Daniel Farhi
Daniel Farhi
« Où que ce soit, quand que ce soit, je serai là avec toi, le dernier survivant... Je te promets d'être la mémoire de ta mémoire. Je te promets que ce que tu as enduré ne sera pas effacé de la conscience humaine. Je te promets cette ultime justice de ne pas laisser ton nom ni ta souffrance disparaître de l'histoire universelle... » Depuis 1974, le rabbin Daniel Farhi a identifié son nom à la mémoire des victimes de la Shoah. Il a notamment, depuis 1990, instauré la célébration en France du Yom Hashoah, la journée commémorative inaugurée en Israël en 1951. Il a surtout organisé à Paris la lecture publique, ce jour-là, des noms des déportés juifs de France. Ce recueil contient les « sermons » et allocutions qu'il a prononcés lors de ces commémorations. Émouvantes, pleines d'indignation et d'espérance, imprégnées aussi de philosophie juive et d'esprit universel, ces paroles demeurent des modèles d'humanisme pour notre temps.
Fils d'immigrés turcs, enfant caché au temps de la Shoah, le rabbin Daniel Farhi a fondé en 1977 le Mouvement juif libéral de France. Figure emblématique de ce courant qui entend conjuguer fidélité et modernité, il défend un judaïsme à l'avant-garde de l'engagement humaniste. Inlassable combattant pour la mémoire de la Shoah, il est à l'origine de la cérémonie du Yom HaShoah sur l'emplacement de l'ancien « Vel' d'Hiv' », où les noms des victimes sont récités durant vingt-quatre heures. Interrogé par la philosophe Gwendoline Jarczyk, Daniel Farhi livre ici ses analyses, ses espoirs, ses propositions de rabbin à la fois enraciné dans sa tradition et ouvert sur le monde : de l'antisémitisme au conflit israélo-pa-lestinien, du repli communautariste au rapport à l'orthodoxie, en passant par le dialogue avec les musulmans et les chrétiens, auquel il est très attaché, il montre comment les enseignements de la plus ancienne foi monothéiste peuvent aujourd'hui, plus que jamais, revivifier un humanisme universel.