Ying Chen
Ying Chen
Au bord d'une rivière éternelle, trois revenants se rencontrent. Réincarnés en animaux mal-aimés - rat, mouche, serpent -, ils ont l'impression de se trouver en meilleure situation que jadis, lorsqu'ils vivaient sous forme humaine. Comme cette vie d'avant les hante toujours, ils entreprennent de raconter leur version des faits, exprimant leurs hontes, leurs remords et parfois leur amertume. Surtout, ils relatent leurs souvenirs d'un maître commun, toujours omniprésent, envers qui ils éprouvent maintenant des émotions complexes et dont ils remettent en question l'enseignement.Par les enjeux politiques, moraux et environnementaux qu'il soulève, ce roman esquisse la partition de l'Inde et le legs de son guide spirituel, Gandhi, avec une grande liberté de narration qui rend intemporel ce drame sans cesse répété, aujourd'hui comme hier, là-bas comme ici.Ying Chen montre à nouveau que les frontières entre le visible et l'invisible sont plutôt des passerelles entre deux dimensions d'une même terrible réalité.
Avec cette manière si personnelle d'évoquer des destins en faisant dialoguer les vivants et les morts, Ying Chen raconte ici merveilleusement la vie d'une illustre femme de science par la voix de sa fille, devenue à dix-huit ans son assistante sur les champs de bataille et, par la suite, dans son laboratoire. Comment ne pas penser à Marie Curie et à sa fille Irène dans cette remémoration d'outre-tombe qui fait revivre la destinée de ces deux scientifiques ainsi que d'autres membres tout aussi illustres de cette famille, leurs aléas dans l'histoire et aussi leurs combats.
À Shanghai, deux jeunes gens, Yuan et Sassa, sont amoureux. Mais parce qu'il se sent étranger dans son propre pays, Yuan choisit un jour de s'établir à Montréal. Sassa, qui se refuse à voir dans l'exil un remède au mal de vivre, décide de ne pas le suivre. Leur amour supportera-t-il cet éloignement ? S'inscrivant dans la plus belle tradition du roman épistolaire, Les lettres chinoises raconte le déracinement, les départs, le choc des cultures et les amours impossibles. Ces lettres, où tous les mots sont permis, sauf ceux de la vérité, sont traversées par une inquiétude fondamentale, celle qui s'empare de l'âme lorsqu'elle prend la mesure de sa profondeur.
De nombreuses oeuvres littéraires ont voulu cerner, ces dernières années, la difficulté de la situation de l'immigrant, qui doit embrasser une nouvelle culture sans jamais parvenir à oublier tout à fait celle dont il est issu. Ce livre pose une question encore bien plus profonde et complexe. Comment un immigrant peut-il rendre compte de ce choix auprès de ses enfants ? Si l'adulte a choisi son nouveau pays, l'enfant, lui, n'a rien choisi. Qu'est-ce qui peut alors racheter l'immense douleur de se retrouver sans racines ? Sous forme d'une longue lettre adressée à son fils, la romancière Ying Chen signe ici un livre bouleversant d'intelligence et de sensibilité. Comment lui parler de son héritage chinois quand elle a elle-même choisi le Canada pour pays et la langue française comme lieu de déploiement de son imaginaire ? Comment lui parler de Lao-Tseu, s'il ne lui est accessible qu'à travers une traduction dans une langue occidentale ? Comment lui parler des livres quand les images règnent sur le monde dans lequel il vit ?
Le Maître Jedi Obi-Wan Kenobi a pris Anakin Skywalker comme Padawan, mais l'adolescent doute de sa vocation. En mission sur une planète désolée, ils vont combattre côte à côte et apprendre à mieux se connaître.
De l'autre côté du fleuve, en regard de notre ville, un tremblement de terre a eu lieu il y a quelque temps, mais la ville d'en face se porte à merveille, s'accroît de jour en jour, les derniers morceaux de terre cultivable viennent d'être achetés, les nouveaux immeubles seront bientôt en place. La paix y règne. Les jardins bâtis sur les cadavres et nourris de sang fleurissent bien. La prospérité se prolonge sans fin. Aucun signe d'écroulement. Le paradis existe. Le progrès est possible.Ying Chen, née à Shanghai, vit à Vancouver. Elle écrit directement en français. Elle avait été remarquée avec L'Ingratitude (Actes Sud, 1995). Elle jouit d'un grand prestige au Canada, où de nombreuses thèses ont été consacrées à son oeuvre. Elle est traduite dans plusieurs langues. La rive est loin est son septième livre publié au Seuil.
En Chine, une jeune fille cherche à défaire par le suicide les liens étouffants qui l'unissent à sa mère. Elle veut ainsi échapper à l'étau social, au désespoir d'une vie sans issue, au sentiment amoureux même. De l'au-delà, elle observe ceux qui la pleurent et les derniers événements de son existence. Impitoyable, d'une lucidité sans faille, L'ingratitude interroge les rapports mère-fille sous la lumière crue de l'amour et de la haine conjugués.