Bernard Sergent
Bernard Sergent
Et si les Étrusques venaient du Caucase ? Bernard Sergent renouvelle en profondeur notre compréhension de ce peuple mystérieux, en retraçant leur migration depuis l’Orient jusqu’en Italie.
Ce livre revient sur une comparaison entre deux grands dieux, l'un, grec, Dionysos, l'autre, indien, ´Siva. En tenant compte des travaux antérieurs et en apportant un nouveau matériel, l'auteur montre que ces deux figures remontent à une seule et même, celle d'un dieu auquel sont attribués tous les excès (débauche, consommation d'alcools ou de drogues, etc.). Ce dieu lié au monde des morts entraîne ses fidèles et adorateurs au-delà des limites communément admises par la société. Dionysos et ´Siva possèdent un grand nombre de mythes en commun, et globalement ce qui est dit en Grèce ancienne de Dionysos était dit de ´Siva en Inde ancienne et médiévale. La recherche comparative révèle que d'autres figures divines chez les Germains, les Baltes, les Anatoliens, les Thraces, les Phrygiens, les Celtes se rattachent à Dionysos et ´Siva. Cela confirme que ´Siva et Dionysos repré- sentent un héritage religieux indo-européen. Inde et Grèce se caractérisent, par rapport aux autres nations de langue indo-européenne, par l'extrême richesse du matériel qu'elles offrent. C'est donc tout un pan de l'idéologie indo-européenne qui se distingue et se met ici en exergue.
La "guerre contre la culture", évoquée dans une récente pétition signée par des dizaines de milliers de personnes, est une réalité: depuis quelques années, aussi bien sous la Gauche que sous la Droite, on assiste à la destruction de plusieurs musées (Musée de l'Homme, Musée des Arts et traditions populaires); à la transformation de France Culture dans un sens commercial, aux dépens des émissions culturelles; à la destruction de bibliothèques... Au total, la logique marchande l'emporte sur la science et sur la culture , et le mépris des décideurs envers les chercheurs, les étudiants et élèves, les enseignants et citoyens, est, malgré les discours affichés, général.
D'un bout à l'autre des lais qui lui sont attribués, Marie de France, en la seconde moitié du XIIe siècle, soutient qu'elle s'inspire de lais bretons, aussi bien de Petite que de Grande Bretagne. Les spécialistes ont hésité : est-ce la réalité, est-ce une simple mode littéraire ? La recherche comparative mettant les lais en regard des textes médiévaux en langue celtique confirme qu'il s'agit bien d'une réalité : pour chacun des lais de Marie de France, ce sont des littératures de langues celtiques, soit du Pays de Galles, soit d'Irlande, qui fournissent les parallèles les plus rigoureux. Et ces textes irlandais et gallois sont en règle générale antérieures à l'oeuvre de Marie de France. Comme celle-ci évoque des lais de Petite Bretagne, et qu'elle donne aux personnages souvent des noms bretons, qu'elle emploie même occasionnellement des termes bretons, l'étude conclut sur une littérature bretonne perdue, parce que non écrite, et qui comprenait un légendaire aussi riche que l'Irlande et le Pays de Galles contemporains. C'est là que Marie de France a puisé son inspiration.
L'Occident se tourne vers l'Orient, l'Inde en particulier, pour y trouver une sagesse dont il croit manquer. Mais si nous avions dans nos racines celtiques le même fond commun de spiritualité ? C'est ce que ce livre démontre brillamment en nous exposant les racines communes entre les druides celtes et les brahmanes de l'Inde et combien les spiritualités celtique et indienne sont proches. Les Celtes en effet appartiennent à la grande famille des peuples indo-européens qui est à l'origine de diverses cultures d'Eurasie. C'est par cette appartenance que notre culture occidentale partage un héritage commun, très archaïque, avec une partie du monde oriental. Les similitudes entre druides et brahmanes portent sur bien des aspects que le livre détaille : ils occupent la même hiérarchie sociale dans leur culture (complétée d'une hiérarchie interne au sein de leur propre classe), ils sont supranationaux, ils ont une fonction religieuse (mais pas uniquement, loin de là), ils ont préséance sur le roi, ils affectionnent les bois, sont associés à la couleur blanche, etc. Ce livre nous permet de mieux comprendre la spiritualité des celtes et des druides, de découvrir leurs textes (ce qu'il en reste en tout cas) et de réaliser que les druides peuvent effectivement être qualifiés de " brahmanes de l'ancienne Europe ".
Déluge, vol du feu, origine de la sexualité, femmesoiseaux, autant de mythes que l'on retrouve, sous une forme ou sous une autre, un peu partout. Déluge, vol du feu, origine de la sexualité, femmesoiseaux, autant de mythes que l'on retrouve, sous une forme ou sous une autre, un peu partout. Autant de mythes recueillis, annotés, comparés, commentés par des savants qui, ce faisant, ont créé une discipline en développant des concepts spécifiques - comme agresseur, donateur, héros, initiation... - afin de répondre aux questions soulevées : quelle est l'origine de ces mythes ? comment sont-ils répartis ? comment peut-on les interpréter ? C'est autour de trois piliers, mythes, mythologues et concepts, que ce dictionnaire est conçu. Avec près de 1 400 entrées concernant les récits mythiques de plus de 1 300 peuples, il présente un tableau d'ensemble de la science mythologique d'une ampleur et d'une ambition sans égales.
Englobant plus de cinq siècles d'histoire, le Dictionnaire de la Chine impériale tardive déroule un panorama transdisciplinaire unique des deux dernières dynasties, Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911). Cet empire multi-ethnique s'y donne à voir sous toutes ses facettes, de son apogée à son effondrement. Croisant histoires politique, économique, sociale, religieuse, culturelle et militaire, le Dictionnaire couvre une large série de sujets, allant de la famille, de la condition féminine, du clan et des croyances religieuses aux relations internationales, à l'art militaire en passant par l'économie, le droit et les idées politiques, sans oublier la littérature et les beaux-arts.Cette synthèse fait une large place aux tendances les plus récentesdes historiographies chinoise, japonaise, états-unienne et européenne,montrant que la Chine entre dans la mondialisation dès le xvie siècle(ouverture et échanges avec l'étranger), ou que la divergence avec l'Europe ne concerne pas seulement le domaine de l'économique, mais aussi celui du politique, du juridique, des rapports entre le pouvoir et la religion, et de la société. La vitalité des cultures locales, la pluralité ethnique, et la spécificité des relations entre centre et périphérie déterminent la configuration particulière d'un empire à la fois unifié et décentralisé, travaillé par des transitions complexes, faites d'adaptations inachevées et de mutations en profondeur.Rédigées par près de 160 spécialistes français et étrangers, les 450 notices de ce dictionnaire nous plongent dans l'histoire longue de la Chine impériale tardive et éclairent aussi des thématiques souvent négligées. Cet ouvrage révèle enfin des éléments de continuité avec la Chine d'aujourd'hui, dans des domaines aussi divers que la conception du pouvoir ou la finalité de l'économie.