre langue, s'ils décidaient de se mettre un beau jour en grève ? Ce jour-là, les apôtres de cette illusoire pureté nationale deviendraient muets. Il n'est pas interdit d'en rêver... Illustrations de François Maumont.
« La Terre a soif. Et la soif est un appel. Le plus bouleversant, car le plus vital de tous les appels. À cet appel, les rivières et les fleuves ont su répondre. En offrant l'eau réclamée, bien plus que les puits. Cette mission, essentielle entre toutes, combien de temps pourront-ils la remplir ? Après L'Avenir de l'eau (2008), voici un grand voyage aux royaumes des fleuves. Trente-trois fleuves du monde, de l'Amazone à mon tout petit Trieux (Bretagne Nord). Voici une géographie intimement mêlée d'histoire. Une musique venue du ciel, une pluie fatiguée de tomber qui continue son parcours dans un lit jusqu'à la mer. Un récit toujours semblable et chaque fois singulier : le théâtre de la Vie. À Louang Prabang (Laos), un lever du jour sur le Mékong ; à Bâton-Rouge (Louisiane), un pianiste chante le blues pour prier le Mississippi de bien vouloir calmer sa crue. Mille émerveillements nous attendent. De plus en plus souvent accompagnés d'effroi. » Erik Orsenna
« Joie, tous les humains deviennent frères lorsque se déploie ton aile douce. »Quatre ans avant 1789, quatre ans avant la prise de la Bastille et la Déclaration des Droits de l'Homme, Schiller écrit ce poème qui ne cessera d'accompagner Beethoven.Un Beethoven toute sa vie passionné de fraternité alors que tout se ligue contre lui, sa famille, sa santé, ses amours, ses finances, la noblesse. À tous les coups qui le frappent, il répond par un chef d'oeuvre. Jusqu'à ce bout du chemin, le 26 mars 1827, en plein coeur d'un orage. Il meurt en nous laissant, en nous léguant cette joie, les derniers accents de sa neuvième symphonie devenu le chant de l'Europe enfin réconciliée. Ce livre est le récit de cette passion, le portrait d'un génie fraternel. Un livre né d'un double amour.Pour l'Europe.Et, bien sûr, pour la musique. Car le trio « Fidelio » que viennent de créer Erik Orsenna, le pianiste Michel Dalberto et le violoncelliste Henri Demarquette raconte, mots et notes mêlés, cette folle et bouleversante passion pour la Fraternité.De quel trésor avons-nous le plus aujourd'hui besoin ?
"Je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui on remercie beaucoup. On s'indigne et on s'enthousiasme, on s'inquiète et on se distingue. Très bien. Mais voilà : on remercie peu. La gratitude n'est pas le fort des esprits forts, encore moins des esprits faibles. [...] Tout ce que je vais dire, après cet éloge du remerciement, ne sera donc qu'une série ininterrompue d'éloges. Éloge d'une collectivité, qui s'est donné le beau nom de "compagnie", éloge d'un individu, qui fut mon prédécesseur, et, pour commencer par le plus élémentaire, le plus matériel, le plus clinaménien, éloge d'un fauteuil."
"Je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui on remercie beaucoup. On s'indigne et on s'enthousiasme, on s'inquiète et on se distingue. Très bien. Mais voilà : on remercie peu. La gratitude n'est pas le fort des esprits forts, encore moins des esprits faibles. [...] Tout ce que je vais dire, après cet éloge du remerciement, ne sera donc qu'une série ininterrompue d'éloges. Éloge d'une collectivité, qui s'est donné le beau nom de "compagnie", éloge d'un individu, qui fut mon prédécesseur, et, pour commencer par le plus élémentaire, le plus matériel, le plus clinaménien, éloge d'un fauteuil."
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La Grammaire est une chanson douce est une fantaisie joyeuse. Jeanne, la narratrice, une jeune adolescente, pourraît être la petite soeur d'Alice, l'héroïne de Lewis Carroll, précipitée dans un monde où les repères familiers sont bouleversés. Avec son frère aîné, Thomas, elle voyage beaucoup : leurs parents sont séparés et vivent chacun d'un côté de l'Atlantique. Un jour, leur bateau fait naufrage et, seuls rescapés, ils échouent miraculeusement sur une île inconnue. Accueillis par Monsieur Henri, un musicien poète et charmeur, ils découvriront un territoire magique où les mots mènent leur vie : ils se déguisent, se maquillent, se marient. C'est une promenade dans la ville des mots, pleine d'humour et de poésie, où les règles s'énoncent avec légéreté. Les tribus de verbes et d'adjectifs, les horloges du présent et du passé s'apprivoisent peu à peu, au rythme des chansons douces de Monsieur Henri.
« Figurez-vous que la Terre n'est pas peuplée que d'humains. D'autres êtres, tout aussi vivants que nous, partagent cette copropriété, et pas toujours pour la tranquillité générale. De tous les animaux, le cochon nous est le plus proche. Il nous accompagne depuis toujours. Nous adorons sa viande, et comme, génétiquement parlant, il nous ressemble comme personne, nous prélevons en lui des valves pour soigner nos coeurs défaillants et de l'insuline pour guérir notre diabète. Dans le cochon, tous les dérèglements aussi s'incarnent : l'élevage industriel, la maltraitance, les pollutions. Sans compter les maladies qu'il mitonne au plus profond de son corps bien gras. C'est ainsi que pour comprendre notre Terre, ses délices et ses dérives, rien ne vaut un long voyage en compagnie du cochon, de la Bretagne à la Chine, du roi Louis VI au Prix Nobel de médecine Jules Hoffmann, des Métamorphoses d'Ovide aux prophéties (vérifiées) de George Orwell. Bien sûr, vous y rencontrerez, mais ne craignez rien, à bonne distance, nombre de personnages intéressants dont quelques virus à l'inventivité redoutable, ma chère chauve-souris, championne de l'immunologie, et le désormais célèbre pangolin. Bon voyage aux pays du Vivant ! »Erik Orsenna Petit précis de mondialisation VI Avec la participation du Dr Isabelle de Saint Aubin
« Faisons un rêve. Il était une fois un pays de lecteurs. C'est-à-dire un pays où chacun, chacune, dispose d'un lieu, près de chez lui, de chez elle, un troisième lieu entre domicile et travail, un lieu chaleureux où il, où elle se rend pour découvrir et se découvrir, apprendre, imaginer, échanger, voyager. Un lieu qui lui donne une confiance en soi et le goût du possible. Ce pays, c'est le nôtre, c'est la France. Il dépend de nous qu'il existe. »
Toutes les clefs pour réfléchir sur le sens et l'impact des innovations d'aujourd'hui et de demain.Des applications nouvelles sur notre téléphone mobile au covoiturage, de l'invasion des drones à la réorganisation des chaînes de production, des tweets aux tablettes numériques et aux modes de procréation, des manipulations génétiques aux nanotechnologies, l'innovation est partout. Elle irrigue et bouleverse tous les secteurs économiques, sociaux, culturels et politiques. Rien ne lui échappe. Rien ne peut survivre sans elle. L'innovation permanente, cette recherche éperdue du neuf, est l'originalité de notre époque. Dans quel monde vivons-nous ? Comment s'y retrouver dans un tel foisonnement ? Comment évaluer le sens et l'utilité de cette agitation générale et croissante de nos sociétés ? Quel univers se prépare ? Pendant trois ans, lors de matinales régulières, nous avons invité des personnalités diverses : responsables de grands groupes et créateurs de start-up, scientifiques et philosophes, élus et médecins, étrangers et Français. Ils ont abordé tous les sujets : les transitions énergétiques et numériques, la révolution biologique, la mobilité verte, les villes nouvelles, ces consommateurs qui deviennent acteurs. Tout bouge ! Montaigne avait raison : " Notre monde est un "branloir' universel. " Voici une contribution, modeste, au portrait de notre modernité.
« Depuis l'enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche, grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés. Malicieuse et sage compagnie ! Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus grand poète de notre langue française ? Voici une promenade au pays vrai d'un certain tout petit Jean, né le 8 juillet 1621, dans la bonne ville de Château-Thierry, juste à l'entrée de la Champagne. Bientôt voici Paris, joyeux Quartier latin et bons camarades : Boileau, Molière, Racine. Voici un protecteur, un trop brillant surintendant des Finances, bientôt emprisonné. On ne fait pas sans risque de l'ombre au Roi Soleil. Voici un très cohérent mari : vite cocu et tranquille de l'être, pourvu qu'on le laisse courir à sa guise. Voici la pauvreté, malgré l'immense succès des Fables. Et, peut-être pour le meilleur, voici des Contes. L'Éducation nationale, qui n'aime pas rougir, interdisait de nous les apprendre. On y rencontre trop de dames « gentilles de corsage ». Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie : mi-fable, mi-conte. Gravement coquine. » E. O.
Un état des lieux géopolitique, économique et écologique sur cette région en plein bouleversement.
" C'est le prince du En Même Temps, cette stratégie qui, quoi qu'on pense n'est pas moderne : c'était déjà la devise du XVIIIe siècle. Musicien, courtisan, financier, promoteur immobilier, industriel, espion, armateur, auteur d'oeuvres tantôt géniales, tantôt très oubliables, éditeur de Voltaire, il devient révolutionnaire malgré lui. Trop gourmand pour ne pas TOUT vivre à la fois. Et trop joyeux de toutes ces aventures pour en ressentir de la fatigue. Comme l'écrivait Fernando Pessoa, n'être qu'un est une prison." E.O.
« Un père et un fils n'échangeaient guère. Vient un été où ils divorcent ensemble. Le fils de sa première femme. Le père de la mère du fils. Alors le père et le fils ne vont plus arrêter de parler d'amour. Tout nous réussit sauf nos amours. Nos échecs viendraient-ils d'un gène familial, le gène des amours impossibles ? Et ce gène, ne viendrait-il pas de Cuba, l'île aux mille tentations et berceau de la famille ? »Erik Orsenna De Bréhat à Cuba, voici l'histoire d'une famille, et surtout de deux hommes. La vie les soude à un moment où chacun n'y croit plus : leurs amours se succèdent, la solitude va et vient, avec la fatalité des marées. Parce que ces deux « éclopés de la conjugalité » ne restent pas en rade, ils remontent au fil de leurs discussions jusqu'à leur aïeul Augustin, tailleur de profession, pianiste improvisé, parti tutoyer le destin et les femmes à Cuba. Cet homme timide initie la malédiction familiale par une existence extrêmement romanesque, il y a 150 ans. Quant au narrateur de L'Origine de nos amours, il porte en lui un « chromosome narratif » qui raconte les bonheurs et les bourrasques de chaque destin avec rythme, avec humour, avec talent.
Treize années durant, chaque jeudi après-midi, l'Académie française m'a offert le privilège d'avoir comme voisin le Prix Nobel de médecine, François Jacob. Comme deux potaches, nous bavardions. Mon ignorance abyssale en biologie l'accablait. C'est lui qui m'a donné l'idée de ce livre : "Puisque, par on ne sait quel désolant hasard, tu occupes le fauteuil de Pasteur, plonge-toi dans son existence, tu seras bien obligé d'apprendre un peu !" Voici, racontés par un ignorant qui se soigne, quelques-uns des principaux mécanismes de la vie. Voici mises à jour les manigances des microbes, voici dévoilés les sortilèges de la fermentation, voici l'aventure des vaccinations. Voici, bien sûr, la guerre victorieuse contre la rage. Voici Marie : plus qu'une épouse, une complice, une organisatrice, une alliée dans tous les combats. Voici un père qui a vu trois de ses filles emportées par la maladie à deux ans, neuf ans et douze ans. La mort ne lui aura jamais pardonné d'avoir tant fait progresser la vie. Dans ce XIXe siècle assoiffé de connaissances, voici LE savant.
À ce jour, mars 2018, cinquante agglomérations dépassent, sur notre planète, les dix millions d'humains. Soixante-cinq millions à Hong Kong et dans les alentours de la rivière des Perles ; quarante-deux millions pour Tokyo et son proche voisinage ; trente-cinq millions pour Jakarta... D'ores et déjà, la moitié de nos compatriotes vivent en ville. Bientôt, dans quinze ans, dans vingt ans, ce seront les deux tiers... Et si la ville était le creuset de toutes les inventions, le plus formidable des réservoirs de la vie ? Voilà pourquoi, en pestant, en ronchonnant, en rêvant de campagne, on se précipite pour y vivre. Alors, bienvenue dans deux cents villes d'aujourd'hui, dont trente françaises, de Paris à Guéret, de Lyon à Montfermeil. Bienvenue dans la vie moderne. E. O.
Toute famille a ses eldorados. Des lointains peuplés d'ancêtres forcément farouches, séducteurs et richissimes. Enfant, on me promenait sur les ports, on m'enivrait de Brésil et de Caraïbes, sans plus de précision. L'âge venant, j'ai décidé d'aller y voir. Elle s'appelait Villademoros, papetière. Il se prénommait Augustino, négociant. Mes arrière-grands-parents. Ils habitaient La Havane, où ils étaient nés. Cent vingt ans plus tard, Cuba coupe le souffle tellement les gens, les lieux son beaux, et serre le cœur tant l'échec est criant. Un grand Fidel est passé par là. Il voulait édifier le paradis sur terre... on peut construire des écoles, des hôpitaux. On ne force pas un peuple au bonheur. Surtout quand ce peuple le possède en lui. Vous l'aviez deviné : en même temps que l'arbre généalogique, nous avons visité les ruines du rêve. E.O.
1945. Louis et Bénédicte se rencontrent, se sourient, puis se marient. Louis s'engage dans la reconstruction du pays, et Bénédicte fait de la jalousie son métier. Clara, leur fille, découvre le don des larmes : pleurer sera son seul plaisir. Quant à Charles, son petit frère, il s'étonne, à cinq ans, de n'être pas déjà ministre de l'Intérieur. Une comédie française raconte la course irrésistible de ces quatre personnages dans les coulisses de l'Histoire des vingt années d'après-guerre. " Il faut se laisser porter par ce flot de talent généreux, comme par une pleine eau. " Le Monde
« Il y a des histoires qui sont des déclarations de guerre. Voilà pourquoi, moi, Jeanne, je me suis tue. J'ai préféré attendre que le temps passe. J'étais petite, à l'époque, dix ans et quelques mois. Mais l'heure est venue de parler. »L'ignoble Nécrole a encore frappé. L'objet de sa bataille ? Les mots. Il y en a trop, beaucoup trop. Pour faire taire tous les incurables bavards, tous les poètes, tous les chanteurs, tous les raconteurs d'histoires, tous les amoureux qui disent et redisent leur flamme, tous les humiliés qui protestent, tous les journalistes qui révèlent et, trouve-t-il, polluent de leurs nuisances sonores jusqu'à la nuit, Son Excellence le très distingué Président à vie a édité une liste, pompeusement intitulée « Circulaire VIII.2012.3917 », celle des trente mots désormais autorisés. Pour Mlle Laurencin et les élèves de CM2 de l'école Simon-Bolivar, c'est décidé, la guerre est déclarée. Parmi les escales de cette croisade sur terre et sur mer bientôt suivie par l'île tout entière, on apprendra comment le Palais de justice fait les choux gras de deux brasseries aux drôles de spécialités et ce que le Pays de Tendre dit de l'amour, on découvrira qu'une salle de classe et un centre de stratégie militaire ne sont pas si éloignés et qu'une ancienne mine d'or peut renfermer bien plus précieux que le plus précieux des métaux. Amis ou ennemis de Jeanne, en campagne ou non contre l'ignorance, on croisera le chemin d'une petite foule d'êtres et de créatures, parmi lesquels un élégant, trois jeunes à capuches, des pompiers, un Capitan accablé et très prolixe en anecdotes, un brochet plus vrai que nature, deux vieilles soeurs aussi virulentes qu'érudites, un certain M. Henri et, toujours, la furie de Nécrole...Plus de dix ans après sa première déclaration d'amour à la grammaire, Erik Orsenna ne pouvait conclure qu'en explorant la fabrique des mots. Qui les crée ? D'où viennent-ils ? Comment combinent-ils leurs origines ? A-t-on le droit d'en inventer de nouveaux ? Si l'anglais domine toutes les autres langues, nos mots à nous seront-ils réduits à l'esclavage ? À toutes ces questions, Jeanne répond, une fois de plus, et raconte ses aventures au sein de cette mystérieuse fabrique.
Après La grammaire est une chanson douce, après Les Chevaliers du Subjonctif, après La révolte des accents, Erik Orsenna poursuit les aventures grammaticales de son héroïne Jeanne et de son frère Tom. Ou comment vont-ils découvrir cette fois l'art de ponctuer leur vie... Jeanne a seize ans désormais. Depuis les débuts de son exploration de la grammaire, elle a grandi et s'est enhardie. Elle est aujourd'hui à la tête d'un commerce illicite : elle rédige et monnaye les devoirs des élèves de l'île. De fil en aiguille, elle va devenir le nègre des hommes politiques et rédiger leurs discours. C'est à cette occasion, l'élargissement de sa clientèle au monde politique, que l'importance de la ponctuation lui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles. Avec l'aide de Tom, son frère musicien, elle apprend les bases de la musique et du rythme pour parfaire les discours qu'elle écrit. Car qu'est-ce qu'un discours sinon une sorte de chanson où la musique, le ton, le rythme jouent un rôle aussi grand que les paroles ? Jeanne va trouver à cette recherche un intérêt tout particulier. Car elle est tombée amoureuse. Et la ponctuation n'a-t-elle pas été inventée pour exprimer les sentiments, marquer le rythme du coeur, noter les nuances affectives ? Alors comment ponctuer un texte ? Comment animer sa vie ? Et si, au lieu de la subir, on la dansait ?
Une jonque qui transporte une troupe de comédiens accoste un jour dans l'île où vivent nos amis Jeanne, son frère Thomas, M. Henri... Le soir-même, ils jouent Roméo et Juliette, faisant rêver d'amour tous les habitants de l'île. Le lendemain, stupeur ! la jonque est partie. Elle a emporté avec elle les accents et les épices. L'île découvre alors comme la vie est morne sans eux. Comment avaler, jour après jour, du riz sans safran ? Comment s'émouvoir ou s'émerveiller s'il n'y a plus d'accent aigu sur le e ? Jeanne décide de partir à leur recherche, d'autant plus que son frère s'est embarqué avec la troupe pour travailler comme souffleur. Son périple va la mener jusqu'en Inde, dans une vallée magique où se réunissent chaque année des comédiens du monde entier pour un festival secret de théâtre et d'épices. Ne viendraient-ils pas là pour se faire épicer ? Mais les accents se sont installés plus haut, sur les contreforts de l'Himalaya. Elle a retrouvé Thomas, qui mènera l'expédition jusqu'à la villégiature des accents, où se rassemblent régulièrement tous les accents du monde. Sur ces hauteurs, Jeanne va commencer à découvrir ce que c'est qu'aimer : accentuer sa vie. Elle poursuivra cette exploration dans le prochain livre qui traitera, avec un chef d'orchestre, de la ponctuation. L'AUTEUR Erik Orsenna, de l'Académie française, est l'auteur de L'Exposition coloniale (prix Goncourt, Seuil, 1988), Grand amour (Seuil, 1993), Deux étés (Fayard, 1997), Longtemps (Fayard, 1998), Madame Bâ (Stock, 2003), Portrait du Gulf Stream (Seuil, 2005), Voyage au pays du coton (Fayard, 2006) et Salut au Grand Sud (Stock, 2006). Les illustrations sont de Montse Bernal.