Samuel Doux
Samuel Doux
Scénario complet et dialogues du film Discount de Louis-Julien Petit Interview de Louis-Julien Petit
Comment réagir lorsqu'on se retrouve nez à nez avec un père qu'on n'a pas revu depuis dix-sept ans ? " Le samedi matin il venait nous chercher vers dix heures. Je me souviens de ces quelques minutes, ma mère ouvrait la porte-fenêtre. Posant le pied sur le gravier, je découvrais mon père de l'autre côté de la grille en métal orange. Je voyais son visage dans le rétroviseur. Juste à ce moment-là, notre famille existait à nouveau, je voulais faire durer cet instant pour me rappeler qu'à un moment nous avions été le fruit d'une union. Puis le moteur de la voiture se mettait en route. Une sorte de boule envahissait mon ventre, elle ne me quitterait plus. Pour moi les week-ends avec mon père n'étaient rien d'autre que de longs dimanches soir. " S'il est un sujet qui passionne Samuel Doux, c'est bien la famille. Dans ce nouveau roman d'une justesse implacable, on retrouve toute l'originalité de ton et d'écriture d'un auteur dont l'univers singulier mêle toujours humour distancié et sensibilité exacerbée.
Comment opère l'irrésistible attraction d'IKEA. Le slogan, à l'entrée des gigantesques hangars de tôle jaune et bleu, se veut plein de promesses : " IKEA, bien plus qu'un marchand de meubles ". Mais comment nommer, délimiter, appréhender ce monde que dessine la marque ? Quelles valeurs véhicule-t-elle ? s'interroge l'auteur tandis qu'il déambule, comme nous, dans les allées de son magasin favori. Éclatant modèle de réussite économique, IKEA vend avant tout un intérieur idéal, un mode de vie chaleur eux, responsable, soucieux de l'environnement, bref, suédois. Ce tableau vertueux résiste-t-il à l'examen critique ? Bonheur en kit, uniformisation des goûts, rupture avec la dimension historique des objets, bas salaires et contrôle des employés, passé nazi du fondateur et constitution d'un empire financier colossal : tout mythe a son revers de médaille. IKEA ne fait pas exception.
Avril 2011, à Nantes, une femme, quatre enfants et deux chiens sont retrouvés enterrés sous la terrasse de leur maison. Seul manque le père de famille, Xavier Dupont de Ligonnès, désormais principal suspect. Tandis que l'enquête piétine, les théories se multiplient sur les réseaux sociaux, dévoilant l'intimité du fugitif. Marquée par une mère qui reçoit des injonctions du Christ, l'enfance de Xavier est peuplée d'anges, d'histoires d'Apocalypse et de Résurrection. Intelligent, séduisant et persuadé d'avoir un rôle majeur à jouer sur cette terre, il attend son heure. Mais rien ne se passe comme prévu... A-t-il été le bras armé de l'Apocalypse ? Ou un simple escroc acculé par les dettes et l'humiliation ?Dans ce roman vrai au suspense implacable, Samuel Doux compose d'une écriture entêtante le portrait effroyable d'un fantôme qui n'a pas fini de hanter les mémoires, d'un monstre moderne façonné par notre époque.
Comment survivre quand sa propre famille n'a pas cessé, depuis quatre générations, d'être dévastée par l'Histoire ? Un premier roman tout en finesse, plein d'humour, et d'une sensibilité à fleur de peau. Jeune trentenaire parisien, Elias apprend, non sans soulagement, que sa grand-mère maternelle, femme culpabilisante et anxiogène, vient de mettre fin à ses jours. Contraint de se rendre à Poitiers, qu'il exècre, pour organiser les funérailles, il découvre que la vieille dame juive s'est volontairement suicidée lors de Yom Kippour, jour du Grand Pardon. Si le geste est déjà chargé de symboles, le cauchemar ne s'arrête pas là, car la date ne dit pas la manière, et sur ce sujet tout le monde se tait... Elias se lance alors dans la recherche fiévreuse d'une bague sertie de diamants dont il doit hériter, témoignage d'une histoire séculaire. Trois jours durant le jeune homme suit le jeu de piste laissé par sa grand-mère, prépare sans conviction la cérémonie d'adieux, prévient des gens indifférents, tout en essayant de faire taire les fantômes familiaux. Finalement, il se prend les pieds dans le tapis de son histoire, celle qu'il connaît comme celle qu'il ignore. Trois autres récits croisent alors celui d'Elias pour l'éclairer d'un nouveau jour. Son arrière-grand-père, Moshe Herschel, nous raconte sa Pologne natale et les horreurs quotidiennes infligées aux populations juives par les soldats du Tsar. Vingt ans plus tard, exilé en France, il échappe à la barbarie nazie, mais le reste de sa famille est décimé. Paul Serré, le grand-père d'Elias, remonte, lui, le fil de sa jeunesse sous l'Occupation, découvrant avec inquiétude son goût pour les hommes. Enfin, vient le récit d'Emmanuelle, la mère d'Elias, jeune femme exaltée qui se jette à corps perdu dans l'euphorie des années soixante, et nous dit sa soif de vivre, trop tôt brisée par l'arrivée d'un cancer. Roman choral, Dieu n'est même pas mort alterne différentes voix, toutes issues d'une lignée que l'Histoire ou le destin se sont acharnés à tordre. Avec un point de vue critique sur le poids des origines, le narrateur revendique un droit au bonheur et à la légèreté que le passé de sa famille semble lui avoir dénié. Il sait pourtant que jamais il ne pourra se départir de ses racines. Comment échapper au roman familial ? Voilà la question que pose ce récit dont la construction originale n'est pas le moindre des charmes. Un regard neuf sur la mémoire et sur son mode de transmission.