Roland Cayrol
Roland Cayrol
L'ouvrage traite de la presse depuis ses origines, des médias en France et à l'étranger et souligne l'importance de leur influence. « Copyright Electre »
L'isolation de l'Europe suite à l'élection de Trump, qui semble conduire les États-Unis vers un rapprochement avec la Russie, que ce soit en termes d'échanges économiques ou de valeurs, nous oblige à agir. C'est le mode de vie européen et son attachement à la démocratie qui sont mis attaqués. Or, dans ce qui semble conduire vers un oubli des valeurs libertés, l'Europe et ses pays membres doivent se mobiliser pour défendre l'état de droit. C'est une politique sociale, économique, culturelle que l'Europe doit menter en parallèle d'une communication permanente mettant en avant son modèle démocratique. La France peut être le fer de lance de l'adhésion à ce modèle si elle abandonne ses démarches purement technocratiques et prend pleinement en compte les aspirations populaires des citoyens. Roland Cayrol est politologue et directeur de recherche associe au Centre d'Études de la Vie Politique Française.
Emmanuel Macron a été porté au pouvoir par l'exigeant espoir d'un renouveau de la vie politique. Aujourd'hui, la chute de sa popularité est vertigineuse. En jetant sur les faits un regard lucide et informé, Roland Cayrol montre la part d'excès de ce retournement de l'opinion, en même temps que la responsabilité du président lui-même. En quelques mois, Macron aura redistribué les cartes d'un jeu politique dont les Français ne voulaient plus et mis en oeuvre,au pas de charge, des réformes dans des secteurs importants de la société. Mais, comme le rappelle Roland Cayrol, « on ne change pas la société par décret». Le véritable défi d'Emmanuel Macron reste de proposer un projet politique lisible, de transformation de la société française à cinq ou dix ans, et surtout d'inventer les moyens pour que les citoyens s'investissent dans cette transformation, qu'ils ont eux-mêmes voulue en le portant à la présidence. Ce qui est en jeu avec le macronisme, c'est la capacité des sociétés libérales européennes, aujourd'hui sous la menace populiste, à construire un avenir désirable. Politologue reconnu, directeur de recherche associé au Centre d'études de la vie politique française (Cevipof-Sciences Po), Roland Cayrol compte parmi les observateurs les plus perspicaces des mutations que traversent aujourd'hui nos démocraties. Il est l'auteur d'une oeuvre importante sur l'opinion et la vie politique française.
De ses premiers engagements au début des années 1960 à ses interventions sur les plateaux de télévision pour analyser notre actualité politique, la vie de Roland Cayrol est étroitement liée à l'histoire de la Ve République. Il a côtoyé tous les présidents de Giscard à Macron, et quelques-unes des principales figures de la politique : Pierre Mendès France, Gaston Defferre ou Michel Rocard. Chercheur en science politique, il a mis en lumière les mécanismes qui régissent la formation de l'opinion publique dans ses relations avec les médias. À la tête de l'un des principaux instituts de sondage français, il a régulièrement suivi les mouvements de l'opinion. Politologue humaniste, il a plaidé sans relâche pour l'intervention des citoyens dans le débat démocratique. Dans Mon voyage au coeur de la Ve République, Roland Cayrol revient sur des décennies d'expérience et d'observation, entre portraits acérés des grands fauves, anecdotes sur les coulisses des pouvoirs et réflexions sur les transformations de nos sociétés politiques.
Jamais le rejet des hommes politiques par les citoyens n'a été aussi violent et jamais l'intérêt pour la politique n'a été aussi vif. Comment expliquer ce paradoxe apparent ? Les Français sont exaspérés par le petit jeu politicien qui ne répond pas aux problèmes de leur vie quotidienne. La logique des institutions nous conduit à une perpétuelle « guerre de religions » factice entre la gauche et la droite, qui bloque les réformes. Pourtant, la plupart de nos divisions (ceux d'« en bas » contre ceux « d'en haut », détracteurs contre défenseurs de la mondialisation, souverainistes contre européistes, partisans des racines chrétiennes du pays contre adeptes du multiculturalisme, « fermés » contre « ouverts », conservateurs contre progressistes) traversent et fracturent chacun de ces deux camps idéologiques. Il serait temps d'en tenir compte si l'on veut vraiment servir l'intérêt général. À partir d'analyses serrées, d'exemples historiques, de leçons tirées des sondages d'opinion, de souvenirs personnels et d'anecdotes savoureuses, ce livre ne prend qu'un parti : celui des Français. Il dégage les voies d'une nouvelle méthode de gouvernance qui réponde véritablement aux exigences d'une majorité de citoyens : un nouveau logiciel politique, rompant avec les guéguerres de ces dernières décennies et permettant de faire enfin la somme de nos divisions dans une démocratie pacifiée et efficace.
L'élection présidentielle qui approche est peut-être celle de la dernière chance. Notre système souffre de nombreuses pathologies, qui exaspèrent le citoyen et l'éloignent de la politique: cumul des mandats, conflits d'intérêts, petits ou gros privilèges, "pipolisation" caricaturale, sélection des élites qui reproduit en permanence la domination d'une caste masculine et bourgeoise, liens troubles entre argent et politique, une vie politique et des carrières qui se déroulent tranquillement à l'abri du regard des électeurs. Les dirigeants, les élus, qui ont souvent peur du peuple, n'osent pas aborder, et surtout trancher, les vrais débats. Reprochant aux citoyens de n'accepter aucune réforme, ils s'enferment dans des polémiques stériles, tout en cultivant un ego surdimensionné. Les Français s'intéressent néanmoins à l'élection présidentielle, et espèrent de vrais changements, pour leur avenir et celui de leurs enfants. Déjà, en 2007, ils avaient joué le jeu; ils ont été bien déçus, depuis. Ils n'accepteront pas longtemps que l'élection-phare soit celle des promesses non tenues.Ces thèmes sont abordés dans un style vif, parfois polémique. L'auteur cite à l'appui de son réquisitoire des exemples précis, des petites histoires vécues, des résultats d'études de science politique, des souvenirs personnels, des anecdotes savoureuses
L'opinion est le coeur battant des démocraties modernes dont les sondages mesurent le pouls en permanence. Leur publication, on le sait, agit puissamment sur les acteurs politiques et les médias, de là les nombreuses polémiques les concernant... surtout en périodes électorales ! Les sondages servent-ils donc à manipuler l'opinion ? Font-ils l'élection ? Comment et à quelles conditions peuvent-ils être utiles aux citoyens, aux politiques et aux chercheurs ? Telles sont les questions auxquelles Roland Cayrol s'attache à répondre, montrant - après une brève histoire des sondages, de leurs évolutions et des techniques du métier de sondeur - en quoi ils sont devenus un instrument essentiel de connaissance, voire de liberté dans certains pays. Clair et incisif, cet ouvrage permettra à chacun de mieux comprendre l'utilisation des sondages dans nos sociétés, et les règles éthiques rigoureuses qui doivent accompagner leur usage. « L'auteur est un politologue averti et un excellent pédagogue. C'est clair, agréable et utile. » (La Vie). « Une illustration du métier de sondeur qui, par la richesse de ses informations et la netteté de ses démonstrations, rendra les plus grands services à ceux qui s'intéressent à l'histoire, à la technique et aux usages des enquêtes d'opinion. » (Le Monde).