Scarpulla Mattia
Scarpulla Mattia
Une sans-abri arpente les rues de Québec, ville dans laquelle elle se sent étrangère; une doctorante d'origine africaine débarque à Montréal, devient taxi et sérial killer; une Française rejoint son conjoint en Arabie Saoudite et elle est progressivement privée de liberté d'action et d'opinion; et tant d'autres personnages qui s'aventurent au-delà de leurs frontières intimes et sociales. Les sept nouvelles de ce collectif s'enracinent et se déracinent dans des pays réels ou aux dimensions dystopiques et rêvées. On transforme et brouille les identités, on cherche à sortir de soi, à trouver une liberté, à se régénérer ailleurs et autrement.
Des migrants de première génération, dont le corps porte les stigmates de l'exil, se réunissent à Montréal pour jouer de la musique. D'autres se cachent dans les rayons d'une bibliothèque, après la fermeture, afin de continuer à rêver et à vivre grâce aux livres. D'autres encore, déracinés et marginaux, marchent sans fin dans des centres commerciaux, dans le métro, devant des bâtiments ministériels en quête d'une rencontre dans des pays imaginaires ou des avenirs dystopiques. D'une terrasse de Turin aux couloirs d'un musée des mémoires, un homme suit inexorablement son désir jusqu'à cueillir le baiser rêvé. Dans la plupart des narrations poétiques de ce livre, les personnages perdent des membres ou voient leur apparence physique se modifier. L'auteur, qui se met aussi en scène dans des poèmes autofictionnels, représente ainsi la fabrication de nos identités.