Daniel Zimmermann
Daniel Zimmermann
La Garderie augura, en 1977, le cycle des Chroniques légendaires de gens sans importance. Daniel Zimmermann a remanié et augmenté ce roman, épuisé en librairie depuis de nombreuses années. De 1956 à 1968, nous suivons douze années de la vie de Michel, jeune instituteur et demi-intellectuel de gauche, qui crée "La Garderie", un patronage laïque. L'école, la famille, le militantisme, la sexualité, sont autant de lieux clos, dans lesquels il se débat. Tout à la fois absente et présente, la guerre d'Algérie fissure les certitudes de Michel, et gangrène ce qui aurait pu être un grand amour. À travers un itinéraire balisé par Budapest et Charonne, une génération bernée glisse jusqu'aux barricades de Mai 68. Perdre ses illusions ne donne pas le bonheur, à peine un peu de lucidité face aux événements qui se présentent.
Décryptez les signaux invisibles qui façonnent l'apprentissage en maternelle : Observation et communication non-verbale en école maternelle révèle comment gestes, regards et attitudes influencent le dialogue entre enseignants et enfants.
Dans le cadre du cycle romanesque des Chroniques légendaires de gens sans importance (huit volumes déjà parus), David Kupfermann est, en quelque sorte, le principal double littéraire de Daniel Zimmermann. Aujourd'hui, dans Oniriques, le double se venge et contraint l'auteur à devenir le scribe de ses rêves. En fait de rêves, il s'agit de cauchemars et de fantasmes. Du stylo au sexe, de l'encre au sang, il n'y a souvent qu'un pas que Zimmermann franchit avec allégresse en confondant ses compagnes successives et les héroïnes de ses romans. L'humour et la paillardise, la violence, et la politique, l'histoire et les légendes, l'imbroglio du monde éditorial, les métamorphoses des chats et les romans en cours d'écriture nourrissent ces séquences oniriques. Bien plus encore que la sexualité, le morcellement et la mort habitent ce livre dans lequel les doubles de l'auteur se démultiplient à l'infini.
Tiens, pas trop tôt ! En 42 histoires à la mine de plomb, voilà croqué le décorum des spectres. La cité achélème. Les ratés du rayon de soleil. Vilains soirs à crans d'arrêt. Gredins museaux. Viandes humaines et plantes vertes. Les Malassis ne sont pas des gniasses qui jouent de la flûte à Disneyland. Lopeux, sales, criards à entendre, je dirais qu'ils pompent à la manière des Shadoks. Zoizeaux pas réparables. Fabriqués gris-obstiné par des éternités de pauvreté et de médiocrité, ils seringuent la mouscaille. Prêts pour l'adultère. Le kilbus. Le contrebond. Ils ne sont pas très bien aperçus. Z'habitants tous en barres. 6 ou 700 par muraille. Alvéolés. N'en quel état ! Bâtiment A, bâtiment C. Dardant la vie, c'est le train-train des horreurs ordinaires. Daniel Zimmermann s'y entend en mémoire avariée. Dites ! La façon qu'il bétonne ses fables ! Qu'il invente la légende des années cinquante. Qu'il brode des menteries sur les intrigants Chinetoques. Acharné guetteur, doué pour entonner la voix des escogrus de banlieue rouge, oncle Zimm sait très bien qu'on ne reboume pas les hortensias sur des décharges. Son humour, c'est celui de la bouzillerie. L'onirisme affleure. L'émotion poigne. Rire garanti. Dans un monde tout en colique, les flics qui sifflent partout, les chiens montés sur colliers étrangleurs, faut voir et connaître la façon qu'ils s'accommodent, les Malassis. Quelle leçon !
L'effroi et l'émerveillement d'un homme ordinaire confronté au pouvoir destructeur de l'imaginaire.
Alexandre Dumas eut une vie aussi agitée, théâtrale et passionnée que ses personnages de roman. C'est en menant de front la rédaction de ses romans et le combat politique, en parcourant la Terre de long en large, en fondant des journaux ou en publiant ses célèbres feuilletons dans la presse que son génie s'épanouit et que sa légende se construit.
Depuis que le soleil ne se lève plus, la vie s'éteint à petit feu. Rosie craint pour la santé de son grand-père Edmond, qui pousse des quintes de toux à arracher des séquoias. Du haut de ses treize ans, elle décide de trouver un moyen de ramener le soleil et part sur son vélo Harley à sa recherche. Mais sa bonne volonté ne suffit pas. Après avoir échoué à convaincre Noé, l'homme le plus riche du monde, de l'aider, elle se lance dans une épopée qui lui fera croiser la route de Crépuscule, un paria au grand coeur, Aube, son ange gardien, Vénus, la femme la plus belle du monde, le fameux Famos, Ilra la magicienne et son mari le Chat Cinno, Momo le pêcheur, un sonneur de cloches et même des éléphants footballeurs. Mais qui va réussir à réveiller le soleil ? Dans ce premier roman lumineux, Oxmo Puccino s'empare de l'énergie de la jeunesse pour pointer l'urgence écologique, la vanité de la célébrité, le vertige des passions. Avec humour, poésie et tendresse, il nous offre surtout une histoire d'amour et d'amitié, une quête initiatique entre Le Petit Prince et Tim Burton. Durée : 02H54
Qui a peur de Daniel Zimmermann ? Et d'abord, qui prétend bien connaître l'auteur du Gogol et des Chats parallèles ? Cet homme, joueur de plume, jouet des plumes (Federspiel en alsacien) n'est-il pas le Diable en personne ? Entre les lignes d'un récit haletant, décapant, se lit une angoissante interrogation sur la nature, l'identité de l'écrivain, son étrangeté, son ambiguïté, le mystère de ses origines et de sa création. Qui est ce Je qui écrit, cet autre qui nous leurre, ce leurre qui peut-être dit aussi la vérité ? Un voleur ? Un plagiaire ? Un assassin ? Ou bien quelqu'un qui, à force de raconter des histoires abominables, se prend à son propre jeu de massacre ? Dans ce petit livre âpre, âcre, Zimmermann n'épargne rien ni personne, et l'on ne s'aventure dans la forêt hantée du Sundgau, au sud de l'Alsace, qu'au risque de se perdre un peu soi-même...
Un recueil de textes rassemblés pour la première fois, où l'on apprend que notre grand Dumas fut aussi un nouvelliste d'une verve souvent drolatique.
Des yeux jaunes étonnants, elle est si belle, Éliane Attimont ! Et supérieurement intelligente, serviable, douce, compatissante. Parfaite meurtrière aussi. Sans plaisir ni sadisme. Par nécessité. Mue par la logique implacable d'une passion première, celle qu'elle éprouve pour son père, le bel Albert. Une Électre des Temps modernes ? Pas exactement, le mythe originel est distordu et métamorphosé. C'est Éliane qui envoie son Agamemnon de père à la guerre de 1939-1945, avant de chercher obstinément à l'en faire revenir. Et lorsque son beau rêve s'effrite, Éliane s'arrange, dans sa toute-puissance enfantine, pour que ses amours platoniques ne sortent pas de la famille. Une haute figure de jeune fille indomptable, même lorsqu'elle est victime de Clémence-Clytemnestre et d'Edmond-Égisthe. Si un précédent roman de Daniel Zimmermann, Le Gogol, implantait OEdipe à Savigny-sur-Orge, cette fois les Atrides ont élu domicile dans le Sarcelles d'avant le béton. Violences et crimes de sang, héroïsme discret et marché noir, personnages de commerçants forains désignés par leurs marchandises, M. Bonbon ou Mme Godasse. Zimmermann poursuit son cycle de légendes des banlieues et mène son récit d'une écriture serrée, avec la même allégresse lucide qui conduit son héroïne à la grandeur tragique.
Saïd l'Algérien et Pilule le Français sont inséparables, au boulot comme sur le terrain de foot. Mais dans ces temps troublés de la guerre d'Algérie, la haine gagne tous les esprits. Pourtant, les deux amis se sont juré de s'épargner s'ils devaient un jour se retrouver face à face, l'arme à la main. Emportés par une Histoire qui les déchire, parviendront-ils à tenir parole ?