Jean François BILLETER
Jean François BILLETER
Une révolution dans la pensée, le nouvel essai de Jean François Billeter, parachève la série de ceux qu'il a publiés aux éditions Allia depuis quelques années. Il comporte trois parties : "I. Un nouveau paradigme", "II. Pascal et la connaissance du sujet", "III. La suite de l'histoire". En voici le début : "Depuis des décennies, je lis les auteurs qui décrivent la catastrophe en cours et concluent invariablement que, pour qu'elle ne nous emporte pas, il nous faudrait un projet de société, disent les uns, ou de civilisation, disent les autres, mais aucun ne dit ce que ce projet pourrait être. Il ne suffit pas que nous sachions ce dont nous ne voulons pas, me suis-je souvent dit ; il faut que nous sachions ce que nous voulons." Après avoir été professeur d'études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l'Université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses études sur certains textes remarquables de Tchouang-tseu et sur l'art chinois de l'écriture, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues. Il y parvient par la clarté de l'expression et par la richesse des références à l'héritage occidental, ou simplement à l'expérience commune.
Que faisons-nous quand nous voyons ? C'est ce que Bonnard et Giacometti peuvent nous aider à comprendre parce qu'ils ont eux-mêmes cherché à le comprendre. Quant à P., il est l'auteur du récit de la création sur lequel s'ouvre la Bible. Il a eu l'intuition du pouvoir créateur du langage mais, en le réservant à Dieu, il a commis un impair dont les conséquences se sont étendues jusqu'à nous. En remontant son histoire, nous découvrons quelque chose d'important sur une part de nous-mêmes. Après avoir été professeur d'études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l'Université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses études sur certains textes remarquables de Tchouang-tseu et sur l'art chinois de l'écriture, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues. Il y parvient par la clarté de l'expression et par la richesse des références à l'héritage occidental, ou simplement à l'expérience commune.
Le Tchouang-tseu, l'ouvrage que l'on appelle ainsi parce qu'on en attribue la paternité à un certain Tchouang-tseu, contient les textes les plus étonnants que nous ayons de l'Antiquité chinoise. Le Court Traité, conservé dans son chapitre 2 et dont on ne connaît pas l'auteur, offre du sujet humain et de son rapport au langage, aux choses et à la réalité une vision qui mérite à plusieurs titres notre attention. Elle coïncide, dans son principe, avec celle du philosophe Héraclite. Un intérêt supplémentaire tient au fait que la vision du Court traité est restée incomprise en Chine comme celle d'Héraclite en Europe. Cela fournit un point de vue critique sur l'une et l'autre tradition et permet d'envisager leur dépassement par une véritable connaissance du sujet. Après avoir été professeur d'études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l'Université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses études sur certains textes remarquables de Tchouang-tseu et sur l'art chinois de l'écriture, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues, à la fois par la clarté de l'expression et par la richesse des références à l'héritage occidental, ou simplement à l'expérience commune.
Depuis l'époque de la philosophie grecque classique, Héraclite a été considéré comme un philosophe de la nature, mais on ne comprend sa pensée que lorsqu'on s'aperçoit qu'elle porte sur le sujet. Ce bref ouvrage démontre que les rares propos qu'on a de lui permettent de la reconstituer et qu'elle est d'un grand intérêt, ce d'autant plus que l'incompréhension dont elle a été l'objet est à l'origine d'une tradition intellectuelle qui a été dominante tout au long de l'histoire occidentale et l'est encore. Héraclite prouve qu'une véritable connaissance du sujet humain était possible de son temps et qu'elle l'est donc aujourd'hui. Héraclite, le sujet comporte une retraduction de tous les propos essentiels d'Héraclite. Après avoir été professeur d'études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l'Université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses études sur certains textes remarquables de Tchouang-tseu et sur l'art chinois de l'écriture, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues, à la fois par la clarté de l'expression et par la richesse des références à l'héritage occidental, ou simplement à l'expérience commune.
La tradition contre le progrès ou le progrès contre la tradition, pourquoi reprendre ce vieux débat ouvert au Siècle des Lumières ? Les idées simplistes et les préjugés accumulés depuis plus de deux siècles continuent à se bien porter, malgré des connaissances aujourd'hui beaucoup plus profondes des sociétés non occidentales. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la décolonisation, la Chine, l'Inde et l'Indonésie se sont lancées dans un vaste processus de développement. Après plus de trois décennies, il est possible de dégager les grandes tendances de leurs systèmes politiques, économiques et sociaux, de voir comment ces vieilles civilisations réagissent au contact de la modernité, quelle que soit sa forme. L'Inde et l'Indonésie n'ont pas connu de rupture avec leur passé, parvenant à digérer une partie des innovations culturelles, socio-politiques et technico-économiques. Même en Chine où les changements ont été plus brutaux, ceux-ci ne se laissent pas enfermer dans la dichotomie tradition-modernité. Cette esquisse comparative tente de poser quelques jalons pour la compréhension des trois pays les plus peuplés d'Asie.