René Naegelen
René Naegelen
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Un livre de souvenirs ? Non. L'histoire d'un homme. Dernier-né d'une famille alsacienne de sept enfants, apprenti pâtissier au sortir de l'école communale, René Naegelen a précédemment conté les longues journées de travail, les combats ouvriers sur le pavé de Paris, les souffrances d'un fantassin de 1914 à 1918. Avant même de quitter son uniforme de sergent, attiré par la politique, l'auteur de "Cette vie que j'aime" fonde une imprimerie, ainsi que deux journaux. Puis, il revient à son premier métier. Patron pâtissier, il continue néanmoins à militer, dénonce le conservatisme social, aussi bien que le communisme. Candidat socialiste à toutes les élections, il affronte André Tardieu. De son redoutable et prodigieux adversaire, il brosse un portrait encore inconnu, objectif, curieux, attachant. René Naegelen connaît, tour à tour, la fortune et l'infortune, reçoit autant de coups qu'il en porte, avoue ses fautes et ses faiblesses. Un livre de souvenirs ? Non. Un roman. Et quoi de plus passionnant que le récit d'une vie ardente, transcrite avec sincérité, dans un style direct, viril, dru, exempt de plaintes, où les cris de souffrance cèdent aussitôt à la bonne humeur, où s'expriment la tendresse et l'amour ?
Une chocolaterie, d'où s'exhale le parfum des amandes grillées, une maison familiale entre étang et forêt, un verger où jouent trois enfants en compagnie d'une chèvre et d'un jeune chien au poil bouclé : tel est le bonheur tendre et quotidien du héros de "Cette vie que j'aime". Mais 1937 arrive, et cet homme qui se veut libre dans un monde libre, voit - tour à tour envahies et asservies - l'Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne, tandis que tout ce qui lui est cher s'écroule autour de lui. Le récit que René Naegelen nous fait de la Drôle de guerre et de l'Exode, de la défaite et de l'Occupation, puis de la Libération, n'est ni un plaidoyer, ni un réquisitoire, ni une oeuvre partisane : c'est, simplement, un témoignage humain. René Naegelen dit ce qu'il a vu, entendu, ressenti. Et si son ouvrage, tome troisième de "Cette vie que j'aime", traduit sa vérité personnelle, peut-être exprime-t-il aussi la vérité de son pays, telle qu'elle apparut sous « les lourdes nuées... ».