Pierre-jean Rémy
Pierre-jean Rémy
Plongez dans l'univers littéraire de Pierre-Jean Rémy, où chaque page de Midi révèle une prose élégante et une réflexion subtile sur les nuances de la vie.
Et si l’art du roman se révélait à travers les yeux d’un maître de la littérature ? Si j’étais romancier... invite à une réflexion intime et savoureuse sur la création littéraire, mêlant anecdotes, souvenirs et conseils d’écriture.
Une ville immortelle Pas de logorrhée, pas de surchage, pas d'excès baroque. Un ton, une mélancolie irrépressible. Un des écrits les plus profonds de ce très grand écrivain. Pierre-Jean Remy suggère et trouble avec une parfaite maîtrise de son art. On est peu à peu envouté avec le narrateur par cette ville imaginaire où il est consul de France, ville d'art, de palais, de musées, de jardins et de villas, de comtesses et de femmes du monde, de réceptions et de mondanités mais où se commettent les crimes les plus atroces. De mystère en mystère, le lecteur glisse doucement, tendrement même, dans un étrange inquiétant jusqu'aux délices, jusqu'au dénouement final, inattendu dans cette ville immortelle, sublime, déchue et tout à la fois coupable où l'horreur se pavane au bras de la beauté. Magnifique.
Avec les années, mon désir de parler de Londres s'est aiguisé. L'idée d'un vrai tête à tête avec Londres s'est imposée à moi. Raconter Londres seule, Londres vécue, Londres aimée, Londres dans tous ses états, ses quartiers, ses villages, les hauts lieux de sa culture. A B C : A comme Albert Hall ; B comme Bayswater ; C comme Chelsea ou Covent Garden, j'ai réuni ce qui était épars, les notes, les souvenirs, pour faire le portrait d'une ville. Un guide de plus que ce livre ? Je ne crois pas... C'est d'autre chose qu'il s'agit. Les lieux, les jardins ou les grandes maisons en sont le cadre, oui ; mais il y a surtout des visages, quelques-uns des regards que j'ai pu y croiser, des rencontres, des conversations : pourquoi pas, cette fois, des amours ? Quelques lignes, quelques pages, et c'est déjà le début d'un conte, d'une histoire, d'une nouvelle. L'histoire de Charlotte qui traversait chaque soir vingt fois tout Londres pour ne pas rater un dîner, ou celle de Raymond, critique littéraire hors pair qui enseigna à André Gide une certaine Angleterre...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Avoir vécu à Pékin une manière de bonheur hors du temps dans une Chine qui n'existe plus, balayée par la révolution culturelle ; y revenir après plus de trente ans, quand on a décrit ce bonheur et cette Chine dans un livre à succès puis qu'on a sombré dans l'oubli et la médiocrité : tel est le destin du narrateur de cette Chambre noire, imposteur sous la défroque trop grande pour lui de professeur, parmi les étudiants - et les étudiantes ! - de l'Université de Pékin, d'une littérature contemporaine dont il ne sait plus grand-chose. Balançant entre nostalgie du passé et découverte hallucinée d'une Chine qu'il ne reconnaît plus, ballotté entre trop de souvenirs de femmes et de jeunes filles d'aujourd'hui qu'il regarde de trop près, trop d'amis perdus et de passants indifférents, c'est avec un appareil de photo au poing que le pitoyable héros de cette fuite en avant tente de sauver ce qui peut l'être, accumulant les images et les visages, les regards volés, les corps désirés. Et si, pourtant, cette Chine en effervescence qu'un homme épuisé vit de plus en plus passionnément et finit par raconter avec la même passion, lui apportait une forme de rédemption ? Après Le Sac du Palais d'été et Chine, le nouveau « roman chinois » de Pierre-Jean Remy se lit autant comme une étonnante recherche du temps perdu que comme un guide amoureux pour tous ceux que fascine la Chine de toujours et d'aujourd'hui, ses mythes, ses convulsions et ses prodigieuses mutations.
Annette ou l'Éducation des filles pourrait bien être le roman vrai de la IVe, République vue par une gamine délurée et ambitieuse qui, très tôt, a su juger les hommes et les répartir en deux catégorie : les imbéciles et les salauds. Des premiers il faut se servir, et se jouer des seconds. Mais si Annette part à la conquête du monde, c'est d'abord parce qu'elle recherche la passion. Après une assez remarquable vie de province dans l'Angoulême du début des années cinquante, Annette monte à Paris avec un jeune homme de très bonne famille. Elle a seize ans et, dès lors, sa vie se déroule au rythme des « scènes de la vie parisienne ». Au fil des ans et des gouvernements, Annette observe et juge. Elle croît en sagesse et en beauté, elle court toujours après la passion et la volupté. Elle a vingt et un ans quand le général de Gaulle revient aux affaires, c'est la fin de son éducation et d'une république. Sa vie ne fait que commencer. Des salons de province aux officines de la capitale, des grands bourgeois aux petits écrivains, parmi toutes ces silhouettes qui ont hanté le Paris des années cinquante, étudiants, journalistes, militants de tous bords, tandis que s'achève la guerre d'Indochine, commence celle d'Algérie, que Budapest se soulève et que Roger Vadim invente Brigitte Bardot, les clés sont nombreuses. A travers le regard ironique et grave d'Annette, Pierre-Jean Remy raconte les années d'apprentissage d'une génération, la sienne, celle de ceux qui sont maintenant au pouvoir. Chacun y reconnaîtra les siens.
Un peintre célèbre revient à Rome, invité par une fondation américaine qui accueille à la Villa Lucrezia, face à l'un des plus beaux paysages du monde, des artistes issus de tous les horizons. Une atmosphère idyllique qui devient vite très sombre. Le peintre pénètre peu à peu l'ambiguïté des liens entre cette mystérieuse fondation et l'univers cosmopolite d'une aristocratie romaine à l'histoire chargée de drames. Y aurait-il une malédiction attachée à la Villa qui prendrait sa source dans la Rome antique et souterraine pour s'accomplir aujourd'hui ? Ou bien le marché de l'art serait-il un champ de bataille où tous les coups sont permis ? Aria di Roma se déploie comme un hymne à Rome, sa lumière, sa magie, sa part obscure. Portrait amoureux d'une ville fascinante à laquelle Pierre-Jean Remy voue depuis toujours une véritable passion, méditation désabusée sur la maturité, cette chronique italienne, troublante, érudite et désenchantée, fait écho aux autres arias que sont Toscanes et Une ville immortelle. Pierre-Jean Remy y poursuit une fresque romanesque singulière et baroque qui le désigne comme le dernier grand romantique de notre fin de siècle.
Ils sont douze se retrouver tous les dimanches soirs, chez l'un d'entre eux. Avocats, artistes, politiques, crivains ou journalistes, ils viennent d'horizons les plus divers, fils d'ouvriers ou grands bourgeois. Ambitieux, cyniques ou simplement gnreux, ils s'aiment et se dchirent au gr des mmes conversations qui roulent sans fin sur eux-mmes, la politique, la vie et, encore et toujours, eux. Espoirs souvent dus, amours parfois trahies, compromissions : et si ctait la vie entire de chacun, en mme temps que notre histoire tous et celle de ce demi-sicle, qui se droulait le temps de ce dner cent fois rpt, commenc vingt ans et qui s'achve l'aube d'un nouveau millnaire ? Pierre-Jean Rmy
Invitation au voyage, mémoires d'un touriste au sens de Stendhal, de Morand ou de Gobineau, confession d'un narrateur lucide, romantique et rêveur, nostalgique d'une époque et d'un art de vivre désormais révolus, Désir d'Europe est teinté du désenchantement secret de ceux qui ont porté un rêve et lui ont tout sacrifié. Jamais Pierre-Jean Remy n'était allé aussi loin dans la recréation de sa propre expérience qu'à travers ce récit de trois hommes qui, à Moscou, au début des années 90, s'interrogent à propos d'un ami disparu. Des lettres, notes et cahiers qu'il a laissés leur permettent de suivre le jeune homme tout au bonheur de ses vingt ans dans son périple européen en compagnie d'une poignée d'amis. La musique, les rencontres, l'amour tissent la toile de cette narration picaresque qui tourne brusquement au cauchemar, quelque part à la barrière rouge d'une frontière entre Vienne et Prague. Dès lors, noir contrepoint de ce premier voyage, viennent les errances de l'homme mûr devenu diplomate, de Berlin à Leipzig, de Budapest à Bucarest, suivant les soubresauts d'une Europe qui n'est plus qu'une vaste entreprise où s'enlisent tous les projets. Grand roman de l'ampleur de Chine ou des Mémoires secrets pour servir à l'histoire de ce siècle, Désir d'Europe égrène les derniers carillons d'un vieux monde dont toute une génération restera l'éternelle orpheline.
Une descente aux enfers en forme de chemin de croix. À travers une Europe de la misère, de la haine et de la douleur, c'est l'hallucinante cavale, ironique et désespérée, d'un homme politique véreux, peut-être touché par la grâce. Une langue violente et crue : le roman le plus surprenant de P-J. Remy.
L'errance d'un jour et de deux nuits d'un voyageur sans nom qui vient se perdre dans Ferrare est d'abord une plonge au coeur d'une mmoire : celle de cette ville-l, ses brouillards lumineux et les nuits trs noires des annes de guerre o la police fasciste livra l'Allemagne ses convois de victimes innocentes. Assailli par le remords dans un rve veill o se confondent trs vite les fantmes de sa jeunesse, ceux du pass de Ferrare et du plus clbre roman de Giorgio Bassani, Le Jardin des Finzi-Contini, qui s'y droule, le voyageur gar oubliera peu peu les mille et une angoisses mesquines qui sont le tout-venant d'une vie inutile. C'est une forme de rdemption qu'il choisira alors, travers les violences d'hier revcues aujourd'hui. Hymne Ferrare, comme Aria di Roma l'est pour la Ville ternelle, chronique italienne la manire dUne ville immortelle ou de Toscanes, Pierre-Jean Remy poursuit avec ce nouveau roman une oeuvre littraire singulire o l'histoire, l'art et la littrature tissent des liens si intimes avec ses personnages que toute distance est abolie.
En juin 1832, une vingtaine d'amis, qui appartiennent à la même société secrète, décident de quitter Paris où la police les pourchasse pour tenter de mettre en oeuvre leur idéal dans le cadre grandiose de la chaîne des Alpilles. Ils veulent construire une société nouvelle où paysans, ouvriers, journalistes et écrivains mettront leurs talents au service du bien commun. Entre Xavier l'aristocrate rousseauiste, François l'avocat pragmatique, Giusta la cantatrice vénitienne au lourd secret, Taviani le proscrit italien, Lena la romancière, Mandaille le typographe et La Hure le tonnelier de Bercy, il y a bien sûr le rêve d'un monde nouveau, mais aussi les passions et les conflits que peut susciter un projet aussi fou. Dans ce roman aux couleurs stendhaliennes, Pierre-Jean Remy joue librement avec la vérité historique pour rendre avec passion les aventures tumultueuses et les illusions perdues d'un XIXe siècle qui croyait aux vertus conjuguées de l'amitié et de la révolution, de l'amour et de la beauté.
A nouveau réunis dans un train de luxe qui emmène cette fois vedettes de cinéma, artistes, journalistes et stars du Tout-Paris d'aujourd'hui jusqu'à Istamboul, où aura lieu la première mondiale du film qu'on a tiré des souvenirs de Paul de Morley, l'ambassadeur et Lise retrouvent des visages et des souvenirs qui sont ceux de la nostalgie et de l'aventure. De l'intrépide Isabelle Stroumza, perdue dans un train bloqué par la neige en Roumanie, à Natalia, la ballerine brisée, ce sont autant de regards farouches ou désespérés qui passent devant nous, au gré des haltes et des paysages. Et tandis que ce train de luxe roule lui-même vers d'autres aventures - quel mystère, encore, au bout du voyage ? - les destins se nouent. Celui d'Irène, la femme laide, qui aime à Vienne jusqu'au crime, et celui de Sonia, la Berlinoise de vingt ans qui va refuser l'ordre nazi. A leurs côtés, beaucoup d'autres, déchirantes ou ironiques : Bianca et Massimo, les jumeaux pâles d'une Venise noire ; Margareth, guide trop zélée d'un écrivain français égaré dans l'Allemagne en guerre ; ou Carla, fille d'une chanteuse illustre qu'on retrouve à Vienne, à mendier dans les ruines. Comme Orient-Express I, c'est toute la nostalgie d'un temps révolu que Pierre-Jean Remy raconte avec délices au rythme de ces trains légendaires eux aussi disparus qui allaient de Sofia à Berlin et de Vienne à Venise. Et plus encore peut-être qu'Orient-Express I, Orient-Express II est un livre magique où l'aventure et l'amour finissent toujours par se retrouver dans de miraculeuses descriptions de palais baroques, de gares perdues, de foules déchaînées et de trains de luxe qui nous entraînent très loin sur les chemins du rêve et de l'évasion.
Pandora, ou l'invitation au rve, la musique et au mystre, sur le rideau de la scne du temps perdu... Rouge et or, corridors, coupoles, vertigineuses coulisses et abmes creuss dans les entrailles mmes de la terre, voix de femmes qui flottent trs loin : pourrait-on imaginer plus fantastique dcor une histoire d'amour et de mort que l'Opra de Paris entre les deux guerres ? Bien des films, bien des livres nous ont dj fait dcouvrir ce superbe labyrinthe d'escaliers sans fin et de caves sans fond. Mais ce que Pierre-Jean Remy a tent ici, c'est une nouvelle exploration de ce domaine de l'impossible, guid par la passion de l'opra et du mystre qui l'anime. D'o ce mlange fou de voix et de couleurs, de meurtres et de musiques. L'histoire ? Celle de l'opra maudit : Pandora. Cari Palladio, son auteur, le ralise dans le Paris des annes 30, celui du Boeuf sur le toit et du 6 fvrier. Mais toutes les chanteuses pressenties pour crer le rle disparaissent tour tour. Et puis, des ombres rdent... Une ombre. L'homme en noir ? Le retour du fantme de l'Opra cher Gaston Leroux ? Chaque fois que Cari Palladio s'installe dans son avant-scne, la loge dite du Prsident de la Rpublique qui domine la fosse d'orchestre ct jardin, des chuchotements viennent lui et des odeurs de roses... Tandis qu'une une - Anna, Maria, Eva... - les femmes qui pourraient tre Pandora s'vanouissent dans la nuit du palais Garnier. Simples enlvements ? meurtres ? Et si ctait toute l'histoire de l'opra qui tait en jeu ? Carl a vcu Vienne, mais c'est Florence qu'il a compos son oeuvre. Florence o l'opra est n la fin du XVI sicle, mais aussi Florence fasciste de 1934 o Carl emmne chaque fois la femme qu'il aime... Aux ddales de l'Opra de Paris rpondent ceux des palais de Florence et le fabuleux corridor de Vasari qui relie sur le Ponte Vecchio les deux rives de l'Arno. Deux mondes, deux musiques... Quand, aprs mille angoisses et autant d'appels dchirants, le rideau se lvera enfin sur la lgendaire premire de Pandora le 27 dcembre 1934 Paris, quel sera le sort de Clara, la dernire chanteuse qui, sur la scne flamboyante et devant un parterre tincelant, a os dfier le destin ? Carl Palladio, pench l'avant de sa loge, retient son souffle. Frdric, le narrateur, qui a peut-tre trouv Florence la cl du mystre, saute d'un taxi Gare de Lyon. Mais dans la pnombre de l'avant-scne, une silhouette qui a perdu sa voix veille...
Angoulême 1953 : la France du président Laniel, embourbée dans ses crises et ses grèves. Un homme de quarante ans, député honorablement connu d'une république déjà agonisante, renoue avec la province et son passé. Dix-sept ans plus tôt, il y a aimé, dans les ivresses du Front Populaire, une ouvrière de la ville basse qui affirme aujourd'hui avoir eu une fille de lui. Simple vérité ou chantage ? Un piège va se refermer qui conduira peut-être à la folie car, entre l'homme et la jeune fille, une passion qui n'a pas de nom est née. Du calme provincial de la promenade des remparts sur la Charente où s'alignent de hautes maisons à la violence d'un été rouge et brûlant, Pierre-Jean Remy en grand romancier nous entraîne dans une aventure aussi tendre que noire, aussi trouble que lumineuse, marquée du signe de la rédemption. Un roman ironique et cruel en forme de confession où le meurtre et l'amour se répondent avec une lucidité désespérée.
Et si j'avais tout joué sur une seule carte, et que j'avais perdu ? Telle est la question que se pose un homme, la cinquantaine inquiète, qui n'a jamais vécu que pour l'émotion face à la beauté. Lorsque c'est soudain le silence et que ni le DonJuan de Mozart, ni une Vierge de Bellini ne l'émeuvent plus, il ne lui reste rien. D'où les dérisoires et monstrueuses angoisses qui l'assaillent. Il lui faudra retrouver l'Italie, Florence et surtout la Toscane - toutes les Toscanes... - pour reprendre goût à ce qu'il avait perdu. De village en musée, amitiés, rencontres, à la recherche d'hypothétiques manuscrits de Stendhal, et puis de femme en femme, de souvenir en souvenir, cet homme qui n'avait plus rien - vide et sec, nu et seul - réapprendra à aimer.
Étienne Larrieu, romancier sans vraie reconnaissance littéraire, part pour la Nouvelle-Angleterre afin d'écrire la première biographie consacrée au célèbre Henry Julian, écrivain français installé aux États-Unis depuis la guerre. Brillant, impérieux, cabotin, ce dernier mène le jeu à sa manière, tandis que Larrieu tente de reconstituer le puzzle de sa vie. La pièce maîtresse en est une femme : Millie Turner, qui fut l'égérie de Julian avant de mourir à vingt ans. Démêlant les étranges sentiments qui les unissaient, Larrieu croit enfin percer l'ultime secret du génie de Julian. Derrière le quotidien paisible et feutré d'une Amérique traditionnelle celle des campus et des villages autour de Boston, quelque part entre lacs et forêts , le duel des deux écrivains va révéler, aux marges du conte fantastique, tout un monde obscur de rumeurs, de légendes, de mystères et de vies brisées. En même temps qu'il rend hommage à Julien Green, à Henry James et à cette Minnie Temple, morte à vingt ans, qui l'inspira, Pierre-Jean Remy nous offre une variation nostalgique et émouvante de son propre univers, où le passé renvoie sans cesse au présent, la réalité au souvenir et l'écriture à la vie même.
« C'était un temps où des milliers de garçons de vingt ans quittaient Aurillac ou Saintes, Paris, la rue des Batignolles, pour Oran ou Bône, la Kabylie, les Aurès : qu'on soit du nombre ou pas, l'Algérie était un peu notre destin. C'était un temps, aussi, où la guerre gagnait la France, où les bombes répondaient à la raison. On voulait tuer des ministres, des journalistes ou des enfants tandis que défilaient dans les rues ceux qui disaient non. Et parfois l'on trouvait dans la Seine les corps entravés d'hommes nés là-bas et qu'on avait assassinés. Paris lourd de ces morts-là : Algérie, bords de Seine... » Roman d'une génération qui découvre l'absurdité et l'horreur d'une guerre à laquelle elle croyait pouvoir échapper. Roman d'amour et de formation, roman politique et policier, Algérie, bords de Seine s'impose comme un livre déchirant, l'un des plus personnels de Pierre-Jean Remy.
Un roman qui serait l'histoire de tous ceux qui, de prs ou de loin, ont vcu pour ou par la Chine - en Chine et ailleurs : dans le monde entier, hier et aujourd'hui ; un roman qui raconterait mille histoires d'amour, de haine, de mort, o le rve et la ralit, le faux et le vrai, la politique, lHistoire avec une majuscule et les destins de tous ceux qui la composent seraient confondus, mls, retrouvs ; un rcit potique et politique, haletant, rempli d'espoir et de dsespoir : telle est cette Chine que nous offre Pierre-Jean Remy vingt ans aprs Le Sac du Palais d'Et qui le fit connatre. Vingt ans aprs, Pierre-Jean Remy raconte le destin d'un groupe d'hommes et de femmes pour qui la Chine est tout la fois l'aventure, l'vasion, la recherche, l'exil le plus absolu qui se puisse imaginer, une posie, une mtaphore. Dans les annes 1988-1989, continue le rcit de leur tte--tte avec lHistoire : un espoir en mme temps qu'un complot politique, un exercice de diplomatie-fiction o le Quai dOrsay affronte le Foreign Office, une pice de thtre, des amours impossibles, des ambitions, des guerres...
« Quel roman invraisemblable que ma vie ! » s'écrie Berlioz dans sa correspondance. Quel roman en effet que la vie de ce musicien quasiment autodidacte qui deviendra le plus grand compositeur de son temps. Une vie folle, trépidante, exténuante, partagée entre tant de femmes, tant de besognes, tant de courses à travers l'Europe entière comme à travers le Paris du théâtre, des boulevards, des cafés ou de l'Académie, tant d'amitiés indéfectibles, de Liszt à Chopin, George Sand ou Alexandre Dumas, tant d'humiliations et tant de triomphes. Une vie entièrement consacrée à la création musicale que célèbre, avec fougue, admiration mais aussi érudition critique, en romancier lyrique et en mélomane averti, Pierre-Jean Remy pour qui Berlioz représente la quintessence de l'artiste romantique, tour à tour adulé, tourmenté, oublié, puisant dans son génie créateur une énergie colossale, à la hauteur du mythe qu'il incarne désormais. Le Berlioz de Pierre-Jean Remy : la grande biographie que l'on attendait et le fabuleux roman du romantisme.
La vie de Callas n'a peut-tre t qu'une histoire d'amour dont nous avons fait une lgende. Et si ctait pourtant vrai ? Si la lgende dore - rouge et or : la couleur des rideaux de scne, celle des loges la Scala - n'tait que le reflet, le miroir de sa vie ? Ou, mieux encore, si la vie de Callas avait fini par se plier aux dtours les plus flamboyants de sa lgende ? Il suffit qu'on veuille le croire, et ds lors tout parat trs simple. Oui, elle a fait passer avant tout le reste son chant, son art, sa voix, sa volont aveugle de rinventer l'opra. Pour tre la premire chanteuse, la premire tragdienne de son temps, elle s'est abandonne un destin qu'elle s'tait choisi tout autant qu'il l'avait dsigne.