Remo Forlani
Remo Forlani
1973, année où la provocation littéraire rencontre l'audace linguistique : Les gros mots de Remo Forlani ose dire crûment ce que d'autres chuchotent.
Le cinéma, c'est aussi le lieu assez magique où s'accomplit un rituel. On va au cinéma, on y hésite encore, on suppute, on patiente. Il faut prendre son tour, puis acheter un billet avant de descendre vers le secret de la salle obscure, où l'ouvreuse introduit à la cérémonie, Auparavant, peut-être aura-t-on croisé le regard de ceux qui en sortent, et quêté sur leurs traits le signe de leur plaisir. Le film sera plus délicieux d'avoir été ainsi attendu. Un cinéma de quartier comme il en existe beaucoup livre ici son intimité. Les caissières sont à leur poste, et l'ouvreuse, et le projectionniste dans sa cabine. Entrez...
Quatre femmes de ménage discutent à la fin d'une journée. Mais l'école où elles travaillent est investie par la police, évacuée et fermée en oubliant ces quatre femmes dans la cave. Une seule solution pour s'échapper : passer par les égouts. Là, elles rencontrent l'égoutier qui leur explique que c'est la grève partout et qu'il est impossible de s'en aller avant la victoire. De là nait le chaos pour ces cinq personnages, privés de tout repère et précipités dans une Histoire qui se joue au-dessus d'eux et dont ils sont exclus. Insiprée par les évènements de mai 68, la pièce de Remo Forlani n'est pourtant pas une pièce historique, mais l'allégorie de ces vies sans issue pour lesquelles d'autres décident du chemin à prendre.