Vincent Jullien
Vincent Jullien
La fabuleuse et incroyable histoire des sciences
Les grandes théories scientifiques en 200 notions clés illustrées, à assimiler vite et bien !
1612. La France se remet à peine des guerres de religion. René Descartes, alors étudiant à Rennes, se rend à une fête dans un château près de Brest. Sa présence bouleverse à jamais le destin de trois êtres : un père jésuite, Tucdual Cadiou, la toute jeune baronne Marie de Kerlech, avec qui il aura une liaison secrète, et surtout un petit va-nu-pieds à l'intelligence précoce : Gilbert Le Person. ...Fasciné par Descartes, Gilbert, quelques années plus tard, quittera son village natal de Porspoder pour Paris, capitale incontestée des sciences et de la philosophie nouvelle. ...Introduit dans le cercle fermé de la place Royale, Gilbert se liera à Blaise Pascal dont la soeur Jacqueline est, hélas, une disciple zélée des jansénistes, ennemis des jésuites par leur conservatisme religieux exacerbé. ...Les controverses font rage sur le système du monde, l'existence du vide ou la lumière. Tandis que les philosophes théorisent, dans l'ombre les fanatiques religieux sont prêts à tout pour les abattre. Gilbert Le Person n'aura de choix que de les affronter afin que ni l'amour, ni la science, ni la philosophie ne perdent leurs droits. ...
"Agent double !". Tel est celui à qui l'on croit pouvoir faire confiance alors qu'il oeuvre contre nous. C'est ainsi que l'on perçoit les sciences aujourd'hui : elles règnent dans bien des domaines mais, en même temps, elles suscitent rejet et soupçon. De la dénonciation de la sélection par les mathématiques à l'école aux questions soulevées par les avancées de la biologie, la méfiance grandit. "Agent double." C'est aussi celui qui est performant dans des registres différents. Ce deuxième sens convient bien aux sciences : non seulement elles cherchent à comprendre la nature et la raison, mais elles se développent en étroite affinité avec notre culture et notre sensibilité. Pourtant, cela, nous l'avons oublié. L'opposition entre les sciences et les lettres, le géomètre et le poète, la raison et les arts a pris force d'évidence. Si l'on n'avoue pas volontiers ne rien entendre à la littérature ou à la peinture, il n'est guère choquant de proclamer son total désintérêt pour les sciences. Retraçant la genèse de cette opposition, Vincent Jullien démontre avec clarté, exemples à l'appui, que rien ne la justifie. Pis, elle est dangereuse. Si l'on veut contester les abus de pouvoir de la science, il faut commencer, dans l'enseignement en particulier, par l'intégrer dans une culture commune.