Sonia Rykiel
Sonia Rykiel
" ... Silence on tourne. On tourne quoi ? L'histoire d'un intrigant, un libertin, un présomptueux, un fou de sexe, de prouesses, un pantin érotique. Mais personne ne le sait. La vérité c'est que Casanova était une femme. C'était Giulietta ou Monica ou Claudia qui se donnait à corps perdu, qui se jetait dans les bras des hommes pour, après, aller se cacher derrière les arbres à l'entrée de Rome. Les fameux arbres où, au début de l'hiver, il y a des fagots qui brûlent. Là-bas, ces femmes, ils les appellent les lucciole. Je t'aime. Bon voyage. Prends soin de toi... Deux femmes que tout expose à la lumière des médias échangent une correspondance intime et secrète pendant près de trois années. Pourquoi, à l'heure des contacts rapides, ont-elles choisi de s'écrire plus de cent lettre s ? La réponse est dans leurs échanges. Et derrière leur crinière flamboyante et leur réussite exemplaire se profile une part de nous-mêmes. La dessinatrice, Claire Bretécher apporte son sourire à cette rencontre exceptionnelle.
« C'est dans le pli que tout se joue. Comme dans le rêve, il se soulève et puis se cache, se déplisse en soleil, se petit plisse en rond ou se replisse plus serré. On ouvre le coeur du pli, c'est là qu'est le génie. [...] La beauté d'un seul pli là où il ne devrait pas être comme la mémoire avec tous les plis d'avant qui se sont posés là en attente. Et puis un pli précis pas un godet ni une fronce qui sont bâtards, qui sont là par hasard. Mais ces plis infinis qui gardent leur mystère, qui s'inclinent comme le pli qu'on porte sur un plateau avec un cachet rouge. » S.R. Et je la voudrais nue, Grasset, 1979
« Impudique ou publique, mère, épouse, maîtresse, créateur ou voyeuse, je suis déséquilibrée par ce fou qui habite en moi. Ce double magique qui me poursuit depuis l'enfance. »
Les lèvres rouges, c'est, au fil des pages, la passion, le désir de l'homme, cet autre. Tout commence à Paris, puis continue en Italie, dans des appartements à Vicence... Sonia Rykiel écrit le tourment des sens, les matières soulevées, caressées, vêtements que la femme retire, ou se voit retirer, bas, jupes, manteaux, orgueil, "pulls de luxe" multicolores. Les lèvres rouges, ou la passion dans tous ses états, depuis l'enfance et le regard d'un peintre, jusqu'à "l'homme au regard bleu" et l'amour adulte...
"Discipline, folie, cohérence, création ou inspiration, suivre la rue ou s'enfermer dans sa chambre pour dire, exprimer, réfléchir sur la même discipline depuis vingt ans, ne pas s'écarter et donner chaque fois l'étonnement, l'ivresse, la joie, recommencer cent fois le même travail encore plus, encore mieux, bousculer les données établies, refaire ce costume pour le perfectionner, le modeler, vivre la mode comme un art de vivre, un art de passion, appassionnée par la mode, droguée comme par la musique ou la littérature, à l'écoute de ce vêtement qui parle, qui tire." S.R.