Gabriel Perez
Gabriel Perez
À défaut d'une mobilisation générale contre les dérèglements climatiques, c'est bien le mot d'ordre du néolibéralisme mondial qui s'impose désormais : celui de l'adaptation. Devant cet avenir apocalyptique surgit l'énigme de l'inaction climatique : pourquoi ne se passe-t-il rien, ou si peu, au regard de la catastrophe annoncée ? Pour comprendre l'origine de nos impasses démocratiques, les auteurs interrogent le rôle des révolutions silencieuses dans l'organisation du travail, ainsi que la domination d'Hollywood dans l'imaginaire politique mondial. Apparaît alors toute la dimension idéologique du néolibéralisme, pour lequel les dérèglements climatiques n'annoncent pas un effondrement, mais bien une opportunité historique. Dénonçant ces partis pris idéologiques, jusque dans la conception du vivant, les auteurs plaident pour un renouveau de l'imaginaire politique, avec l'espoir que naisse enfin une véritable génération climatique.
Suicides en entreprise, burn-out, harcèlement sexuel et moral, dégradation des conditions de travail et de la santé mentale des employés, surcharge, crise de la vocation... Tous ces symptômes témoignent d'un profond malaise et font du 21ème siècle une ère de souffrance psychique sans précédent dans le monde du travail. De quoi cette souffrance est-elle le nom ? C'est tout l'enjeu de cet essai, co-écrit par Christophe Dejours, psychiatre et psychanalyste, fondateur de la psychodynamique du travail, et Gabriel Perez, enseignant en philosophie, psychologue et syndicaliste. Ensemble, ils analysent les mutations de l'organisation du travail et leurs conséquences sur la vie psychique des travailleurs : introduction de nouveaux dispositifs de gestion et de domination dans les secteurs privé comme public, plateformisation des services, développement d'une « domination logiciel », mesures des performances quantitatives, concurrence généralisée. Une bascule s'est opérée : si le travail a longtemps constitué un vecteur privilégié pour bâtir un « monde commun » entre les individus, il est à présent l'épicentre à partir duquel le « monde commun » est en train de se déliter. Car voilà que les organisations du travail contraignent désormais les travailleurs à accomplir des actions que leur sens moral réprouve. A ce conflit entre les prescriptions du travail et le sens moral des travailleurs, Christophe Dejours donne le nom de souffrance éthique. Souffrance singulière de l'individu, elle témoigne par sa nature même de l'effondrement des collectifs de travail et des capacités de résistance des travailleurs. La clinique du travail devient alors la grille d'intelligibilité pour saisir la portée politique du néolibéralisme. Pourquoi les travailleurs peinent-ils autant à résister à la banalité du mal et de l'injustice sociale ? Comment redonner au travail un horizon au service de l'avenir et des rapports entre les générations ? C'est précisément la tâche que s'assigne cet essai qui assume d'entendre la souffrance éthique comme un symptôme politique.
" Depuis dix ans, les réformes de l'Education nationale forment un intriguant puzzle. On n'y perçoit des fragments de sens, mais jamais l'image d'ensemble. Pourtant, derrière ces vagues de transformations où les filières historiques du lycée ont laissé place à des enseignements « au choix » ; où le baccalauréat national a été démantelé au profit d'un contrôle continu ; où l'admission des élèves de lycée dans le Supérieur se fait désormais via la plateforme Parcoursup ; un projet global a pris forme : celui d'une mise en concurrence universelle entre établissements, enseignants et élèves. En tant que professeur de philosophie, psychologue du travail et syndicaliste, ma ligne téléphonique est devenue un numéro d'urgence pour les collègues en souffrance. A travers l'enchaînement des récits de travail, une réalité tout autre que le discours officiel sur l'école m'est apparue clairement : celle d'un monde éducatif où la fraude et la falsification des résultats sont devenues les nouvelles normes. A la triche des élèves pour s'assurer les bonnes grâces des algorithmes s'ajoutent désormais les notes clientélistes accordées par les enseignants pour sauver leurs heures de spécialité. Dès lors, un risque majeur pèse sur le système scolaire : celui d'aboutir à une déconnection structurelle entre les notes et le niveau réel des élèves. A partir de ces constats de terrain, une énigme philosophique transforme le destin ce livre en enquête : la révolution organisationnelle de l'école n'est-elle pas la préfiguration d'une véritable révolution politique ? " Gabriel Perez
« C'est quoi, de nos jours, un philosophe ? » C'est avec cette question à l'esprit que Gabriel Perez convoque cinq figures singulières de notre époque : Pierre Caye, Christophe Dejours, Gilles Hanus, René Lévy et Jean-Claude Milner. Dans des récits autobiographiques, chaque philosophe retrace la genèse de sa propre pensée, témoignant ainsi des étapes mystérieuses qui jalonnent la créativité intellectuelle. Il se dévoile alors, dans le cheminement des idées, un Paris des maîtres et des disciples, où la philosophie est d'abord faite de lieux insolites et d'amitiés intellectuelles; un Paris où la pensée échoue parfois à trouver une réception et, à l'inverse, crée souvent de sublimes percées théoriques pour conquérir le sens du présent; un Paris, enfin, où l'enquête philosophique met sans cesse le savoir à l'épreuve dans la recherche de la vérité. Ce livre est aussi celui d'une génération soucieuse de sortir la philosophie des universités, convaincue que la pensée des Maîtres authentiques s'exprime d'abord au travers de « paroles vivantes ».