Anna de Noailles
- Naissance :
- Paris 07 Palais-Bourbon (France) , 15 novembre 1876
- Décès :
- Paris 16 Passy (France) , 30 avril 1933
- Pays :
- 🇫🇷 France
- Langue :
- anglais, français, allemand, grec moderne (après 1453), roumain; moldave
- Résidences :
- Paris 16 Passy (France), Publier (France)
Anna de Noailles
- Naissance :
- Paris 07 Palais-Bourbon (France) , 15 novembre 1876
- Décès :
- Paris 16 Passy (France) , 30 avril 1933
- Pays :
- 🇫🇷 France
- Langue :
- anglais, français, allemand, grec moderne (après 1453), roumain; moldave
- Résidences :
- Paris 16 Passy (France), Publier (France)
La Comtesse Anna de Noailles (1876-1933) a été l'une des figures les plus marquantes du monde littéraire du début du XXème siècle. A la fois aristocrate séduisante et femme de lettres incontournable, elle fascinait ses pairs par son génie poétique, incarnant une sorte d'icône féminine. Sa mort l'a pourtant plongée dans l'oubli. Nous la redécouvrons aujourd'hui avec cette première édition de Passions et Vanités, recueil de trois chroniques parues dans la revue Vogue en 1926 et de deux textes lyriques datant de 1912 et 1913.
Ce coffret contient quatre oeuvres d'Anna de Noailles : Le Coeur innombrable, L'Ombre des jours, La Nouvelle Espérance et Les Éblouissements. Retrouvez d'autres auteurs dans la collection Coffrets Classiques : Jules Verne, Alexandre Dumas, Homère, Victor Hugo, Marivaux, Émile Zola, Honoré de Balzac, Guy de Maupassant, George Sand...
« Pourtant tu t'en iras un jour de moi, Jeunesse, Tu t'en iras, tenant l'Amour entre tes bras, Je souffrirai, je pleurerai, tu t'en iras, Jusqu'à ce que plus rien de toi ne m'apparaisse. La bouche pleine d'ombre et les yeux pleins de cris, Je te rappellerai d'une clameur si forte Que, pour ne plus m'entendre appeler de la sorte, La Mort entre ses mains prendra mon coeur meurtri. Pauvre Amour, triste et beau, serait-ce bien possible Que vous ayant aimé d'un si profond souci, On pût encore marcher sur le chemin durci Où l'ombre de vos pieds ne sera plus visible ? » Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
« Ma France, quand on a nourri son coeur latin Du lait de votre Gaule, Quand on a pris sa vie en vous comme le thym La fougère et le saule, Quand on a bien aimé vos forêts et vos eaux, L'odeur de vos feuillages, La couleur de vos jours, le chant de vos oiseaux, Dès l'aube de son âge. Quand amoureux du goût de vos bonnes saisons Chaudes comme la laine, On a fixé son âme et bâti sa maison Au bord de votre Seine, Quand on n a jamais vu se lever le soleil Ni la lune renaître Ailleurs que sur vos champs, que sur vos blés vermeils, Vos chênes et vos hêtres, Quand jaloux de goûter le vin de vos pressoirs, Vos fruits et vos châtaignes, On a bien médité dans la paix de vos soirs Les livres de Montaigne, Quand pendant vos étés luisants, où les lézards Sont verts comme des fèves On a senti fleurir les chansons de Ronsard Au jardin de son rêve, Quand on a respiré les automnes sereins Où coulent vos résines, Quand on a senti vivre et pleurer dans son sein Le coeur de Jean Racine, Quand votre nom, miroir de toute vérité, Émeut comme un visage, Alors on a conclu avec votre beauté Un si fort mariage Que l'on ne sait plus bien, quand l'azur de votre oeil Sur le monde flamboie, Si c'est dans sa tendresse ou bien dans son orgueil Qu'on a le plus de joie. » Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Pourtant tu t'en iras un jour de moi, Jeunesse, Tu t'en iras, tenant l'Amour entre tes bras, Je souffrirai, je pleurerai, tu t'en iras, Jusqu'à ce que plus rien de toi ne m'apparaisse.La bouche pleine d'ombre et les yeux pleins de cris, Je te rappellerai d'une clameur si forte Que, pour ne plus m'entendre appeler de la sorte, La Mort entre ses mains prendra mon coeur meurtri.Pauvre Amour, triste et beau, serait-ce bien possible Que vous ayant aimé d'un si profond souci, On pût encore marcher sur le chemin durci Où l'ombre de vos pieds ne sera plus visible ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
EUPHORION. - Je ne veux pas plus longtemps tenir à terre ; laissez mes mains, laissez mes boucles, laissez donc mes vêtements, ils sont à moi...HÉLÈNE ET FAUST. - O pétulance ! Ô délire ! On dirait un cor qui sonne sur la vallée et sur le bois. A peine un jour serein donné tu tends à t'élancer, du point où le vertige t'a pris, dans un espace plein de douleurs...GOETHE.Tu vis, je bois l'azur qu'épanche ton visage, Ton rire me nourrit comme d'un blé plus fin, Je ne sais pas le jour, où, moins sûr et moins sage, Tu me feras mourir de faim.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Ma France, quand on a nourri son coeur latin Du lait de votre Gaule, Quand on a pris sa vie en vous comme le thym La fougère et le saule,Quand on a bien aimé vos forêts et vos eaux, L'odeur de vos feuillages, La couleur de vos jours, le chant de vos oiseaux, Dès l'aube de son âge.Quand amoureux du goût de vos bonnes saisons Chaudes comme la laine, On a fixé son âme et bâti sa maison Au bord de votre Seine,Quand on n a jamais vu se lever le soleil Ni la lune renaître Ailleurs que sur vos champs, que sur vos blés vermeils, Vos chênes et vos hêtres,Quand jaloux de goûter le vin de vos pressoirs, Vos fruits et vos châtaignes, On a bien médité dans la paix de vos soirs Les livres de Montaigne,Quand pendant vos étés luisants, où les lézards Sont verts comme des fèves On a senti fleurir les chansons de Ronsard Au jardin de son rêve,Quand on a respiré les automnes sereins Où coulent vos résines, Quand on a senti vivre et pleurer dans son sein Le coeur de Jean Racine,Quand votre nom, miroir de toute vérité, Émeut comme un visage, Alors on a conclu avec votre beauté Un si fort mariageQue l'on ne sait plus bien, quand l'azur de votre oeil Sur le monde flamboie, Si c'est dans sa tendresse ou bien dans son orgueil Qu'on a le plus de joie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Quelquefois, dans la nuit, on s'éveille en sursaut, Et, comme un choc qui brise et qui perce les os, On songe au temps qui fuit, aux plus jeunes années, A l'aurore enflammant les vitres fortunées, Aux fougueux papillons, qui, sur la paix des blés, Se poursuivaient pareils à des jasmins ailés. Les odorantes fleurs étaient des puits, des jattes. Les abeilles dansaient autour des aromates, Et leur vol chaud semblait aux plantes retenu Par un fil lumineux, élastique et ténu.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Le matin était sec et craquant de froid. L'air glacé et contracté semblait souffrir, comme portant en soi de l'oppression, une fêlure. Le silence occupait les allées, s'y tenait mystérieusement ; il n'était pas l'absence de bruit, il était quelque chose lui-même. Par instants le vent salubre et triste de la campagne d'hiver balayait ce coin de la Muette et de Passy, cette entrée provinciale du Bois de Boulogne. Dans le beau décharnement du chemin, près d'une haie de buissons nus, deux femmes passaient, allaient et revenaient, parcourant et reprenant la même route, se plaisant là.
Découvrez Les éblouissements d’Anna de Noailles, un recueil de poésie lyrique où la nature, la passion et la mélancolie s’entremêlent avec une intensité rare.
Dans ce beau roman d'amour psychologique, l'héroïne, Sabine de Fontenay rayonne d'une lumière singulière et tire de l'ombre les figures d'hommes qui l'entourent : son mari, Henri de Fontenay, homme bon, honnête, mais médiocre et qui, préoccupé surtout par son avenir politique, vit à côté de sa femme à laquelle il n'accorde que peu d'attention ; son cousin et ami Jérôme, qu'elle a aimé (ou cru aimer?) un temps et qui la plonge dans le désespoir en épousant sa belle-soeur ; et enfin Philippe Forbier, qui devient son amant et pour lequel elle éprouve un amour singulier. Sensuelle, rêveuse, Sabine se livrera tellement à l'homme qu'elle aime qu'elle finira par dépérir et décidera de se tuer, déçue par la vie et l'amour. Sa dernière lettre à son amant est terrible et émouvante : « Je suis née ivre et j'ai toujours vécu de véhémence et de douleur ».
Anne de Noaille (1876-1933) "Le matin était sec et craquant de froid. L'air glacé et contracté semblait souffrir, comme portant en soi de l'oppression, une fêlure. Le silence occupait les allées, s'y tenait mystérieusement ; il n'était pas l'absence de bruit, il était quelque chose lui-même. Par instants le vent salubre et triste de la campagne d'hiver balayait ce coin de la Muette et de Passy, cette entrée provinciale du Bois de Boulogne. Dans le beau décharnement du chemin, près d'une haie de buissons nus, deux femmes passaient, allaient et revenaient, parcourant et reprenant la même route, se plaisant là. L'une d'elles semblait aspirer cet air de neige âprement, et se désaltérer de quelque grande soif profonde ; l'autre portait dans un regard lisse une âme plus étroite et plus plane. Quoiqu'elles échangeassent des phrases commencées et sitôt comprises, et qu'elles eussent l'une avec l'autre l'aisance du silence et des distractions familières, on voyait qu'elles n'étaient pas du même sang." Sabine est une jeune aristocrate oisive qui n'a de cesse de trouver l'Amour avec un grand A, bien qu'elle soit mariée à Henri qui l'aime. C'est parmi les amis d'Henri, qu'elle place son espérance dans sa quête du Graal...
Anna de Noailles (1876-1933) "20 mai. Ce qui plaît le plus au Seigneur, c'est la pureté. J'ai communié ce matin comme je le voulais, sans désir ; je me suis appliquée ; j'avais fait beaucoup de vide dans ma tête, dans mon coeur, un vide blanc et doux, et je répétais : « Seigneur, je n'ai pas de bouche, pas de mains, pas de regard, pas de chaleur ; voyez, je suis devant vous comme une fumée légère qui monte, comme une flamme transparente et droite. » C'est cela la pureté. Je vous remercie, Seigneur. La soeur Catherine avait un tendre profil oblique, tout couché sur le linge, sur le drap et la dentelle de la sainte table. Elle mourait ; Seigneur, elle vous attendait tant, qu'elle serait morte, qu'elle aurait crié si vous n'étiez pas venu." Journal intime de soeur Sainte-Sophie, une jeune nonne. Elle rencontre l'amour en faisant la connaissance de Julien. Osera-t-elle aller jusqu'au bout de cette passion et quitter le couvent ?
PS comme Post scriptumPS comme Les consonnes du mot P(oé)S(ie)PS comme Poésie SeghersPoétesse, romancière et grande mondaine, Anna de Noailles (1876-1933) est admirée du Tout-Paris de la Belle Époque pour son esprit et la beauté de ses vers qui, selon Proust, rivalisent de génie avec ceux de Victor Hugo ou d'Alfred de Vigny.Paru en 1901 et récompensé par l'Académie française, son premier recueil, Le Coeur innombrable, dont sont extraits les poèmes ici réunis, est un triomphe. François Mauriac, habitué du salon qu'elle tient avenue Hoche, en témoigne : " Cette jeune femme illustre prête sa voix à toute une jeunesse tourmentée, écrit-il, sa poésie est le cri de notre adolescence. "Les poésies d'Anna de Noailles signent le retour d'un lyrisme sincère et inspiré qui se nourrit de la présence vivante, presque divine, de la nature. D'un ardent panthéisme, celles-ci offrent une vision spirituelle et érotique du monde, où textures, couleurs et odeurs exaltent les sens.
Edition enrichie (Introduction, notes)Fille d'un prince roumain, héroïne du Paris aristocratique du début du siècle, Anna de Brancovan, comtesse de Noailles, est l'auteur de neuf recueils de vers, de trois romans et de poèmes en prose dont on trouvera ici le meilleur. Sa poésie, très autobiographique, est d'une sensibilité universelle. Elle nous permet de partager son amour de la nature, mais aussi les élans et les tourments d'une femme passionnée, aux enthousiasmes communicatifs. Par la magie d'une langue musicale et racée, Anna de Noailles nous touche au coeur. Son oeuvre, éblouissante, est une partie de notre mémoire, de notre vie.
Découvrez Le Coeur innombrable, le recueil qui a révélé Anna de Noailles en 1901, mêlant romantisme flamboyant et références antiques. Une poésie sensuelle et vibrante, idéale pour explorer la puissance des émotions et la beauté du monde.
Antoine Arnault est sûr de lui, séducteur, dominateur. Mais, en ce début du xxe siècle, ses succès littéraires et politiques cachent un solitaire sans illusions, un amant subtilement sadique, un homme perdu qui sur le tard découvre les ravages de la passion. Alors, celui qui se croyait maître de lui-même succombe à la fascination de l'amour impossible. De Bruges à Venise, Anna de Noailles met en scène avec autant d'acuité que de lyrisme une vie qui devient destin. Proust ne s'y était pas trompé, qui lui écrit : « Je suis encore tout ébloui de cette Domination... » Présentation et notes par François Raviez.
Ce livre raconte l'histoire d'une jeune aristocrate qui, au début du XXe siècle, ne vit que de l'espérance d'être aimée. Elle rêve, cherche, et se laisse emporter par la passion, avant que minuit ne sonne le glas de ses illusions. Roman sentimental, mais aussi roman des contradictions de la condition féminine, La Nouvelle Espérance esquisse la peinture d'une société parisienne que Proust décrira bientôt, et met en scène une héroïne affamée d'amour à qui Anna de Noailles prête sa propre sensibilité, dans une langue subtile qui épouse avec élégance le bonheur et le chaos.Présenté par François Raviez.
"Comme la feuille naît sur l'arbre L'arbre croît sur mon coeur profond : Je suis l'onde, le sol, le marbre Qui porte l'azur et le mont ! Et j'accepte qu'un jour mon être Au sein de l'ombre soit jeté, Si ma tendresse doit renaître Dans le Printemps illimité..." Trente-cinq poèmes, trente-cinq éblouissements d'Anna de Noailles, « muse des jardins » et poétesse au lyrisme étincelant. Ces poèmes sont issus du recueil Les Éblouissements (1907).
Anna de Noailles (1876-1933) "... Que vous avais-je fait, que vous avais-je dit, pour que vous ayez voulu me tourmenter et détruire ma paix confiante ? Pourquoi ces paroles imprudentes, hostiles avec intention, aussi dangereuses qu'un tison manié maladroitement qui peut mettre le feu à une chambre paisible ? Il y a d'abord les flammes, l'incendie autour duquel on se hâte, on se meut, et puis les froids et calmes dégâts. Voilà ce que vous avez fait. Je ne vous donnais aucun prétexte de jalousie et de rancune autre que celui qui peut vous venir de vous-même. Vous doutez, vous soupçonnez, vous craignez toujours ; ainsi est construit votre esprit ; mais moi j'étais tranquille, satisfaite et fidèle. Vous avez eu tort de formuler cette vague et soudaine menace d'inconstance ; était-ce pour me voir souffrir, pour observer ma surprise, ma peur, et ce galop de l'angoisse qui passe dans un regard dont on chasse le confort, et qui essaie de comprendre le malheur immérité ?" Recueil de 15 nouvelles qui traitent, de manière poétique, de l'amour, avec la passion, le mensonge, la douleur, la vengeance qui l'accompagnent... Des textes autobiographiques et féministes...
« Elle était plus intelligente, plus malicieuse que personne. Ce poète avait la sagacité psychologique d'un Marcel Proust, l'âpreté d'un Mirbeau, la cruelle netteté d'un Jules Renard » Jean Rostand
Ils ont inventé l'âme afin que l'on abaisse Le corps, unique lieu de rêve et de raison Asile du désir, de l'image et des sons, Et par qui tout est mort dès le moment qu'il cesse.Anna de Noailles